Halte à la chasse


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Le Liban est le pays où la chasse est la moins contrôlée. Les oiseaux migrateurs y sont tués par milliers. Appel aux jeunes pour l’arrêt de ce carnage.

Dès la fin du mois de septembre, les oiseaux migrateurs quittent l’Europe pour passer l’hiver en Afrique. Le Liban se trouve sur l’une des principales routes migratoires : des millions d’oiseaux survolent la vallée de la Békaa et les régions littorales et certains s’y arrêtent pour se reproduire. «Sur les 395 espèces d’oiseaux répertoriés au Liban, 47% sont des oiseaux migrateurs, et seules 10 espèces peuvent être chassées, affirme Ghassan Jarady, professeur d’écologie et de taxonomie à l’Université libanaise.

Les chasseurs, papas accompagnés de leur jeune progéniture mâle, épaulent leur fusil pour s’adonner à leur sport favori et tirent sur tout ce qui vole (cigognes, hirondelles, pinsons, fauvettes, buses, aigles) sans se soucier des espèces touchées ou du nombre d’oiseaux tués. Puis, fiers de leurs exploits, ils se font photographier en brandissant les oiseaux abattus et diffusent leurs photos sur la toile.

Une chasse sauvage

Marwan Owaygen, auteur d’un livre sur la migration des oiseaux dans le Sinaï qui paraîtra prochainement, dénonce ce massacre : « Ces oiseaux naissent dans une trentaine de pays européens, traversent dans leur migration une quinzaine de pays africains, passent donc en moyenne dans 45 pays. Mais ils ne sont tués qu’au Liban. 90% des oiseaux chassés au Liban sont protégés en Europe.»

Le Liban est le pays où le nombre de chasseurs d’oiseaux migrateurs est le plus important. Cette chasse incontrôlée va à l’encontre de textes internationaux telles que la directive 2009/147/EC du Parlement européen sur la protection des oiseaux, et la Convention des Nations unies sur la diversité biologique (1991), que le Liban a signée mais qu’il transgresse tous les jours, selon Owaygen.

« Selon la SPNL, affirme Julie Lebnan Awaïda, membre de “ Amis des oiseaux du Liban ”, 74% des chasseurs au Liban emploient des méthodes de chasse illégales. Ils attirent leur proie par l’enregistrement de gazouillis ou l’emploi de projecteurs la nuit. Ils installent des pièges ou utilisent de la glu. Ils n’appliquent pas une des règles élémentaires de la chasse : Tu manges ce que tu tues. Malheureusement, c’est la culture de la mort qui perdure dans le pays. Il est temps que ça change. »

L’oiseau utile à l’écosystème

« Les Amis des oiseaux du Liban, explique Julie, cherchent à familiariser les jeunes au monde des oiseaux pour qu’ils les apprécient et qu’ils ne les tuent plus. Les oiseaux sont d’un grand apport à la nature avec leurs couleurs et leurs gazouillis. Comme chaque créature vivante, ils sont un maillon essentiel de la chaîne alimentaire et contribuent à l’équilibre de l’écosystème. Ces volatiles favorisent la dispersion des graines comme le geai des chênes qui enfouit dans le sol les glands pour ses provisions. Mais souvent, il en oublie quelques-uns qui germeront au printemps.

« La reproduction du genévrier dépend de la grive draine, explique Karim Habet, membre de l’ONG. Cet oiseau se régale de baies du genévrier et rejette les graines avec ses excréments. Il faut que ces graines traversent le système digestif de l’oiseau pour germer. Faute de grives draines, les genévriers disparaîtraient de nos montagnes. »

« Les oiseaux se nourrissent aussi d’animaux nuisibles comme la huppe faciée qui se nourrit de chenilles processionnaires qui attaquent les chênes et les pins ou le circaète Jean-le-Blanc, une espèce de rapace spécialisé dans la chasse aux reptiles, principalement les serpents. D’autres rapaces se nourrissent d’animaux morts et nettoient la nature ».

Le birdwatching, une alternative à la chasse

Nombre de chasseurs soutiennent que la chasse est un sport en plein air qu’il ne faudrait pas abolir. « Dans tous les pays du monde, disent-ils, la chasse est autorisée.» Mais ce qu’ils oublient d’ajouter c’est qu’ailleurs elle est réglementée et que les chasseurs se conforment aux règlements sous peine d’amendes à verser.

Sur le terrain, une police intègre surveille les chasseurs, le quota des oiseaux chassés ne peut être dépassé. Pour ceux qui aiment la marche dans la nature, le birdwatching (observation des oiseaux) est une excellente alternative à la chasse.

Aux États-Unis, elle aurait rapportée des millions de dollars et sauvée des millions d’oiseaux.

Préservons la biodiversité

L’action de l’ONG « Amis des oiseaux du Liban » cherche à développer :

• L’éducation des jeunes par la création d’ateliers, l’organisation de concours et en les initiant à se mobiliser pour cette cause nationale.

• La sensibilisation du grand public à la protection des oiseaux par des campagnes, des conférences; l’encouragement des grandes entreprises à s’engager à préserver la biodiversité et en particulier les oiseaux, la fondation de refuges pour oiseaux blessés.

Que dit la loi?

Officiellement, la chasse a été totalement interdite au Liban le 1er janvier 1995. En 2004, la loi 580 a été élaborée sans être encore promulguée par le Parlement. Cette loi exige que pour chasser, il faut obtenir un permis de port d’arme, un permis de chasse valable pour un an et une police d’assurance.

Elle interdit :

– la chasse toute l’année et de plus dans les villes et les villages, les réserves naturelles, les jardins publics, près des lieux de culte, entre les habitations ;

– d’utiliser toutes formes de pièges qui attirent la proie ;

– de chasser les pinsons, les rouges-gorges, les chouettes, les hirondelles, les alouettes, les huppes, les fauvettes, les chardonnerets, les ortolans, les hérons, les cigognes ;

– de détruire les nids et d’emporter les œufs d’oiseaux ou les oisillons.

Oiseaux du Liban

Ce livre invite les jeunes à découvrir le monde des oiseaux qui vivent au Liban ou qui le survolent durant leur migration. Les espèces d’oiseaux sont dessinées chacune dans son habitat : les marécages, les forêts, le littoral, la ville…

Ce livret montre aussi l’utilité de ces volatiles et les dangers qui les menacent. Une liste de noms d’oiseaux avec leur traduction en arabe s’affiche en dernière page.

Il y aurait près de 300 000 chasseurs en règle au Liban et beaucoup plus de chasseurs sans permis

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