JUSTICE Mickaël Lechantre, Strasbourgeois de 33 ans, était interdit d’accès à la Citadelle et régulièrement inquiété pour sa pratique du « barefooting »…

Vue de Besançon de la citadelle.

Vue de Besançon de la citadelle. – CARO FOTOS/SIPA

20 Minutes avec AFP

Le tribunal administratif de Besançon a examiné jeudi le recours d’un adepte du «barefooting» réclamant le droit de marcher pieds nus dans l’enceinte de la Citadelle de Besançon, au nom de la liberté individuelle.

Le rapporteur public a conclu au rejet de cette requête, estimant que «l’interdiction totale de marcher pieds nus dans toutes les parties du site vise à garantir dans un établissement recevant du public le respect des règles de sécurité, d’hygiène et de civilité». Le tribunal rendra sa décision d’ici trois semaines.

La Cour européenne des droits de l’homme s’il le faut

Mickaël Lechantre, un ingénieur informaticien de 33 ans résidant à Strasbourg, marche pieds nus en tous lieux, par tous les temps, depuis près de sept ans.

Interdit d’accès à la Citadelle et régulièrement inquiété par sa pratique du «barefooting» (marcher pieds nus), il se dit prêt à aller «jusque devant la Cour européenne des droits de l’homme» pour faire valoir sa «liberté individuelle» et «obtenir une jurisprudence».

«Je ne nuis à personne en étant pieds nus. Je demande juste qu’on me laisse vivre ma vie», a-t-il déclaré à l’AFP. Mais selon Me José Oliveira, avocat de la Citadelle, «le principe d’une liberté publique est qu’on peut la limiter si elle est justifiée, ce qui est le cas ici».

Plus sûre avec des chaussures ?

D’après l’avocat le port des chaussures est indispensable pour arpenter les remparts élevés et des parties extérieures empierrées du site en toute sécurité. «Au niveau de la sécurité, les pieds nus sont plus sûrs que les chaussures et au niveau de la santé, des pieds aérés lavés deux à trois fois par jour sont mieux que des semelles jamais lavées», rétorque Mickaël Lechantre.

«Marcher pieds nus m’a permis de faire disparaître mes problèmes de dos : sans chaussures, on pose l’avant du pied, on utilise tous les muscles et les articulations et il n’y a aucun choc dans le corps», assure-t-il, soulignant le «confort» de marche à même le sol.

«J’ai commencé à marcher pieds nus car je danse et je me suis rendu compte de l’importance du contact avec le sol et du fait que je n’avais pas besoin de chaussures», ajoute le requérant.

« Une atteinte à la dignité d’un lieu de mémoire »

Mais pour Me Oliveira, marcher pieds nus «porte atteinte à la dignité d’un lieu de mémoire comme le Musée de la résistance et de la Déportation où l’on comprend l’importance des chaussures», qui étaient retirées aux déportés pour les humilier. Selon Mickaël Lechantre, enlever ses chaussures peut au contraire être interprété comme «une marque de respect».

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