Pensée du jeudi 12 janvier 2012.


« Le passé vous échappe et vous ne tenez pas encore l’avenir.
Seul le présent vous appartient, il est entre vos mains comme
une matière première à modeler. Vous avez là une minute, une
heure, une journée… Cette minute, cette heure, cette journée
vous appartiennent et efforcez-vous de les vivre dans la clarté.
Lorsque vous aurez dégagé l’espace entre vous et le monde
divin, vous pourrez dire que l’avenir aussi vous appartient.
Votre avenir, c’est la joie, la lumière. Et ne vous laissez
pas influencer par ceux qui ne prédisent que des difficultés,
des malheurs, parce qu’ils ne savent pas ce qu’est
véritablement l’avenir ni comment le créer. Les malheurs,
c’est le passé, et non l’avenir. Pour se présenter,
l’avenir, c’est-à-dire votre véritable avenir de fils et de
filles de Dieu, attend que le passé soit effacé. Mais cela ne
signifie pas que l’avenir n’est pas en marche. En réalité,
il est vivant, il est déjà là : vous êtes en train de le
créer. »

Omraam Mikhaël Aïvanhov

Les vertus méconnues de la paresse | Slate Afrique


 

L’écrivain camerounais Eric Essono Tsimi s’interroge sur les vertus supposées de la valeur travail.

Chercheurs d’or de Kambele, au Cameroun, le 3 juin 2008. AFP/Fanny Pigeaud

Lu: «D’après l’OIT (Organisation Internationale du Travail), en réduisant le taux de chômage des jeunes dans le monde de moitié, on pourrait accroitre l’économie mondiale de 2.250 à 3.500 milliards de dollars. Et 20% de cette croissance aurait lieu en Afrique subsaharienne. En 2003, les jeunes (de 15 à 24 ans) représentaient 63% des chômeurs en Afrique subsaharienne, alors qu’ils ne constituaient que 33% de la population active. D’après les spécialistes du développement, il faudrait une croissance de 7% par an de l’économie africaine pour réduire de moitié d’ici 2015 le pourcentage de personnes vivant dans la pauvreté.»

La page nécrologique de la CRTV est plus passionnante et bien plus riche d’enseignements. Vous ne travaillez pas? Réjouissez-vous, c’est un bonheur qui ne dure pas toute la vie, pas même en Afrique!

Quémandeurs d’emploi et travailleurs du désert

Comment peut-on manquer d’emploi dans un continent où tout est à faire, où se juxtaposent des sociétés préindustrielles, d’où, en tout cas, l’on ne voit aucune société industrielle ou seulement technique (et technologique), rationalisée et scientifique?

Il faut donner à la souffrance des Africains un sens spirituel et moral. Et cesser dans le même mouvement d’attacher une signification décisive à l’obtention d’un emploi, n’attachons pas de vertus curatives à l’enrichissement qui ne délivre pas toujours des tares de l’environnement dans lequel on est englué.

Le chômage en temps de démocratie n’est-il pas ici une opportunité? Où des gens qui travaillent iraient-ils trouver le temps, l’énergie et l’envie de «changer de disque»? Ce sont des chômeurs qui peuvent comme il faut battre le pavé à Dakar ou à Yaoundé et faire avancer la cause démocratique.

Chaque peuple a une manière de penser et d’agir, une sorte d’âme qui lui est propre. Comme la pauvreté est devenue à ce point un fait de civilisation dans notre continent, il faut l’assumer et si possible développer une espèce de culture de la pauvreté qu’on patrimonialiserait et se transmettrait de père en fils.

Pour vous consoler de n’être «rien», mettez-vous à l’écriture, aux arts, avec tout le temps libre dont vous disposez cultivez votre corps pour être encore vivant quand tous ces riches seront morts de cancer, d’obésité et de règlements de compte.

La vie des riches africains n’est pas très enviable: phobie de la dévaluation, peur des grèves, des faillites, d’une guerre, d’une révolution, obligés d’expatrier leurs enfants, obligés de s’humilier dans les ambassades occidentales où ils font la queue comme tout le monde dans des pays où ils ne sont comme personne…

Nos bourgeois vivent dans l’insécurité psychologique; les pauvres en Afrique vivent à l’ombre des riches et quand ceux-ci déchoient, les pauvres trouvent toujours de nouveaux riches à l’ombre desquels ils vont s’abriter.

La pauvreté est liberté et réinvention quand la richesse entraîne ici suspicion (ou culpabilité), mensonges, accidents cardiovasculaires consécutifs à des pressions continuelles, compromissions mystiques: il ne fait pas bon être riche dans un univers de misère. La «cité de Dieu» n’est-elle pas une cité de pauvres? Est-il raisonnable de vivre dans l’attente du gros lot? D’espérer toute une vie qu’après la pluie de criquets, viendra le beau temps de la récolte?

«Chacun à son tour chez le coiffeur»

Cette formule amuse moins par ce qu’elle dit concrètement que par ce qu’elle prétend poser comme une loi immuable: «Dieu n’oublie personne!». Ainsi, passerions-nous tous par des hauts et par des bas.

Cela change-t-il quoi que ce soit au sort de la majorité qui naît dans un état de dénuement et s’en retourne à la poussière après des années de misère partagée avec femmes et enfants, c’est-à-dire en somme après avoir contribué à la propagation, voire la saturation de la misère naguère héritée?

Les pauvres et les malheureux sont indispensables à l’équilibre social. Nous n’avons pas forcément le même coiffeur, c’est exceptionnellement que les derniers deviennent les premiers, et la chute des grands (leur tour chez le coiffeur) nesignifie presque jamais qu’une place de nouveau richeest vacante, encore moins que le riche déchu en question ne rebondira pas de plus belle. Dieu n’est pas coiffeur, il n’oublie personne, parce que le destin de chacun est affaire individuelle et il n’en a cure.

L’emploi n’est pas la réponse à tout

Travailler est-il un but suffisant dans la vie? De nombreux Africains estiment qu’il faut fermer la moitié des établissements secondaires d’enseignement général et ouvrir à la place des établissements d’enseignement technique! L’enseignement général ne peut-il pas contenir des formations technologiques et des enseignements techniques? Pourquoi donc sont-ils dits généraux? C’est à n’y rien comprendre.

On veut banaliser la recherche d’une culture intellectuelle au motif que l’éducation doit avoir un but pratique et professionnel. Le travail, au vrai, est une préoccupation grossière, les penseurs de la pédagogie camerounaise tardent à le réaliser.

La question n’est pas de savoir si l’éducation des âmes, la formation de l’esprit, est une fin en soi ou un moyen pour exercer une activité industrielle ou commerciale. Il faut dire aux jeunes que la fin de l’éducation c’est la vie de l’esprit, que la noblesse est dans le moyen pas dans la fin.

Pas besoin d’un emploi pour travailler

On est élevé dans l’idée que le travail est la valeur suprême; étymologiquement, le travail désigne pourtant un instrument de torture (trepalium), bibliquement, un châtiment. Laborare, qui traduit en latin l’idée de travailler, contient surtout celle de souffrir.

Et si l’homme aspire à être «maître et possesseur de la nature», ce n’est sans doute pas pour travailler plus, on a assisté culturellement à un renversement de perspectives. La vérité est que les esclaves nègres ont travaillé, ils ne sont pas ceux qui ont le plus profité de cette débauche d’énergie. De même, dans les champs de canne à sucre de Mbandjock et Nkoteng (Cameroun), de nos jours, assiste-t-on encore à un véritable esclavage.

Où l’homme ne travaille pas pour s’émanciper, pour fuir l’ennui et l’oisiveté, mais plutôt pour une bouchée de pain, qu’il partagera avec sa famille pléthorique. Un homme paresseux, s’il ne s’agit pas d’une paresse d’esprit i.e. d’une mentalité paresseuse, est un homme sain d’esprit. Un travailleur, un autre qui a souvent des problèmes psychologiques ou personnels et trouve dans le travail un dérivatif.

Celui dont la passion est le travail fait autre chose que travailler, c’est lui qui est travaillé par une activité. Pour ce qui est des Africains, ils ne sont pas paresseux, bien au contraire! C’est juste que l’organisation du travail dans la société fait que le travail est bien souvent un poste pour justifier un salaire. On s’en plaint quand on n’en as pas, on est «débordé» quand on en a.

Pratiquer la paresse avec art

La paresse est un péché capital? Alors pourquoi nous avoir raconté que c’est pour une affaire de pomme (fruit défendu) que nous avons été chassés du Jardin d’Eden?

Au fait, comment appelle-t-on un enfant qui va jouer au ballon pendant que ses frères potassent ou rangent leur chambre? Un paresseux.

Comment appelle-t-on un autre qui gagne des millions à coups de frappes assénées sur un ballon? Quelqu’un qui a beaucoup travaillé pour en arriver là. Comment appelle-t-on quelqu’un qui s’enferme à longueur de journées pour lire des romans et écrire son journal, quand au même temps ses parents grattent la terre pour en tirer la pitance quotidienne? Un paresseux et un inconscient.

Comment appelle-t-on quelqu’un qui s’enferme pendant trois ans pour écrire un roman, qui connaît un semblant de succès? Un bourreau de travail. La paresse est le nom qu’on donne à l’improductivité et le travail à la productivité.

Les tenants du tout-économique ont réussi à imposer cette vision capitaliste du monde à tout le monde. On se laisse aller à la paresse, il n’en va pas de même pour le travail qui est en conséquence une activité contre nature, et par suite une pseudovaleur. Il faut revisiter l’éthique méditerranéenne.

Intellectuels africains: chômeurs payés?

Les cacaoculteurs de Taboitien (est de la Côte d’Ivoire), les orpailleurs de Batouri (est du Cameroun) les anciens combattants, les creuseurs de puits, les Lions Indomptables, les aventuriers qui s’expatrient au péril de leur vie ont donné aux peuples africains plus d’épaisseur et de richesses que toute sa classe savante.

Nos intellectuels se sont convertis en grimpeurs sociaux, pressés qu’ils sont par l’ambition de passer au même temps pour des penseurs et des faiseurs de livres, qui noircissent sans pitié à l’encre noire des pages qui eussent mieux aimé voir se déverser sur elles des flots de pensées à défaut de rester carrément vierges.

Platon disait qu’il fallait expulser de sa république les poètes. Dans une langue moins anachronique, on dirait aujourd’hui les écrivains. Si cela n’est pas souhaitable, cette proposition contient une idée particulièrement dérangeante dans le cas de l’Afrique: l’intelligentsia non technique, du moins celle dont la qualification technique est littéraire et humaine et les spécialistes de la parole publique qui sont responsables des idées vraies ou fausses véhiculées à travers la presse, la radio, la télévision, et Internet, n’ont pas fait avancer de manière décisive le continent noir. Au contraire!

Eric Essono Tsimi

« Fleur chinoise », la « superhéroïne » des temps modernes | À La Une | L’Orient-Le Jour


Par Rania Massoud | 11/01/2012

 

Le clicElle a tout ce qu’il faut pour faire parler d’elle : sexy, provocatrice, mystérieuse, charitable… Elle ? Personne ne connaît sa vraie identité. Comme tout bon superhéros – ceux que l’on trouve généralement dans les bandes dessinées ou les films d’Hollywood –, « Fleur chinoise » (également connu sous les noms de « Chinese Redbud Flower » ou « HongKong Flower ») opère dans l’anonymat le plus total.

Avec sa longue cape noire, son décolleté très évocateur et ses collants bien moulants, la « superhéroïne » dissimule son visage avec un tissu noir qu’elle enfile sous un masque bleu métallique.

La première fois qu’elle est apparue en public était en mai dernier, à Hong Kong. Elle avait été aperçue distribuant de la nourriture, de l’argent et des vêtements aux mendiants et sans-abri dans la ville.
Fidèle à son époque, elle prend soin de son image, documente toutes ses sorties en photos et vidéos qu’elle publie ensuite sur son blog, ainsi que sur ses comptes Facebook et Weibo, l’équivalent chinois de Twitter.


« Fleur chinoise » en action.
Dans une entrevue avec le journal South China Morning Post (SCMP), elle dit s’être inspirée du personnage joué par l’actrice chinoise Connie Chan Po-chu dans le film Black Rose, sorti en 1965.
La jeune femme, qui affirme être dans la trentaine, révèle également qu’elle a étudié aux États-Unis et en Grande-Bretagne et qu’elle vient d’une famille très réputée à Hong Kong. Se disant célibataire, « Fleur chinoise » précise en outre qu’elle gère son propre commerce et qu’elle touche un salaire mensuel à six chiffres !

Coup de pub ou véritable ange gardien des temps modernes ? La « superhéroïne » dit qu’elle cherche à attirer l’attention des médias sur la politique économique du gouvernement hongkongais qu’elle qualifie d’« injuste ». La ville connaît les inégalités sociales les plus criantes dans la région, selon le SCMP.
« Je cache mon identité parce que je ne veux pas que les gens pensent que je cours après la célébrité, affirme-t-elle au journal The Standard. Je veux pousser les gens à aider les pauvres. »

« Fleur chinoise » peut se réjouir, sa voix semble avoir été entendue jusqu’à Pékin où une autre jeune femme, au physique tout aussi séduisant et portant un costume similaire, vient d’imiter son acte… photos à l’appui ! C’était à la veille de Noël.

La « superhéroïne » de Pékin.
« Aujourd’hui, c’est mon premier jour en tant que “Fleur chinoise”, a écrit la jeune Pékinoise sur Weibo. Je suis légèrement anxieuse. J’ai déjà préparé les manteaux militaires et la nourriture pour les vieux. Un grand merci à mon ami qui m’a offert les gants. »
Tout comme son prédécesseur, elle dit souhaiter cacher sa vraie identité, mais effectue quelques modifications à son costume pour révéler certains traits de son visage, notamment ses lèvres et ses yeux.

Sur la blogosphère, « Fleur chinoise » divise les internautes. Certains ont salué son geste charitable, tandis que d’autres, exprimant des doutes sur ses vrais intentions, ont critiqué ses photos « pausées » et son look « provocateur ». Cependant, ils sont tous parvenus à la même conclusion : cette tenue n’est pas du tout faite pour être portée en hiver… pas à Pékin en tout cas ! Brrrrrrr !

 

Vidéo

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Enceinte à sept reprises, malgré la contraception !


 

enceinte.jpgEnceinte à sept reprises, malgré la contraception !

Enceinte sept fois en cinq ans. Et ce, malgré différentes contraceptions.

Gemma Potter a 23 ans. Et, en cinq ans, elle a essayé toutes sortes de contraceptions. En vain. Car, malgré les implants contraceptifs, le stérilet, la pilule ou encore les préservatifs, elle est quand même tombée enceinte sept fois!

La Britannique, qui raconte son histoire au journal « The Sun« , est tombée enceinte une première fois en 2006, malgré la pilule. En étant sous pilule, elle pensait que c’était « un accident ». Peu de temps après l’arrivée de Shaun, son fils aîné, la jeune femme tombe à nouveau enceinte, toujours sous pilule.

Après avoir donné naissance à sa deuxième fille, Jessica, la jeune mère décide de changer de contraception et opte pour le stérilet. Elle tombe enceinte à nouveau mais malheureusement, fait une fausse couche.

Déçue par les moyens contraceptifs déjà essayés, elle opte pour l’injection trimestrielle. Mais cela ne lui convient pas mieux: elle tombe enceinte pour la quatrième fois. La petite Sophie vient alors agrandir la famille.

Après la naissance de son troisième enfant, elle découvre attendre la vie à nouveau. Mais la grossesse est extra-utérine. Peu de temps après, de nouveau sous pilule, elle est retombée enceinte pour la sixième fois, avant de subir une fausse couche.

Aujourd’hui, Gemma est à nouveau enceinte. Pour la septième fois. Ce sera le quatrième enfant de la famille. « J’adore mes enfants mais je n’en veux plus », explique-t-elle au Sun. « Je ne peux pas sortir avec mes amis ou boire un verre. Je suis constamment enceinte. J’ai aussi envie d’avoir un travail, une carrière. »

Malgré leur expérience à répétitions, les médecins ne les prendraient pas au sérieux. Ils disent simplement que c’est « un couple très fertile ».

Glenn, son époux, ne s’y attend jamais. « C’est à chaque fois un choc quand elle m’annonce être enceinte. » On veut bien le croire…

(L.C.C./7sur7)

Femmes à la pompe à Saïda, opération marketing réussie | À La Une | L’Orient-Le Jour


Par Anne-Marie El-HAGE | 11/01/2012

Amar, jeune pompiste de 19 ans, aussi discrète que déterminée.
Amar, jeune pompiste de 19 ans, aussi discrète que déterminée.

 

SociétéDes femmes pompistes dans une station d’essence. Une première au Liban. De quoi bouleverser les mentalités de la ville conservatrice de Saïda.

La touche rose donne le ton. Couleur inhabituelle dans une station d’essence, où les tons sont généralement neutres. Queen Stations n’est pas une station d’essence traditionnelle. Sa réputation est d’ailleurs faite, non seulement au Liban, mais dans les pays arabes et jusqu’en France. Car elle emploie de jeunes femmes à la pompe, en journée comme en soirée. Sa gérante est aussi une femme. Elle est pourtant située dans la ville conservatrice de Saïda, sur la route principale du quartier bourgeois de Hlalyé. Autre particularité de la station, son supermarché de trois étages, qui dessert la région et ses environs et qui emploie une grande majorité de femmes.

Vêtues de sweat-shirts roses et de jeans, deux jeunes femmes s’affairent à servir les automobilistes. Elles font le plein, nettoient les vitres, encaissent les sommes dues, remplissent des reçus (roses), soucieuses de servir la clientèle le plus efficacement et le plus rapidement possible. Sous l’œil bienveillant du responsable de la pompe, un jeune homme aux yeux rieurs qui n’hésite pas à prodiguer conseils et encouragements. Avec l’assistance d’une poignée de jeunes gens, également vêtus de T-shirts roses, qui prennent la relève pour les tâches lourdes, lavent les voitures et assurent la livraison de mazout (dans une citerne grise et rose).

La curiosité du quartier
L’opération est désormais routinière pour les jeunes filles, banale pour la clientèle, même masculine, qui réagit positivement à ce concept avant-gardiste, une première au Liban. « Je suis un client inconditionnel de la station », affirme un automobiliste d’une trentaine d’années. « Pas seulement parce qu’elle emploie des filles, mais surtout parce que le service est de qualité. Je suis d’ailleurs convaincu qu’une femme doit travailler dans tous les domaines », poursuit-il, soulignant que « l’homme et la femme doivent s’entraider ». Mais certains clients ne peuvent s’empêcher d’avoir des réserves. Comme cette femme voilée qui applaudit au travail de jour des jeunes filles pompistes, « car elles doivent savoir se débrouiller dans la vie », mais estime, « en tant que musulmane », qu’elles ne devraient pas travailler de nuit.
Jugé bizarre, curieux ou amusant à l’ouverture de la station, le travail des femmes à la pompe n’étonne plus personne aujourd’hui à Saïda. « Au départ, nous étions la curiosité du quartier », raconte Aya, caissière de 20 ans du supermarché et étudiante, qui n’hésite pas à donner un coup de main à la pompe. « Mon entourage aussi se demandait pourquoi j’avais choisi de travailler là. » La jeune femme est convaincue que nombre d’automobilistes continuent d’affluer par curiosité. Elle se rappelle les quelques cas de propos déplacés, proférés par de très jeunes gens. « Mais les choses sont rapidement rentrées dans l’ordre, assure-t-elle. D’ailleurs, nous ne sommes jamais seules, mais travaillons conjointement avec des collègues hommes. D’autant que certaines tâches nécessitent un effort physique important. Et puis, le travail n’est pas une honte. Nous donnons le meilleur de nous-mêmes et sommes, en contrepartie, très bien traitées par la direction », souligne-t-elle, se prononçant en faveur de l’égalité entre l’homme et la femme.
La pompe ne désemplit pas. Jeunes femmes et jeunes gens se relaient auprès de la clientèle. Le concept semble avoir rencontré un vif succès depuis l’ouverture de la station, en février 2011. Il faut dire que l’artère, baptisée communément route de Jezzine, est très passante. Entre deux voitures, Amar, une blondinette de 19 ans, raconte avoir quitté un emploi de comptable pour travailler comme pompiste à Queen Stations. « J’habite le quartier et l’idée m’a plu, car c’est une nouveauté et le travail n’est pas routinier », indique-t-elle.
La jeune femme a surtout été attirée par l’attrayant salaire de 500 dollars par mois proposé aux femmes pour 8 heures de travail par jour, 6 jours sur 7. Nettement supérieur que son premier salaire. « Et puis le travail n’est pas fatiguant », assure-t-elle. Amar a toutefois dû tenir tête à ses parents, réticents de voir leur fille travailler dans une station-service. « Face à ma détermination, ils ont fini par accepter l’idée », dit-elle. Même si elle semble n’avoir pas froid aux yeux, l’adolescente affiche une certaine réserve et refuse de se faire photographier. « Je ne m’étais pas préparée », dit-elle, comme pour s’excuser, visiblement dérangée par l’engouement des médias pour l’affaire.

Embaucher davantage de femmes
Comment est né le concept véhiculé par Queen Stations ? « L’idée est venue du propriétaire du projet, Merhi Abou Merhi, homme d’affaires et mécène originaire de Saïda, très attaché à sa ville, soucieux de contribuer à son développement et d’embaucher une main-d’œuvre locale », explique la gérante, Samar Dakdouk. Elle-même avoue avoir travaillé aux États-Unis dans une station d’essence appartenant à ses frères. Elle s’est donc facilement pliée au jeu. « Désormais accepté par la société sidonienne, qui allie tradition et modernisme, mais qui demeure machiste, le concept fonctionne à merveille, constate-t-elle. Malgré de petits dérapages inévitables sans conséquences, au démarrage du projet », note-t-elle, notamment de la part de jeunes gens peu éduqués et peu habitués à voir des femmes travailler dans une station d’essence. En dépit aussi de l’inexpérience des femmes pompistes, qui se contentent, pour le moment, de faire le plein.
« Idéalement, elles devraient tout faire, au même titre que leurs collègues de sexe masculin, nettoyer les vitres, laver les voitures et exécuter d’autres tâches réservées aux hommes. Mais les jeunes gens, généralement tous étudiants, mettent un point d’honneur à ne pas les laisser se fatiguer », explique Mme Dakdouk.
L’objectif immédiat de la gérante ? Former les filles à laver les voitures et embaucher davantage de femmes, qui représentent l’atout essentiel de l’entreprise, car elles attirent la clientèle. Elle voudrait aussi rendre les employées polyvalentes, pour les encourager à travailler aussi bien au supermarché qu’à la pompe. Ferme et exigeante, mais adulée par les employés, hommes ou femmes, qui la surnomment affectueusement Queen, Samar Dakdouk est certaine d’y arriver bientôt. Même si les choses ne sont pas aussi simples qu’elles le paraissent. La gérante se heurte à la grande résistance des femmes à exercer cet emploi encore tabou, dans une société conservatrice. Et ce, malgré des salaires attractifs, supérieurs à ceux de leurs collègues masculins, d’une bonne centaine de dollars par mois.
Le défi est de taille. Queen Stations entend bien le relever et pourquoi pas ouvrir des succursales à travers le pays.

 

Vidéo

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Elle vous trompe? Volez-lui une culotte pour le savoir – Sexe & Relations – 7s7


Elle vous trompe? Volez-lui une culotte pour le savoir

Une nouvelle société propose un service un peu étrange. Infidelity DNA Testing vous offre la possibilité d’effectuer un test ADN sur la semence éventuelle qui se trouverait dans les sous-vêtements de votre femme ou de votre copine. « Combien de fois les victimes d’infidélité ont cet horrible sentiment d’être trompées mais ont peur de confronter leur partenaire sans preuve irréfutable? » demande le communiqué de presse plein de bon sens de la société.

« Le procédé est simple », explique le directeur. « Vous nous fournissez un vêtement, de préférence des sous-vêtements ou des collants et on s’occupe du reste. Nous pouvons identifier s’il se trouve de la semence, s’assurer que l’on peut effectuer un test ADN et faire une comparaison pour établir si cette semence appartient à la bonne personne. »

Le plus dérangeant dans cette histoire, à part le fait que les hommes ont besoin de tromper leur copine mais veulent un test ADN pour vérifier qu’elles ne font pas pareil, c’est que la société propose ce même service aux parents désireux de connaître la vie sexuelle de leur fille. Coût de cette opération peu reluisante: 200 dollars. (CD)

06/01/12 12h40

 

Histoire France. Réforme de l’orthographe. Simplification et révision. Règles orthographiques. Histoire, patrimoine et ancêtres


 

A la fin du XIXe siècle, un chroniqueur de La Semaine des familles s’insurge contre les velléités d’une obscure « assemblée » de réforme orthographique à marche forcée et faisant pour cela « apel a tous les amis du progrès et de l’instrucsion, aus admirateurs de notre langue et de notre litérature » : la simplification, quasiment assurée d’emporter l’adhésion populaire, lui apparaît comme démagogique et dangereuse

On ne dira pas au moins que les membres composant la société de réforme orthographique n’ont pas le courage de leur opinion, puisque dans le bulletin qu’ils publient ils appliquent déjà les principes dont ils sont les promoteurs.

Ainsi, pour que les lecteurs aient un exemple de l’ortografe nouvelle, voici une phrasé copiée textuellement : « Nous fezons apel a tous les amis du progrès et de l’instrucsion, aus admirateurs de notre langue et de notre litérature, aux fllologues, aus parans, aux maîtres, aus vrais patriotes. Puisse notre apel être antandu ! »

Extrait du Dictionnaire de l'Académie française

Extrait du Dictionnaire de l’Académie française

Décidément, il faut en prendre notre parti, explique le chroniqueur : en politique comme en grammaire c’est le même programme : dissolution et revision. Oui, s’écrient les boulangistes de l’orthographe, dissolution de ces règles arbitraires, épineuses, de ce code du pédantisme graphique qui a mis à la torture tant de générations innocentes, et revision, on ne dit pas par quelle assemblée, mais révision démocratique de tous les mots français, de sorte que chacun d’eux s’écrive désormais comme il se prononce.

C’est le principe dé la simplificasion. L’assemblée constituante, chargée de la refonte de l’orthographe, sera-t elle nommée par le suffrage universel ? Du moins ce que je propose, c’est que les électeurs apportent un diplôme attestant qu ils ne savent pas l’orthographe.

On comprend la raison de cet amendement. Un citoyen qui sait l’orthographe aura quelque peine à se dépouiller de cet avantage, explique encore notre chroniqueur qui ajoute, pragmatique : il lui sera pénible de penser qu’il a donné les plus belles années de sa vie à pénétrer les mystères des quelque et des quel que, à se tirer sans accroc de la bagarre des participes passés, et qu’il lui faut humblement accepter l’égalité avec sa cuisinière qui ce matin a écrit sur son livre de compte : vin soud pin edlé (vingt sous de pain et de lait).

Bref, il aura, des préjugés et il sera capable de nommer des députés revisionnistes qui seront tout au moins timides et conciliants. Vous devinez la conséquence ! lance le journaliste. Encore une revision à reviser. L’effet serait déplorable, outre qu’il pourrait y avoir, dans le même temps, d’autres révisions qui ne seraient pas plus chanceuses.

Et pourtant, croyez-le bien, mon cher lecteur, je ne suis pas plus que vous, en fait d’orthographe, d’une orthodoxie intolérante et vétilleuse. L’orthographe, en définitive, n’est que le costume du mot : c’est le mot qui est l’essentiel, car le mot représente l’idée. Ce qui a amené, j’imagine, cette croisade contre l’orthographe moderne, c’est l’importance vraiment exagérée qu’on a donnée, dans les programmes et les examens, à une science après tout secondaire, qui est un moyen et ne doit pas être un but.

Il semble au contraire que cette science soit une des quatre fins de l’homme et qu’il y aura, pour entrer au paradis, une composition d’orthographe avec toutes sortes de malices, de pièges et de chausse-trappes : des compotes de poires avec un s parce que les poires ont le bonheur de conserver leur forme, et des gelées de pomme sans s, parce que la pomme a le malheur de perdre son honorable personnalité. Cette tyrannie a soulevé des révoltes qui ont eu pour complices toutes nos rancunes d’enfance et même de jeunesse.

Je suis bien loin encore de justifier toutes sortes de contradictions et d’irrégularités cacographiques. Pourquoi suffit-il d’un p pour attraper un rhume et pourquoi en faut-il deux pour tomber dans une trappe ? Pour écrire vingt qui vient de viginti on a dû faire sauter le g de viginti par dessus l’n ; pourquoi alors ne pas prier le g de triginta d’opérer le même saut de mouton, ce qui ferait écrire trengte au lieu de trente ?

Dictionnaire de l'Académie française

Dictionnaire de l’Académie française

La similitude graphique, je le reconnais encore, peut amener de singuliers quiproquos : témoin un tisserand accusé de négliger sa famille, qui reçut une lettre se terminant ainsi : « Oui, vous avez grand tort de sacrifier vos fils à vos fils. » A quoi il répondit immédiatement : « Je vous certifie que c’est tout le contraire et que je n’hésiterais pas à sacrifier tous mes fils pour l’un de mes fils. »

Dangeau, au XVIIe siècle, raconte d’une dame étrangère, qu’elle s’écria un jour, en bonne compagnie : « Oh ! que ces empereurs romains étaient cruels ! Ils faisaient prendre des paysans et leur faisaient arracher la langue pour s’en nourrir ! » Ce mets, qui d’ailleurs doit être exécrable, étonna beaucoup l’assemblée, rapporte notre malicieux chroniqueur. De vrai, elle avait lu que l’empereur Héliogabale mangeait des pâtés de langues de phaisans, et comme elle s’imaginait qu’un p se prononce toujours p, elle avait lu des « langues de paysans », au lieu de « langues de faisans ».

Ce qui prouve, entre parenthèses, que l’orthographe n’est pas immobile, puisque faisans ne s’écrit plus phaisans, et il en est ainsi de beaucoup d’autres mots. Cette réforme, en définitive, se poursuit. L’Académie française, dans ces derniers temps, n’a-t-elle pas fait un salutaire abattage d’h encombrants qui ne sont guère à regretter ?

On peut s’en remettre, il me semble, à son goût et à sa prudence. Sans doute l’Académie est personne sage, discrète, qui n’a pas l’habitude de prendre le mors aux dents, et si elle procède pour la révision de l’orthographe comme elle le fait pour le dictionnaire historique, il y aura encore de beaux jours pour les casuistes de la grammaire française :

Depuis six mois dessus l’F on travaille,

Et le Destin m’aurait fort obligé

S’il m’avait dit : Tu vivras jusqu’au G.

Cette dernière pique de l’auteur de ce récit prend toute sa justification lorsqu’on sait que le Dictionnaire de l’Académie vit le jour en 1694, les éditions suivantes paraissant en 1718, 1740, 1762, 1798, 1835, 1878 et 1935. La neuvième édition est, depuis, en cours d’élaboration, deux tomes étant disponibles fin 2011 : Tome 1 (A-Enz) et Tome 2 (Éoc-Map).

Histoire France. Réforme de l’orthographe. Simplification et révision. Règles orthographiques. Histoire, patrimoine et ancêtres