Pensée du mardi 29 mai 2012.


« Au cours de leurs premières années, les enfants vivent en contact avec les êtres invisibles, ils leur sourient, ils ont des conversations avec eux, écoutant et répondant. Mais quand ils en parlent aux adultes, et en particulier à leurs parents, ceux-ci n’y prêtent pas attention ou les font taire : qu’est-ce que c’est que ces inventions ? Pourtant, s’ils acceptaient d’écouter les récits de ces enfants et les interrogeaient, ils auraient des révélations étonnantes ; ils se privent là de quelque chose de très précieux. Ce n’est peut-être pas le cas pour tous, mais certains enfants ramènent avec eux les souvenirs d’époques lointaines où les humains considéraient toute la nature comme un organisme vivant avec lequel ils étaient en relation constante. Cette mémoire subsiste généralement jusqu’à l’âge de sept ans, puis elle s’estompe à mesure qu’ils grandissent, mais aussi à cause de leur éducation, du langage et de l’attitude des adultes ; plus tard ils rient même en repensant à ces enfantillages, qui n’étaient, croient-ils, que le produit de leur imagination. Pourtant, c’étaient là les vestiges d’un passé inscrit dans leur âme, et c’est dommage qu’ils les laissent s’effacer. »

Omraam Mikhaël Aïvanhov

Autisme: la psychanalyse touche-t-elle le fond? | Slate


 

La France reste un des rares pays résistant au discrédit scientifique de la psychanalyse. Un film, «Le Mur», a été interdit de diffusion. Une décision qui, paradoxalement, a permis de mettre en lumière les faiblesses de la thérapie.

Freud en 1922 / photo pour le magazine LIFE –

Le 7 septembre 2011, le site de l’association Autistes sans frontières mettait en ligne un documentaire qu’elle a en partie produit. Un petit film de rien du tout, écrit et réalisé par Sophie Robert, premier volet d’une série voulant montrer la réalité de la psychanalyse au grand public. Dans Le Mur–la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme, ce sont les interviews d’une dizaine de psychanalystes d’obédiences diverses, mais aussi de psychiatres et de pédiatres de formation psychanalytique, qui s’intercalent entre quelques scènes du quotidien de deux familles d’enfants autistes. Le propos du film est clair, porté par une voix off en ouverture:

«Depuis plus de 30 ans, la communauté scientifique internationale reconnaît l’autisme comme un trouble neurologique entraînant un handicap dans l’interaction sociale. En France, la psychiatrie, qui est très largement dominée par la psychanalyse, ignore résolument ces découvertes.»

Le 27 octobre, trois psychanalystes, Esthela Solano-Suarez, Eric Laurent et Alexandre Stevens, tous affiliés à la lacanienne Ecole de la cause freudienne, assignaient l’auteur et l’association en justice et prétendaient que le montage avait dénaturé leurs propos de façon malveillante. Ils exigeaient, entre autres, l’arrêt de l’exploitation et de la diffusion du film, sur quelque support que ce soit, ainsi que d’importants dommages et intérêts pour atteinte au droit à l’image, à la réputation et au droit moral.

Le 26 janvier 2012, le tribunal de grande instance de Lille, présidé par Elisabeth Polle-Sénaneuch, déjà célèbre pour l’affaire de la mariée non vierge, leur donnait partiellement raison.

Mais cette décision de justice «partisane», selon Sophie Robert, et qui est loin de faire l’unanimité chez tous les praticiens de la discipline, pourrait bien être l’ultime chant du cygne d’une approche «périmée» des troubles mentaux, selon les mots de Simon Baron-Cohen, l’un des plus éminents spécialistes actuels de l’autisme.

La psychanalyse représentée dans ce film –celle qui refuse obstinément de suivre les avancées de la science en général, et en particulier le consensus actuel pour qui l’autisme est un trouble neurobiologique à l’étiologie complexe et plurifactorielle, celle qui se révolte contre les protocoles d’évaluation en vigueur partout ailleurs et celle qui est aveugle à ses propres évolutions– pourra-t-elle survivre?

L’autisme, un concept changeant à l’étiologie complexe

En 1943, le pédopsychiatre américain Leo Kanner décrit des enfants qui «tous, en entrant dans [son] bureau, se dirigeaient directement vers les cubes ou les jouets sans porter la moindre attention aux personnes présentes dans la pièce (…) des personnes quasiment semblables pour eux au bureau, à la bibliothèque ou au meuble de rangement». Son étude «Autistic Disturbance of Affective Contact», portant sur 11 cas, identifie pour la première fois l’autisme comme un trouble à part entière. Un quart de siècle plus tôt, en 1911, le terme naissait sous la plume du psychiatre suisse Eugen Bleuler, qui identifiait l’autisme comme une forme de schizophrénie marquée par la claustration du sujet dans son monde intérieur, impénétrable et incommunicable.

Pour Kanner, l’autisme est un trouble affectif de la communication et de la relation qui n’affecte pas l’intelligence –les enfants qu’il étudie manifestent des capacités cognitives «exceptionnelles», en particulier sur le plan de la mémoire.

Selon lui, il s’agit d’un trouble inné dont les parents –bien souvent psychiatres ou psychologues eux-mêmes– ne pourraient être jugés responsables.

Il note cependant en 1952 que ce sont des êtres généralement froids et rigides, qui considèrent leurs enfants «comme des sortes de cobayes», ont «bien plus le souci de la performance que de la chaleur humaine et du plaisir d’être ensemble» et semblent garder leurs enfants dans «des réfrigérateurs qui ne décongèl[ent] jamais». Une image qu’il récusera en 1969, mais qui passera à la postérité du côté de la psychanalyse.

En 1944, Hans Asperger, pédiatre, publie ses observations (PDF) portant sur des enfants atteints de «psychopathie autistique», caractérisée par des «comportements bizarres» et des capacités intellectuelles pouvant aller «de la débilité au génie». Asperger est lui aussi convaincu d’une origine organique et héréditaire du trouble, et précise que les parents de ces enfants sont des êtres originaux possédant pour certains quelques traits autistiques. Il donnera son nom au célèbre «syndrome d’Asperger», désignant les autistes de haut-niveau, manifestant une forme très élaborée et très précoce du langage, sans pour autant le considérer comme un outil de communication sociale.

Durant ses premières années nosographiques, l’autisme était ainsi considéré comme un trouble n’affectant qu’un nombre relativement faible de personnes partageant un ensemble distinctif d’anormalités comportementales, en particulier d’importants retards dans l’acquisition du langage, des capacités cognitives en général réduites et une absence caractéristique de contacts sociaux.

Mais dans les années 1980, ce concept explose avec l’introduction du spectre autistique, qui montre que l’autisme concerne aussi des personnes qui parlent normalement ou ne souffrent pas de troubles dans l’apprentissage, mais qui ont néanmoins certaines difficultés à socialiser et à communiquer avec autrui.

Une personne sur 100

Aujourd’hui, l’une des classifications de référence, la classification internationale des maladies (CIM-10) publiée par l’Organisation mondiale de la santé, parle de «troubles envahissants du développement» (TED) et les définit comme «un groupe de troubles caractérisés par des altérations qualitatives des interactions sociales réciproques et des modalités de communication, ainsi que par un répertoire d’intérêts et d’activités restreint, stéréotypé et répétitif».

Ce sont des troubles malheureusement sexistes, vu qu’ils touchent en moyenne 4 hommes pour 1 femme, un sex-ratio qui monte à 8 contre 1 pour le syndrome d’Asperger –le syndrome de Rett étant lui, quasi exclusivement féminin. Leur héritabilité est aussi très importante, estimée aux alentours de 0,7, ce qui en fait aujourd’hui le trouble psychiatrique le plus génétique de tous, mais aussi l’un des plus génétiquement complexes: en 2008, on envisageait l’implication de pas moins de 76 loci, 26 gènes et 9 pics de liaison dans l’étiologie des troubles autistiques.

Mais d’autres pistes sont aussi explorées, dans une logique cumulative: l’âge du père au moment de la conception de l’enfant, certaines complications pré et périnatales, l’exposition in utero à des métaux lourds ou à des agents viraux comme la rubéole, et autres modifications épigénétiques.

Question prévalence, les dernières données épidémiologiques indiquent qu’au moins une personne sur 100 souffrirait d’une forme quelconque d’autisme, ce qui dépasse de loin les précédentes estimations.

Fin mars 2012, le CDC américain revoyait encore ces statistiques à la hausse, en faisant état d’1 enfant sur 88 touché par une forme autistique quelconque –des chiffres dépassant ceux du cancer, du sida, du diabète, de la trisomie 21, de l’infirmité motrice cérébrale, de la mucoviscidose et de la dystrophie musculaire combinés.

Une augmentation diagnostique significative liée à la fois à de meilleures méthodes de détection, mais aussi au fait que l’autisme n’est plus envisagé comme un trouble à la définition formelle restrictive, mais comme un spectre pathologique qui se manifeste de manière très hétérogène selon les individus (PDF).

En effet, l’impact de l’autisme est extrêmement variable, certains autistes sont indépendants et peuvent vivre leur vie comme bon leur semble (en revendiquant même un droit à la «neurodiversité»), quand d’autres souffrent de difficultés médicales, éducatives et sociales substantielles qui dégradent considérablement leur qualité de vie.

Face à cette hétérogénéité, le consensus scientifique envisage désormais «des» autismes avec diverses trajectoires de développement et de multiples processus biologiques sous-jacents.

Pour la psychanalyse, l’autisme n’a rien de matériel

Mais, traditionnellement, la psychanalyse refuse d’envisager une telle base matérielle. Ainsi, en 1950, Bruno Bettelheim, psychanalyste et pédagogue, attribue-t-il l’autisme à une mauvaise relation de l’enfant à ses parents, et principalement à sa mère.

Survivant des camps de la mort (Dachau et Buchenwald), il compare le repli autistique à ce qu’il a vu chez certains déportés:

«Dans les camps de concentration allemands, écrit-il dans La forteresse vide (1967), je fus le témoin incrédule de la non-réaction de certains prisonniers aux expériences les plus cruelles. Je ne savais pas alors, et ne l’aurais pas cru, que j’observerais, chez des enfants, dans l’environnement thérapeutique le plus favorable, un semblable comportement engendré par ce que ces enfants avaient vécu dans le passé.»

Pour Bettelheim, s’appuyant sur les cas des petits Joe, Laurie et Marcia, un autiste est dans sa famille comme un déporté dans un camp: l’autisme n’a rien d’organique, il est «un état mental se développant en réaction au sentiment de vivre dans une situation extrême et entièrement sans espoir». Purement «réactif», il est fondamentalement causé par le souhait inconscient d’une «mère frigidaire» d’exterminer son enfant. Un enfant qui a intériorisé l’idée que le monde s’en porterait bien mieux s’il n’existait pas et qui choisit de s’enfermer dans une forteresse vide –un univers hermétique sans vie, sans lien et sans communication possible avec l’extérieur.

Fort de ce concept, Bettelheim crée à Chicago une «école orthogénique», qui se donne comme objectif de se substituer à l’environnement parental destructeur: «Si un milieu néfaste peut conduire à la destruction de la personnalité, explique-t-il, il doit être possible de [la] reconstruire grâce à un milieu particulièrement favorable.» En 1974, dans une série d’entretiens filmés par Daniel Karlin (et textuellement rassemblés un an plus tard dans Un autre regard sur la folie), Bettelheim affirme avoir guéri des dizaines d’enfants autistes.

Mais un autre son de cloche commence déjà à retentir. Au lendemain de la diffusion des films de Daniel Karlin (qui pense toujours qu’on n’a pas tellement avancé niveau «connaissance du cerveau» depuis), Pierre Debray-Ritzen, alors directeur du service de pédopsychiatrie à l’hôpital Necker Enfants-Malades (Paris), ne mâche pas ses mots dans les colonnes du Figaro:

«Je n’aurais sans doute pas réagi aussi sévèrement si la télévision n’avait pas accordé cinq heures (…) sans aucune contrepartie [au fondateur de l’école orthogénique], comme si Bettelheim représentait l’état actuel des connaissances en pédopsychiatrie, comme si l’on avait affaire à un Prix Nobel ou à une personnalité indiscutable. (…) Bettelheim prétend guérir les psychoses infantiles à 80% (…) Cette prétention est aussi monstrueuse que celle d’un médecin qui affirmerait avoir guéri des leucémies aiguës dans les mêmes proportions.»

De même, dès le début des années 1980, les familles de patients de Bettelheim et de ses disciples s’organisent et créent des associations, dénoncent ses pratiques d’isolement familial et en appellent à des prises en charge validées scientifiquement.

A sa mort, en 1990, la parole se libère davantage: d’anciens patients et collègues le décrivent comme un tyran ne supportant pas la contradiction, arrachant abusivement et autoritairement les enfants à leurs familles et… ayant inventé de toutes pièces les cas de guérison. En 1998, Richard Pollak –le frère d’un autiste «soigné» par Bettelheim, lance une bombe sous la forme d’une biographie très remarquée, The Creation of Dr. B: A Biography of Bruno Bettelheim (traduite en français en 2003 sous le titre Bettelheim ou la fabrication d’un mythe), qui dépeint le psychanalyste comme un pur escroc manipulateur, mythomane et despotique, ayant profité de puissants soutiens financiers et médiatiques pour réduire ses détracteurs au silence.

Aujourd’hui, à l’instar de Pierre Delion, beaucoup de psychanalystes estiment encore que Bettelheim est une «victime de l’histoire» et qu’il a réalisé un «travail de pionnier exemplaire».

Dans le film de Sophie Robert, s’ils ne mentionnent pas tous Bettelheim, d’autres s’en inspirent fortement en déclarant par exemple que, face à un autiste, il faut «faire sentir à l’enfant qu’il existe un autre qui n’est pas menaçant» (Bernard Golse), que «la mère a toujours un désir incestueux envers son enfant, qu’elle en ait conscience ou pas» (Yann Bogopolsky) ou encore qu’un «inceste paternel ne fait pas tellement de dégât, ça fait des filles un peu débiles, mais un inceste maternel, ça fait de la psychose, c’est-à-dire la folie» (Jacqueline Schaeffer).

La France résiste au discrédit scientifique de la psychanalyse

En ce début d’année, deux autres gros coups ont été portés à la psychanalyse pour sa prise en charge de l’autisme, labellisé grande cause nationale 2012. Le 20 janvier, le député UMP du Pas-de-Calais, Daniel Fasquelle, déposait une proposition de loi visant à «l’arrêt des pratiques psychanalytiques dans l’accompagnement des personnes autistes, la généralisation des méthodes éducatives et comportementales, et la réaffectation des financements existants à ces méthodes».

Le 8 mars, la Haute autorité de santé (HAS) et l’Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (Anesm) publiaient leurs recommandations de bonne pratique quant aux interventions éducatives et thérapeutiques concernant les enfants et les adolescents autistes. La psychanalyse y était officiellement désavouée, considérée comme «non-consensuelle», son niveau de preuve quant à son efficacité était jugé insuffisant et le packing, consistant à envelopper un autiste dans un linge humide et froid, puis de le réchauffer progressivement pour lui donner prétendument conscience de son environnement –une pratique que de nombreux spécialistes internationaux dénoncent comme barbare et ne reposant sur aucune donnée validée– y était formellement interdit, sauf à des fins de recherche.

Mais cela fait déjà longtemps que, partout dans le monde, le freudisme et ses épigones ont rejoint des horizons «non-consensuels», pour reprendre le vocable poli de l’HAS.

C’est même dans les années 1980, après le décès des plus «grands noms» de la psychanalyse (Wilfred Ruprecht Bion en 1979, Jacques Lacan et Heinz Kohut en 1981, Anna Freud en 1982) que la discipline a amorcé son déclin. Elle est poussée vers la sortie par l’émergence des neurosciences, la validation des thérapies cognitivo-comportementales et les «Freud Wars», le nom donné outre-Atlantique aux polémiques ayant suivi la publication de nombreux ouvrages et articles universitaires invalidant historiquement, philosophiquement et surtout scientifiquement l’acquis freudien.

En 2007, Patricia Cohen du New York Times revenait sur la postérité psychanalytique comme on se penche sur un cadavre dans un état de décomposition avancée: la majorité des tissus originaux ont disparu, dispersés et digérés au loin par des organismes étrangers. Ainsi, la psychanalyse, qu’elle comparait à la saignée par apposition de sangsues, pouvait-elle certes s’enorgueillir d’une grande influence culturelle, mais au niveau du cursus universitaire psychologique et psychiatrique, on lui avait depuis longtemps préféré l’arsenal «evidence-based» –fondé sur des faits, comme le sont aujourd’hui toutes les disciplines médicales, y compris celles voulant comprendre et soigner les troubles de l’esprit.

En France, pourtant, on traîne tellement la patte qu’on en vient à creuser des tranchées. En février 2004, l’Inserm publiait, sur la base de plus de 1.000 études publiées dans la littérature scientifique internationale, une expertise collective (PDF) portant sur l’efficacité de trois types de psychothérapies:

  • la psychanalyse (et les thérapies dites «dynamiques»)

  • la thérapie familiale

  • les TCC

Elle concluait à une efficacité inférieure de la psychanalyse par rapport aux autres approches. Mais après plus d’un an de ramdam médiatique et autres protestations diverses orchestrées par les associations de psychanalystes, Philippe Douste-Blazy, alors ministre de la Santé, désavouait publiquement ce rapport et en annonçait la suppression du site Internet de son ministère.

Résultat, avec l’Argentine, la France est aujourd’hui le seul pays au monde où la psychanalyse a encore ses quartiers dans le milieu médical et thérapeutique officiels: à l’heure actuelle, 80% des psychologues et psychiatres prenant leurs fonctions sont formés à la psychanalyse.

Certains étudiants en psychologie, comme me le confirmait une récente diplômée de l’Université Paris-7, refusent même sciemment d’assister aux cours où il est question de neurosciences, dénonçant des procédés «scientistes», «totalitaires» ou «réductionnistes»… sans aucune conséquence sur l’obtention de leur diplôme final ou leur pratique future.

Sarah Chiche, qui a ouvert son cabinet de psychanalyste l’an dernier et qui s’«intéresse aux neurosciences» déplore elle aussi ce décalage entre l’état des connaissances actuelles et l’état actuel de l’enseignement:

«Lorsque j’ai fait mon cursus de psychologie clinique à l’Université, j’ai été atterrée par certains cours où l’on nous expliquait le plus tranquillement du monde qu’un enfant peut devenir autiste s’il n’a pas été bien porté par sa mère, si sa tête n’a pas été bien soutenue –d’où les angoisses de tomber dans des trous sans fond, supposées fréquentes chez les personnes autistes. Et tout cela n’a pas eu lieu dans les années 1970, avant le développement de l’imagerie cérébrale, mais en 2009.»

Elle poursuit:

«Je suis devenue analyste, non pas pour passer mes week-ends en séminaires à gloser sur le malaise de l’individu contemporain, les ravages du néo-libéralisme ou le déclin du signifiant paternel dans les banlieues, mais pour soigner des gens: écouter ce que les gens disent avec leurs symptômes et comment cela se situe dans une trajectoire, et, à partir de là, les aider à ne plus faire de leurs souffrances, si difficiles soient-elles, une maladie. Ce qui m’intéresse dans mon métier, c’est la dimension thérapeutique. Et je peux vous assurer que la psychanalyse, ça marche. Mais si un patient se plaint de douleurs récurrentes au dos et que ça l’angoisse, au bout d’un temps, je n’hésiterai pas à l’envoyer consulter un médecin et je me garderai bien de lui dire “mais, mon cher, l’angoisse il faut savoir vivre avec, et si vous avez mal, c’est parce que vous en avez plein le dos”. Quand on prétend s’intéresser à la singularité du Sujet, la moindre des choses, c’est de ne pas se contenter de lire les publications de son petit cercle analytique germanopratin, mais de s’informer sur ce qui se dit à l’étranger et de lire de la littérature scientifique internationale.»

Un «bouc-émissaire», ou des praticiens qui refusent d’évoluer?

Du côté des psychanalystes opposés à Sophie Robert, là n’est pas la question. Le problème ne vient pas d’un retard théorique, ou même d’un simple écart épistémologique qui gratifierait la critique contenue dans son film d’une certaine pertinence, mais d’une hostilité plus diffuse et coriace. A l’instar d’Eric Laurent interrogé par la BBC, nombreux sont ceux pour qui la psychanalyse est devenue un «bouc-émissaire», victime de poussées marchandes et libérales, d’exigences de «rentabilité» et autres systèmes de pensée utilitaires où la science a tôt fait d’être appelée à la rescousse.

Mais cette façon de voir les choses ne cache-t-elle pas aussi des praticiens bloqués dans des schémas théoriques et thérapeutiques quelque peu désuets? Pour Sébastien Smirou, écrivain et psychanalyste, si Le Mur n’est pas un bon état des lieux de LA discipline «pour la simple et bonne raison qu’elle n’existe pas», le côté «militant» du documentaire lui confère une certaine force.

«Les façons de vivre ensemble se modifient en permanence, il ne faut pas croire que les symptômes des gens s’arrêtent à ce qu’on en sait ou que ce savoir serait figé une fois pour toutes. On se retrouve chaque jour face à des situations cliniques nouvelles pour lesquelles le petit Freud ou le petit Lacan illustrés servent tout juste à s’assurer qu’on a déjà su quelque chose de quelque chose… Demandez à Freud, à Lacan, ou à Winnicott comment ils s’y sont pris en consultation quand un gamin de 7 ou 8 ans leur a inspiré de la peur, mais réellement de la peur, parce qu’il venait d’envoyer d’autres adultes se faire recoudre aux urgences, par exemple, et qu’il menaçait de faire la même chose avec vous. Ils ne vous répondront pas parce que, de leur temps, ils n’en recevaient pas, voilà. Parlez-leur de vos obsessionnels et demandez-leur d’y retrouver le portrait de L’homme aux rats; ça ne marchera pas non plus. Et puis vous pouvez faire l’inverse: cherchez parmi vos patientes une hystérique dont le corps se tordrait jusqu’à faire un pont sur votre divan; vous risquez d’attendre longtemps.»

De même, selon un autre analyste d’obédience freudienne –ayant préféré rester anonyme, pour ne pas «brusquer» ses patients et ses collègues–, la plupart des psychanalystes «qui s’occupent aujourd’hui d’enfants autistes et de leurs familles ne se rendent pas compte que les gens à qui ils parlent ne sont plus du tout ceux pour qui les procédés et les prises en charge de années 1970 fonctionnaient. Ils voudraient que les patients aient les symptômes et le genre de souffrance auxquels ils sont habitués, ou bien qu’ils s’imaginent appartenir par essence à la “théorie psychanalytique”. Ils ne sont pas fondamentalement bêtes ou méchants d’ailleurs, ils sont juste déphasés».

Un film catalyseur

Ce «déphasage» n’est pas sans conséquence sur les patients et leur entourage, comme le dénoncent le documentaire de Sophie Robert et les nombreuses associations de parents autistes qui se battent au quotidien pour que leurs enfants soient convenablement pris en charge, c’est-à-dire soumis à des arsenaux éducatifs et thérapeutiques adaptés à leurs troubles et ayant fait leurs preuves (méthodes ABA et TEEACH, en particulier, qui «fonctionnent» en termes d’amélioration du quotient intellectuel, des compétences de communication et du langage sur environ 1 enfant sur 2), sans être retirés à leur famille, isolés scolairement, le tout sans aucune information sur l’avancée du traitement.

Ainsi, dans le film, outre un Pierre Delion expliquant que le «résultat n’est pas une question psychanalytique», on voit aussi un Laurent Danon-Boileau, psychanalyste, mais aussi professeur de linguistique générale et d’acquisition du langage à Paris-5 et responsable d’équipe au sein du département du CNRS «acquisition et pathologie du langage de l’enfant», expliquer doctement que, face à un enfant autiste, il «pose [ses] fesses», attend «qu’il se passe quelque chose», oublie «que le temps presse pour lui apprendre le langage», se met dans une position où il n’a «ni mémoire ni attente» et abdique «l’idée d’une progression». Pour quelqu’un qui, de son propre aveu est «payé pour donner du soin», le conflit dans les termes est patent –un conflit qu’il gère par ailleurs très bien, vu qu’il s’agit du «fondement-même de la pratique psychanalytique».

Pour Sophie Robert, qui a l’énergie et la combativité des gens déçus –elle a passé près de vingt ans à étudier la psychanalyse «en anthropologue» et a même envisagé d’en faire son métier– attaquer judiciairement son film a été une «erreur monumentale» pour les psychanalystes.

«Ils ont donné une notoriété considérable à ce film qui ne serait jamais arrivé là s’ils m’avaient laissée tranquille, ils ont déjà perdu sur le plan de la réputation et ce sera encore plus le cas s’ils arrivent à soudoyer les juges en appel [1], car s’ils continuent à dire que j’ai dénaturé les propos des psychanalystes, alors que j’ai des heures de rushes qui disent le contraire, ça va se voir et se savoir.»

Mais plus loin que la simple querelle «intellectuelle», déjà portée par des ouvrages comme Le livre noir de la psychanalyse ou le plus médiocreCrépuscule d’une idole – L’affabulation freudienne, de Michel Onfray, le film de Sophie Robert n’est pas une critique externe et formelle des errements de la psychanalyse, qui serait, au pire, le discours un peu abscons d’individus un peu allumés.

En laissant les professionnels du secteur dérouler librement un jargon que peu de non-initiés connaissent, et en le confrontant avec une réalité de «terrain» –le quotidien de deux adolescents autistes–, le tout dans une mise en scène extrêmement sobre, elle montre les conséquences concrètes d’une théorie complètement coupée de la réalité et arrive à en documenter les dérives sectaires avec une force que peu d’initiatives «rationalistes» classiques ont pu égaler. En un mot, avec «le mur», c’est le «délire scientifique» (Lacan) de la psychanalyse qui est mis à nu, et son mysticisme délétère qui arrive enfin, en France, aux yeux et aux oreilles du grand public.

«Mon film a servi de catalyseur pour tous ceux qui dénoncent depuis très longtemps les dérives de la psychanalyse dans l’autisme, et les dérives sectaires de la psychanalyse en général, explique-t-elle. La différence, c’est que, dans mon film ce sont des psychanalystes qui parlent, et pas quelqu’un d’extérieur qui l’analyse et la critique, et cela change tout. Ils se sont tirés une balle dans le pied. Car cela a permis à des familles de se fédérer et de gagner la grande cause nationale, qui est une conséquence directe de mon film. Cela a généré une prise de conscience globale et beaucoup de décisions politiques ont été prises ou sont en cours de considération.»

Quand je l’ai appelée, le 20 février, Sophie Robert disait avoir conscience de «travailler pour l’histoire».

L’histoire lui donnera-t-elle raison? La mort de la psychanalyse est-elle inévitable, elle qui, selon Pierre-Henri Castel est «intrinsèquement artificielle, contextuelle, historique, et périssable à tout moment»? Pour Sarah Chiche «il n’est pas du tout certain qu’on arrive à la sauver, du moins pas celle qui se donne à voir actuellement. Mais il est peut-être possible de la transformer. Cela demandera de la combativité, de la créativité, beaucoup de temps et, surtout, un peu de modestie».

Peggy Sastre

Qui de Césaire ou de Senghor est le plus grand écrivain de la négritude? | Slate Afrique


Les deux Pères de la négritude n’ont pas connu le même sort: Léopold Sédar Senghor est devenu un «immortel» de l’Académie française, mais n’a pas reçu d’obsèques nationales, contrairement à Aimé Césaire.

Léopold Sedar Senghor, président du Sénégal, joue au tennis de table en août 1973 dans sa propriété de Verson. AFP PHOTO

Ils semblent s’être donnés le mot pour mourir à 95 ans, ils étaient tous les deux des poètes et politiques français qui ont marqué de leur savante empreinte la littérature francophone du 20ème siècle. On leur attribue la co-paternité du mouvement littéraire de la négritude. Mais aucun d’eux n’a toujours eu ce qu’il était en droit d’attendre du fait de son génie.

Si Léopold Sédar Senghor (1906-2001), premier africain à siéger à l’Académie française, a eu, de son vivant, les plus belles reconnaissances que l’on puisse recevoir de ses contemporains, Aimé Césaire (1913-2008) a lui, mort, reçu les plus beaux hommages que la République puisse rendre à ses fils les plus valeureux: une plaque en son honneur a été dévoilée au Panthéon en 2011.

Président français du Sénégal

François Mitterrand était présent à la réception de Senghor à l’Académie Française ; Valery Giscard d’Estaing, autre ex-président français, lui a succédé au fauteuil 16 de l’institution.

Aucun chef d’Etat français n’était présents pourtant lors de l’enterrement de celui que Jacques Chirac avait simplement qualifié «d’ami de la France». Lui, Léopold Sédar Senghor, furieusement français de pied en cap.

Jacques Chirac, pas plus que Lionel Jospin, premier ministre de l’époque, ne s’était pas rendu aux «obsèques nationales» organisées par Dakar, faute d’«obsèques nationales» envisagées par la France dont il avait été un député avant de devenir président de la République du Sénégal – de 1960 à 1980.

«Quatre-vingt-quinze années d’une telle existence, ça se salue (…) Je comprends que vous ayez craint son ombre»,

écrivait Erik Orsennadans une tribune acide parue le 5 janvier 2002 dans Le Monde.

Au Cameroun, jamais une de ses œuvres n’a été mise au programme scolaire, contrairement à Aimé Césaire dont Cahier d’un retour au pays natal et La tragédie du roi Christophe ont été longtemps étudiés au secondaire.

Au pays de l’écrivain Mongo Beti, on ne lui a jamais pardonné son assertion controversée et culturellement réductrice:

«L’émotion est nègre, comme la raison est hellène.»

Marcien Towa, par exemple, dans son ouvrage Léopold Sédar Senghor: négritude ou servitude, a convoqué l’oeuvre du grammairien dans le champ de la philosophie pour mieux la descendre en flammes.

En France par contre, ses poèmes ont régulièrement figuré dans les programmes scolaires. Léopold Sédar Senghor semblait, curieusement, plus connu en métropole que son frère d’armes, Aimé Césaire. C’est à partir de 1995 que celui-ci a enfin vu son Discours sur le colonialismeinscrit au programme de terminale littéraire française.

Sa reconnaissance aura été quasi-universelle et les distinctions dont on l’a bardé sont inouïes. Seul le Prix Nobel, pour ainsi dire, lui aura échappé.

Négritude, francophonie et autres friandises

Le 20 avril 2008, toute la classe politique française était présente à son enterrement de première classe, des obsèques nationales, jusque et y compris Nicolas Sarkozy, alors président de la république, François Hollande, et Lionel Jospin en personne. Deux poids, deux mesures ou simple hasard de la météo?

Si son talent n’était pas moins grand que celui de Senghor, ses prises de position politiques furent pourtant très gênantes pendant longtemps, notamment son soutien au FLN, durant la guerre d’Algérie.

A défaut de ses restes, que sa famille n’a pas voulu céder, il a eu droit à une fresque commémorative au Panthéon.

Beaucoup d’injustices ont été faites à ces deux géants de la langue et de la littérature française, auxquels la France doit négritude, francophonie et autres friandises. Césaire aurait dû siéger à l’Académie française, Senghor a sa place au Panthéon. Tous deux étaient également«grands».

Mais désigner l’un d’eux ferait remonter à la surface le nom des oubliés célèbres: Léon Gontran Damas et alii. Ce qu’il y a de plus grand chez ces hommes, c’est leurs œuvres qui transcendent les créations opportunistes ou polémiques dont ils sont les auteurs (négritude, francophonie, émotion et raison…)

Les blacks n’ont pas été black-listés

Mais le succès ne doit jamais être facile, c’est la leçon d’humilité que nous pouvons retenir de celui qui a aujourd’hui des stations de métro, lycées, bibliothèques en son nom en dépit de son anticolonialisme résolu.

Restent inexplicablement absents des anthologies les plus sérieuses de la littérature française: Frantz Fanon, Mongo Beti, Cheikh Anta Diop... Il n’existe pas de complot contre une catégorie d’auteurs noirs, mais la France n’est pas prête à tout entendre au nom de la liberté d’expression. Une chance que la postérité revienne souvent sur les erreurs d’appréciation des générations qui ont précédées.

Un auteur peu connu, d’origine africaine, et vivant à Floirac près de Bordeaux, nous disait encore son impossibilité de trouver du Louis Ferdinand Céline dans certaines bibliothèques françaises ! Dieu seul sait si l’auteur de Voyage au bout de la nuit n’était pas noir: il était «raciste» et anticolonialiste.

C’est donc que la logique du succès est sinueuse et rien ne justifie objectivement que Senghor ait été davantage distingué et primé que Césaire, quand les ouvrages consacrés au second sont sensiblement plus nombreux.

Eric Essono Tsimi

29 mai : Journée Internationale des casques bleus


 

29 mai : Journée Internationale des casques bleus

29 mai : Journée Internationale des casques bleusL’Assemblée générale (de l’ONU) a proclamé le 29 mai Journée internationale des Casques bleus des Nations Unies pour rendre hommage à tous les hommes et à toutes les femmes qui ont servi dans des opérations de maintien de la paix, en raison de leur niveau exceptionnel de professionnalisme, de dévouement et de courage et pour honorer la mémoire de ceux qui ont perdu la vie au service de la paix (résolution 57/129 du 11 décembre 2002). Elle a invité tous les États Membres, les organismes des Nations Unies, les organisations non gouvernementales et les particuliers à célébrer la journée comme il convient.

Saviez-vous que vous pouvez devenir « volontaires pour la paix » ?

C’est en tout cas ce que propose le www.worldvolunteerweb.org, et nous vous proposons de découvrirl’éditorial de leur site dans sa version anglaise : « Peacekeeping is a way to help countries torn by conflict create conditions for sustainable peace. Peacekeepers – soldiers and military officers, civilian police officers and civilian personnel, many of them volunteers, from many countries – monitor and observe peace processes that emerge in post-conflict situations and assist ex-combatants to implement the peace agreements they have signed.


Assistance from volunteers comes in many forms, including confidence-building measures, power-sharing arrangements, electoral support, strengthening the rule of law, and economic and social development. As of March 2004, in addition to military and police personnel, more than 3,200 international civilian personnel, 1,200 UN Volunteers and nearly 6,500 local civilian personnel worked in UN peacekeeping missions.

Coinciding with the International Day for UN Peacekeepers (May 29), we are highlighting volunteers’ involvement in sustaining peace and building confidence in countries in conflict – Kosovo, Sierra Leone, Democratic Republic of Congo, East Timor and Liberia.« 

Un retour inattendu


 

by petale

Un retour inattendu

C’était un jour comme un autre. Il y avait eu pas mal de travail à rattraper cette semaine là au boulot. Suite à une fusion d’entreprise avec une autre située aux Pays-bas, à Paris la maison-mère nous avait demandé d’accélérer la mise en place à Bruxelles. Étant la seule à pouvoir parler le Néerlandais dans la filiale à La Haye,  je dus me joindre à ce voyage d’une journée en compagnie de mon patron et de mon chef  là-bas.

François avait le même âge que moi, la trentaine. Nous étions tous les deux célibataires et avions dès le début ressenti une forte attirance l’un pour l’autre.

Je me souviens de sa démarche franche et décidée, un regard droit et vif, yeux dans les yeux, une poignée de mains fermes. Allure sportive et nullement snobinarde. Des cheveux châtains moyens et des yeux marrons foncés. Il m’inculqua le travail d’équipe, la solidarité entre collègues et être multi-tâches, ce qui me plaisait beaucoup.

D’allure plutôt classique, toujours chaussée de mes éternelles chaussures à talons hauts qui terminaient ma silhouette de manière féminine. L’ensemble accompagné de bas couleur champagne et de robes ou jupes de tons et de styles différents entre classe et originalité influencée en cela par mes danses folkloriques.

Nous étions revenus tous les trois fort tard de ce voyage professionnel. Mon patron prit sa voiture sur le parking de la boîte après nous avoir dit bonsoir.

Debout près de la fenêtre dans les bureaux paysages, séparés par des cloisons d’un mètre cinquante de hauteur,  je le regardais partir, pendant que derrière moi, j’entendais les sons que faisaient mon chef en rangeant ses affaires sur son bureau. Le bâtiment où se trouvaient les bureaux était situé dans un endroit isolé,  loin de toute circulation et là,  à l’intérieur,  pas un bruit, aucune parole. J’attendais.

Il marchait souvent sur le tapis-plain du bureau en chaussettes, ce qui d’ailleurs alimentaient très souvent nos commentaires humoristiques à ce sujet.

Je l’entendis glisser vers ma présence et sentit tout aussitôt son souffle près de moi, l’odeur de son eau de toilette, que j’aimais tant sentir. Il restait debout derrière moi et me dit :

– alors ma douce  bonne journée ?

À ces paroles il s’était accolé contre mon dos. J’en ressentais au-travers des vêtements ce corps à corps non dénudé et si sensuel. Tous les pores de ma peau ne demandaient que d’autres attouchements, les espéraient, les sens tendus dans cette merveilleuse attente d’un peut-être espéré, désiré.

Une profonde inspiration avant de répondre d’une voix normale

– oui c’était très instructif. Il va y avoir du pain sur la planche

– bien entendu, c’est prévu et il faudra faire des heures supplémentaires, venir travailler le week-end, tous ensemble.

À ces mots il prit mes bras entre ses mains, descendit jusqu’à ma taille qu’il serra, caressa doucement, tendrement.

Il souleva ma jupe.

Je me retournai d’un coup face à lui, à plonger mon regard dans le sien. J’ôtai moi-même mes chaussures et mes bas. Je gardai le reste pour le plaisir.

Nous étions tous les deux très amoureux et passionnés, tendres aussi.

Il me caressait le ventre, tout en me murmurant à l’oreille, laisses-toi faire, je vais m’occuper de toi.

Sa main glissait dans mon slip et ses doigts habiles s’égarèrent dans ma blonde toison clairsemée.

Il me serra contre lui, m’embrassa en même temps. Le baiser allié aux caresses eurent un effet immédiat, celui d’augmenter mon désir et mon plaisir.

Je coulais, je m’ouvrais. Mon ventre en voulait davantage, l’envie de son sexe dur, long et épais entre mes doigts. Je le caressais et ma main s’activait dans son pantalon défait.

Les lumières de la rue jetaient sur nos deux corps debout, des ombres fantomatiques sur le sol du bureau, comme une invitation à poursuivre.

Il savait s’y prendre, ce n’était pas la première fois. Mon corps entier se tendait vers la montée de cette jouissance.  Il jouait de mon sexe comme d’un instrument et en tirait les sons qu’il souhaitait. Me donner du plaisir son but unique.

Mon bassin ondulait adossé contre un mur providentiel en cet endroit du bureau. Il m’encourageait en paroles à la montée de mon plaisir, simplement, pas de fioritures, juste pour le plaisir, m’entendre jouir et recevoir cet ultime abandon.

Ma respiration haletante se fit rapide, et dans le silence des bureaux métalliques et d’un tapis – plain feutré, ma gorge expira sa jouissance de longs instants. Le fait de ne pas avoir enlevé ce slip m’avait fort excitée, il le savait, j’étais loin d’être sa première expérience et il en était de même pour moi.

Nous nous sommes quelque peu rhabillé et avec beaucoup de tendresse nous nous sommes dit

– à demain

En montant dans la voiture, c’est à ce moment là que je me rendis compte une fois de plus qu’il n’avait pas joui, se privant ce soir de ce plaisir. Il pensait davantage,  à donner.

Je sus plusieurs années plus tard pourquoi,  alors que ma bouche avait pu goûter à sa queue délicieuse,  à d’autres moments plus intimes.

Pétale 6 mars 2012

petale | 22 mai 2012 at 09:46 | Tags: erotisme, inattendu, mini-texte, nouvelle-erotique, retour | Catégories: Erotisme, Histoire érotique, Mini-texte, Nouvelles | URL: http://wp.me/s1emLg-1184

Navette privée : l’espace accessible à tous? » Ma Planète


 

Ajouté le 05/26/2012 15:31:26 par lazar_adriana

http://www.ikonet.com

Navette privée : l’espace accessible à tous?

Voilà un moment que je ne vous ai pas emmenés faire un tour dans l’espace ! Aujourd’hui, j’ai eu l’idée de vous conduire vers la Station spatiale internationale, à bord de la première navette spatiale privée…

Des entreprises privées gagnent l’espace

La Station spatiale internationale (SSI)

Il y a presque un an, la NASA décidait de mettre fin à son programme de navettes spatiales. Comme je vous l’évoquais dans un blogue, Discovery, Atlantis et Endeavour effectuaient alors leur dernier vol dans le cosmos.

Pour pouvoir encore accéder à l’espace, l’organisme gouvernemental américain a décidé de se tourner désormais vers des entreprises privées. En effet elle a noué des partenariats avec des firmes qui fabriquent des systèmes et des moyens de transport spatiaux. Capsule, fusée, avion spatial, etc., ce sont désormais ces engins privés qui permettront à la NASA, entre autres, de placer des satellites en orbite, de transporter de la marchandise vers la Station spatiale internationale et de véhiculer des astronautes

Il s’agit d’une véritable révolution dans le domaine de l’astronautique, qui a toujours été été la chasse gardée des États. Le développement de l’industrie spatiale privée devrait permettre d’augmenter la possibilité d’accéder à l’espace, non seulement pour les organismes gouvernementaux et la communauté scientifique, mais aussi peut-être un jour pour le grand public !

La capsule Dragon en route vers la SSI

La capsule Dragon amarrée à la SSI (Vue d’artiste)

Le 22 mai 2012 sera désormais une journée historique, puisqu’elle a été marquée par le tout premier vol privé en direction de la Station spatiale internationale. En effet, après plusieurs essais concluants, la compagnie privée SpaceX a été autorisée à envoyer sa capsule Dragon en direction de la station. Lancée depuis la base de Cap Canaveral (en Floride) grâce au lanceur Falcon-9, elle effectue à l’heure qu’il est des manœuvres test à proximité de la Station, à laquelle elle devrait s’amarrer demain. Après avoir livré la marchandise aux astronautes de la SSI, Dragon reprendra la direction de la Terre, et atterrira dans l’océan Pacifique, où elle sera récupérée.

Avec la mise en concurrence de plusieurs entreprises dans l’industrie spatiale, le prix du billet pour l’espace va probablement baisser. Mais ce n’est certainement pas demain que tous les clowns de ce monde pourront toucher le ciel.

Archive

Printemps 2009. L’excentrique milliardaire Guy Laliberté se prépare à réaliser l’un de ses plus grands rêves : voyager dans l’espace. Alors que plusieurs bénéficient d’un entraînement minimal de neuf mois, le PDG du Cirque du Soleil s’apprête à relever le défi en la moitié du temps. Améliorer sa condition physique, se familiariser avec la vie en orbite et le fonctionnement de la Station spatiale internationale, apprendre les bases de la langue russe…

Mots-clés: Adriana Sport

Pense-malin.com – Retrouvez les trucs et astuces


 

Trucs et astuces

Notre quotidien est souvent perturbé par de petits contretemps, des détails désagréables qui nous contrarient et pour lesquels nous n’avons pas de solution. Nous avons pensé à vous renseigner de façon hebdomadaire, sur diverses façons de vous faciliter la vie.

Faites découvrir vos trucs et astuces en nous écrivant à l’adresse suivante : trucsetastuces@pense-malin.com

Conserver vos bananes

Pour éviter que vos bananes ne mûrissent trop rapidement, emballez-les individuellement dans une feuille de papier journal et disposez-les dans la corbeille à fruits. Ne les rangez surtout pas au réfrigérateur!

Faites reluire vos appareils ménagers

Les appareils ménagers en acier inoxydable et les robinets sont souvent difficiles à faire reluire d’un lustre uniforme. Pour les nettoyer adéquatement, frottez-les avec un linge imbibé d’alcool à 90°. Vous pouvez également l’utiliser pour les carreaux de porcelaine et les surfaces laminées. Évitez cependant de le faire sur les boiseries ou les murs peints.

Plus de volume pour vos oreillers

Pour donner plus de volume à vos oreillers, surtout ceux en matière synthétique, déposez une balle de tennis dans l’eau de lavage ainsi que dans le sèche-linge.

Morphée vous invite au nord

Étonnant, mais des études le prouvent… Si la tête de votre lit est orientée vers le nord, votre sommeil sera plus réparateur! D’après les chercheurs, la tension artérielle diminue, ce qui favorise le sommeil.

Rafraîchir l’air

Un citron entier, non pelé, au four à 150 °C rafraîchira l’air de votre cuisine. Il suffit de l’y laisser durant 15 minutes, sans fermer complètement la porte. Éteignez ensuite le four et laissez refroidir le citron avant de le retirer.

Des frites moins grasses

Vous adorez les frites, mais vous pensez également à votre taux de cholestérol et à votre taille? Voici une solution pour vous. Une fois vos pommes de terre découpées, faites-les tremper dans du lait environ vingt minutes, puis procédez à la cuisson. Le lait évitera aux pommes de terre d’absorber trop d’huile.

WC pékinois : chasse aux mouches !


 

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WC pékinois : chasse aux mouches !

 

Les toilettes publiques ne doivent pas compter plus de deux mouches, ont décrété les autorités de Pékin. Soucieux d’améliorer l’hygiène des WC malodorants de la capitale chinoise, la municipalité a édicté de nouvelles normes de propreté.

 

La directive publiée sur le site de la Commission municipale chargée de l’Environnement fixe à deux le nombre de mouches, et à deux le nombre maximum de déchets pouvant traîner au sol. On ignore si les WC fautifs seront sanctionnés, rapporte le South China Morning Post. ”Ce n’est pas nous qui avons proposé ce chiffre, nous sommes perplexes, nous aussi”, confie la Commission, qui admet ne pas avoir assez de personnel pour compter le nombre d’insectes réglementaires.

 

L’initiative du Comité de Campagne de Santé Patriotique fait le buzz. ”Si notre bon gouvernement se met vraiment à compter les mouches, il n’y aura plus un seul chômeur à Pékin”, note un internaute sur Sina Weibo.

 

courrierinternational

Un gant téléphonique pour les non-voyants et les non entendants !


 

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Un gant téléphonique pour les non-voyants et les non entendants !

 

Des ingénieurs du Design Research Lab mettent actuellement au point un gant téléphonique. Pressenti comme un vrai bijou de technologie, le gant est baptisé Mobile Lorm Glove.

 

Le gant est bardé de capteurs qui reconnaissent le langage des signes. Il ne fonctionne pas seul mais se connecte à un téléphone portable. Pour envoyer un SMS ou composer un numéro, l’utilisateur peut se passer du clavier du portable en utilisant la gestuelle des doigts et de la main. Le gant se charge de retranscrire ses gestes en lettres et en chiffres sur le mobile. Il bénéficie d’un retour audio et visuel au niveau du portable, ainsi qu’un retour haptique au niveau du gant. Mobile Lorm Glove est également équipé d’un système de vibreurs. L’utilisation du gant devrait donc combler la déficience phonique ou visuelle d’une personne afin qu’elle puisse communiquer aisément par téléphone.

 

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Gesche Joost, Ulrike Gollner et Tom Bieling sont les têtes pensantes de ce projet. Mobile Lorm Glove est actuellement en développement.

 

tomsguide

Adieu les Seringues, Vive les Hyposprays Sans Douleur ! [Cool] | Social Fuzz™


Charles-Edouard|25 mai, 15:24

Fini les douloureuses piqûres ! Vous n’aurez bientôt plus aucunes excuses, pour ne pas aller faire vos rappels de vaccin…

Merci qui ? Merci à l’Institut de technologie du Massachusetts qui a développé un hypospray qui permet de s’injecter des médicaments sans au-cune douleur !

Comment ça marche ? Le “pistolet” élaboré par MIT utilise un piston magnétique qui propulse une dose supersonique directement sous la peau !

Les médicaments sont injectés à travers un jet qui est encore plus petit que le dar d‘une abeille ou d’un moustique.

En gros, vous ne sentirez absolument rien et n’aurez aucune marque. Pour l’instant MIT se refuse de donner une date de mis en vente de leur nouvelle invention mais cet hypospray devrait pour être commercialisé courant 2013.

Pour de plus amples explications, la vidéo de MIT :

Source : dvice

LA FEMME ASIATIQUE…


 

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Il était une fois…

Une asiatique qui venait de se marier à un français qui vivait à Paris.

La pauvre dame ne connaissait malheureusement pas beaucoup de mots français ; mais elle réussissait quand même à communiquer avec son mari.

Sa difficulté était de se rendre chez les commerçants…

Un jour, elle se rendit chez le boucher pour acheter des cuisses de poulet.

Ne sachant pas comment le demander, elle leva sa jupe jusqu’a ses cuisses en baragouinant…

Le boucher comprit ; la dame retourna chez elle avec des cuisses de poulet.

Le Lendemain, elle eut besoin de poitrines de porc…

Encore une fois, ne sachant quoi dire au boucher, elle dégrafa sa blouse, et montra sa poitrine au boucher en baragouinant…

Et encore une fois, la dame obtint se qu’elle désirait.

Le 3ème jour, la dame eu besoin de saucisses.

Elle amena son mari chez le boucher…

A quoi pensiez-vous?

Bande de pervers !

Son mari parle français, vous n’écoutez pas ce qu’on vous dit !