Un verre de vin, l’arrivée des règles, une émotion intense… Il n’en faut parfois pas plus pour qu’une migraine vous accable. Les causes de cette céphalée particulière sont multiples et nécessitent parfois de se transformer en véritable enquêteur pour les identifier. Car si le traitement de la crise migraineuse est le même pour tous, le traitement de fond, qui vise à espacer les crises et à les atténuer, diffère selon la cause. Tour d’horizon des formes que peuvent prendre les crises migraineuses.

Qu’est-ce qu’une migraine ?

Environ 15 % de la population, dont les deux tiers de femmes, souffrent demigraine. Un mal de tête qui se caractérise par au moins deux des quatre critères suivants :

–       une douleur unilatérale, qui touche un seul côté du crâne ;
–       une douleur pulsatile, qui semble calée sur les battements du cœur ;
–       une douleur modérée à sévère, qui empêche la poursuite des activités ;
–       une douleur aggravée par le moindre mouvement.

Tous les migraineux ne sont pas aussi atteints, certains ne souffrant « que » de quelques crises par an, quand d’autres en sont victimes plusieurs fois par semaine. La durée des crises est également variable : si elle est inférieure à 6 heures chez la moitié des patients, elle peut aller au-delà de 48 heures chez 10 % des migraineux.

La migraine typique se caractérise non seulement par un violent mal de têtemais aussi le plus souvent par des troubles digestifs, en particulier des nauséeset des vomissements. Une sensibilité accrue au bruit (phonophobie) et à la lumière (photophobie) est généralement décrite par les patients migraineux, qui ont, de fait, besoin de s’isoler dans une pièce sombre et au calme.

Les deux types de migraine : avec ou sans aura

Nouveau-Article1_mediumIl n’existe réellement que deux types de migraines : les migraines avec aura et les migraines sans aura. Toutes les autres formes qui peuvent être décrites par les personnes migraineuses relèvent en réalité du facteur déclenchant ou des symptômes associés aux crises.

Parmi les migraineux, une minorité (entre 20 et 30 %) va présenter une aura. Il s’agit d’un trouble neurologique transitoire qui précède d’environ une heure la céphalée, mais qui peut parfois perdurer le temps de la crise. Selon sa nature, il se manifeste par des signes visuels ou sensitifs, plus rarement par des troubles du langage.

MIGRAINE AVEC AURA VISUELLE (ANCIENNEMENT MIGRAINE OPHTALMIQUE)

Le plus souvent, ce trouble neurologique affecte la sphère visuelle (on parle d’aura visuelle) et provoque pendant quelques minutes à une heure l’apparition de lignes géométriques, de taches brillantes ou encore d’un voile noir dans le champ de vision. Certains migraineux se plaignent aussi d’un dédoublement de la vue voire même d’une perte temporaire de la vision.

Les troubles visuels sont les symptômes de l’aura les plus fréquents, affectant 90 % des patients présentant ce type de migraine. On parlait d’ailleurs autrefois de migraine ophtalmique pour caractériser ces symptômes, un terme qui n’appartient cependant plus au jargon médical.

MIGRAINE AVEC AURA SENSITIVE

D’autres patients ressentent quant à eux des fourmillements dans les doigts, ont les mains qui s’engourdissent ou ressentent des picotements sur le pourtour des lèvres. Il s’agit d’une aura sensitive, un trouble neurologique que l’on observe chez certaines personnes sujettes aux migraines avec aura.

MIGRAINE AVEC AURA PHASIQUE

Plus rarement encore, l’aura peut se manifester par des troubles du langage, en particulier des difficultés à s’exprimer et à trouver ses mots, voire une aphasie ; c’est l’aura phasique.

Des formes plus rares de migraine

MIGRAINE HÉMIPLÉGIQUE FAMILIALE

C’est une forme rare de migraine. D’origine génétique, elle est due à des mutations transmises selon le mode « autosomique dominant », c’est-à-dire qu’une personne malade a 50 % de risque de transmettre sa mutation à ses enfants. A ce jour, les chercheurs ont identifié 4 gènes responsables de cette forme de migraine, qui se caractérise par une douleur sévère, associée à une paralysie temporaire d’un côté du corps, et à une aura susceptible de durer plusieurs jours.

MIGRAINE BASILAIRE DE TYPE

Elle se caractérise par une aura qui se manifeste par des étourdissements et desvertiges, une perte de l’équilibre ou de la coordination, des acouphènes(bourdonnements d’oreille), des changements au niveau de l’ouïe ainsi qu’au niveau de la vision, et une paresthésie (picotements et fourmillements des membres) des deux côtés du corps. La céphalée qui suit affecte la partie postérieure du crâne, au niveau du tronc cérébral, et non pas les tempes.

MIGRAINE VESTIBULAIRE

Elle se manifeste par des vertiges, des étourdissements et leur céphalée particulièrement douloureuse s’accompagne de nausées et vomissements. Les patients souffrant de ce type de migraine présentent généralement une photophobie et une phonophobie importantes.

Les migraines selon leur facteur déclenchant

On peut aussi distinguer les migraines selon le facteur déclenchant. Il en existe de multiples, variables d’un patient à l’autre, mais qui peuvent aussi se combiner chez une même personne ou évoluer au fil du temps. Tous ont en commun un changement d’état brutal.

Parfois difficiles à identifier, les facteurs à l’origine d’une migraine méritent que l’on prenne le temps de les rechercher. Car savoir ce qui déclenche sa migraine, c’est se donner des chances de prévenir une nouvelle crise.

MIGRAINE ET HORMONES : LA MIGRAINE CATAMÉNIALE

Il n’est pas rare que l’arrivée des règles, qui sont précédées par la chute du taux d’oestrogènes, déclenche des crises de migraine chez les femmes. On parle alors de « migraine cataméniale« . Un tiers des migraineuses seraient sensibles à ces variations hormonales et auraient des migraines cataméniales en plus des autres crises survenant entre leurs cycles menstruels. Seules 7 % des migraineuses souffriraient exclusivement de migraine cataméniale, avec des crises uniquement dans les 2 jours précédant leurs règles ou les 3 jours qui les suivent.

Le traitement des migraines cataméniales repose sur l’oestrogénothérapie par voie transcutanée, commencée 2 jours avant les règles et poursuivie 7 jours après, pour compenser la chute oestrogénique. Mais il n’est efficace que dans les cas de migraine cataméniale pure et seulement chez les femmes qui ont un cycle régulier et qui peuvent connaître le jour de leurs règles.

MIGRAINE ET STRESS : LA MIGRAINE ADRÉNERGIQUE

Qu’il soit positif ou négatif, psychologique ou physique, le stress peut déclencher une migraine. On parle de migraine adrénergique, provoquée par l’adrénaline, l’hormone du stress.

Ce type de migraine peut être évité par la prise de bêtabloquants, des médicaments habituellement utilisés dans la prise en charge de l’hypertension artérielle, qui bloquent l’action de l’adrénaline. Apprendre à gérer son stress en faisant de la relaxation peut aussi aider.

MIGRAINE ET ALIMENTATION : ANCIENNEMENT MIGRAINE DIGESTIVE

Certains aliments, en particulier le chocolat et l’alcool, mais aussi le fromage, les œufs, la mayonnaise … peuvent, chez certaines personnes particulièrement sensibles, favoriser une migraine. Dans ces cas, l’éviction du produit en cause permet de réduire les crises. Pas toujours facile, cependant, d’identifier l’aliment en cause mais aussi et surtout, de s’en passer à vie… Pour ces migraineux, les médicaments anti-sérotonine constituent un traitement de fond efficace, qui espace les crises et diminue leur fréquence.

L’hypoglycémie, faire un repas trop lourd ou sauter un repas peuvent aussi être à l’origine de crises de migraine.

MIGRAINE ET SOMMEIL

Une dette de sommeil ou, au contraire, un excès de sommeil, peut suffire à provoquer une migraine. Se coucher à heures fixes et respecter un temps minimum et maximum de sommeil sont les premières mesures à prendre pour éviter des crises.

MIGRAINE ET CLIMAT

Une forte chaleur, un froid très vif, un vent violent sont des facteurs environnementaux connus pour provoquer, chez certains patients, une migraine. Cela serait lié aux variations de pression atmosphérique.

 

Si vous êtes sujet(te) aux migraines, essayez d’en identifier la(les) cause(s) et parlez-en à votre médecin. Si le traitement de la crise est désormais bien codifié, reposant sur la prise de triptans ou d’anti-inflammatoires non stéroïdiens dès les premiers symptômes, un traitement de fond peut s’avérer utile pour les personnes sévèrement touchées et très « handicapées » par leurs migraines.

Amélie Pelletier

Créé le 22 mars 2016

Sources :

1. Dossier de l’Inserm sur la migraine
2. Dossier de l’Assurance Maladie : Migraine : les symptômes, les facteurs déclenchant, l’évolution
3. Collège des enseignants de neurologie (CEN) : Migraine et algies de la face
4. Document Consensuel de la Société Barany et de la Société internationale des céphalées : Migraine vestibulaire : critères diagnostiques (revue neurologique, tome 170, juin-juillet 2014, n°6-7)

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