Comme plusieurs, j’ai toujours attendu après un million de choses pour être heureuse. J’ai fait de longues études, et je me répétais souvent «quand mon baccalauréat/ma maîtrise/mon doctorat sera fini(e), là je serai heureuse». Ce qui n’était évidemment pas le cas… Car ensuite c’était «quand j’aurai un travail, de l’argent pour profiter de la vie, là, je serai heureuse!». Puis évidemment, lorsque je me suis trouvé un travail, ce fut autre chose… «Quand j’aurai une maison/des vacances/une augmentation de salaire». Et mes histoires d’amour n’ont jamais très bien fonctionné, donc là, c’était «quand je rencontrerai l’homme de ma vie, je serai heureuse. Et pour ça, il faudrait que je perde du poids, donc quand j’aurai perdu du poids, là, je serai heureuse…»

J’ai toujours beaucoup envié les gens qui semblaient être heureux, qui se contentaient de petites choses. Parfois, je me disais que ce n’était qu’une façade, qu’ils montraient ce qu’ils voulaient bien montrer. Au fond, ils ne devaient pas être si heureux, non? Ça serait bien injuste si c’était le cas!

Et puis, un jour, j’ai accompagné une amie à des ateliers inspirés du bouddhisme. Je me disais que j’y allais pour apprendre à gérer mon stress, et je n’avais pas d’autres attentes. Mais là, j’ai entendu tous les discours disant de profiter du moment présent, de cultiver le bonheur à l’intérieur de soi, de ne pas attendre après les choses extérieures pour être heureux. Je trouvais que rationnellement, ça avait plein de sens, mais je n’y croyais pas trop en même temps. J’ai tout de même commencé à lire des livres sur le sujet, à méditer.

Une méditation sur l’amour de soi m’a particulièrement troublée, à la suite de cet atelier. Elle m’a permis de réaliser que je n’avais pas l’impression de mériter d’être aimée : je n’étais pas assez belle et mince, j’étais trop impatiente, trop paresseuse, pas assez sportive, etc. J’étais capable d’aimer mes proches, même s’ils n’étaient pas parfaits… Alors pourquoi est-ce que moi, je me demandais d’être parfaite pour m’aimer?

Le déclic s’est fait à cet instant : je ne m’aimais pas assez pour être heureuse. Mais comment changer ça, maintenant? Je n’en avais aucune idée!

Une amie m’a suggéré de me répéter chaque jour que je mérite ce qu’il y a de mieux. Même si je n’y croyais pas totalement, je me suis tout de même répété chaque jour que je méritais d’être heureuse («ce qu’il y a de mieux», c’était trop à ce moment!). Je me suis dit que même si je ne m’aimais pas à 100 %, je m’aimais suffisamment pour mériter d’être plus heureuse que malheureuse! Je ne demandais pas d’être heureuse tout le temps, ça me semblait impossible. Mais je me disais que si, à tout le moins, je pouvais ressentir un peu plus de positif que de négatif ou de «neutre» (souvent je me sentais ni bien ni mal, un peu zombie…), ce serait déjà très bien.

Même si je n’y croyais pas toujours, je me le répétais quand même! «Je mérite d’être plus heureuse que malheureuse!» Et depuis quelques mois, c’est ce que je ressens. Je ne pourrais pas dire quand exactement les choses ont changé… Je sais qu’il y a un an, j’étais encore très souvent malheureuse. Mais tranquillement, mon état d’esprit s’est transformé, et il arrive à se maintenir. Je constate que j’ai encore mes kilos en trop, mais ils ne me dérangent plus. Oui, j’aimerais perdre un peu de poids; oui, j’aimerais avoir un amoureux; oui, j’aimerais faire un voyage… Si ça arrive, tant mieux, mais sinon, je suis heureuse quand même.

Aujourd’hui, je remarque et apprécie beaucoup de choses qui m’ont toujours paru banales, mais qui maintenant mettent de la joie dans mes journées! Et toutes les fois où j’ai tendance à me dire que je serai heureuse quand (…), je me corrige tout de suite en me disant que le bonheur, c’est maintenant! Quand cette chose X se produira (si elle se produit), j’en profiterai, mais je n’attends plus après les aspects extérieurs pour être heureuse.

Et là, j’ai tranquillement modifié ma phrase. Maintenant j’arrive à me dire que je mérite ce qu’il y a de mieux. Le mieux n’arrive pas instantanément parce qu’on se répète cela, mais tranquillement, plein de belles petites choses m’arrivent et, lorsque c’est le cas, je les apprécie. Même si ça semble cliché à dire, je mets l’accent sur ce que j’ai, et non sur ce qu’il me manque.

Je n’ai toujours pas d’amoureux, mais j’ai une amoureuse : moi! J’apprends tranquillement à m’aimer, et ça ne comble pas tout, mais ça comble déjà une bonne partie du vide qui était là.

Marilou, Québec

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