Cunnilingus : les hommes ne savent pas lécher, en général


Carmen Soggiu | Prof’ de lettres

A en croire son nom archaïque, le cunnilingus (oui, il y a deux N !), du latin « cunni », la vulve, qui a donné en français le con, organe sexuel féminin et insulte machiste soit dit en passant, et « lingus », du verbe « lécher », la pratique du cunnilingus, tendrement abrégé en « cunni », ne date pas d’hier.

Longtemps considérée comme dégradante pour l’homme (phallocrate !) en posture de soumission physique et sexuelle, elle sera petit à petit réhabilitée et c’est notamment dans la pratique de l’amour taoïste qu’elle est valorisée puisqu’elle consiste en un échange de fluides vitaux, régénérateurs (il s’agit alors de boire les fluides corporels féminins pour trouver un équilibre bla-bla).

Inutile de donner une définition du cunni, on sait (tous ?) ce que c’est : c’est en gros le fait de lécher le sexe d’une femme. A y regarder de plus près, dans les définitions que j’ai parcourues aujourd’hui, j’ai trouvé notamment la mention aux « lèvres » de la femme… j’ai été agréablement surprise.

Mais après tout, il s’agit de cunni – et non de « clitolingus », n’est-ce pas ? On y reviendra.

Un truc de lesbiennes

Pourquoi un énième article sur les cuni (je revendique une liberté orthographique) ? Après tout, c’est vrai, quand on tape le mot sur un moteur de recherches, on trouve pas mal d’entrées sur les techniques du cuni.

Le cunni étant le terme savant bien orthographié, si vous faites une recherche pour en apprendre sur l’art du broute-minou, n’oubliez pas le deuxième N, sinon vous tomberez sur tout ce que le Web peut comporter de porno à direction masculine principalement du genre : « Deux salopes se bouffent la chatte au bord de la piscine ».

Et là, vous serez confortés dans cet égarement qui désole mes con-génères : la version porno du cunni où l’on voit une femme, plus rarement un homme, littéralement dévorer, aspirer, broyer même, un pauvre clito en souffrance, boursoufflé et malmené de toute part (et en plus ils ont foutu le micro dans la molaire !).

Mark Ruffalo et Meg Ryan dans « In the cut » de Jane Campion, 2003

D’ailleurs, cela fait très peu de temps que les hommes apparaissent sur la Toile porno comme pratiquant la tyrolienne, à croire que pour beaucoup c’était encore un truc de lesbiennes, un truc de faiblards. Heureusement dans « In the cut », Jane Campion a su créer ce personnage éminemment viril et brouteur de minou incarné par le très craquant et érotique Mark Ruffalo.

On est nombreuses à s’emmerder ferme

On le sait bien, les femmes, ça parle et ça parle trop et de tout et tout le temps. Et en plus, ça parle de cul et ça compare et ça détaille. Et c’est là que j’interviens ! Cela fait maintenant plusieurs années (car j’en ai pas mal à mon actif) que lors de mes conversations anodines avec mes copines, on se retrouve quasi con-sensuellement (vraiment ce préfixe est plaisant) à déplorer le niveau de gamahuchage de nos partenaires, de passage ou réguliers.

Si si, n’allez pas me dire : « Mais ça dépend enfin ! C’est pas toutes ! bla-bla. » Je vous dis que c’est plus que commun et que c’est une majorité et c’est comme ça ! Certes, certaines foufounes ne sont pas toujours appétissantes j’en conviens. Mais. En général, les hommes ne savent pas lécher.

Forte de ce constat, je me suis dit : « Il faut agir dans l’intérêt de tous ! » Et j’ai revêtu ma cape de justicière parce que ça ne peut plus durer ! Pourquoi les femmes se plaignent-elles tant des piètres performances des hommes ?

1

L’obsession clitoridienne

Trop contents les mecs quand ils ont enfin trouvé le clito (ce qui chez certains malheureusement n’arrive jamais), ils ne peuvent plus le lâcher. Passant du nichon de maman au joystick de la PS au clito, c’est avec le même appétit goulu qu’ils se jettent dessus parce que ce qu’il y a de magique avec cette « salle des fêtes », c’est que 100% des gagnants ont tenté leur chance ! A tous les coups ça marche… Un peu comme la branlette quoi.

Et là est la première récrimination des femmes : l’obsession clitoridienne des hommes, qui se jettent dessus souvent sans crier gare, sans préliminaire aucun, et s’acharnent sans aucune tendresse sur notre pauvre petit bouton ensommeillé.

Evidemment il est plus facile de trouver le gland que le clito mais enfin messieurs, et si nous en guise de fellation, nous jetions goulument dessus à toute allure en mode sprint dans les derniers 50 m ?

Il est vrai (enfin, c’est ce que j’ai lu…) que les femmes ne seraient que 30% à être vaginales (étrange alors cet engouement pour les godemichets), et dans un tel climat de vaginisme, pas étonnant que les hommes persistent à ne donner qu’un plaisir clitoridien.

Mais le plaisir s’éveille, se forme et il en va de l’orgasme vaginal comme du reste : il faut le chercher, le poursuivre, voire le créer. D’ailleurs, si nous n’étions que clitoridiennes, nous aurions beaucoup moins de mal à vivre notre célibat, soit dit en passant.

C’est donc un problème de représentation : cunni = clito. Rien de plus faux ! Comme le disent les définitions, le cunnilingus est une stimulation du sexe féminin lequel n’est pas uniquement constitué du clitoris ! Tout y a son importance : les lèvres, le vagin, le dessus, le dessous, le dedans, le côté, l’autre côté aussi (voir par exemple le cunni haïtien qui se pratique la tête perpendiculaire au pubis) !

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L’orgasme, notre meilleur ennemi

En général, ce que les hommes visent, c’est l’orgasme. Or comme dans tout acte sexuel, cela devrait être le plaisir et non la jouissance, le but ultime. Sinon on fait très bien ça toutes seules, nous aussi.

Le fait de chercher à faire jouir la femme au plus vite est, je pense, une des plus grosses erreurs : comme pour tout, il s’agit de prendre son temps, de retenir l’orgasme.

Etre à l’écoute de l’autre : je sais, messieurs, c’est super dur. (J’adore faire ma sexiste de base !) Souvent mes amies me disent qu’elles ont beau dire à l’homme de ralentir, il en est incapable.

Dès qu’il sent le plaisir monter, il accélère, expédiée en cinq minutes, et le mec de relever la tête tout fier, la bouche auréolée d’avoir su dégommer en un minimum de temps le méchant du dernier plateau… Ah ça pour jouir, on a joui. Mais bon, on avait plutôt intérêt à venir vite parce la petite langue pointue sur le clito faisait tellement mal que c’en était limite désagréable…

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Et la pipe, alors ?

Mon statut de femme ne fait pas de moi l’ambassadrice du plaisir féminin dans son ensemble et des divers moyens pour contenter vos nanas en particulier.

Loin de moi donc l’idée d’un cours sur le « languettage » (voir le très bon siteEdusex.fr), juste certains écueils à éviter que nous avons déjà mentionnés :

  • ne pas courir après l’orgasme,

  • ne pas faire jouer uniquement le clito,

  • ne pas faire l’élève modèle qui ayant lu un site technique mettrait tout en application simultanément (mastiquage, mouillage, vent chaud et froid, malaxage, « doigtage », tordage…).

Et puis éventuellement, interroger, parler (mais jamais la bouche pleine).

Quant à ceux qui tout au long de l’article n’ont pu s’empêcher de se sentir offensés, de se sentir attaqués dans leur virilité, ceux dont j’anticipe déjà la levée de boucliers du style :

« Mais pour qui tu te prends bouffonne, tu crois pouvoir donner des leçons ? Tu crois que les femmes manient la pipe mieux qu’on manie le cunni ? »

Je dirais : « Oui, je crois. »

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