J’aime changer d’air. Après environ trois semaines au même endroit, je commence à avoir envie de battre des ailes et d’explorer un nouvel horizon. Rien ne me fait vibrer davantage que d’explorer, de bouger, de m’imprégner de l’énergie de lieux qui ne me sont pas trop familiers. Je me sens pleinement «moi» lorsque je suis constamment en mouvement. J’ai donc tendance à voyager autant que je le peux. Juste au cours des six derniers mois, j’ai pris l’avion douze fois.

Cette pulsion m’habite depuis longtemps, et, heureusement, j’ai commencé très tôt à prendre mes décisions en fonction d’elle (j’ai renoncé à devenir psychologue, par exemple, en partie parce que je n’avais pas envie d’être enfermée dans un bureau, toujours dans la même ville). Cela m’a pris des années, par contre, à admettre l’ampleur de ma soif et à la respecter pleinement. Car relativement peu de personnes sont faites comme moi – ou du moins, il y a peu de personnes qui sont comme moi et qui croient assez en elles pour se créer un style de vie à leur image. Je n’avais à peu près aucun modèle, sauf des personnalités publiques auxquelles je ne m’identifiais pas vraiment. Ainsi, j’ai souvent jugé ce côté de moi, plutôt que de le respecter dans son intégralité.

Pour moi, c’est l’envie de bouger, l’amour de l’exploration et de la nouveauté. Pour d’autres, c’est le désir profond d’avoir huit enfants. Pas deux et demi, comme on en a en moyenne, huit. Pour d’autres, c’est de vivre complètement isolé de la société – pas seulement à la campagne, mais dans une région sans aucun voisin à l’horizon. Pour d’autres, c’est d’être polygame. Ou de vivre sur un voilier. Ou de s’habiller comme les membres du sexe opposé. Ou d’avoir une collection de vin qui vaut plus cher que tout le reste de leurs possessions.

Quand on n’entre pas dans le moule, il est facile de déduire qu’on a un problème. Ne comprenant pas ce qui nous habite (ou étant secrètement jaloux de notre liberté d’être, peut-être…), la société nous confirmera qu’on a effectivement «quelque chose à travailler». Si on a toujours envie de voyager, c’est parce qu’on n’est pas bien avec soi-même et qu’on tente de fuir quelque chose. Si on veut huit enfants, c’est parce qu’on essaie de combler un vide. Si on préfère avoir plusieurs partenaires, c’est parce qu’on a peur de s’engager. Oh, et le voilier, c’est juste la crise de la quarantaine…

Évidemment, il y a plusieurs facteurs qui peuvent nous amener à avoir une préférence ou une autre, et la peur est certainement l’un d’entre eux. Mais parfois, notre «anomalie» est en fait l’expression sacrée de notre nature profonde. Parfois, cette partie de nous qu’on juge et qu’on tente d’étouffer est la réponse qu’on a toujours cherchée – la pièce manquante de notre puzzle, la clé vers notre vitalité.

Vous savez, il y a des secrets que la vie ne vous dit qu’à vous. Oui, juste à vous. Il y a des choses que vous vous sentez appelé à expérimenter auxquelles très peu de personnes sur la planète ont pensé, et la vie qui vous ferait comme un gant est peut-être très différente de ce qui vous semble présentement normal ou approprié. Ainsi, le moment est arrivé de vous dire la vérité, de vous redonner votre liberté… de cesser de vivre en fonction d’un moule que vous n’avez finalement jamais choisi. À moins, bien sûr, que le moule s’avère exactement à l’image de tout ce qui vous fait vibrer. Mais permettez-moi d’en douter.

Bonne journée!

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