Le mystère du Triangle des Bermudes élucidé ?


Par Direct Matin Mis à jour le 15 Décembre 2015 à 23:01 Publié le 15 Décembre 2015 à 22:56

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La zone de l’océan Atlantique, située dans le triangle formé par les Bermudes, la Floride et Porto Rico, serait le théâtre de disparitions de navires et d’avions depuis des dizaines d’années. Des scientifiques relancent une théorie qui lèverait un peu plus le voile sur le mystère.

Des bateaux avalés par la mer à cause des remontées de méthane. C’est la théorie avancée par des chercheurs du Centre norvégien pour les hydrates de gaz en Arctique, soutenue par l’Agence fédérale de gestion des ressources souterraines de la Russie. Un article dans leJournal of Geophysical Research s’est d’ailleurs fait l’écho de l’hypothèse.

Des bulles de méthane libérées du sol sous-marin

En Sibérie, du côté de la mer de Kara, les chercheurs russes et norvégiens travaillent sur les « pingos », terme inuit désignant des gigantesques collines de glace repérées au fond de l’océan. Ces pingos seraient en fait des poches de gaz – le méthane – qui gonflent jusqu’à explosion. En temps normal, le gaz renfermé dans les sols est sous forme de glace. Mais en raison du réchauffement climatique et donc des eaux, il est libéré du froid, devient instable et s’accumule progressivement. Or, une fois la poche détruite par l’explosion, un nuage de bulles de méthane remonte à la surface, créant un effet « mousse » et diminuant drastiquement la densité de l’eau. Il ferait ainsi disparaître les bateaux naviguant sur ces eaux, incapables de flotter et aspirés par le fond.

L’hypothèse des bulles de méthane avait déjà été avancée en 2001, lorsque l’épave d’un chalutier avait été découverte au fond de la mer, posée au centre d’un immense cratère sous-marin. Le navire était posé droit sur sa quille, intact, comme s’il avait été aspiré dans un trou.

Mais qu’en est-il des avions ? Car si cette hypothèse peut donner sens à l’évaporation de bateaux, elle peine à convaincre quant à la disparition d’aéronefs volant à mille pieds au-dessus de la mer. Pourtant, certains scientifiques persistent et signent : plus léger que l’air, le méthane en forte concentration aurait comme effet de s’élever rapidement dans les airs, déréglant ainsi les appareils et pouvant causer des crashs.

Une hypothèse qui ne fait pas l’unanimité

Cette théorie serait toutefois « complètement fantaisiste », selon Gilles Reverdin, chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et au Laboratoire d’océanographie et du climat : expérimentations et approches numériques (LOCEAN). Contacté par le quotidien régional Ouest France, le scientifique rejette la thèse en bloc. Il estime que les bulles de méthane sont trop petites pour tirer un bateau vers le fond. D’autant plus que, dans la région du Triangle des Bermudes, les sols sous-marins sont profonds de 4000 mètres, ce qui rend le réchauffement des eaux quasi insignifiant.

Alors, comment démystifier les disparitions ? « Il pourrait y avoir deux explications, poursuit Gilles Reverdin. D’abord la météo : dans cet endroit, vous avez des vents très faibles, et d’un coup, une tempête, un cyclone… Et puis, il y a les sargasses, ces algues flottantes qui sont sources de gros problèmes pour nombre de marins. Dans ces régions chaudes, il peut y en avoir beaucoup. En fonction de la taille de votre bateau, ce n’est parfois pas évident de s’en sortir. » Une explication rationnelle pour expliquer l’irrationnel.

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