L’amour immobile – Chapitre 2 – (5)


 

by petale

Illustration : de Paul Laurenzi

L’amour immobile – Chapitre 2 – (5)

Mimi était encore si adolescent dans sa façon de réagir, éclatant de jeunesse dans le coeur et dans l’esprit. Cloué dans ce lit, il ne connaissait rien de la vraie vie, celle qui se passe à l’extérieur. Comment lui en vouloir pour ce non-apprentissage ?  Il avait été entouré par ses parents, par sa maman, et là choyé par un père très aimant certes, possessif aussi. Maddy écoutait les dires de Mimi et se rendait compte combien ce dernier était dépendant de son père. Sa vie même en dépendait.

Elle s’endormait le soir après un petit sms ainsi qu’un autre reçu de là-bas. D’habitude elle éteignait son portable. Un jour, en se levant le lendemain matin, Mimi lui téléphona pour lui annoncer que la machine était tombée en panne et qu’il avait voulu l’appeler mu par tant de stress. Il lui racontait que c’était terrible. De ne plus avoir d’air ou très très peu par la trachée uniquement, de ne pas s’énerver, pendant que papa prenait l’autre machine, enlever les raccords, remettre les autres pour l’autre appareil et ceci avec une précision de métronome que lui seul était à même de pouvoir faire. Mimi raconta combien il avait peur pendant ces moments là. Cela ne pouvait pas excéder deux minutes. C’était si court cette vie ainsi suspendue.

A partir de ce matin là, Maddy promit de s’endormir le soir, son portable allumé sous son oreiller et le confirma à Mimi qui lui répondait avec des mots rempli d’amour. Fort heureusement il ne sonna jamais.

Une autre fois, elle avait été absente de la maison et la même chose s’était produite. En ces moments il regrettait de ne pas avoir le soutien de Maddy pour se libérer du stress que tout cela engendrait.

Le calme retrouvé il se traitait d’idiot, retrouvait son humour, sa gaîté de vivre et puis passait à d’autres échanges. Maddy découvrait cet univers et se disait qu’il avait une chance d’avoir quelqu’un d’aussi dévoué encore à ses côtés, mais aussi qu’elle pourrait faire la même chose, il suffisait de lui apprendre se dit-elle.

Du temps où elle travaillait Maddy alternait pour son habillement, jupe et pantalon de ville. Même si elle ne se trouvait pas belle, elle estimait être totalement présentable pour le travail qu’elle exerçait. Maquillée légèrement, aimant le naturel, c’est ainsi qu’elle continuait. A la maison, elle ne faisait plus guère attention et voilà que l’amour lui donnait envie d’être coquette.

Mimi lui avait posé la question :

– Mets-tu un pantalon ou bien une jupe la fois prochaine lorsque tu viendras la prochaine fois ?

Maddy se dit en ayant des pensées quelques peu coquines, qu’il avait peut être une idée derrière la tête, et toute émoustillée de ces pensées imaginées, elle répondit qu’elle mettrait une jupe. Elle ne portait plus de bas, il faisait trop chaud.

Pour la visite prochaine et suite à des remarques qu’avaient faites le papa de Mimi concernant le fait qu’il ne souhaitait pas la nourrir lorsqu’elle venait, elle en avait été très humiliée et blessée dans son orgueil. Elle avait trouvé qu’il aurait au moins pu ne pas passer par son fils pour lui dire une telle chose aussi rabaissante.

Quelque peu râleuse aussi, elle se dit qu’elle tiendrait tête à cet homme et lui montrerait, lui prouverait qu’elle n’avait absolument pas attendu que Mimi arrive dans sa vie pour pouvoir s’en sortir.

Le papa ne connaissait rien à son passé, Mimi oui. C’est ainsi qu’elle prépara son pic-nic dans un sac approprié à cet effet, apportant boissons et nourriture ainsi que des biscuits et gâteries pour Mimi qu’il pourrait partager avec son papa s’il le souhaitait.

A la visite suivante, qu’ils attendaient tous les deux avec impatience, elle s’en alla comme la dernière fois, en estimant arriver ainsi vers 11 heures du matin au pied de l’immeuble. Elle avait choisi avec soin une jupe évasée, boutonnée à l’avant de haut en bas, fleurie, printanière. Un t-shirt uni, un pull léger et son pic-nic ainsi qu’un livre pour lire dans le train, elle s’apprêtait à refaire le même trajet. Cette fois là dans d’autres conditions même si elle était tout aussi impatiente.

Elle pensait accoudée à la fenêtre, regardant dans le vague le paysage défiler, ce qu’avait bien voulu dire Mimi avec ses mots de jupe, de pantalon. Elle se doutait un petit peu de ce qu’il avait souhaité aborder sans y parvenir. Elle souriait en elle-même de manière coquine, pétillante. Se sentait rajeunie, le soleil aidant toujours pour ces mois de printemps.

Elle avait pris la décision vis à vis du papa de Mimi d’établir avec lui un « gentleman agreement » en lui montrant qu’elle venait rendre visite à son fils, qu’elle respectait que c’était aussi chez lui, mais qu’elle ferait comme si de rien n’était concernant ce que Mimi lui avait transmis comme information nullement vérifiée par elle. Cela aurait été totalement inconvenant de poser directement la question pensait-elle.

Elle avait bien tort, mais ne le su pas à ce moment là. Elle ne souhaitait aucune ombre entre Mimi et elle. Rien.

Elle se retrouva rapidement à côté de l’homme qu’elle aimait. Après être rentrée, elle prit une chaise située à côté de son lit, s’assit dos à la salle à manger contigüe à la chambre, qui avait dû auparavant servir de salon et où tout ce qui concernait Mimi avait été mis en place. Près de la fenêtre donnant sur le balcon, à côté de son lit, l’appareil qui lui envoyait à la fois l’oxygène et de l’humidité pour ses poumons. Elle apprit ainsi que ce mélange était indispensable pour ne pas assécher les poumons. Le reste devenait trop technique, mais elle en comprenait le principe.

Auparavant, elle était entrée dans la pièce avec un grand sourire, et Mimi eut son visage qui s’illumina, un rayon de soleil passa sur son visage tant il était radieux. Le coeur de Maddy se gonfla d’amour en voyant ce visage si heureux. Elle dit bonjour au papa, puis se pencha vers le visage de Mimi pour l’embrasser amoureusement. Il ne pouvait pas la prendre dans ses bras, et il lui dit qu’il le regrettait, qu’il ne pouvait pas, que ce n’était pas possible et s’excusait. Il semblait si démuni, si fragile dans cet aveu. Elle avait entendu et enregistré, ne releva pas, et fit comme si il était quelqu’un de tout à fait normal.

C’est à partir de ce moment là que son attitude ne changea jamais, ni dans son attitude ni dans son coeur. Ce qui suscita bien des déséquilibres entre les deux tourtereaux, vu que ce n’était nullement la réalité.

Elle s’assit confortablement, la main dans celle de Mimi, qui ne pouvait bouger que de cet unique bras. Papa se tenait dans la cuisine dans le dos de Maddy, celui-ci assis à la table face à son fils, et la tête plongée dans son journal. La présence de Maddy s’installait petit à petit.

Ils parlaient de ce dont parlent tous les amoureux de la terre, et surtout de vive voix. Car via l’ordinateur comme c’était différent. Cela confortait Maddy que rien n’était mieux que le réel, et qu’à partir d’un début d’amitié ou d’amour via internet, il valait mieux passer le plus rapidement possible à une connaissance réelle qu’elle soit amicale ou plus profonde. C’est à l’époque ce qu’elle pensait. Elle était libre et indépendante. Donc tout allait bien, elle faisait ce qu’elle voulait. Pour elle c’était pareil pour Mimi.

Elle avait tout faux. Elle apprendrait plus tard pourquoi concernant cette fameuse liberté. Ils se disaient continuellement qu’ils vivaient un amour au-dessus de tout. Que rien ne pourrait les atteindre et que dans ces conditions vu qu’ils étaient libre tous les deux, le monde était à leurs pieds et Maddy ressentait à nouveau ce désir de vaincre les obstacles qui pourraient se dessiner, et se sentait si forte.

Mimi ce jour là lui parla de ses désirs d’elle. Le fait qu’il ose mettre les mots sur ses envies donna des ailes à Maddy. Son coeur se mit à battre un peu plus vite.

– L’adolescent qu’il est dans son coeur se réveille se dit-elle avec amour et tendresse.

Il avait cette maladresse, ces gestes hésitants. A ce moment là Maddy su qu’elle devrait prendre la direction des opérations avec tact et douceur. C’était là toute la difficulté, ne pas heurter l’âme sensible de Mimi et en même temps se protéger elle-même avançant continuellement dans une situation totalement inconnue pour elle.

Maddy avait pris une deuxième chaise qu’elle avait déposée face à elle. Sous cette chaise se trouvaient des bâtons parallèles qui servaient de soutien et de support à l’ensemble. Elle mit ses deux pieds sur le dernier support, ayant ainsi les jambes jointes et quelque peu surélevée. Son corps contre le lit masquait tout ce qui pouvait se passer devant elle.

La main de Mimi glissa doucement le long du drap et vint se déposer sur sa jambe. A ce contact, Maddy frissonna, son coeur s’emballait en même temps, et de longs frissons de plaisirs l’envahissaient. Elle le lui dit. Il souriait heureux.

– Ecarte les jambes murmura Mimi

…..A suivre….

Auteur : samychaiban

Licencié ès lettres modernes de « l’Ecole Supérieure des Lettres de Beyrouth » , faculté française dont les diplômes sont dispensés par l’Université Lyon III, je donne des leçons particulières en langue et littérature françaises, je prépare au Bac français et je compose des notes de recherches ou des memoires pour les étudiants des Universités francophones. Contactez-moi au 96170928822 ou au 9614923322 Né le 26 octobre 1947 , à Beyrouth ( Liban ) , j’ai passé ma jeunesse au Sénégal où j’ai vécu de 1951 à 1962.J’y ai fait mes études primaires et complémentaires chez les Pères Maristes à Hann ( Dakar ).Doté de mon BEPC en 1962, je suis retourné au Liban avec mes parents.J’ai fait mes études secondaires chez les Frères Maristes à Jounieh puis à Champville et ma Terminale A au Lycée Franco-Libanais à Beyrouth.J’ai eu ma « Licence ès lettres modernes » de « l’Ecole Supérieure des Lettres de Beyrouth » , faculté française dont les diplômes sont dispensés par l’Université Lyon III.J’ai enseigné la langue et la littérature françaises de 1962 à 2006,dans différents établissements scolaires tout en ayant comme point d’attache « Saint Joseph School »,Cornet Chahwan. J’ai pris ma retraite en 2006 pour des raisons personnelles. Je suis marié et père de famille.Je suis poète à mes moments perdus,romantique et fidèle à mes amitiés.Je suis AMOUREUX FOU DU LIBAN .

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