Pensée du mercredi 11 janvier 2012.


« Présentez-vous chaque jour devant le Seigneur et demandez-Lui
d’être guidé afin de bien agir pour vous-même et pour les
autres. Bien sûr, ce n’est pas Lui en personne qui viendra
vous inspirer, mais Il vous enverra des anges qui vous
accompagneront… Plus tard, vous apprendrez que sur les chemins
où vous avez marché, beaucoup d’accidents, de malheurs ont pu
être évités, et que beaucoup de bonnes choses, au contraire,
ont été réalisées. Les entités célestes vous diront :
« Regarde, tout cela a été fait grâce à toi. »
Oui, un jour, vous connaîtrez ce que vous avez fait ou,
plutôt, ce qui a été fait à travers vous. On vous montrera
combien d’entités magnifiques ont pu se manifester parce que
vous aviez commencé la journée en demandant au Seigneur de
diriger votre vie. »

Omraam Mikhaël Aïvanhov
 

Quand Lénine dîne chez Socrate – Le Point


Philosophe marxiste, Alain Badiou récrit « La République » de Platon, entre pochade et brûlot.

"La République" de Platon, réécrit par Alain Badiou (éditions Fayard). Photo : "Le suicide de Socrate", peinture de David (1787). Photomontage : la tête du philosophe est celle d'Alain Badiou.

« La République » de Platon, réécrit par Alain Badiou (éditions Fayard). Photo : « Le suicide de Socrate », peinture de David (1787). Photomontage : la tête du philosophe est celle d’Alain Badiou.©United Archives/Leemage

Par Claude Askolovitch

Donc, page 457 de cette République, Socrate dit : « Si je demande à une femme de revêtir une guêpière noire et des bottes, de me fouetter sans merci, puis de me sucer, et, quand je jouis dans sa bouche, d’avaler mon sperme, je doute qu’on puisse qualifier ce désir de nécessaire. » On serait dans un canular de khâgneux, cela n’aurait aucune importance, mais tout cela est sérieux : c’est ainsi qu’Alain Badiou, maître de 74 ans, veut nous rendre les « vérités éternelles » et le « besoin d’absolu » dont la politique a besoin ! Il livre un objet impur, qu’il veut essentiel : une réécriture de La République de Platon (1) – dialogue socratique sur la justice et la politique – truffée de références contemporaines, brûlot politique revendiqué et pochade involontaire à la fois. Six ans de travail, dit-il, pour tout changer, sauf l’essentiel.

La tentative déconcerte. Ayant proclamé l’éternité de Platon, Badiou le profane et le trivialise, tire la barbichette des sages, batifole et audiardise, transforme un frère de Platon en une post-ado altermondialiste, règle ses comptes (avec les médias, la nouvelle philosophie)… C’est à la fois brillant et vulgaire, jouissif et lourdingue, une philosophie de boulevard corsetée par l’idéologie. Mal à l’aise avec l’eugénisme platonicien – le Grec imaginait l’accouplement à fin de reproduction des hommes et femmes d’élite -, Badiou le censure d’un éclat de rire : « Profitant de l’occasion qui m’est donnée par Badiou, je m’élève solennellement contre l’interprétation de ma pensée par votre frère Platon », lance son Socrate, défenseur de la famille et de l’amour.

Jouissif

Ensuite, le rire n’est qu’un masque. Badiou, mandarin à Normale Sup, est aussi un communiste inguéri. Sa cité idéale s’appelle « communisme » ; le président Mao glisse ses aphorismes dans la pensée grecque ; Badiou remise ses incunables. Les dictatures communistes sont de simples « timocraties » (gouvernement de guerriers en quête de gloire), altérations minimes de la Cité idéale. La démocratie n’est qu’apparence, en réalité le lieu de la facilité et de l’abandon jouissif, qui conduira au fascisme. Et il faudrait supprimer la propriété privée. Airs connus ? C’est ici que Badiou prend son combat au sérieux et ressuscite Platon pour la cause. La République (la vraie, l’originelle), empreinte de pessimisme et de nostalgie d’un homme supérieur – le philosophe, éduqué au Bien -, a pu être lue comme un bréviaire prétotalitaire, prônant un monde où une vérité collective materait l’individu. Mais, quand les démocraties européennes s’enferrent dans leur crise, certains passages trouvent une dimension prophétique.

Platon conte l’histoire d’un navire errant, privé de capitaine, soumis à l’anarchie et aux disputes de marins incompétents : ainsi vit la cité que le philosophe ne gouverne pas ! Badiou reprend la fable, la souligne, la prolonge dans une charge contre la démocratie d’opinion. C’est bien vu, et soudain superflu. À force, la dureté platonicienne s’oublie dans un bavardage de polémiste. Si Badiou a raté son coup, c’est par cette trivialité. Le verra-t-il ? Par moments, on s’interroge sur sa tristesse, et on le devine s’identifiant à Socrate, philosophe incompris et martyr, détenteur d’une vérité refusée par son temps. Badiou se voudrait-il prophète maudit d’une révolution qui n’arrive pas ? Mais on ne le brûlera pas, auteur prolifique et adulé, marxiste officiel de nos jeux du cirque, auxquels son livre contribuera. Le temps du rire n’est pas celui de la ciguë.

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Par Claude Askolovitch

Alain Badiou récrit « La République » de Platon (Fayard, 600 p., 25 euros).

 

Yummypets, le premier réseau social français dédié aux animaux de compagnie | L’Orient-Le Jour


Ici et Ailleurs

Insolite

Yummypets, le premier réseau social français dédié aux animaux de compagnie

mardi, janvier 10, 2012

Léo, Rosa, Geapsy, Domino : tous ces chiens, chats et même biquettes sont inscrits sur Yummypets. Jean-Pierre Muller/AFP

Léo, Rosa, Geapsy, Domino : tous ces chiens, chats et même biquettes sont inscrits sur Yummypets. Jean-Pierre Muller/AFP

Chats, chiens, reptiles, biquettes… 4 000 membres sont déjà inscrits sur le site.

Léo, Rosa, Geapsy, Domino : tous ces chiens, chats et même biquettes sont inscrits sur Yummypets, le premier réseau social français exclusivement dédié aux animaux de compagnie, lancé à la mi-novembre par une société bordelaise.

Matthieu Glayrouse, l’un des deux inventeurs du site, a expliqué comment Yummypets (« délicieux animaux » en anglais) est né du constat d’un manque sur Internet « de tout ce qui concerne les problématiques d’animaux ». « Et, pour toucher ce type de cible, il nous fallait un concept original. C’est comme ça que nous avons pensé à un réseau social qui leur soit dédié », ajoute-t-il.

En moins de deux mois, le succès du site étonne même ses concepteurs. « Nous comptons déjà quelque 4 000 membres et 150 nouveaux membres chaque jour », se félicite le cogérant de l’agence de communication bordelaise Octopepper, à l’origine du projet. Les membres, qui sont pour le moment quasi exclusivement francophones, avant le lancement d’une version anglophone courant janvier, s’inscrivent sous le profil de leurs animaux, dont ils indiquent le nom, la race et le pedigree. « On s’est dit que, comme ça, les gens allaient beaucoup plus se lâcher », explique le concepteur, qui recense sur le réseau environ 40 % de chats, 35 % de chiens, 12 % de rongeurs, 8 % de chevaux, 2 % de reptiles, ainsi que des canaris, chèvres ou poissons.

Sur le site, les membres postent des photos aussi diverses que le classique cliché de leur chien Calinou sur la plage, les surprenants dix bébés de la rate Lilou, l’effrayant « petit bain entre filles » de deux serpents dans une baignoire, ou les attendrissantes Câline et Jenna, un chien et une tortue posant côte à côte. Ensuite, ils peuvent devenir « ami » avec les animaux qu’ils aiment bien, ou voter pour devenir « fan » de leurs préférés. Certains d’entre eux sont même déjà devenus des stars, à l’instar du chien Geapsy ou de Rosa la biquette qui fait un carton. Le chat de l’agence, Léo, est la mascotte du site et l’animal emblématique du réseau sur lequel il veille. « Très rapidement, nous nous sommes aperçus que les gens lui parlaient », raconte M. Glayrouse, qui joue le rôle de modérateur du site en se faisant passer pour Léo. « Nous recevons une cinquantaine de mails par jour », précise le gérant, parmi lesquels « beaucoup de mercis » et de nombreuses demandes de nouvelles fonctionnalités.

« Jeudi dernier, nous avons lancé une sorte de classement “cute or not cute” (mignon ou pas mignon) et, entre 15h00 et 20h00, nous avons eu quelque 20 000 participations », selon le cogérant de cette société qui travaille pour la France et l’Angleterre.

Parallèlement, la société travaille actuellement à la création, très demandée, d’une application pour smartphones qui devrait voir le jour à la fin février. Les membres pourront également, très vite, envoyer des vidéos sur le site.

Le modèle économique de Yummypets devrait à terme être basé sur la publicité, mais, « pour le moment, nous n’avons pas de contraintes financières et on ne veut pas monétiser très vite car on n’est pas des marchands d’animaux. On veut conserver l’affect », soutient le cofondateur d’Octopepper. Cette société compte une dizaine de salariés, qui consacrent 20 % de leur temps aux activités incubation et développement de projets. « Nous réfléchissons à la mise en place d’une boutique en ligne qui proposerait des objets personnalisés, comme par exemple des jeux et des gamelles pour animaux », indique M. Glayrouse.

(Source : AFP)

REGARDEZ. Une Australienne survit à un plongeon de 111 mètres dans les chutes Victoria – Le Point


La jeune femme de 22 ans a réussi à nager jusqu’à la rive dans les rapides du fleuve Zambèze en Afrique.

La jeune femme s'en est sortie après une chute dans les rapides du fleuve Zambèze.La jeune femme s’en est sortie après une chute dans les rapides du fleuve Zambèze.©AFP

 

Le Point.fr

Une Australienne de 22 ans a survécu « par miracle » à un plongeon de plus de 100 mètres dans les rapides du fleuve Zambèze en Afrique, à proximité des chutes Victoria, lors d’un saut à l’élastique où la corde s’est rompue. Erin Langworthy, en vacances, avait décidé la veille du nouvel an d’effectuer un saut à l’élastique depuis un pont au-dessus des chutes Victoria.

Quelques secondes après avoir sauté, à 111 mètres au-dessus du fleuve frontalier entre la Zambie et le Zimbabwe, la corde s’est rompue. Les images enregistrées par une caméra montrent la jeune femme heurtant l’eau de plein fouet, avec ses pieds toujours attachés à l’élastique, avant qu’elle ne soit emportée par les rapides. « Tout est devenu noir. J’avais l’impression de recevoir des coups de partout », a-t-elle raconté à la chaîne de télévision australienne Channel Nine. « Au fur et à mesure que je m’enfonçais dans les flots, l’eau est devenue plus froide et ça a dû me faire reprendre connaissance. »

« Assez terrifiant »

Erin Langworthy, qui habite Perth (ouest), avait fait du rafting la veille dans les rapides et se souvenait des conseils de sécurité donnés par l’instructeur. « Le courant était violent et j’ai commencé à entendre les rugissements » des chutes, a-t-elle dit. « C’est comme être dans des vagues, vous êtes aspirés vers le fond, puis vous revenez à la surface, mais vous n’avez aucune orientation. Je ne savais pas si j’étais vers la surface ou vers le fond. »

La jeune femme est parvenue à nager jusqu’au rivage du fleuve, les pieds toujours attachés. « C’était assez terrifiant, car à plusieurs reprises, la corde s’est coincée sous des rochers et des débris. Je devais donc plonger et dégager la corde. » La jeune Australienne s’en est tirée avec une clavicule cassée et d’énormes bleus. Elle a été amenée en Afrique du Sud pour y être soignée. « Oui, vraiment, il est miraculeux que j’en aie réchappé », a-t-elle déclaré.

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=63TXLCQhUnE]

Le Point.fr

Le thé «le plus cher du monde» cultivé dans la crotte de panda !


 

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Le thé «le plus cher du monde» cultivé dans la crotte de panda !

 

L’entrepreneur chinois An Yanshi est convaincu qu’il a trouvé l’ingrédient clé pour produire le nec plus ultra des thés: les excréments de panda.

 

Cet ancien professeur de calligraphie a acheté 11 tonnes d’excréments dans un centre d’élevage de pandas, afin de fertiliser ses cultures de thé dans les montagnes de la province du Sichuan (sud-ouest de la Chine), là où vivent les placides mammifères noirs et blancs.

 

M. An assure que sa première récolte de feuilles de thé sera pour le printemps 2012 et prédit qu’il s’agira du «thé le plus cher du monde». Il compte vendre le premier lot de 500 grammes pour la somme astronomique de 219 865 yuans (environ 35 600$). Les lots suivants coûteront jusqu’à 20 000 yuans l’unité.

 

Pour illustrer à quel point il est passionné par son projet, cet homme de 41 ans a revêtu un costume de panda peu avant son interview avec l’AFP.

 

Il n’a cure d’être ridiculisé par certains en Chine, qui se moquent de ses affirmations extravagantes sur les bienfaits potentiels de son thé pour la santé. Au contraire, il affirme qu’il est très sérieux, expliquant qu’il a quitté son emploi à l’Université du Sichuan pour se consacrer «corps et âme» à sa société, Thé Panda.

 

Le logo de son entreprise affiche un panda souriant qui arbore un noeud papillon et qui brandit un verre fumant de thé vert.

 

«La bouse de panda est riche en éléments nutritifs… et devrait être nettement supérieure aux engrais chimiques», dit-il en dégustant lui-même une tasse de thé, cultivé avec comme engrais du purin de vache.

 

En plus de gérer sa plantation qui couvre 1,13 hectare de terrain, il se croit investi d’une mission: convaincre le monde qu’il faut remplacer les engrais chimiques par des déjections animales – avant qu’il ne soit trop tard.

 

«Les gens ne devraient pas s’inquiéter, mais plutôt développer une relation harmonieuse avec le ciel, la terre et l’environnement», prêche-t-il, en référence à des rumeurs selon lesquelles 2012 verrait la fin du monde.

 

«Tout le monde a l’obligation de protéger l’environnement», insiste-t-il, en exhibant des dizaines de peintures traditionnelles sur rouleau chinoises où il a dessiné de joyeux pandas, des bambous et des caractères de calligraphie.

 

Ce grand amateur de thé a eu l’idée d’utiliser les fèces de panda comme engrais après avoir assisté en juillet à un séminaire où il a découvert que ces mammifères absorbaient moins de 30% des bambous qu’ils consomment, rejetant par les voies naturelles les 70% restant.

 

Il montre à l’AFP un bocal de verre rempli d’excréments frais de panda qu’il utilise pour fertiliser deux plants de thé, en vantant la «qualité» et la couleur «verte» du produit.

 

Il est tellement convaincu que son thé Panda sera un succès qu’il a breveté l’idée afin d’empêcher un concurrent de la voler – un phénomène courant dans un pays où les lois protégeant les droits de propriété intellectuelle sont souvent bafouées.

 

Il a prétendu que son thé vert aiderait les gens à perdre du poids et les protègerait contre les rayonnements. Cela l’a conduit à être moqué sur les forums de l’internet, qui ont aussi raillé le prix élevé qu’il demandera pour la première récolte.

 

«Si c’est un aussi bon engrais pour les plants de thé, je souhaite demander à ce professeur: pourquoi ne mangez-vous pas tout simplement votre bouse de panda?», a demandé un internaute nommé Baihuashu.

 

Un autre internaute surnommé 24-0 a feint de s’étonner: «Plus de 200 000 yuans par livre de thé Panda fertilisé par les excréments – s’agit-il de boire du thé ou de boire le sang des pandas?»

(Allison Jackson/afp/cyberpresse.ca)

Insolite

Mieux vaut Jeanne d’Arc que la circulaire Guéant | Slate


[J-106 • Le carnet de campagne de Jean-Marie Colombani] Nicolas Sarkozy va à la pêche aux voix du FN, mais je préfère voir et écouter le président à Domrémy que Claude Guéant décidant d’expulser les étudiants étrangers qui cherchent, et obtiennent, du travail en France.

Nicolas Sarkozy tient un buste de Jeanne D'arc à Domrémy, le 6 janvier 2012. REUTERS/Michel Euler/Pool

– Nicolas Sarkozy tient un buste de Jeanne D’arc à Domrémy, le 6 janvier 2012. REUTERS/Michel Euler/Pool –

Les 6 et 7 janvier, on a donc célébré Jeanne d’Arc. D’ordinaire–et surtout le 1ermai plus que le jour de la date anniversaire de sa naissance– on a droit à l’inévitable cortège à Paris, autour de la statue de la sainte, emmené par Jean-Marie Le Pen, entouré de tous ceux qui, au FN, ont un mandat électif et sortent, pour l’occasion, leur écharpe tricolore ou couleur bleu étoilé de l’Union européenne. Avec, chaque année, des caméras qui cherchent à filmer les quelques troupes de choc qui se réclament de la mouvance d’extrême droite.

Mais, cette année, les célébrations lepénistes ont été devancées par la visite de Nicolas Sarkozy à Domrémy.

Eloge du patriotisme, discours sur «Jeanne qui n’appartient à personne», mais sous le patronage de laquelle il est bon de se placer, révérence à l’icône de la nation qui incarne «les racines chrétiennes de la France».

Nicolas Sarkozy avait d’ailleurs une lueur amusée dans le regard en expliquant aux journalistes qu’il était important de marquer le 600eanniversaire de la naissance de Jeanne d’Arc.

Bref, on a eu un message très clair. A l’adresse d’une partie de l’opinion. Notamment celle qui pense que le Front national dispense les valeurs traditionnelles.

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=2zO868EwB8M&version=3&hl=fr_FR]

Et c’est très bien ainsi! Car il vaut mieux voir et écouter Nicolas Sarkozy à Domrémy que Claude Guéant décidant d’expulser les étudiants étrangers qui cherchent, et obtiennent, du travail en France.

Rabatteur

Le lien entre Jeanne d’Arc et la circulaire Guéant? C’est une matrice toute bête que produisent les instituts de sondage et qui est celle des reports de voix au second tour entre l’électorat de Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy.

Et les chiffres aujourd’hui sont anormalement bas, inférieurs de façon significative au niveau de report des voix de Jean-Marie Le Pen vers Nicolas Sarkozy en 2007. D’où le rôle dévolu à Claude Guéant.

On peut toujours se dire qu’il fait du zèle à l’excès. On doit surtout considérer qu’il est là dans un rôle bien défini, celui de tenter de rabattre les voix d’extrême droite. Et cela a donné, entre autres, cette fameuse circulaire qui elle est incohérente.

Car le discours officiel est que nos universités doivent rechercher l’excellence et qu’elles doivent être compétitives par rapport aux universités anglo-saxonnes qui forment les élites de la terre entière.

En une circulaire donc, l’image de nos universités a été cassée. D’où le front du refus qui s’est formé où l’on trouve la conférence des présidents d’université, celle des grandes écoles, celle des directeurs d’écoles d’ingénieurs, toutes les organisations étudiantes, sauf une, le Medef, les syndicats, la gauche, etc.

Le gouvernement a donc promis un nouveau texte sur le travail des étudiants étrangers, mais il n’est pas sûr que toutes les ambiguïtés soient levées et que, s’ajoutant au durcissement des conditions d’études en France pour les étudiants étrangers, il ne provoque pas un refus.

C’est là, me semble-t-il que la politique atteint ses limites, non seulement absurdes, mais particulièrement choquantes. Décidément, oui, je préfère que Nicolas Sarkozy aille à la pêche aux voix d’extrême droite en célébrant Jeanne d’Arc!

Pour le reste, la semaine a été surtout marquée par le débat naissant sur la TVA sociale.

Quitte ou double

Sur le fond, il va de soi que le débat mérite d’être conduit car il est celui de la compétitivité. Or, depuis le gouvernement Chirac/Raffarin –et le mouvement s’est aggravé depuis–, la France s’est installée dans un déficit de compétitivité qui se traduit par un déficit commercial qui tend vers l’abîme. Et les Allemands ont, il est vrai, montré le chemin en adoptant cette TVA, qui aurait le mérite à la fois d’atténuer ce gap de compétitivité et d’encourager l’emploi par le transfert d’une partie des charges sociales.

Cette taxe a ses partisans et ses adversaires à droite comme à gauche.François Fillon l’avait tentée en 2007, et avait été contredit par Nicolas Sarkozy. A gauche, Manuel Valls l’avait mise en avant pendant les primaires. François Hollande ayant, lui, une doctrine sur ce point plus traditionnelle.

Il n’empêche. Malgré la pertinence du débat, Nicolas Sarkozy a donné le sentiment de tenter plutôt de jouer son va-tout, une sorte de quitte ou double.

Que cherche-t-il? A ressouder son électorat autour de l’idée qu’il est le seul vrai réformateur. D’ailleurs, le prochain sommet social devrait lui donner l’occasion de bien marquer que l’«archaïsme» est du côté syndical. Et qu’en outre, il est courageux au point de prendre le risque, s’il le faut, d’une mesure impopulaire.

Mais en regard de ce calcul, il y a la condamnation prononcée par Alain Madelin, libéral s’il en est: en 2007, Nicolas Sarkozy était le candidat du pouvoir d’achat. En 2012 il sera celui de la baisse du pouvoir d’achat! A suivre…

Jean-Marie Colombani

18 avril 1909 – Jeanne d’Arc, sainte tardive


 

Jeanne d’Arc, sortie de l’anonymat à 17 ans et dont le destin public s’est accompli en à peine plus de deux ans, de février 1429 à mai 1431, est devenue la figure la plus consensuelle et la plus troublante de l’Histoire de France.

Honorée de son vivant par le petit peuple qui a d’emblée reconnu sa grandeur d’âme, elle a dû cependant attendre plusieurs siècles avant d’être également reconnue par les élites politiques et religieuses. Elle est béatifiée par l’Église le 18 avril 1909…

Aujourd’hui, sa réputation dépasse très largement les frontières de l’Hexagone. Elle est honorée comme un symbole patriotique et un modèle de vertu féminine et religieuse jusqu’en Russie et au-delà. Le mythe a fini par occulter la jeune fille au verbe clair dont l’Histoire conserve le souvenir.

Jeanne d'Arc par Odilon Redon

Une reconnaissance tardive

Mue par une foi naïve et ô combien puissante, Jeanne d’Arc voyait dans le roi de France le représentant de Jésus sur terre. Par la vigueur de ses convictions, elle a fait émerger un sentiment patriotique dans une France qui n’était encore qu’un assemblage de provinces féodales unies par leur commune fidélité à la monarchie – un peu comme l’actuel Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande -.

Dans la France en crise du début du XVe siècle, Jeanne d’Arc n’était pas un cas isolé. La chronique évoque différentes personnes qui, comme elle, se disaient investies par Dieu pour sauver le malheureux royaume. L’une des plus connues est Catherine de la Rochelle. Elle a le tort d’intervenir alors que Jeanne d’Arc est déjà en selle. Celle-ci la rencontre à la demande de Charles VII et ne se fait pas faute de la récuser.

Portée par son énergie, sa foi et son intelligence, dont attestent les minutes de ses procès, également soutenue par la belle-mère du roi, Yolande d’Aragon, qui a vu tout le parti qu’elle pouvait en tirer, Jeanne d’Arc a donc la chance d’être élue par le roi et ses compagnons d’armes. Telle une mascotte divine, elle va leur rendre confiance et les conduire de victoire en victoire.

En reconnaissance de son action, Jeanne a été anoblie, ainsi que sa famille, par Charles VII le 24 décembre 1429 (son nom, Darc, est dès lors devenu d’Arc). Mais c’est seulement le 7 juillet 1456, à Rouen, qu’un tribunal, réuni par le pape Calixte III, à l’initiative de la mère de Jeanne, déclare son procès de 1431 «entaché de vol, calomnie, iniquité».

Il est en conséquence annulé au terme d’un long procès qui vit défiler à la barre des centaines de témoins, compagnons d’enfance et compagnons d’armes, tous unanimes à célébrer sa piété, sa vertu et la force de ses convictions…

Christine de Pisan, première femme qui se soit vouée à l’écriture, dédie à Jeanne quelques vers de son vivant. Mais le plus bel hommage littéraire lui vient de François Villon. Né en 1431, l’année même de la mort de Jeanne, il en évoque le souvenir dans la belle Ballade des Dames du temps jadis :

«…

Et Jeanne, la bonne Lorraine

Qu’Anglais brûlèrent à Rouen ;

Où sont-ils, où, Vierge souveraine?

Mais où sont les neiges d’antan ?»

Après sa réhabilitation, très vite cependant, Jeanne d’Arc retombe dans l’oubli. Voltaire ne l’en sort au XVIIIe siècle que pour s’en moquer dans un pseudo-essai historique grotesque, «la Pucelle».

Après la Révolution, cependant, le parti monarchique ravive le souvenir de la bonne Lorraine qui ne désespéra jamais du retour de son roi. Jeanne d’Arc est récupérée par les prophètes de la «France éternelle», en premier lieu le grand historien républicain de l’époque romantique du XIXe siècle, Jules Michelet qui lui consacre une centaine de pages de son Histoire de France en 1841. Républicains et nationalistes exaltèrent dès lors celle qui donna sa vie pour la Patrie.

Sainte laïque et catholique

Suite au livre de Michelet sont publiés les volumineux comptes-rendus du procès de Jeanne d’Arc. Ils mettent  à jour la grandeur d’âme et la foi simple et solide de la jeune paysanne. L’évêque d’Orléans, Mgr Dupanloup, séduit et bouleversé, demande en 1869 au pape Pie IX d’entamer son procès de canonisation.

Après bien des vicissitudes, l’héroïne nationale est d’abord béatifiée par le pape Pie X cinquante ans plus tard, en 1909, dans une période dominée par l’exaltation de la Nation et la haine de l’étranger, qu’il fût anglais ou allemand.

Le geste du pape est inspiré par le désir de raccommoder l’Église de France avec les dirigeants anticléricaux de la IIIe République. La démarche est bien perçue par ces derniers et en mai 1912, le président de la République Raymond Poincaré érige la fête de Jeanne d’Arc en fête nationale.

Près de trente mille églises se dotent d’une statue de la bienheureuse. En 1910, le poète Charles Péguy publie Le Mystère de la charité de Jeanne d’Arc, dans lequel fusionnent les vertus évangéliques et patriotiques.

Après la Grande Guerre de 1914-1918, qui voit le suicide de l’Europe, le Parlement français établit une fête nationale en l’honneur de Jeanne d’Arc, le deuxième dimanche de mai (la fête est plus tard transférée au 8 mai).

Jeanne est enfin canonisée par le pape Benoît XV le 16 mai 1920, soit près de 500 ans après sa mort (dans l’Église catholique, la canonisation est, après la béatification, le deuxième et dernier stade vers la reconnaissance de la sainteté).

Cette canonisation  traduit le désir de la papauté d’établir une passerelle avec la France républicaine et laïque. Elle exprime aussi le remords de l’Église envers la victime d’un jugement inique. Elle honore enfin une personnalité exceptionnelle, qui manifesta une force d’âme sans pareille dans un contexte très rude et sut se préserver du mal dans les pires situations.

Maria Falconetti dans La Passion de Jeanne d'Arc (Carl Theodor Dreyer, 1928)La canonisation honore la personnalité de Jeanne d’Arc, en aucune manière son action au service de l’héritier des Valois.

Il paraît en effet invraisemblable, même aux chrétiens les plus sincères, que Dieu ait pu entraîner Jeanne dans une querelle entre deux rois et deux partis qui n’étaient pas moins catholiques l’un que l’autre.

À ceux qui pourraient être troublés que soit canonisée une combattante,  rappelons que Jeanne d’Arc, n’usant à la guerre que de son étendard, se garda de tuer quiconque et montra une égale compassion pour toutes les victimes.

Notons que Jeanne d’Arc n’est pas seulement célébrée par des catholiques et des patriotes ; elle l’est aussi par des socialistes et même des anticléricaux. Ceux-là honorent la fille du peuple qui a sauvé son pays ou encore la malheureuse sacrifiée par un tribunal ecclésiastique.

Il n’en reste pas moins que Jeanne d’Arc témoigne des miracles que peut accomplir une personne animée par la foi, fût-elle adolescente, bergère et illettrée. Son exemple garde valeur universelle.

18 avril 1909 – Jeanne d’Arc, sainte tardive