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Un ami me parlait récemment de sa difficulté à communiquer ses besoins à son partenaire. Ce dernier lui proposait constamment des activités de toutes sortes, alors que lui aurait préféré un peu plus de moments de connexion et de détente. Mais il n’osait pas lui en parler. Oh, les quelques fois où il avait mentionné une préférence, par le passé, la réaction de son amoureux avait été «Mais tu aurais dû me le dire avant!» Malgré tout, il avait l’impression de s’imposer s’il faisait la moindre demande.

Mon ami me parlait donc de ce blocage, de sa hantise d’être trop demandant. Et alors qu’il dressait le portrait de la situation, une question assez étrange m’est sortie de la bouche : «y a-t-il quelqu’un à qui tu as peur de ressembler?» Dans le sens de : «ta résistance à demander quoi que ce soit est-elle ancrée dans la peur de devenir comme une personne qui t’a déçu par le passé?» Et il m’a répondu spontanément que oui, il ne voulait pas devenir comme un de ses ex-compagnons, qui était constamment accroché à lui, et qui lui tirait toute son énergie. Et chaque fois que mon ami pensait exprimer la moindre préférence, il avait l’impression d’être exactement comme lui.

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«À qui as-tu peur de ressembler?» Cette question me vient souvent en tête, depuis quelque temps, lorsque quelqu’un me parle d’un schéma répétitif. Car ce n’est certainement pas une règle générale, mais j’observe que ces comportements irrationnels et presque compulsifs sont souvent alimentés par la crainte de ressembler à une personne qu’on a connue. De faire le contraire de celui qui nous a blessés ou déçus.

Par exemple, on est exagérément tolérant avec nos enfants, car on a peur d’être contrôlant comme l’ont été nos parents. Ou on s’arrange pour être excessivement autonome et ne jamais s’appuyer sur notre partenaire de vie, par peur de se retrouver enseveli dans la relation, comme ce fut le cas pour notre mère. Ou on est excessivement actif, incapable de savourer la vie et de relaxer, car on ne veut pas ressembler à une personne proche de nous qui s’est laissée aller. Ou on devient extrêmement rationnel, si l’un ou l’autre des membres de notre famille avait tendance à perdre le contrôle de ses émotions.

Le pattern est souvent évident, pour un observateur… mais à nos yeux, ce n’en est pas un, mais plutôt une réalité. On croit vraiment qu’exprimer le moindre besoin fait de nous une sangsue, même si on est à des années-lumière de l’être. Ou quand on exige fermement le respect de nos enfants, on a vraiment l’impression d’être dominateur ou violent. Après tout, si c’est ainsi qu’on se sent, ça doit être vrai, n’est-ce pas?

Ainsi, s’il y a une tendance dont vous cherchez à vous libérer, peut-être est-ce une des voies que vous pouvez explorer. Voyez si vous vivez en réaction à votre passé, si vous essayez de devenir le contraire de ce que vous ne voulez pas être, plutôt que de laisser votre cœur et votre sagesse s’exprimer. Car devenir le contraire de quelqu’un n’est pas plus sain et authentique que de l’imiter. Dans les deux cas, on se définit (ou on «s’anti-définit») en fonction du monde extérieur, déconnecté de notre vérité.

Marie-Pier Charron

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