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La danse des roseaux au Swaziland, entre débauche et éloge de la virginité
mardi, août 30, 2011
Pendant 8 jours, des jeunes filles vierges dansent seins nus, et coupent des roseaux pour les offrir à la reine mère.        Siphiwe Sibeko/Reuters
Pendant 8 jours, des jeunes filles vierges dansent seins nus, et coupent des roseaux pour les offrir à la reine mère. Siphiwe Sibeko/Reuters

Pour les ONG travaillant sur la prévention du sida, la cérémonie est une occasion idéale pour sensibiliser une population particulièrement vulnérable à l’épidémie.

Moment fort de la vie sociale au Swaziland, la « danse des roseaux » est censée être un hymne à la virginité. Mais pour les dizaines de milliers de jeunes filles qui vont danser devant leur roi, la semaine de préparation qui précède est souvent synonyme de débauche.
Cette année, elles sont officiellement 60 000 jeunes filles, qui sont venues couper des roseaux aux environs de la capitale Mbabane. Elles les ont présentés hier à la reine mère, avant de danser seins nus devant le roi Mswati III – qui éventuellement pourra se choisir une nouvelle épouse. Le chiffre est visiblement gonflé. Elles ne sont sans doute pas plus de 20 à 30 000. Mais c’est largement assez pour attirer quantité d’hommes émoustillés par ce rassemblement d’adolescentes échappant à la surveillance parentale. « Vous avez le choix ici. Il y en a tellement », se réjouit Sifiso Ngomane, l’un des nombreux hommes traînant près de l’entrée de l’un des campements où les filles sont logées pendant la semaine de préparation. « Tout ce que vous avez à faire, c’est les appeler à travers la clôture ! » Sur place, on dirait un camp de scouts, bruissant de rires et de chansons. Quand bien même la danse des roseaux est un rite initiatique que toute jeune Swazie devrait connaître au moins une fois dans sa vie, la plupart des filles disent qu’elles sont là pour passer un bon moment avec leurs amies. Mais après la coupe des roseaux, les filles ont beaucoup de temps libre… De nombreux stands proposent nourriture et boissons. L’atmosphère est enivrante et festive.
Parmi les endroits qu’apprécient particulièrement les hommes, on trouve une rivière des environs où les jeunes filles se baignent nues à l’aube, et une source thermale réputée pour ses orgies sexuelles, la bien nommée « flaque des câlins ». « Nous allons à la flaque des câlins ce soir et en boîte demain », raconte fièrement Patricia, 18 ans. Des discothèques et des casinos sont à disposition dans les villes voisines d’Ezulwini et Manzini, tandis que la foire commerciale de Manzini offre concerts et fêtes jusqu’au bout de la nuit. Les filles sont censées être protégées par des chaperons, des hommes venus de leur région d’origine. La police surveille aussi leurs campements. « Leur comportement doit être exemplaire. Nous ne voulons pas entendre parler de grossesses liées à la danse des roseaux », a averti le gouverneur de la région, TV Mtetwa, dans une annonce radiodiffusée.
Pour les ONG travaillant sur la prévention du sida, la danse des roseaux est une occasion idéale pour sensibiliser une population particulièrement vulnérable à l’épidémie : 30 % des femmes âgées de 15 à 49 ans sont séropositives au Swaziland, contre 20 % des hommes. Mais la promotion du préservatif est interdite, l’événement étant tout entier dédié à l’apologie de la virginité… Les ONG encouragent donc les filles à attendre avant d’avoir des rapports sexuels, et les mettent en garde contre les risques encourus avec des partenaires multiples. « Je suis vierge et j’en suis fière. J’aime ma culture », explique Tsabile Dlamini, 18 ans, qui a assisté à la danse à plusieurs reprises et travaille désormais avec l’ONG Population Services International. Portant un tee-shirt qui proclame « Je suis une jeune fille, je protège ma fleur », elle encourage les autres filles à parler de leur corps et de sexe, des sujets tabous dans les campagnes swazies. Parmi les questions récurrentes : « Si tu as couché avec quelqu’un une fois, est-ce qu’il est possible d’être vierge à nouveau ? » « Certaines ont été violées. Certaines utilisent leur corps parce qu’elles veulent de la nourriture », déplore Tsabile, alors que les statistiques du sida et des violences sexuelles sont effrayantes dans ce petit royaume où plus de 70 % de la population vit avec moins d’un dollar par jour. Cependant, les jeunes estimaient qu’elles avaient peu de chance d’être remarquées par le roi Mswati III lors de la cérémonie hier. Le dernier monarque absolu d’Afrique a déjà treize épouses.

(Source : AFP)

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