Publié le 22/03/2016 à 07:46, Mis à jour le 22/03/2016 à 10:29

Buzz

Comme de nombreux youtubeurs, Léa Choue fait tout elle même : écriture, tournage et montage./photo DR.
Comme de nombreux youtubeurs, Léa Choue fait tout elle même : écriture, tournage et montage./photo DR.

Léa Choue, étudiante à l’IUT, crée des vidéos sur la sexualité des jeunes et diffuse sur Youtube avec près de 250 000 abonnés, ses films pouvant atteindre jusqu’à 1,5 million de vues. Un gros succès pour une jeune fille qui n’aime pas que le buzz.

Bien dans son temps, assurément : Léa Choue, étudiante à l’IUT de Castres est devenue une youtubeuse (1) qui pèse sur la toile. Cette jeune Toulousaine de 22 ans prépare une licence professionnelle (2) après son DUT MMI (métiers du multimédia et de l’internet) mais entretient une vie foisonnante à côté. Son premier blog sur la mode né il y a 4 ans avait déjà pas mal de succès. «Quand j’ai démarré ma chaîne Youtube il y a deux ans, j’étais la toute première à oser parler de sexualité, d’amour et de relations familiales. Ce qui m’intéresse, c’est d’aider les jeunes à mieux passer ce moment difficile de l’adolescence. J’ai vécu moi-même ce mal-être. De manière assez marquante d’ailleurs.»

Léa Choue ne cache pas qu’elle reçoit parfois des commentaires déplacés et même des menaces : «C’est le bon moyen pour me persuader de continuer» ajoute ce bout de choux qui tient son pseudo d’un surnom quand elle était petite.

Au rythme de deux vidéos postées par semaine, Léa Choue mène un train d’enfer. Elle compte près de 250 000 abonnés (242 000 à ce jour) mais ne cherche pas le buzz à tout prix. «Oui d’accord, certaines vidéos davantage hot ont dépassé les 1,5 millions de vues et m’ont mise en avant. Mais ce qui m’intéresse, c’est d’aider les jeunes et de parler de tabous, sans tabou.»

Pas de sujet tabou

Léa puise énormément dans les innombrables commentaires pour trouver ses sources d’inspiration : «Ce sont eux qui me poussent. Et du coup, je sais qu’il ya des sujets que je ne traiterai pas car ils ne sont pas dans l’esprit de ma chaîne.»

Mais avec humour, Léa Choue traite sans ciller de la masturbation, des pertes blanches, de l’épilation, ou du premier rendez-vous amoureux sans jamais tomber dans le vulgaire mais avec un langage qui parle aux jeunes : «Mon public est principalement âgé de 18 à 25 ans. Mais des plus jeunes aussi me suivent. Je sais ce que c’est d’être adolescent et de ne pas être bien dans sa peau. Alors je suis là pour ça. Et oui j’aimerai bien un jour créer une association pour aider les jeunes à parler. D’ailleurs, je suis très fière de savoir que certaines de mes vidéos ont été utilisées par des profs pour engager un débat en classe.»

Plutôt extravertie et franchement indépendante, la youtubeuse qui commence à gagner un peu d’argent grâce à sa production est aussi entrée à fond dans le petit monde des rares «stars» des réseaux sociaux. D’ailleurs, elles suit ses études par alternance avec Share Fraîche, une entreprise parisienne qui s’occupe de youtubeurs où elle se prépare surtout au métier de «community manager» (3)

Des projets ? Elle n’en manque pas : participer à des événements bien sûr, voir progresser son «audimat», écrire un livre et peut être bien ouvrir une nouvelle chaîne gaming (jeux vidéo). Elle adore rager devant la caméra mais et se verrait bien un jour sur grand écran où dans des séries.

Rançon du succès, Léa est reconnue au moins une fois par jour dans les rues de Castres ou de Toulouse «et ça, c’est plutôt sympa».

1- un «youtubeur» crée des vidéos et les poste sur le site Youtube. Rémi Gaillard est le plus célèbre des youtubeurs français.

2- licence CISPM : Conception et Intégration de Services et Produits Multimédia.

3- le community manager anime et fédére les communautés et réseaux sociaux sur Internet.


«J’écris, je tourne, je monte»

C’est le principe de nombreux youtubeurs : réaliser de A à Z leurs vidéos. Ainsi Léa Choue prépare en amont ses sujets, avec environ deux semaines d’avance : «Tout ce que je dis dans mes vidéos est écrit par avance. C’est construit, réfléchi et bien dosé comme je le veux. Pas question de déraper. Je fais très attention à ce que je dis, même si on doit parler de tabous … sans tabous justement». Léa tourne principalement chez elle, dans la chambre d’amis de son appartementle plus souvent. Elle se fait aider de copains youtubeurs si besoin. «Etre mon propre patron, ça me va plutôt bien. J’ai un peu de mal avec l’autorité …» Une fois qu’elle a fini de tourner ses scènes, Léa prend beaucoup de temps au montage : «J’ai conscience que j’ai beaucoup progressé ces derniers mois. D’ailleurs, je viens de faire une vidéo sur mes propres premières vidéos !»

La jeune fille entretient aussi une seconde chaîne Youtube : PauseChoue où elle met en vrac quelques bêtisiers, un peu de beauté et de mode …etc. Et pour l’instant, elle ne connaît pas l’angoisse de la feuille blanche : «C’est essentiel d’entretenir un lien avec les gens qui me suivent. Je passe un temps fou à répondre aux messages. Mais c’est aussi une source inépuisable pour mes sujets.»

LECTURE
CONFORT

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