Jeanne d’Arc (1412 – 1431) – Une héroïne universelle


 

1429 ! La France est endeuillée par la guerre que l’on appellera plus tard «guerre de Cent Ans» et sa monarchie est au bord du précipice.

Alors se produit l’incroyable : dans une trajectoire aussi brève que fulgurante, une jeune fille illettrée de 17 ans rend confiance au roi, à ses sujets et à ses chefs de guerre. Elle infléchit le cours de l’Histoire.

Aujourd’hui encore, la ferveur qui entoure Jeanne d’Arc, bien au-delà des frontières de la France, s’explique par cette capacité de la foi à déplacer des montagnes…

Jeanne d'Arc à cheval (miniature de la fin du XVe siècle, musée Dobrée, Nantes)

Jules Michelet conteur sans égal

Héroïne universelle, tant religieuse que patriotique et républicaine, Jeanne d’Arc doit une grande part de sa popularité au récit de l’historien Jules Michelet. «Quelle légende plus belle que cette incontestable histoire ?» écrit-il dans l’épilogue.

Ce récit d’une centaine de pages a été publié en 1841. Il a participé à la redécouverte du Moyen Âge. Nous vous invitons à le lire dans une édition numérique au format pdf (les lecteurs pressés peuvent sauter le premier chapitre) :

Un peuple en attente d’un miracle

Profitant de la folie du roi Charles VI et des querelles entre les membres de son Conseil, le roi d’Angleterre Henri V en a profité pour débarquer sur le Continent. Par le traité de Troyes de 1420, il a obtenu que l’héritier du roi de France soit déséhérité au profit de sa propre descendance.

Après la mort d’Henri V et de Charles VI, tout l’ouest et le nord de la France, y compris Paris, se rallient de plus ou moins bonne grâce à l’enfant-roi Henri VI imposé par les Anglais. La plus riche partie de l’ancien royaume vit sous l’autorité d’un régent anglais, le duc de Bedford.

Doutant de sa propre légitimité et tenaillé par le remords d’avoir fait assassiner dix ans plus tôt son cousin le duc de Bourgogne Jean sans Peur, le dauphin Charles, de nature dépressive, est sur le point de renoncer à ses droits…

Les troupes anglaises et leur alliés bourguignons d’un côté, les mercenaires écossais et gascons de l’autre mettent le pays en coupe réglée. Dans son désespoir, le peuple des campagnes appelle de ses voeux un miracle. C’est alors que sort de l’anonymat une jeune fille qui se dit appelée par des voix célestes à chasser les Anglais du royaume.

Un miracle faute de mieux

Quand Jeanne Darc se présente à Chinon devant le dauphin Charles, que l’on appelle par dérision le «petit roi de Bourges», personne ne semble prêt à parier sur cette paysanne, née dix sept ans plus tôt dans le village de Domrémy, sur les bords de la Meuse (dans le département actuel des Vosges).

Personne sauf sans doute la belle-mère du dauphin, Yolande d’Aragon, femme d’un remarquable sens politique.

Elle a compris le bénéfice politique qu’il y avait à tirer de cette jeune fille intelligente, pleine d’esprit et convaincue qu’elle était mandée par Dieu pour restaurer les droits dynastiques du dauphin.

Les rudes capitaines qui entourent ce dernier se prennent eux aussi d’intérêt pour la nouvelle-venue.

La Trémouille, La Hire, Poton de Xaintrailles ou encore Dunois le Bâtard d’Orléans (fils illégitime de Louis d’Orléans) ne manquent pas de valeur guerrière.

Mais ils se disent que Jeanne pourrait apporter à eux-mêmes et à leurs troupes ce qui leur manque le plus après une série d’humiliantes défaites : la confiance en soi.

La jeune paysanne rend dans un premier temps confiance au dauphin. Elle le convainc de la laisser rejoindre l’armée qui s’apprête à délivrer Orléans, assiégée par les Anglais.

Armée de son étendard, elle entraîne les troupes à l’assaut des bastilles qui cernent la ville. Après ce succès percutant, elle s’octroie une nouvelle victoire en rase campagne, dans la plaine de la Beauce, à Patay, le 18 juin 1429.

Là-dessus, avec un rare sens politique, elle s’oppose aux conseillers de Charles qui voudraient poursuivre leur avantage et convainc le souverain de se faire sacrer sans attendre à Reims pour consolider sa légitimité. Mission accomplie : le «petit roi de Bourges» devient par la vertu de l’huile sainte Charles VII, héritier légitime de la dynastie capétienne.

Jeanne pressent alors que son rôle est terminé mais elle ne se résigne pas à abandonner la partie. Après l’échec piteux d’une tentative de reconquête de Paris, le 8 septembre 1429, le roicommence à se détourner d’elle.

En témoignage de reconnaissance, il l’anoblit ainsi que sa famille le 24 décembre 1429 (son nom, Darc,devient dès lors d’Arc). Il confie la prévôté de Vaucouleurs à son frère Pierre, qui a combattu à ses côtés, et dispense cette châtellenie de l’impôt.

Là-dessus, Charles VII cesse d’écouter Jeanne et décide de reprendre sa liberté d’action. Il est vrai que la Pucelle n’entend plus de voix et si cela était, sans doute  celles-ci recommanderaient-elles une réconciliation entre le souverain et son turbulent vassal le duc de Bourgogne Philippe le Hardi. C’est à cette réconciliation que s’attelle non sans difficulté Charles VII. Elle prendra forme avec le traité d’Arras en 1435.

En attendant, rassemblant une troupe de bric et de broc, Jeanne se lance dans des initiatives solitaires et désordonnées. En tentant de secourir les habitants de Compiègne, qui refusent de retomber aux mains des Bourguignons, elle est capturée par ceux-ci le 23 mai 1430. Les Anglais exercent une très forte pression sur son ravisseur Jean de Luxembourg pour lui racheter sa captive. Ils tiennent absolument à ce qu’elle soit condamnée comme sorcière par un tribunal d’Église afin que soit décrédibilisé le sacre de Reims…

Le procès, chef d’oeuvre d’iniquité et d’injustice, aboutit à ce que l’héroïne est brûlée vive à Rouen, le 30 mai 1431, mais sans que cela altère sa popularité auprès du peuple ni n’arrête la marche victorieuse de Charles VII.

De la réhabilitation à la sainteté

Un quart de siècle après sa mort, en 1456, Jeanne d’Arc est réhabilitée au terme d’un procès en nullité ordonné par le pape Calixte III. Mais elle retombe presqu’aussitôt dans l’oubli et n’en sortira qu’au XIXe siècle.

Le livre de Jules Michelet et la publication des compte-rendus de son procès mettent en lumière son exceptionnelle grandeur d’âme. Elle est béatifiée et proclamée bienheureuse par l’Église le 18 avril 1909 et dix ans plus tard, le 16 mai 1920, est canonisée. La sainte est fêtée depuis lors le 30 mai.

Jeanne Lafont

Auteur : samychaiban

Licencié ès lettres modernes de « l’Ecole Supérieure des Lettres de Beyrouth » , faculté française dont les diplômes sont dispensés par l’Université Lyon III, je donne des leçons particulières en langue et littérature françaises, je prépare au Bac français et je compose des notes de recherches ou des memoires pour les étudiants des Universités francophones. Contactez-moi au 96170928822 ou au 9614923322 Né le 26 octobre 1947 , à Beyrouth ( Liban ) , j’ai passé ma jeunesse au Sénégal où j’ai vécu de 1951 à 1962.J’y ai fait mes études primaires et complémentaires chez les Pères Maristes à Hann ( Dakar ).Doté de mon BEPC en 1962, je suis retourné au Liban avec mes parents.J’ai fait mes études secondaires chez les Frères Maristes à Jounieh puis à Champville et ma Terminale A au Lycée Franco-Libanais à Beyrouth.J’ai eu ma « Licence ès lettres modernes » de « l’Ecole Supérieure des Lettres de Beyrouth » , faculté française dont les diplômes sont dispensés par l’Université Lyon III.J’ai enseigné la langue et la littérature françaises de 1962 à 2006,dans différents établissements scolaires tout en ayant comme point d’attache « Saint Joseph School »,Cornet Chahwan. J’ai pris ma retraite en 2006 pour des raisons personnelles. Je suis marié et père de famille.Je suis poète à mes moments perdus,romantique et fidèle à mes amitiés.Je suis AMOUREUX FOU DU LIBAN .

Une réflexion sur « Jeanne d’Arc (1412 – 1431) – Une héroïne universelle »

  1. Avec L’affaire Jeanne d’Arc, la bergère vierge la plus célèbre de France chute de son piédestal. Marcel Gay et Roger Senzig démonte le mythe de cette jeune gardienne de brebis ignorante, à qui Dieu confie la mission de sauver le royaume de France.
    Marcel Gay, journaliste de l’Est républicain, remet en question le personnage, à commencer par son nom qui ne serait pas celui « d’Arc ». Elle ne serait pas non plus bergère, puisqu’au cours de son procès à Rouen elle déclare n’avoir « jamais gardé les moutons et autres bêtes ». Cavalière émerite, Jeanne utilise aussi parfaitement le français de la cour.
    Manipulation du peuple au service de la royauté mise à mal par ses voisins Anglais, Jeanne d’Orléans aurait servi à destabiliser les armées adverses. Invention de Yolande d’Anjou, belle-mère de Charles VII, Jeanne, conduite par le divin, inspire de la crainte aux troupes Anglaises. Les résultats lors des campagnes militaires prouvent que la stratégie fonctionne.
    En outre, sa mort demeure une source d’interrogations, puisque plusieurs documents historiques confirment sa présence en divers lieux (France, Belgique, Allemagne) après 1436. Enfin, Jeanne aurait épousé Robert des Armoises (1436). L’Immaculée n’est plus.
    Comme le confirme Marcel Gay, « la légende est belle, mais la vérité l’est encore plus. »

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