Pensée du samedi 22 octobre 2011.


« Le scaphandrier qui descend travailler dans la mer a besoin d’une
certaine quantité d’oxygène afin de faire un séjour prolongé sous
l’eau. Pour recevoir cet oxygène, il est relié par des tuyaux à
des aides en haut qui l’alimentent et qui, au moyen de câbles,
sont prêts aussi à le retirer en cas de danger. Ce n’est qu’à
cette condition qu’il peut faire son travail en toute sécurité.
Exactement comme les scaphandriers, les humains sont plongés
dans un océan appelé le monde. Et non seulement leur âme et leur
esprit ont du mal à y respirer, mais cet océan est rempli
d’écueils et de monstres qui menacent de les dévorer. Ils ont
donc besoin d’installer des tuyaux par où l’air viendra jusqu’à
eux, et aussi des câbles pour qu’on puisse les faire remonter
s’ils sont en danger. Ces tuyaux et ces câbles, c’est le lien
qu’ils peuvent établir par la pensée avec les entités du monde
divin. À la moindre alerte, ces entités sont averties, elles
viennent leur donner l’air pur, ainsi que la lumière et la force
grâce auxquels ils pourront continuer leur route. »

Omraam Mikhaël Aïvanhov

Muammar Kadhafi a-t-il été achevé ? – Le Point


Selon le CNT, le tyran libyen a perdu la vie dans une fusillade. Une version contredite par plusieurs témoignages.

Muammar Kadhafi a-t-il été achevé ?

Les images, extrêmement violentes, de la dépouille de Muammar Kadhadi laissent planer le doute sur les circonstances de sa mort.©Sipa

Le Point.fr

Des images particulièrement crues d’un Muammar Kadhafi couvert de sang et empoigné par des combattants surexcités circulent sur les télévisions du monde entier, semant le doute sur les circonstances exactes de la mort du Guide libyen. Les images filmées de ce qui apparaît comme ses dernières secondes de vie offrent toutefois quelques indications sur sa mort. Muammar Kadhafi était encore vivant lors de sa capture près de Syrte. Dans la vidéo, filmée par un spectateur présent au milieu de la foule, on distingue Muammar Kadhafi tiré hors du capot d’un véhicule et jeté par terre en étant tiré par les cheveux. « Laissez-le en vie ! Laissez-le en vie ! » crie une voix. Puis, on entend des coups de feu. Dans le chaos, les images changent alors de plan et ne filment plus l’ancien leader libyen. D’autres coups retentissent alors. « Ils (les soldats) l’ont capturé vivant et, alors qu’il allait être transporté, ils l’ont tabassé et ensuite ils l’ont tué », a confié une source haut placée du Conseil national de transition (CNT) à Reuters. Ces images semblent contredire la version officielle du gouvernement libyen.

Mahmoud Djibril, chef du gouvernement du CNT, a expliqué que Muammar Kadhafi était mort d’une blessure par balle à la tête reçue lors d’une fusillade entre ses gardes et les soldats pro-gouvernementaux. « Le véhicule, quand il s’est mis en route, a été pris dans une fusillade entre les révolutionnaires et les forces de Kadhafi, qui a été touché d’une balle dans la tête », a déclaré Djibril lors d’une conférence de presse à Tripoli, lisant le rapport d’un médecin légiste. « Le médecin légiste ne peut dire si la balle venait des révolutionnaires ou des forces de Kadhafi », a-t-il ajouté.

Conduit d’évacuation

Muammar Kadhafi, qui qualifiait ses adversaires de « rats », a été retrouvé jeudi dans un conduit d’évacuation rempli de détritus près de Syrte, avant de succomber. « Il nous appelait des rats, mais regardez où on l’a capturé ! » s’exclame Ahmed al Sahati, soldat de 27 ans, à proximité des conduits d’évacuation qui font flotter une odeur nauséabonde à proximité d’une autoroute. Les récits des soldats du nouveau gouvernement libyen et les images tournées permettent de refaire le film des dernières heures du Guide, qui a dirigé la Libye d’une main de fer pendant 42 ans. Juste après les prières de jeudi matin, Kadhafi, accompagné de quelques dizaines de gardes du corps restés fidèles ainsi que du chef de son armée Abou Bakr Younis Jabr, a tenté de fuir par l’ouest Syrte, assiégé depuis deux mois. Mais il n’a pas pu aller bien loin.

Selon l’Otan, l’armée de l’air a touché des véhicules militaires appartenant aux kadhafistes à proximité de Syrte aux environs de 8 h 30 (6 h 30 GMT). L’Alliance atlantique a indiqué qu’elle ignorait si les frappes avaient tué Muammar Kadhafi. Le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, a déclaré que l’unité aérienne, dans laquelle figurait au moins un avion français, n’avait pas « détruit », mais « stoppé » le convoi, qui aurait été, selon lui, intercepté par les combattants du CNT. Quinze jeeps armées de mitrailleuses ont été détruites et gisaient fumantes à côté d’une usine d’électricité à une vingtaine de mètres de la route principale, à environ trois kilomètres à l’ouest de Syrte. Comme il n’y avait pas de « cratères » au sol causés par une bombe, on peut penser que la frappe a été l’oeuvre d’hélicoptères ou de chasseurs. À l’intérieur des jeeps, on pouvait voir les corps des passagers et des conducteurs morts lors des attaques. D’autres corps reposaient mutilés sur le sol, une cinquantaine au total.

« Mon chef est ici ! »

Kadhafi et quelques-uns de ses proches ont cependant réussi à sortir vivants de l’attaque. L’ex-dirigeant libyen semble avoir couru à travers une rangée d’arbres vers la route principale pour se cacher dans deux conduits d’évacuation. Mais il avait à ses trousses les soldats du gouvernement libyen. « Au début, nous leur avons tiré dessus avec des armes de DCA, mais ça n’allait pas », a dit un de ces combattants, Salem Bakir. « Après, nous avons marché dans cette direction à pied. » « Un des hommes de Kadhafi a brandi son fusil en l’air en disant qu’il se rendait, mais, dès qu’il a vu mon visage, il a tiré sur moi », a-t-il dit à Reuters. « Après, je pense que Kadhafi a dû lui dire d’arrêter. Mon chef est ici, mon chef est ici ! a dit l’homme, Muammar Kadhafi est ici et il est blessé« , a poursuivi Salem Bakir. « Nous sommes alors entrés et nous avons sorti Kadhafi (du conduit d’évacuation). Il disait Qu’y a-t-il ? Qu’y a-t-il ? Que se passe-t-il ?, alors nous l’avons saisi et mis dans une voiture », explique-t-il.

Au moment de sa capture, l’ancien chef d’État était déjà blessé par balle à la jambe et au dos, d’après Bakir. D’autres soldats pro-gouvernementaux, présents lors de la capture de Kadhafi, ont confirmé la version des faits de Bakir lors de récits séparés. Un homme a toutefois donné une autre version de la capture. « Un des gardes du corps de Muammar Kadhafi a tiré sur lui à la poitrine », a dit Omran Djouma Shaouan. Des câbles électriques recouvraient l’entrée du conduit d’évacuation, où l’on pouvait voir trois corps à une entrée et quatre autres de l’autre côté. Tous étaient noirs, et l’un se trouvait décapité. Des soldats du gouvernement exultaient, tirant des coups de feu en l’air, criant « Allah Akbar » et posant pour des photos. Certains « taguaient » le mur, avec l’inscription « Kadhafi a été capturé ici ».

ANALYSE – Libye, et demain ? – Le Point


Après la mort de Kadhafi, le pays si divisé doit se réconcilier avec lui-même en construisant un État moderne. Une tâche titanesque.

ANALYSE - Libye, et demain ?Quel avenir pour la Libye ?© Chine Nouvelle / SipaPar

C’est maintenant que tout commence en Libye. Muammar Kadhafi est mort. La guerre est terminée. Samedi, le Conseil national de transition (CNT) va annoncer officiellement la libération totale de la Libye. Reste maintenant à reconstruire le pays, à le réconcilier avec lui-même, à faire de cette Libye si divisée une nation et à construire un État moderne. Une tâche titanesque.

La situation risque de ne pas être facile dans les prochaines semaines. Les Occidentaux, dont les Français, vont certainement déchanter, eux qui ont fait la guerre en espérant que la disparition de Muammar Kadhafi le dictateur allait déboucher sur un pays moderne, en route vers la démocratie, voire la laïcité. N’est-ce pas ce que laissaient entendre aux responsables français certains des membres du CNT lorsqu’ils venaient à Paris, au printemps dernier. Or, la Libye se trouve devant une multitude de problèmes.

Le plus important est son extrême fragmentation entre régions, tribus, libéraux, islamistes. Ces divisions se reflètent au sein du CNT et ont empêché, jusqu’alors, Mustapha Abdel Jalil, son président, de former un gouvernement. Il était convenu d’attendre la libération totale du pays et la capture de Kadhafi. Le CNT est désormais au pied du mur. Peut-il réussir à surmonter ses divisions ?

Trouver un consensus

Première chose : il va lui falloir trouver un consensus entre les partisans d’un État moderne et séculier à l’occidentale, tel Mahmoud Jibril, le Premier ministre, formé en Europe, et ceux qui demandent l’instauration d’un État religieux, voire d’un État islamiste. Les laïcs sont l’extrême minorité et n’auront pas gain de cause. Le concept de laïcité est étranger à la grande majorité des Libyens qui ne le comprennent pas comme la séparation du temporel et du spirituel, mais comme le refus de Dieu. En août, une ébauche de Constitution a précisé que « l’islam est la religion de l’État, et la charia islamique la source principale de la législation ».

En septembre, Mustapha Abdel Jalil confirmait que « l’islam serait la source principale de la législation dans la Libye nouvelle ». Le conservatisme religieux est la norme en Libye, et les Frères musulmans – un courant important – étaient sévèrement réprimés par Kadhafi. Le président du CNT doit en tenir compte, mais il sait aussi que ses amis occidentaux s’inquiètent et vont surveiller avec attention les institutions qui vont se mettre en place. En octobre, Mustapha Abdel Jalil précisait donc qu’il voulait former un parti avec une base religieuse, mais modéré sur le modèle de l’AKP turc. Une réunion était prévue à Tripoli entre des hommes politiques turcs de l’AKP et des Tunisiens du parti islamiste Ennahda.

Accommodement entre les régions

Mustapha Abdel Jalil devra aussi tenir compte des islamistes radicaux, tel Abdelhakim Belhadj, chef militaire autoproclamé de Tripoli, et ancien membre des Groupes islamiques combattants libyens (GISL) liés à Aqmi. Ses combattants, incontestablement les mieux entraînés du pays (certains sont allés en Afghanistan), ont largement participé à la prise de la capitale. Ils entendent peser sur les nouvelles institutions, même s’ils affirment ne pas vouloir bâtir un État islamiste. Leur présence a déjà suscité des contestations au sein de l’organisation militaire de la capitale. Le problème n’a pas été tranché.

Deuxième problème : le futur pouvoir libyen devra trouver un accommodement entre les régions : en fait les gens de Benghazi et de Cyrénaïque en général, à l’origine de la révolution, et ceux de Misrata, la ville martyre de Tripolitaine, qui réclame aujourd’hui sa part du gâteau. Les deux régions sont historiquement antagonistes. Parallèlement, le CNT devra aussi réunifier les tribus, dont une partie est restée fidèle aux Kadhafa, le clan auquel appartenait Kadhafi.

Troisième problème : le poids des Berbères. Leurs combattants, en particulier ceux du djebel Nefoussa, où la France a parachuté des armes, contestent la toute-puissance d’Abdelhakim Belhaj, le chef militaire de Tripoli, alors qu’ils estiment que ce sont eux qui sont entrés les premiers dans la capitale et ont permis sa chute en ouvrant un nouveau front à l’ouest. Ils sont en outre remontés contre les islamistes et la nouvelle Constitution qui affirme que l’arabe est la seule langue nationale.

Entre islamistes, berbéristes et modernistes, les prochaines semaines risquent d’être agitées pour le CNT et la Libye.

Qu’est-ce qu’un pénis de taille normale? | Slate


L’Académie nationale de chirurgie a rendu publics le 19 octobre ce qu’elle estime être les chiffres normaux des dimensions du pénis humain. Précisions: ces données ne sont que des moyennes et elles sont exprimées en centimètres.

Cette initiative académique ne correspond nullement à une opération de séduction médiatique de cette institution vis-à-vis des médias d’information générale ou des sites spécialisés. Elles ne sont publiées qu’à des fins de mise en garde contre les demandes (devenues trop «pressantes» selon les académiciens) d’interventions chirurgicales «correctrices» visant à augmenter la longueur et le volume du membre viril; interventions qui peuvent être à la fois superflues, inefficaces et non dénuées de risque.

«Le sentiment d’un pénis de taille insuffisante est pour l’homme source d’anxiété ou de souffrance psychologique»,reconnaît toutefois cette institution savante.

Pour autant l’heure a selon elle sonné de «sensibiliser le public à l’inutilité et au risque de toute chirurgie sur un pénis de dimension normale et physiologiquement actif». Quand faut-il ici raisonnablement commencer à s’inquiéter?

Sans se prononcer sur les critères chiffrés de la normalité de l’activité pénienne l’Académie précise indique que la longueur moyenne au repos du membre viril se situe entre 9 et 9,5 pour gagner, en érection, une taille comprise entre 12,8 à 14,5.

Quant à la circonférence (mensuration souvent oubliée alors que son calcul est des plus simples) elle doit respectivement se situer entre 8,5–9 (durant le sommeil) avant d’atteindre 10-10,5.

Ceci étant posé, aucune décision opératoire ne devrait être prise sans l’avis motivé d’un psychiatre spécialisé. «Dans tous les cas où le pénis est dans des dimensions normales tant en longueur qu’en circonférence, la demande du patient est plus liée à l’image qu’à la fonction», soulignent les académiciens.

Ces derniers ne précisent pas les critères permettant de définir sur ce dernier point ce qui est du ressort de la pathologie. Reste que dans ce domaine précis, la chirurgie ne peut faire de miracle.

Toutes les personnes concernées doivent savoir que les multiples techniques dites «d’allongement» (avec notamment section du ligament suspenseur pénien) ont, paradoxalement, des résultats «limités» et comportent«un risque certain de complications en particulier au niveau de l’érection».

L’Académie ajoute que les implantations de matériaux divers et variés (silicone, vaseline…) doivent être proscrites et que les augmentations de calibre par injections de graisse (prélevées par ailleurs sur le patient) ne visent, tout bien pesé, qu’à un «effet cosmétique» sur la verge flaccide. Rien à attendre durant l’action, en somme. De ce point de vue elles offrent des résultats«inconstants» et «passagers», ne serait-ce qu’à cause de la réabsorption de la graisse.

Dans ce paysage, les seules indications licites sont d’ordre véritablement thérapeutique: interventions, dans des centres experts, en cas de micropénis congénital, de malformations néo-natales ou causées par un cancer de la verge. Ainsi, bien sûr, qu’après traumatisme pénien. Dans tous les cas le futur opéré «doit être prévenu que les résultats de cette chirurgie sont inconstants et que le taux de complications est élevé»

Vincent van Gogh s’est-il vraiment suicidé ou a-t-il été tué?


Autoportrait du peintre Vincent van Gogh exposé du 9 auctobre 2010 au 6 fevrier 2011 à Rome (Photo Tiziana Fabi/AFP/archives)

Mardi 18 octobre 2011, 15h25
Vincent van Gogh s’est-il vraiment suicidé en 1890 à Auvers-sur-Oise (France) ou bien a-t-il été tué? Deux auteurs américains remettent en cause les circonstances de la mort de l’un des plus célèbres peintres du monde dans une biographie qui vient de paraître.

« La version retenue n’est pas crédible », assure l’écrivain Gregory White Smith, dans un entretien publié mardi par le quotidien néerlandais NRC Next, au lendemain de la parution aux Etats-Unis et aux Pays-Bas de « Van Gogh; La vie ».

« Pourquoi aurait-il juste à ce moment-là mis fin à ses jours? Il ne traversait pas la période la plus difficile », s’interroge de son côté Steven Naifeh, co-auteur de cet ouvrage de près d’un millier de pages. « Pourquoi quelqu’un irait-il peindre alors qu’il prévoit de se suicider? Cela ne tient pas tout simplement ».

Selon les deux Américains, Vincent van Gogh ne serait pas mort en se tirant une balle dans la poitrine à Auvers-sur-Oise, un village d’artistes à une trentaine de kilomètres de Paris. Mais il aurait été tué par deux adolescents, les frères Secrétan, dont l’un avait affirmé que le peintre lui avait volé son pistolet.

« C’était soit un accident, soit un acte délibéré », avait assuré Steven Naifeh dans l’émission « 60 minutes » diffusée dimanche par la chaîne de télévision américaine CBS.

Le conservateur du musée Van Gogh à Amsterdam, Leo Jansen, juge cette théorie « intéressante ». « Pour pouvoir croire à cette nouvelle théorie, j’aurais besoin de nouvelles preuves mais c’est très difficile, cela fait tellement longtemps », reconnaît-il cependant dans un entretien à l’AFP.

M. Jansen a eu des contacts réguliers avec les deux auteurs américains, lauréats du prix Pulitzer en 1991 pour leur biographie du peintre Jackson Pollock. « Ils sont venus lire nos documents, travailler sur nos archives, j’ai annoté leur manuscrit », raconte-t-il.

Ann Dumas, conservatrice à la Royal Academy of Arts à Londres et spécialiste du peintre, a elle aussi été consultée : « ils ont même lu les romans que lisait Vincent Van Gogh à l’époque », dit-elle à l’AFP, jointe par téléphone.

« L’Arlesienne, Madame Ginoux » de Vincent van Gogh chez la maison de ventes aux enchères Christie’s , à Londres 24 mars 2006 (Photo John D Mchugh/AFP/Archives)

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Le 27 juillet 1890, Vincent van Gogh quitte l’auberge Ravoux avec brosses et chevalet. Il revient cinq heures plus tard, blessé, et meurt dans les bras de son frère Theo trente heures après, selon la version officielle relatée par Mme Dumas.

Selon le témoignage de la fille de l’aubergiste, âgée de 13 ans à l’époque, Vincent van Gogh aurait répondu « oui » au docteur qui lui demandait s’il s’était suicidé.

« Les deux auteurs n’ont pas trouvé de nouveaux faits, ils les ont seulement interprétés différemment », souligne Leo Jansen.

Selon Gregory White Smith et Steven Naifeh, le peintre aurait répondu « oui » pour protéger les frères Secrétan. « Mais pourquoi les protéger alors qu’ils n’arrêtaient pas de l’ennuyer, de le taquiner? », s’interroge le conservateur.

« Si Vincent van Gogh était mort de vieillesse à 80 ans en 1933, nageant dans la gloire et en possession de ses deux oreilles, il ne serait jamais devenu le mythe qu’il est aujourd’hui », soulignait mardi le quotidien néerlandais de gauche De Volkskrant dans un éditorial.

« Ses psychoses, ses dépressions, ses erreurs et leurs manifestations –une oreille coupée, le suicide– sont davantage une partie intégrante de l’histoire ++Vincent van Gogh++ que les cyprès et les champs de maïs ».

Peopolitique : les médias et les bébés présidentiels, une vieille passion | Rue89


Zineb Dryef
Journaliste Rue89

Se passionner pour la progéniture du chef de l’Etat ne date pas de mercredi après-midi. Depuis de Gaulle, les bébés présidentiels fascinent l’opinion. Frasques et drôleries, parcours des dix-huit enfants des présidents de la Ve République – notons que sur les dix-huit, sept ont fait de la politique (dans le camp de papa).

De Gaulle : les petits-enfants en promenade

Nombre :  3. Philippe, Elisabeth, Anne.

Destins :  Philippe, amiral, a été sénateur RPR. Elisabeth, qui servait de traductrice à son père à Londres, a épousé le général Alain de Boissieu. Anne, handicapée, est morte à 20 ans.

People :  ce petit reportage consacré aux petits-fils de Gaulle en 1959.

http://www.ina.fr/video/ticket/CAF90013878/50727/0bd67744cca6214f5c1efc153eb0b134

Un reportage « people » sur la descendance de De Gaulle en… 1959.

VGE : quatre enfants et des labradors

Nombre : 4. Valérie-Anne, Henri, Louis et Jacinthe (oui, les enfants d’Anne-Aymone).

Destins :  après un peu de politique dans un cabinet ministériel, Valérie-Anne se consacre à l’édition. Henri a été élu conseiller général du Loir-et-Cher à 22 ans puis a délaissé la politique pour l’entreprise. Président du Club Med, il est aujourd’hui chez Casino. Le plus connu des enfants, Louis, est député UMP depuis 2002. Jacinthe, excellente cavalière et vétérinaire, a monté une boîte d’événements équestres.

People : quand Valéry Giscard d’Estaing était à l’Elysée, Valérie-Anne a participé à cet improbable numéro de « 30 millions d’amis ».

Dans la jolie maison, avec le joli labrador, de la fille de VGE

http://www.ina.fr/video/ticket/CPA7905211003/50727/0bd67744cca6214f5c1efc153eb0b134

Pompidou : le discret

Nombre : un enfant unique, adopté, Alain.

Destin : biologiste et médecin reconnu, il a été eurodéputé de 1989 à 1999.

People : rien à signaler.

Mitterrand : amour, gloire et secrets

Nombre :  3 + 1. Pascal, Jean-Christophe et Gilbert, les enfants de Danielle, l’officielle. Mazarine, la fille cachée.

Destins : Pascal est mort à deux mois. Jean-Christophe, homme d’affaires, s’est fait connaître au moment de l’affaire des vente d’armes à l’Angola. Gilbert, l’autre fils, est maire socialiste de Libourne depuis 1989. Il a été député de 1981 à 1993 puis de 1997 à 2001. Mazarine est romancière et animatrice de télévision.

http://www.ina.fr/video/ticket/CAA7700284601/50727/0bd67744cca6214f5c1efc153eb0b134

L’autre « fils à papa » Mitterrand

People : depuis que la France a découvert l’existence de Mazarine, le feuilleton de sa vie (amoureux, bébés, « ma vérité sur mon père »…) s’étale régulièrement à la une des magazines.

Les drames des filles Chirac

Nombre : 2. Laurence et Claude.

Destins : Claude a travaillé aux côtés de son père à l’Elysée. On ignore tout de la vie de Laurence, atteinte d’anorexie grave.

People : les médias suivent de près les drames qui frappent les deux sœurs au début des années 90 : le mari de Claude Chirac décède brutalement, Laurence tente de se suicider. Jacques Chirac n’est alors que maire de Paris.

http://www.ina.fr/video/ticket/CAC92055048/50727/0bd67744cca6214f5c1efc153eb0b134

Le mariage de Claude

Lorsque Laurence se défenestre, les journalistes annoncent sa mort. Ce sera la dernière fois que les médias aborderont le sujet ; le couple Chirac a choisi de préserver sa fille aînée en la tenant éloignée de la vie publique.

http://www.ina.fr/video/ticket/CAC91048624/50727/0bd67744cca6214f5c1efc153eb0b134

La tentative de suicide de Laurence Chirac

Sarkozy : cheveux longs et blonds

Nombre : 4. Jean, Pierre, Louis et la petite dernière.

Destins : Pierre a choisi la musique, Jean l’Epad mais ça n’a pas marché. Louis est trop jeune.

People : les épisodes sont nombreux. On peut retenir qu’en novembre 2004, Louis a adressé son célèbre « bonne chance mon papa » à Nicolas Sarkozy, alors candidat à la présidence de l’UMP.

La vidéo qui choque les Chinois « au plus bas niveau moralement » | Rue89


[youtube http://www.youtube.com/watch?v=k-PiK96T73o&w=420&h=315]

Attention, ces images sont dérangeantes : âmes sensibles s’abstenir

C’est une vidéo qui choque la Chine. Elle choque tous ceux qui s’inquiètent de voir émerger, avec la prospérité, une société sans valeurs, capable de voir une fillette par terre, écrasée par une voiture, et de passer son chemin en la contournant.

La scène s’est déroulée à Foshan, une de ces villes industrielles de la province du Guangdong, dans le sud de la Chine, où s’est développé « l’atelier du monde », attirant des travailleurs de toute la Chine, déraçinés, fraichement urbanisés.

Yue Yue, une gamine de deux ans, est heurtée par une camionnette alors qu’elle échappe au contrôle de ses parents. Le véhicule s’arrête, puis repart en l’écrasant une seconde fois avec la roue arrière.

Il n’y a aucun témoin, mais un premier passant arrive et continue son chemin sans prêter attention au corps de la fillette. Puis un deuxième, un vélo, une voiture, une camionnette qui l’écrase à son tour et s’enfuit, etc. Tout un cortège d’adultes -18 au total- filmés par la caméra de video-surveillance du quartier, et que la vision d’une gamine blessée à terre n’arrête pas.

De longues minutes plus tard, une femme, une collecteuse d’ordures portant un lourd ballot, s’arrête et lance l’alerte. Puis la mère de Yue Yue arrive, et prend la fillette dans ses bras.

Mort clinique

Vendredi, une semaine après l’accident, l’hôpital de Fosha a annoncé que Yue Yue avait succombé à ses blessures, trop graves pour être soignées.

Selon les médias chinois cités par Aujourd’hui la Chine, Chen Xianmei, la première à s’être arrêtée pour porter secours à la fillette, a été recompensée par le gouvernement local d’une somme de 20.000 RMB (2275 euros).

Mais c’est l’indifférence des autres qui a fait débat, et qui a choqué lorsque la vidéo a été diffusée par la télévision du Guangdong et reprise massivement sur le web. Elle tent un miroir cruel à une Chine qui se voit désormais en grande puissance, dont les dirigeants prônent l’« harmonie » au sein de la société, et un comportement « civilisé » des citoyens.

Sur les réseaux sociaux, les internautes chinois se lâchent, et certains, selon une sélection établie par le site ChinaSmack, estiment que la Chine « a atteint son niveau le plus bas moralement », que ces comportements sont le fruit d’une montée d’égoisme qui veut que chacun s’occupe de ses propres affaires.

Après trois décennies de réformes économiques qui ont placé la richesse au coeur des valeurs de la nouvelle société là où l’idéologie communiste avait tenté d’imposer un égalitarisme forcené et une solidarité obligatoire, ce constat inquiète une partie des Chinois.

La morale par la loi ?

Parmi les réactions, une partie du débat a porté sur la nécessité de légiférer et de créer un crime de non-assistance en personne en danger qui n’existe pas. Dans le China daily, un quotidien très officiel, les arguments sont partagés, entre ceux qui pensent que la loi peut générer des comportements éthiques, et ceux qui pensent que ces valeurs humaines ne peuvent passer par la loi.

D’autres réactions font référence au « Nanjing judge », l’affaire d’un juge de Nankin (Nanjing) en 2006 : un homme qui a vu une victime d’accident et l’amenée à l’hôpital, a ensuite été condamné en justice. L’hôpital et la victime se sont retournés contre lui pour payer les frais, et un juge a estimé que s’il avait amené cette femme à l’hôpital, c’est qu’il se sentait coupable et qu’il était sûrement l’auteur de l’accident. CQFD.

C’est vrai que cette affaire revient souvent dans les commentaires, mais à voir l’indifférence des passants, on ne les sent pas réfléchir au « Nanjing judge » avant de passer leur chemin…

Cette affaire en rappelle une autre, elle aussi autour d’une fillette accidentée, celle-là miraculée au contraire. Elle s’appelle Yi Yi, et a survécu à l’accident du TGV chinois à Wenzhou, au sud de Shanghai. Mais surtout, elle a été découverte vivante alors que les autorités avaient décidé d’interrompre les opérations de sauvetage, estimant qu’il ne pouvait plus y avoir de survivants.

Un journal avait osé une lettre ouverte à Yi Yi, très amère, dans laquelle on trouvait ces phrases :

« Nous voulions te le dire : ces adultes que tu vois se sont demandés un nombre incalculable de fois si notre époque a oublié l’amour, l’attention portée aux autres et la confiance. Nous sommes emplis de complaintes, nous sommes en colère. »

On pourrait les écrire aujourd’hui à propos de Yue Yue. Et peut-être que les Yi Yi et Yue Yue d’aujourd’hui aideront la Chine à trouver en elle-même les valeurs humanistes qui sont si souvent absentes.

Vendredi, à l’annonce de sa mort, un internaute a publié cette phrase terrible sur Weibo, le site de micro-blogging chinois :

« Adieu, je te souhaite de ne pas renaître en Chine dans une autre vie ».

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 La Chine s’interroge sur son « égoïsme » après la mort choquante d’une enfant

Yue Yue, une filette chinoise écrasée par dexu véhicules à Foshan (sud) soignée à l’hôpital de Guangzhou le 16 octobre 2011. La fileltte est morte le 21. (Photo Str/AFP)

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Vendredi 21 octobre 2011, 13h48
Ecrasée successivement par deux véhicules puis abandonnée sur la chaussée dans l’indifférence des passants, la petite Yue Yue, deux ans, est morte vendredi, son sort tragique révulsant des Chinois de plus en plus convaincus que leur société dérive vers l’égoïsme.

Le 13 octobre, la fillette avait été d’abord percutée par une fourgonnette puis écrasée par un camion, devant le magasin de sa famille dans la ville de Foshan (sud du pays).

La scène a été enregistrée par des caméras de surveillance et la vidéo –difficilement soutenable– a été diffusée par une télévision locale ainsi que sur l’internet.

Sur les images on voit une quinzaine d’habitants et de véhicules qui passent à côté de l’enfant, baignant dans son sang. Certains regardent le petit corps disloqué, mais aucun ne daigne s’arrêter.

Une chiffonnière tire finalement la fillette sur le bord de la chaussée, mais ses appels au secours sont ignorés par divers commerçants riverains. Elle parvient ensuite, seule, à prévenir la mère de la petite fille.

« Petite Yue Yue est morte à 00H32 », a annoncé vendredi à l’AFP un porte-parole de l’hôpital général militaire de Canton (sud) où elle avait été admise, sans grand espoir vu son état désespéré.

Toute la semaine, le sort de Wang Yue (sa vraie identité, Yue Yue étant son surnom) a suscité des réactions indignées, qui ont redoublé avec son décès.

Les puissants réseaux sociaux chinois, caisse de résonance de l’opinion publique, se sont emparés de cette tragique histoire, mais aussi la presse d’Etat.

« Cette société est gravement malade. Même les chiens et les chats ne devraient pas être traités de façon aussi inhumaine », a ainsi estimé un internaute sur Sina Weibo, l’équivalent chinois de Twitter.

Le drame a été vu comme l’illustration d’une dérive de la société chinoise: beaucoup sont convaincus que le rapide développement économique du pays et l’enrichissement général de la population s’accompagnent d’une montée de l’égoïsme et d’une perte des valeurs collectives de solidarité mises en avant dans la Chine communiste de Mao Zedong.

« Il y a cette idée qui se développe en Chine qu’il y avait auparavant un âge d’or » de l’entraide, a confirmé à l’AFP Jean-Louis Rocca, sociologue spécialiste de la Chine.

Mais « c’est difficile de dire si c’est pire qu’ailleurs », a-t-il relevé, en insistant sur les solidarités « qui existent toujours, par exemple dans la famille ou entre collègues de travail ».

Ce fait divers vient s’ajouter à d’autres récents, mêlant violences gratuites et sentiments d’impunité.

Il y a eu ce fils de général, conduisant un luxueux coupé, qui a tabassé un couple pour une broutille ou cet étudiant qui a renversé une paysanne, qu’il a achevée à coups de couteau plutôt que d’avoir à lui verser des dommages-intérêts.

La mort de Yue Yue restait vendredi l’un des principaux sujets de débats sur les sites de microblogs chinois.

« Adieu petite Yue Yue. Il n’y a pas de voitures au paradis », a écrit un internaute.

« Adieu, je te souhaite de ne pas renaître en Chine dans une autre vie », a écrit un autre.

L’affaire Yue Yue « a sans aucun doute exposé un côté sombre de notre société, a estimé de son côté vendredi le journal Global Times.

Aujourd’hui la Chine ne dispose pas de loi pénalisant la non-assistance à personne en danger, a souligné le quotidien, et le pays est loin d’un consensus sur les bienfaits d’une telle loi.

« Il serait plus approprié d’établir un système récompensant ceux qui aident plutôt que de punir ceux qui ne le font pas », a-t-il jugé dans un éditorial.