Devenir son propre patron, partir à l’autre bout du monde, quitter Paris… elles l’ont fait ! Trois mamans qui ont osé changer de vie témoignent. Changer de vie…. Beaucoup en rêvent mais n’osent pas le faire. Parce que la maternité a bouleversé leur vie, parce qu’elles ne se sentaient plus en phase avec leurs désirs, ces mamans ont franchi le cap. Témoignages.

Emmanuelle est partie vivre seule avec ses enfants à l’Ile Maurice

« A 35 ans, j’ai eu une prise de conscience : mon quotidien ne me convenait plus et la vie nous a poussé, mon époux et moi-même, sur des chemins différents »,raconte Emmanuelle, originaire de Lorraine et bloggeuse depuis 5 ans. « J’ai pris ma vie en main, et avec l’accord du père de mes deux fils, car sans lui rien n’aurait été possible, j’ai décidé de partir vivre à l’île Maurice avec nos enfants de 5 et 8 ans ».

changer-de-vie-mere-articlePlus de dix ans après, le bilan est plus que positif. « Benjamin, 21 ans, est reparti en France, chez son père, afin de poursuivre ses études. Il se prépare à devenir biologiste marin donc je pense qu’il a cette vie des îles imprégnée en lui. Il a commencé la plongée dès que nous sommes arrivés. Et il revient me voir chaque année car ses souvenirs sont aussi ici. Corentin, 18 ans, passe son bac en juin et quittera l’île Maurice en août. Elever des enfants dans un pays multiculturel a été très enrichissant pour l’ouverture d’esprit qu’ils ont développée. Le fait qu’ils retrouvaient leur famille en France, deux fois par an, leur a permis de conserver les belles traditions des fêtes de Noël et de profiter des vacances d’été pour découvrir l’Hexagone. Quant à moi, je pense que l’expérience a été bénéfique, je me suis épanouie au soleil, et je n’ai pas vu le temps passer ».

Cendrine, fondatrice d’une société de production et du projet L se réalisent

Parisienne depuis la fin de ses études universitaires, Cendrine, trentenaire, était productrice et rédactrice en chef d‘émissions TV (« Pékin Express », « Business Angel », « Le dîner presque parfait »…).

« Durant des années, je m’étais demandée si je voulais avoir un enfant car je ne voyais pas comment articuler ma vie professionnelle avec un enfant. Jusqu’à une période où j’ai réalisé que chaque année passée avait, à peu de choses près, le même goût que la précédente. Avec comme « seuls » changements le nom de émissions sur lesquelles je travaillais et le nom des pays ou villes dans lesquels je me rendais.

C’est ce constat qui m’a, à l’époque, fait réaliser que j’attendais apparemment quelque chose de pleinement nouveau dans ma vie. Et pour le coup, je l’ai eu !

L’arrivée de ma fille, née 3 semaines avant mes 36 ans, a bouleversé tout mon équilibre professionnel et personnel, qui était le socle de mon quotidien depuis une quinzaine d’années. J’ai commencé à me sentir profondément malheureuse alors que je reprenais le boulot et, en même temps, je me disais Wouhaaa ! C’est merveilleux, je suis mariée, on a un bébé et je reprends mon boulot que j’aime passionnément. C’est génial !« .

Cendrine s’est alors retrouvée face à deux évidences : « La première était que j’avais introduit un nouvel élément dans ma vie. Et de fait, mon regard sur cette même vie devenait autre. Mes besoins aussi, mes contraintes également et par dessus tout, mes désirs ! 

Par ailleurs, je me retrouvais avec une question devenue rapidement quasi obsessionnelle : « Et je fais quoi maintenant ? », aussitôt suivie d’un : « Et je fais comment pour monter ma boîte ?! ». Résultat, en juillet dernier, j’ai créé Embarquement eMédias, ma société de production digitale et audiovisuelle, de conseils et d‘organisations. En parallèle, j’ai fondé le projet L se réalisentconsacré au changement de vie professionnelle chez les femmes (reconversion professionnelle, création d’entreprise, évolution de carrière…) ».

Comme le précise Cendrine, « créer sa boîte, trouver son projet, c’est merveilleux ! Mais cela bouscule tout un écosystème familial et pas seulement sa propre vie. Les répercussions sont (très) nombreuses. Depuis deux ans, je n’ai plus du tout ce sentiment que les années se ressemblent. Aucun mois n’est plus jamais le même, aucune semaine, ni même aucun jour. Merci ma fille ! ».

Sophie a quitté Paris pour l’Isère

Jurassienne comme son compagnon, Sophie, responsable marketing et communication dans un grand groupe de presse, a connu la vie parisienne pendant neuf ans. Le couple de trentenaire, jeunes parents, pensent de plus en plus à quitter la capitale. « Cette envie est devenue plus grande quand nous avons eu notre fils, Eliott. Nous rêvions d’une vie plus calme avec plus d’espace. Il y a deux ans, nous avions de plus en plus de mal à supporter notre quotidien (métro, bouchons, foule…) ainsi que la vie en immeuble (l’impression de vivre avec nos voisins). Nous avons donc enfin décidé de partir.

J’ai de la chance d’avoir un conjoint qui peut être muté. C’est effectivement plus facile pour sauter le pas. Il a fait une demande dans la région Rhône-Alpes, qui est une région bien placée, que nous apprécions, et qui nous permet de nous rapprocher de notre famille. Quand il a enfin eu une réponse positive, tout s’est passé très vite. J’ai pu faire une demande de suivi de conjoint et en quatre mois, nous devions dénicher un logement, déménager et inscrire Eliott dans une nouvelle école. Nous avons trouvé une jolie petite maison avec jardin, en location pour le moment. J’ai rapidement décroché un nouveau travail. La vie ici est très agréable. Je ne regrette vraiment pas d’avoir changé de vie : une maison avec beaucoup d’espace, un grand jardin, une piscine, la nature à proximité, du calme, du silence chez soi… Mais, il est vrai qu’il n’y a pas que des points positifs. Je crois que ce qui a été le plus dur c’est de laisser mes amis, même si je continue à venir régulièrement ou eux viennent me voir. C’est vraiment ce qui me manque le plus au quotidien. Ici, au premier abord, les gens sont plus froids. 

Au delà des relations, il y a aussi la vie de tous les jours qui est à réapprendre. Il faut prendre sa voiture pour se déplacer (courses, cinéma, restaurants…). On ne peut plus commander à manger chez soi si facilement, il faut regarder les films en VF au cinéma, il n’y a pas d’épicerie ouverte après 22h en bas de chez soi… Ce ne sont que des détails mais c’était devenu une habitude. Une amie m’a dit un jour (elle aussi est partie de la région parisienne pour la province) : je me suis sentie vraiment chez moi qu’au bout de deux ans. Elle avait raison !

Mais je ne m’inquiète pas. Nous prenons nos marques petit à petit. Cela fait à peine un an que nous sommes ici. Nous avons encore tellement à découvrir ! Et la prochaine étape, l’une des plus importantes, c’est l’achat de notre future maison« .

Un conseil pour les jeunes mamans qui hésitent ?

Ecouter ses ressentis les plus profonds. Tout prendre en compte : désirs, contraintes, émotions, besoins, forces, faiblesses… Puis, échanger et partager avec des femmes ayant vécu un changement de vie. Le partage des expériences est primordial pour comprendre les rouages du changement de vie en lui-même et tout ce que cela implique dans sa globalité. Et enfin, n’oubliez pas, vous avez le droit de vous lancer ! La vie est évolution !

Marianne Morizot

Créé le 12 avril 2016

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