A Brest (Finistère), de notre correspondante Nora Moreau | 06 Mars 2016, 00h00 | MAJ :06 Mars 2016, 16h57

Plouharnel (Morbihan), mercredi. C’est à l’abbaye Sainte-Anne-de-Kergonan qu’un ancien garagiste attend d’être jugé pour meurtre.Plouharnel (Morbihan), mercredi. C’est à l’abbaye Sainte-Anne-de-Kergonan qu’un ancien garagiste attend d’être jugé pour meurtre. (PhotoPQR/« le Télégramme »/Soizick Ropert.)

Les moines de l’abbaye Sainte-Anne-de-Kergonan, à Plouharnel(Morbihan), accueillent depuis plusieurs jours un nouveau pensionnaire.

Cet ancien garagiste de 60 ans, originaire du pays nantais, mènera la vie monastique bracelet électronique à la cheville, dans l’attente de son procèspour meurtre. Un soulagement pour cet homme qui vivait l’enfer en prison.

Dans la nuit du 8 au 9 août 2014, le sexagénaire se trouvait dans sa résidence isolée de Joué-sur-Erdre, au nord de Nantes, quand il a surpris deux intrus dans sa cour en train de lui voler du matériel. Il avait alors tiré un coup de carabine, tuant un des cambrioleurs sur le coup. La victime était un jeune homme de 19 ans, issu de la communauté des gens du voyage.

Mis en examen pour homicide volontaire et incarcéré au centre pénitentiaire de Nantes, Philippe Fourny s’est alors trouvé dans une situation particulière. « Craignant d’éventuelles représailles de la part de la communauté des gens du voyage, il a lui-même demandé à être placé en isolement total », explique son avocate, Me Cécile de Oliveira. Pendant plus d’un an, le détenuétait enfermé en cellule et sans promenade.

Il travaillera aux jardins

« J’ai vu son état, tant physique que psychique, se dégrader progressivement. Il ne marchait plus, ne parlait plus beaucoup. Il est en ce moment encore dans la dépression. Nous avons décidé ensemble de tenter de recourir à une solution — peu courante — d’enfermement intelligent. »

Fin août 2015, le détenu a demandé à être assigné à l’abbaye Sainte-Anne-de-Kergonan, où résident actuellement 26 moines bénédictins. Ces derniers accueillent déjà régulièrement des personnes condamnées à effectuer du travail d’intérêt général (TIG). C’est en revanche la première fois qu’ils reçoivent un détenu accusé de meurtre.

La justice a finalement tranché et a accepté le transfert du détenu, mais « sous surveillance électronique extrêmement stricte ». En échange de l’hospitalité des religieux, il travaille aux jardins. Le père Piron, responsable de l’abbaye, cherche à rester « le plus discret possible ». « Il faut qu’il puisse se sortir de cette longue et difficile incarcération. Ici, tout est plus aéré et plus humain. » Pour Cécile de Oliveira, « cette assignation devrait le mettre dans de meilleures dispositions psychiques en vue de sa comparution devant la cour d’assises ». Le procès devrait se dérouler entre la fin d’année 2016 et le premier trimestre 2017.

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