LÈSE-MAJESTE Merve Büyüksarac a été condamnée à 14 mois de prison avec sursis pour avoir partagé un poème évoquant des affaires de corruption dans lesquelles aurait trempé le président turc…

Merve Büyüksarac, miss Turquie 2006, condamnée à 14 mois de prison avec sursis pour un poème partagée sur Instagram.
Merve Büyüksarac, miss Turquie 2006, condamnée à 14 mois de prison avec sursis pour un poème partagée sur Instagram. – Capture d’écran / Instagram

Fabrice Pouliquen

En Turquie, on ne critique pas publiquement le président Erdogan. Même quand on s’appelle Merve Büyüksarac et qu’on a été miss Turquie 2006. La jeune femme vient d’écoper de quatorze mois de prison pour avoir posté, en 2014, sur son compte Instagram, un extrait d’un poème jugé subversif par l’Etat turc.

Un poème qu’elle trouvait drôle

Publié dans un premier temps par l’hebdomadaire satyrique Uykusuz, ce poème reprend et adapte les paroles de l’hymne turc pour évoquer notamment des affaires de corruption impliquant Recep Tayyip Erdogan, explique le média en ligne américain The Atlantic. Merve Büyüksarac l’a repris sur son compte avant de l’effacer rapidement après les mises en garde de son entourage.

La jeune femme a, malgré tout, été sommée de s’expliquer sur cette publication. Elle a répondu qu’elle avait trouvé le poème « drôle ». La justice turque vient de trancher : Merve Büyüksarac doit se tenir tranquille pendant cinq ans sous peine de faire ses 14 mois de prison. Son avocat, Emre Telci, a assuré àl’agence Associated Press qu’il fera appel auprès de la Cour européenne des droits de l’homme, basée à Strasbourg.

Deux mille poursuites pour diffamation

En Turquie, cette affaire est loin d’être un cas isolé. Depuis son arrivée au pouvoir, Recep Tayyip Erdogan multiplie les procès en diffamation. The Atlantic en dénombre près de 2.000. Pour se faire, le président utilise l’article 299 du code pénal turc, qui punit toute personne qui « porte atteinte à l’image » du président d’une peine maximale de quatre ans de prison.

Les tribunaux ciblent les journalistes, les académiciens, mais aussi parfois des adolescents. En octobre dernier, un lycéen turc de 14 ans avait été ainsi été détenu plusieurs heures dans un commissariat turc toujours pour insulte au président. Le Monde évoque aussi le cas d’un scientifique turc inquiété en décembre dernier pour avoir comparé Erdogan… à Gollum.

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