«Un sentiment de culpabilité m’habitait…»


Depuis quelques années, mon conjoint et moi aimons faire un séjour à l’île d’Orléans au début de septembre. C’est un moment de ressourcement et de pur plaisir en contact intime avec le fleuve et la belle nature environnante.

J’affectionne particulièrement les marches en solitaire sur la plage à ramasser de petits morceaux de verre poli par l’eau et de mignonnes petites pierres en forme de cœur, d’animaux et autres… Mon esprit se vide et je profite du moment présent.

Le jour précédent notre départ de l’île, un vent de grande intensité s’est mis à souffler avec des pointes allant jusqu’à cent kilomètres à l’heure et il y avait des vagues magnifiques. Avec enthousiasme, je me suis précipitée seule sur la plage pour profiter de ce spectacle grandiose. À un certain moment, j’ai fermé les yeux pour mieux sentir le soleil sur mon visage et le vent puissant qui ébranlait mon corps et qui m’obligeait à garder les pieds solidement accrochés à la terre. Je me suis progressivement dissoute pour me fondre avec délice dans le parfum de l’air, dans le bruit du vent et des vagues déchaînées… Je me sentais «magiquement» bien, portée, nourrie par la vie et sa magnificence. Comment dire… Pour moi, tout était là sans avoir à chercher plus loin. Je me sentais vivante, vibrante.

Après un certain temps, rassasiée, j’ai ouvert les yeux que j’ai posés sur le sol. À mes pieds, un mignon petit quartz qu’on appelle Herkimer et rempli de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel brillait joliment. Comme une petite fille je l’ai pris dans mes mains pour l’admirer et tout excitée je me disais que oui, la magie existe… J’ai remercié la vie pour ce cadeau qui, pour moi, bouclait joliment la fin de mon séjour sur l’île.

Soudain, une petite voix me demande pourquoi j’ai besoin de mettre un terme à cet élan de vie et aux présents qu’elle veut m’offrir en me disant que c’est la fin de quelque chose au lieu d’en être tout simplement la continuité… Cette même voix me dit que ce qui m’est dû, personne ne peut le prendre. Qu’il en est de même pour chacun d’entre nous; encore faut-il être en état de le recevoir.

J’ai alors compris que lorsque je recevais l’abondance sous quelque forme que ce soit, un sentiment de culpabilité m’habitait vis-à-vis ceux qui n’en avaient pas et je me sentais redevable. J’ai aussi compris que je refermais ainsi la porte à l’abondance en contrôlant moi-même son débit pour me soustraire à ce sentiment désagréable de gêne.

À partir de ce moment, je me suis autorisée à rêver de trouver un autre quartz et peut-être même plus gros, et plus beau que celui que j’avais dans les mains. Simplement pour mon plus grand plaisir. J’ai chassé ma honte d’avoir des désirs, sachant que je ne prenais la part de personne. Il y en a assez pour tous.

Le lendemain, jour du départ, je suis retournée une dernière fois sur la plage dire au revoir à toute cette beauté. Je rencontre, par hasard notre voisin, un homme qui vit en solitaire dans sa petite maison de la plage et je le salue. Je lui parle de ma cueillette fructueuse de pierres et il me demande si je possède du silex. Les Amérindiens faisaient leur pointe de flèche avec cette pierre. Celle-ci ne faisant pas partie de ma collection, il va donc me la chercher. Il me l’offre gentiment et me montre une seconde pierre me disant, un peu gêné, ne pas savoir ce que c’était. Eh bien, je vous le donne en mille… C’était un autre quartz de la même famille que celui que j’avais trouvé la veille, mais encore plus gros, plus beau et brillant de mille feux. :o)

Line

Varennes, Québec

Auteur : samychaiban

Licencié ès lettres modernes de « l’Ecole Supérieure des Lettres de Beyrouth » , faculté française dont les diplômes sont dispensés par l’Université Lyon III, je donne des leçons particulières en langue et littérature françaises, je prépare au Bac français et je compose des notes de recherches ou des memoires pour les étudiants des Universités francophones. Contactez-moi au 96170928822 ou au 9614923322 Né le 26 octobre 1947 , à Beyrouth ( Liban ) , j’ai passé ma jeunesse au Sénégal où j’ai vécu de 1951 à 1962.J’y ai fait mes études primaires et complémentaires chez les Pères Maristes à Hann ( Dakar ).Doté de mon BEPC en 1962, je suis retourné au Liban avec mes parents.J’ai fait mes études secondaires chez les Frères Maristes à Jounieh puis à Champville et ma Terminale A au Lycée Franco-Libanais à Beyrouth.J’ai eu ma « Licence ès lettres modernes » de « l’Ecole Supérieure des Lettres de Beyrouth » , faculté française dont les diplômes sont dispensés par l’Université Lyon III.J’ai enseigné la langue et la littérature françaises de 1962 à 2006,dans différents établissements scolaires tout en ayant comme point d’attache « Saint Joseph School »,Cornet Chahwan. J’ai pris ma retraite en 2006 pour des raisons personnelles. Je suis marié et père de famille.Je suis poète à mes moments perdus,romantique et fidèle à mes amitiés.Je suis AMOUREUX FOU DU LIBAN .

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