Europe 1

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Chloé Pilorget-Rezzouk

 

Nadia Remadna, qui a fondé l’association « La brigade des mères », était l’invitée de David Abiker, dimanche, dans « C’est arrivé demain », alors qu’une marche est organisée dans l’après-midi.

Le combat des mères pour lutter contre la radicalisation de leurs enfants© AFP Le combat des mères pour lutter contre la radicalisation de leurs enfants

« Debout les mères, debout les femmes, réveillez-vous, protégeons nos enfants », lance Nadia Remadna. Cette femme militante était l’invitée de David Abiker, dimanche, dans C’est arrivé demain. La fondatrice de l’association « La Brigade des mères« , lancée en 2014, oeuvre pour les jeunes dans les banlieues et incite les mères à prendre leur responsabilités face à la radicalisation, mais aussi à la délinquance. Dimanche, une marche est organisée par cette brigade de mères engagées de Sevran, à 11 heures, pour rejoindre République à 15 heures.

Les prosélytes de l’islam radical « ne se cachent pas ». « Ce sont nous les mères, ce sont nous les femmes qui souffrons par rapport à cette radicalisation qui s’installe dans ces quartiers », insiste Nadia Remadna qui, à 53 ans, a écrit Comment j’ai sauvé mes enfants, aux éditions Calmann-Lévy. Dans cet ouvrage, cette mère de quatre enfants, qui les a élevés seule, témoigne de son quotidien.

Pour elle, si la radicalisation des jeunes « se fait tellement vite », c’est parce qu’elle se fait au contact de personnes proches. « Ce sont des gens qu’ils connaissent, avec qui ils ont grandi. Cela peut-être n’importe qui, et c’est pour cela que ça se passe très très vite », explique-t-elle. « Ils viennent dans les quartiers, ils parlent avec les jeunes, comme les témoins de Jéhovah viennent toquer chez vous. Non, non, ils ne se cachent pas. Ils sont là, ils sont visibles », poursuit cette femme d’origine algérienne.

« Il faut arrêter de leur chercher des excuses ». « Comment ce fait-il que des jeunes français quittent père, mère, copains, décident d’aller en Syrie et de revenir tuer des gens comme eux ? Que s’est-il passé pour en arriver là ? » Ces questions, Nadia Remadna se les pose quotidiennement. « Il faut que l’on soit vigilants », répète-t-elle. Mais, il faut aussi « arrêter de leur chercher des excuses. Recherche culturelle, identitaire, c’est faux », tranche-t-elle, insatisfaite des raisons données à l’embrigadement des jeunes dans un islam radical.

Pour lutter contre la radicalisation, son association la Brigade des mères assure des ateliers réguliers. Car pour Nadia Remadna, il est nécessaire de secouer les mères de famille : « Si vous ne faites rien aujourd’hui, plus tard ce sont vos enfants qui vont se retourner contre vous », met-elle en garde.

Les mères au cœur de la cité. La Brigade des mères, basée à Sevran, en Seine-Saint-Denis, l’une des villes les plus pauvres de France, a d’ailleurs pour projet de fonder une école des mères de la République. Au programme : de la philosophie, car « elle permet de critiquer », mais aussi un apprentissage des concepts judiciaires. Et bien sûr, « une histoire de la France », car « on a oublié d’en parler », juge Nadia Remadna. « On dit au gens de s’intégrer, mais on nous enferme dans notre culture, dans notre religion », poursuit-elle.

« Il faut que les mères se réapproprient les quartiers et deviennent visibles. C’est à elles de se réapproprier l’éducation religieuse ou pas de leurs enfants, ce n’est pas à l’extérieur de le faire », développe Nadia Remadna. Pour cette mère engagée, il est temps, après le « grand échec » de la figure des « grands frères » dans les années 1990, de faire des mères de banlieues des « porteuses de solution ».

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