Le lion et la jument


Pays de collecte : Sénégal

Illustration : Malang Sène

Un roi voulait prendre la femme de l’un de ses sujets. Il écarte le sujet et courtise la femme qui lui fait habilement comprendre qu’il n’a rien à attendre d’elle. A son retour le mari est soupçonneux. Le roi lui-même rendra la confiance au mari.

Il était une fois un roi. Un roi amoureux de la femme d’un de ses sujets. Un jour, il fit venir le sujet et l’envoya en mission dans un pays lointain. Le sujet partit. Le roi rendit visite à sa femme et il lui dit :

– Je viens passer la journée avec toi.

Elle lui répondit :

– Passer la journée avec moi ?

Il dit :

– En effet.

La femme fut fort embarrassée, se demandant ce qui pouvait pousser le roi à venir passer la journée chez elle, alors qu’il venait d’envoyer son mari en mission. Mais en femme bien éduquée, elle décida de tuer un bélier, et de l’apprêter pour l’honorer.

Après la cuisson, elle partagea le repas en trois parts. Puis elle disposa les récipients avec soin et vint servir le roi. Le roi se lava les mains et enleva le couvercle. Il entama le premier plat, en mangea un peu et le repoussa. Puis il découvrit le second récipient et vit qu’il contenait le même mets. Il en mangea un peu et le repoussa. Ensuite il découvrit le dernier plat et constata qu’il s’agissait du même mets. Alors le roi comprit. Il vit que la femme l’invitait à comprendre que les femmes qu’il a laissées dans sa maison et elle-même, qu’il est venu courtiser, étaient toutes pareilles.

Le roi portait une bague. Au moment où il se nettoyait les mains, il perdit la bague dans l’eau. Les gens de la noblesse, appelés garmi, avaient beaucoup de scrupules ! C’est pourquoi le roi ne voulut pas signaler la perte de sa bague. Il se leva aussitôt et retourna chez lui, et il oublia la bague.

La femme recueillit la bague et la garda sous son oreiller. À la fin de sa mission, le mari revint à la maison. Il se coucha sur le lit et découvrit la bague, mais il ne réagit point. Il ne dit rien à sa femme. Seulement il déserta le lit et décida désormais de se coucher à même le sol.

La femme fut fort éprouvée par cette attitude. Elle la subit longtemps, jusqu’au supplice. Puis elle alla trouver son père et se confia à lui. Le père porta aussitôt l’affaire devant le roi. Désignant le mari, il dit :

– L’homme que voici, j’ai dressé ma jument, je l’ai dressée, dressée au point que sans cesse elle cabriole ; puis je décidai de la confier à cet homme. Il hérita de la jument et la soigna, de telle sorte que quiconque la côtoie tombe sous son charme. Ensuite, il s’est désintéressé d’elle.

Je veux comprendre pourquoi, que cet homme se justifie.

Le roi interpella le mari. Et lui demanda de se justifier. Le mari lui dit :

– La jument, je l’ai en effet soignée, au point que tout homme qui la côtoie tombe sous son charme. Et voici que je pénètre dans son écurie et j’y découvre des traces de pattes de lion. Or moi, j’ai peur du lion. Voilà pourquoi je me suis éloigné d’elle.

Alors le roi lui dit :

– Dans ce cas, retourne chez toi et continue de soigner ta jument. Le lion était peut être seulement de passage dans ton écurie, mais il n’y mettra plus ses pattes.

Sur ces mots l’assemblée se retira sans percer le vrai mystère de ce débat.

Ce conte est extrait du recueil « Contes seereer » rassemblés par Raphaël Ndiaye et Amade Faye édités par IFAN et ENDA, à Dakar 2002, dans la collection « Clair de Lune ».

Auteur : samichaiban

Licencié ès lettres modernes de « l’Ecole Supérieure des Lettres de Beyrouth » , faculté française dont les diplômes sont dispensés par l’Université Lyon III, je donne des leçons particulières en langue et littérature françaises, je prépare au Bac français et je compose des notes de recherches ou des memoires pour les étudiants des Universités francophones. Contactez-moi au 9613150447 ou au 9614923322 Né le 26 octobre 1947 , à Beyrouth ( Liban ) , j’ai passé ma jeunesse au Sénégal où j’ai vécu de 1951 à 1962.J’y ai fait mes études primaires et complémentaires chez les Pères Maristes à Hann ( Dakar ).Doté de mon BEPC en 1962, je suis retourné au Liban avec mes parents.J’ai fait mes études secondaires chez les Frères Maristes à Jounieh puis à Champville et ma Terminale A au Lycée Franco-Libanais à Beyrouth.J’ai eu ma « Licence ès lettres modernes » de « l’Ecole Supérieure des Lettres de Beyrouth » , faculté française dont les diplômes sont dispensés par l’Université Lyon III.J’ai enseigné la langue et la littérature françaises de 1962 à 2006,dans différents établissements scolaires tout en ayant comme point d’attache « Saint Joseph School »,Cornet Chahwan. J’ai pris ma retraite en 2006 pour des raisons personnelles. Je suis marié et père de famille.Je suis poète à mes moments perdus,romantique et fidèle à mes amitiés.Je suis AMOUREUX FOU DU LIBAN .

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