Pensée du mardi 30 août 2011.


JOYEUSE FETE DU FITR




 

« Beaucoup de personnes se détournent du monde spirituel, elles
refusent même d’en entendre parler, elles en ont peur tellement
il leur paraît flou et incertain. Mais c’est tout simplement
qu’elles ne possèdent pas, pour y pénétrer, des instruments aussi
perfectionnés que ceux qui leur permettent de travailler dans le
monde physique : les mains, les yeux, les oreilles… Pourtant, si
on étudie bien cette question, on verra que le monde spirituel
est le monde le plus clair, le plus sûr et le plus réel, et qu’il
reste pour l’éternité immuable et beau.
La réalité matérielle, palpable, accessible aux cinq sens, n’est
pas la vraie réalité. La vraie réalité est celle de l’âme et de
l’esprit. Pour y avoir accès, l’être humain doit avoir développé
ses centres et ses corps subtils, et surtout être bien guidé.
Sinon, évidemment, il peut commettre beaucoup d’erreurs et se
faire du mal en déclenchant des forces hostiles. Mais celui qui a
appris à se diriger dans le monde spirituel y découvre peu à peu
les seules véritables certitudes. »

Omraam Mikhaël Aïvanhov

« Ce n’était pas mes fils, mais des vampires », se justifie la mère qui a battu ses fils à mort – sudpresse.be


L’horreur absolue. Les deux petits garçons, Michael Junior, 7 ans et Jamal, 6 ans, retrouvés morts, vendredi après-midi, dans un appartement d’Alost ont été littéralement massacrés par leur maman. La jeune femme, schizophrène, a livré un récit hallucinant aux enquêteurs: “ Eux, mes fils? Non! Des vampires qui voulaient mon sang. Je les ai vaincus »

Rédaction en ligne

Publié le 29/08 à 09h02

"Ce n'était pas mes fils, mais des vampires", se justifie la mère qui a  battu  ses fils à mort

Michael et Jamal ont été massacrés par leur maman. (D.R.)

Au cours de son audition, landu G. a servi une version de ses actes hallucinants, mêlant l’horreur à la confusion. “ Eux, mes fils? Non! Des vampires qui voulaient mon sang. Je les ai vaincus ”, a-t-elle expliqué à des enquêteurs qui ont éprouvé quelques difficultés à encaisser le choc. L’hystérie qui s’est emparée de cette aide-nettoyeuse, plutôt fluette, fait froid dans le dos. Elle a littéralement agi comme une possédée . Il faut préciser qu’elle était sous l’emprise du cannabis et que, selon des experts, cela a pu influencer son état. Elle a commencé par casser en deux le mât de l’antenne parabolique, comme s’il s’agissait d’une brindille. Elle s’est ensuite jetée sur ses enfants de 6 et 7 ans. “ Ils ont tous deux livré une terrible, mais vaine bataille pour leur vie ”, raconte le parquet de Termonde.

Totalement hystérique, leur mère les a frappés avec tout ce qui lui tombait sous la main. “ Elle a ainsi cassé une armoire et s’est servi des planches pour frapper l’un des garçons à la tête ”, précise une source proche de l’enquête. “ Son petit corps a d’ailleurs été retrouvé sous un amoncellement de planches et de bouts de bois. ” L’aîné n’a pas eu plus de chance: elle lui a jeté à la figure l’écran plasma, l’ordinateur portable et des débris de la table du salon. Un calvaire interminable avant qu’il ne rende son dernier soupir.

Le compte-rendu complet de cette épouvantable affaire dans les journaux de Sudpresse de ce lundi 29 août.

JIM – Comment mieux dépister les violences passionnelles et conjugales ?


Sous le terme de violences passionnelles et conjugales sont définies les conduites brutales perpétrées par quelqu’un qui est, a été, ou désire être en relations intimes avec une jeune femme, et ces violences sont en cause dans un grand nombre des agressions dont est victime une femme sur trois aux États-Unis ! Plus d’un tiers des meurtres de femmes reconnaissent cette étiologie, responsable en outre d’un coût annuel de plus de 8 millions $. Or, près de la moitié de ces victimes avaient consulté dans un centre d’urgences dans les 2 ans qui ont précédé leur assassinat !

Le dépistage des violences passionnelles et conjugales reste cependant malaisé car le motif de consultation est souvent étranger à la violence, et, même quand la violence est manifeste, le mécanisme en est volontiers « scotomisé ». Aussi doit-il être recherché systématiquement devant toute femme possiblement battue, et les chirurgiens traumatologistes encouragés à endosser un rôle plus actif dans l’identification, la prévention et le traitement des violences passionnelles et conjugales.

En janvier 2008, un programme pédagogique a été lancé à l’intention de tous les soignants du service de traumatologie de l’hôpital de Philadelphie. Une heure de conférence sur la prévalence, les signes évocateurs, la façon de mener l’interrogatoire, et le dépistage de la violence, a été encadrée par 2 examens pour valoriser la conférence. On a ensuite comparé les données recueillies sur 348 femmes en 2007 (avant le programme) et sur 297 femmes en 2008 (après le programme). Les 2 groupes de femmes étaient similaires en termes d’âge,de race, et de mécanismes du traumatisme (avec cependant significativement plus de chutes en 2008). Les chutes et accidents de la voie publique représentent ensemble 77 % des violences passionnelles et conjugales, les autres mécanismes comportaient les armes à feu, les armes blanches, les coups de poing, les surdosages et les accidents équestres.

En 2007, l’interrogatoire n’a permis de révéler que 28 cas de violences passionnelles et conjugales sur les 139 interrogatoires menés (20 %). En 2008, le taux de dépistage était augmenté sans que la différence soit significative, et seules 29 % des violences passionnelles et conjugales ont été reconnues comme telles.

En revanche, la prévalence dans le couple d’alcoolisme, de toxicomanie, de tabagisme avait augmenté d’environ 10% pour chacun des items, passant de 70 à 80 % à peu près. Ces dépendances sont très corrélées à la violence.

Les violences conjugales et passionnelles sont donc fréquemment sous-estimées, malgré une plus grande attention portée au dépistage qui gagnerait à être généralisé.
Dr Jean-Fred Warlin
Sims C et coll. Detecting intimate partner violence: more than trauma team education is needed. J.Am.Coll.Surg. 2011;212:867-872.

Un catho fervent parle de sexe et d’amour à Catherine Millet | Rue89


Par Ramses Kefi | Journaliste | 28/08/2011 | 12H38

Un couple de jeunes mariés aux Maldives (Millzero Photography/Flickr/CC)

Laurent, 37 ans, riverain, fonctionnaire et fervent catholique, a lu avec attention l’entretien avec Catherine Millet, paru sur Rue89 en juin. Une libertine qui parle d’amour et de sexe, ça l’intriguait ; lui qui, bénévole au Centre de préparation au mariage (CPM) du diocèse de Strasbourg, rencontre régulièrement des jeunes couples pour échanger sur le thème de l’amour et de la sexualité.

Quand il prend contact avec moi pour la première fois, Laurent m’explique que c’est parce qu’il a été touché par les propos de l’écrivaine qu’il a tenu à réagir. Avant de poursuivre, il insiste sur un point commun qu’il se trouve avec elle : « Moi non plus, je n’ai aucun tabou. »

Mariage, patience, don de soi et fidélité absolue

Dans le cadre du programme qu’il anime au CPM, Laurent aborde la sexualité. Il n’éprouve aucune gêne à en parler, malgré ce qu’il peut entendre ici et là sur la « frigidité » de l’Eglise :

« Le sexe fait partie intégrante du couple. Il est essentiel même. Mais il n’est pas quelque chose que l’on peut envisager de manière indépendante, si l’on veut en profiter pleinement. C’est une alchimie. Le sexe fait partie d’un ensemble, et cet ensemble, c’est l’amour. »

Par e-mail, il me fait parvenir un document. Vingt-trois pages dans lesquelles Laurent et sa femme, elle aussi bénévole au CPM, ont retranscrit l’amour idéal tel qu’ils le conçoivent : mariage, patience, don de soi et fidélité absolue, en dépit des tentations.

De son propre aveu, Laurent, avant de lire Catherine Millet, n’avait jamais pensé que quelqu’un pouvait se justifier d’aller aussi loin :

« Il n’y a pas que les mots. On dirait presque qu’il y a une idéologie derrière tout ça. C’est assez fascinant. »

« Le passage sur la merde, c’est trash ! »

Au fil des lignes, il pense pourtant déceler chez elle une sensation de vide. Derrière l’apparence d’une femme forte, un être fragile. Et derrière une sexualité débridée, de prime abord totalement assumée, des blessures profondes :

Sa femme aussi a lu l’entretien. Elle a ressenti de la pitié. Elle lui dit que c’est à cause de la tristesse que dégage sa photo, nue, sur la couverture de son livre, et de sa conception extrême de la sexualité, qui la déconnecte des attentes d’un couple. Laurent renchérit :

« Les mots de Catherine Millet sont très forts, très crus. Il n’y a qu’à lire sa position sur les femmes violées. Et ce passage sur la merde par exemple, c’est tellement trash. »

Laurent me parle, au fil de la discussion, des couples qu’il rencontre au CPM. Leur euphorie qui souvent les empêche d’envisager les moments difficiles, quand « l’amour passionnel » s’érode. Leur étonnement aussi, quand il aborde la méconnaissance de soi et de l’autre, qui conduit souvent à l’explosion.

« Elle est en situation d’échec affectif »

Le ton est amical et les réponses spontanées. Comme lorsque je lui demande s’il ne pense pas que Catherine Millet la joue finalement « provoc », repoussant à outrance et à dessein les limites :

« Non. Je peux me tromper, mais il y a chez elle une sincérité émouvante. Cette femme souffre. Si l’on met de côté ce qui est choquant, je vois le témoignage d’une femme qui se livre sans concession. Il n’y a qu’à voir la manière dont elle parle de la vieillesse pour le comprendre. »

Il me cite de mémoire un passage où l’écrivaine aborde la jalousie, et la douleur que celle-ci provoque chez elle :

« Elle dit que sa jalousie est liée au sexe. Mais cela va bien au-delà. Dans l’attirance physique entre un homme et une femme, il y a quelque chose de très fort, mais qui ne dure pas longtemps.

Je crois que cette femme essaye constamment de reproduire cette sensation, sans arriver à cerner ce qu’elle veut vraiment. Elle est en situation d’échec affectif. »

« Le sentiment de ne pas représenter grand-chose »

Je lui lis dans la foulée l’un des réponses de l’écrivaine sur la permissivité et la transparence dans le couple. Pour la première fois, un silence. Le temps de réfléchir. Et puis, il enchaîne :

« Elle dit qu’elle ne veut pas savoir. A partir du moment où quelqu’un refuse de savoir, il y a un problème. Ce ne sont pas les relations intimes de son conjoint avec une autre qui la dérangent, mais le fait qu’il la délaisse et la remplace, comme si finalement, elle n’était pas grand-chose. »

Cela fait plus de six ans que Laurent et sa femme rencontrent des couples par le biais du CPM. Certains sont croyants, d’autres pas. Selon Laurent, beaucoup se marient à l’Eglise pour la symbolique, et, surtout, dans l’espoir que leur union dure toute la vie :

« Il y a une aspiration au bonheur à deux, au-delà même de la religion. Parfois celui-ci se matérialise, et parfois non. Mais de plus en plus, je vois une société lassée par la seule jouissance. Il y a vraiment une volonté de construire sur le long terme. »

« Impossible de se construire uniquement par le sexe »

Laurent ne réfute pas le retour d’un certain puritanisme en France. Mais il le nuance :

« Le mot “puritanisme” a une connotation péjorative, négative. Ce n’est pas tout à fait ça je pense. Peut-être que les gens aussi aspirent à plus de discrétion et d’introspection. »

En définitive, moins de libertinage et de jouissance passagère, et plus de sentiments. C’est en tout cas ce qu’il a remarqué au fil de ses rencontres :

« Même les non-croyants sont très attentifs à ce que nous disons. Revenons au sexe. Il est juste impossible de se construire affectivement uniquement par le sexe, car l’Homme aspire d’abord à l’amour ».

Photo : un couple de jeunes mariés aux Maldives (Millzero Photography/Flickr/CC)

Le Figaro – France : Ce que nos enfants n’apprennent plus au collège


Dimitri Casali Mis à jour le 26/08/2011 à 18:42 | publié le 27/08/2011 à 18:41Réactions (726) <!–

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778 : Roland sonnant du cor, à la bataille de Roncevaux, où les Sarrasins ont battu l'armée franque. A son côté, son épée Durandal. L'épisode a peu à voir avec la réalité historique, mais il a nourri l'imaginaire français. (Rossignol/Editions Hoebeke)
778 : Roland sonnant du cor, à la bataille de Roncevaux, où les Sarrasins ont battu l’armée franque. A son côté, son épée Durandal. L’épisode a peu à voir avec la réalité historique, mais il a nourri l’imaginaire français. (Rossignol/Editions Hoebeke)

Le saviez-vous ? Clovis, Saint Louis ou François I er , mais aussi Henri IV, Louis XIV ou Napoléon ne sont plus étudiés dans les collèges français ! Rayés des programmes ou relégués en option. Raison invoquée par l’Education nationale: il faut consacrer du temps, entre la sixième et la cinquième, à «l’enseignement des civilisations extra-européennes», de l’empire du Mali à la Chine des Hans. C’est ce scandale pédagogique et culturel que dénonce l’historien Dimitri Casali dans son salutaire Altermanuel d’histoire de France (Perrin), dont Le Figaro Magazine publie des extraits. Superbement il lustré, l’ouvrage se présente comme un complément idéal aux manuels scolaires recommandés (ou imposés) par les professeurs de collège. Qui fixe les programmes scolaires en histoire ? L’enquête du Figaro Magazine montre que la question engage l’avenir de notre société.

Clovis, Charles Martel, Hugues Capet, Louis IX, dit Saint Louis, François Ier, Louis XIII ont disparu des instructions officielles de sixième et de cinquième. Le programme de sixième passe sans transition de l’Empire romain au IIIe siècle à l’empire de Charlemagne, soit une impasse de six siècles. Les migrations des IVe et Ve siècles (les fameuses «invasions barbares»), pourtant fondamentales dans l’histoire de l’Europe, ne sont plus évoquées.Ces absences sont incompréhensibles. Comment comprendre la naissance du royaume de France sans évoquer Clovis? Comment mesurer «l’émergence de l’Etat en France » sans appréhender le règne de Louis IX? La Renaissance sans connaître François Ier? «L’affirmation de l’Etat » sans expliquer Louis XIII et Richelieu? Tous les historiens s’accordent sur l’importance de ces personnages et de leur œuvre, non seulement politique, mais aussi économique et culturelle.

Le règne de Louis XIV est quant à lui relégué à la fin d’un programme de cinquième qui s’étend sur plus de mille ans d’Histoire. Faire étudier aux élèves en fin d’année scolaire cette longue période (1643-1715) tient de la mission impossible, sachant que les enseignants peinent à boucler des programmes surchargés. Ce règne est de plus noyé dans un thème «L’émergence du « roi absolu » » qui s’étend du début du XVIe siècle au début du XVIIIe siècle. C’est ainsi tout un pan de l’histoire de France qui risque d’être partiellement ou – au pire – pas du tout traité. Le règne de Louis XIV est pourtant décisif, tant dans l’affirmation du «pouvoir absolu» que dans le rayonnement de la civilisation française, en France et à l’étranger, à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle. Le Brun, Le Nôtre, Hardouin-Mansart, Lully, La Fontaine, Corneille… Autant d’artistes et d’écrivains qui risquent de n’être jamais évoqués dans les classes.

A côté des «oubliés» et des «relégués» des programmes, il y a les «optionnels»… L’une des originalités des nouveaux programmes réside en effet dans le système des options, censé permettre à l’enseignant de construire son propre parcours pédagogique. Si cette démarche est intéressante, elle n’en montre pas moins rapidement ses limites… Ainsi, dans le thème 1 («Les bouleversements culturels et intellectuels») de la partie IV («Vers la modernité») du programme de cinquième, les enseignants doivent faire étudier «la vie et l’œuvre d’un artiste ou d’un mécène de la Renaissance ou un lieu et ses œuvres d’art». Ils pourront donc enseigner, par exemple, Léonard de Vinci ou Laurent de Médicis ou la chapelle Sixtine, mais pas les trois. Dans le thème 2 («L’émergence du « roi absolu »») de la partie IV, ils doivent choisir un règne entre le XVIe siècle et 1715. François Ier, Henri IV, Louis XIII ou Louis XIV. Le choix est impossible.

Parmi ces périodes optionnelles figure le premier Empire (1804-1815). En classe de quatrième, dans le seul chapitre consacré à la Révolution et l’Empire, «La fondation d’une France moderne», l’étude doit être menée à travers un sujet donné. Il y a cinq propositions, dont trois excluent totalement la période impériale:

– Invention de la vie politique;

– Le peuple dans la Révolution;

– La Révolution et les femmes;

– La Révolution, l’Empire et les religions;

– La Révolution, l’Empire et la guerre.

Bref, le premier Empire ne donnera lieu, au mieux, qu’à un éclairage thématique. Dans trois cas sur cinq, il ne sera pas étudié ! Ajoutons que cette période a disparu du nouveau programme de seconde.

A-t-on peur des grands personnages?

Elevé sur le pavois par ses soldats, comme le veut la coutume, Clovis est reconnu roi des Francs, à Tournai, en 481. Agé de 15 ans, il est alors maître de toute la Gaule. (Editions Hoebeke)
Elevé sur le pavois par ses soldats, comme le veut la coutume, Clovis est reconnu roi des Francs, à Tournai, en 481. Agé de 15 ans, il est alors maître de toute la Gaule. (Editions Hoebeke)

Clovis, Louis IX, François Ier, Louis XIII, Louis XIV, Napoléon Ier… La disparition ou l’amenuisement de ces souverains et de leur règne laisseraient-ils penser qu’ils n’ont plus de réalité historique? Leur importance n’est pourtant pas remise en cause par les historiens. Comment expliquer alors «l’optionnalisation» du premier Empire en quatrième et sa disparition en seconde? S’agirait-il de gommer un régime jugé trop autoritaire, trop militariste et trop expansionniste? De même, Clovis et Louis IX, dit Saint Louis, seraient-ils devenus trop politiquement «connotés» pour être cités dans les instructions officielles? La même question peut être posée concernant la relégation du règne de Louis XIV en fin de programme de cinquième. Pourquoi faire disparaître ou réduire des règnes notamment caractérisés par le rayonnement de la France à l’étranger? Il est à craindre que la règle du «politiquement correct» ait été appliquée aux programmes, conception moralisatrice de l’enseignement qui tient de la manipulation de l’Histoire.

Faire étudier aux élèves Clovis, François Ier ou Napoléon Ier n’a pourtant rien de réactionnaire en soi. Il ne s’agit bien évidemment pas d’en revenir à une lecture hagiographique, providentielle, épique, patriotique ou dogmatique des «grands personnages», que des générations d’historiens ont bien heureusement remise en cause et déconstruite. Au contraire, il faut présenter aux élèves la complexité de ces hommes, inscrits dans leur époque, sans anachronisme, ni tabou, ni mythologie, et à la lumière des dernières recherches historiques. C’est justement l’étude de leur vie, de leurs actions, de leurs œuvres, de leurs façons de concevoir le monde qui les débarrassera des clichés, des stéréotypes et des images d’Epinal. L’Histoire est toujours la meilleure réponse au mythe. Ces personnages ont aussi une valeur pédagogique car ils permettent d’humaniser une Histoire souvent désincarnée, et sont susceptibles de susciter chez les enfants une véritable émotion, assez proche de celle ressentie lors d’un spectacle.

Ce ne sont pas seulement des personnages historiques, des périodes et des règnes majeurs qui sont écartés, réduits à la portion congrue ou devenus optionnels. Des textes fondateurs, des traités et des lois décisives sont tout simplement passés à la trappe: le serment de Strasbourg (842), l’un des plus anciens textes en langue romane, le lointain ancêtre du français; le partage de Verdun (843), qui dessine une nouvelle carte de l’Europe d’où sont issus les Etats européens; l’ordonnance de Villers-Cotterêts (1539), qui impose l’usage du français dans l’administration à la place du latin, constituant ainsi une étape clé dans l’unification du royaume de France. La relégation du règne de Louis XIV en fin de programme de cinquième rend extrêmement difficile sinon impossible l’étude de la révocation de l’édit de Nantes (1685), qui marque l’interdiction du protestantisme en France et entraîne l’exil de plus de 250.000 protestants. L’histoire des arts n’est pas épargnée. Le précédent programme de quatrième prévoyait l’étude d’extraits du Bourgeois gentilhomme (1670), des Châtiments (1853) et des Misérables (1862), permettant d’inscrire Molière et Victor Hugo dans leur époque, de mesurer l’importance historique de leur œuvre et de faire prendre conscience aux élèves de leur génie littéraire. Or, les deux plus grands auteurs de la littérature française ont disparu des nouveaux programmes…

Le risque du «zapping» historique

Les instructions officielles imposent l’étude de plusieurs civilisations extra-européennes à certaines périodes:

Au choix, «la Chine des Hans à son apogée», c’est-à-dire sous le règne de l’empereur Wu (140-87 avant J.-C.), ou «l’Inde classique aux IVe et Ve siècles», au sein de la partie «Regards sur des mondes lointains» représentant 10 % du temps consacré à l’Histoire de la classe de sixième – Au choix, l’empire du Ghana (VIIIe-XIIe siècles), l’empire du Mali (XIIIe-XIVe siècles), l’empire Songhaï (XIIe-XVIe siècles) ou le Monomotapa (XVe-XVIe siècles), au sein de la partie «Regards sur l’Afrique» représentant 10 % du temps consacré à l’Histoire de la classe de cinquième. Cette partie comprend l’étude de la naissance et du développement des traites négrières (traites orientales et internes à l’Afrique noire).

La connaissance des histoires de la Chine, de l’Inde ou de l’Afrique est importante et passionnante, notamment à l’heure de la mondialisation. Cependant, force est de constater que, mathématiquement, ces nouvelles thématiques s’intègrent dans les programmes aux dépens de parties capitales de l’histoire de France ou de l’Europe. Il ne s’agit pas, bien sûr, d’établir une quelconque hiérarchie aberrante entre les civilisations: le règne de Louis XIV (1643-1715) n’est ni supérieur ni inférieur à celui de Kankou Moussa, roi du Mali de 1312 à 1332. Il faut tout simplement parvenir à un bon équilibre entre l’étude de l’histoire de France et celle des civilisations extra-européennes.

Le contraste est saisissant avec le nouveau programme de seconde qui est, quant à lui, marqué par un européocentrisme caricatural. Le monde n’y est en effet perçu qu’à l’aune de l’Europe: «Les Européens dans le peuplement de la Terre», «Nouveaux horizons géographiques et culturels des Européens à l’époque moderne»… L’ancienne partie consacrée à «La Méditerranée au XIIe siècle: carrefour de trois civilisations», qui permettait de mesurer les échanges, les contacts (pacifiques et conflictuels) et les influences entre l’Occident chrétien, l’Empire byzantin et le monde musulman a disparu, au profit d’une lecture strictement européenne du Moyen Age. Il aurait bien mieux valu prioriser en collège l’étude de l’histoire du bassin méditerranéen, de la France et de l’Europe pour approfondir au lycée l’étude des civilisations extra-européennes en leur consacrant une vraie place dans les programmes, bien loin du «zapping» proposé en cinquième.

La place des traites négrières dans les programmes de collège soulève un autre questionnement. Elles sont mentionnées cinq fois dans le seul encadré du programme consacré à la partie «Regards sur l’Afrique», avant de donner lieu à un thème du programme de quatrième, «Les traites négrières et l’esclavage», puis à une étude de l’abolition de l’esclavage en France en 1848 dans le thème 2. Il aurait probablement mieux valu resserrer l’étude des différentes traites négrières sans, bien entendu, dénaturer cette réalité historique fondamentale.

L’histoire de France facilite l’intégration

L’argument souvent utilisé selon lequel ces nouveaux programmes ont notamment été conçus pour épouser la diversité culturelle des élèves est contestable. Ce raisonnement risquerait d’aboutir à un éparpillement des thèmes et des champs d’étude, rendant encore plus difficile l’assimilation des connaissances. Pourquoi ne pas considérer que les élèves, quelle que soit leur origine, sont français et, à ce titre, ont droit à l’histoire de France la plus complète? Il serait ainsi particulièrement intéressant d’intégrer dans les programmes des séquences de cours sur l’histoire de l’immigration en France et en Europe, du Moyen Age à nos jours. Pourquoi ne pas proposer des dossiers consacrés à ces immigrés qui ont fait la France, qu’ils soient des anonymes ou des « grands personnages»? Selon une enquête de l’Ined (rapport «Trajectoires et origines», 2010), bien que de nationalité française, 37 % des jeunes d’origine étrangère ne se sentent pas français. Pour épouser la diversité culturelle des élèves, rien ne vaut l’histoire de France… Les parcours de Blaise Diagne, premier ressortissant d’Afrique noire à devenir ministre, ou de Romain Gary (Roman Kacew de son vrai nom) sont, à ce titre, exemplaires. «Je n’ai pas une goutte de sang français dans mes veines mais la France coule dans mes veines», aimait à rappeler ce dernier. En étudiant les Guyanais Félix Eboué et Gaston Monnerville, premier homme noir à devenir président du Sénat, on peut montrer toute l’importance de l’Outre-Mer dans l’histoire de France. La culture est la base de notre société et cette culture est notamment fondée sur la connaissance de l’histoire du pays où l’on vit, quelle que soit son origine géographique. Comme dit l’adage, on ne comprend que ce que l’on connaît. L’Histoire est une garantie d’intégration, car elle est un moyen d’accéder aux modes de compréhension de notre société.

Rétrograde, la chronologie ?

La disparition de dates et de périodes capitales de l’histoire de France ainsi que le système des options aboutissent à une Histoire à trous, lacunaire, atomisée, qui rend beaucoup plus difficile l’assimilation par les élèves de la chronologie, cette juste représentation de la profondeur historique. Le nouveau programme de première est à ce titre édifiant. Il repose sur un système de modules non pas chronologiques mais thématiques, qui peuvent être disposés dans n’importe quel ordre: «La guerre au XXe siècle»; «Le siècle des totalitarismes»; «Les Français et la République»… Avec ce système, il devient beaucoup plus difficile d’expliquer le rôle déterminant de la Première Guerre mondiale dans la genèse des totalitarismes, ou même le rôle du totalitarisme nazi dans le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. La chronologie serait-elle devenue démodée? Un comble, car l’Histoire est comme une langue dont la chronologie est la grammaire. Sans elle, notre connaissance du passé est vouée à l’anachronisme, cette incapacité d’inscrire un événement ou un personnage dans son contexte. Sans elle, nous sommes voués à l’amnésie…»

Procès Fleurs du Mal, Baudelaire. Tribunal, censure, condamnation poète, paiement amende, retrait poèmes. Offense morale religieuse, outrage bonnes mœurs. Histoire France, Patrimoine, Ancêtres


(D’après « Le Figaro » du 5 juillet 1857
et « La Revue des Procès contemporains », paru en 1885)
Publié le lundi 18 juillet 2011, par LA RÉDACTION
Quelques jours après la parution des Fleurs du Mal de Charles Baudelaire le 21 juin 1857, le journaliste Gustave Bourdin en fustige le contenu le 5 juillet dans un article du Figaro, avant que des poursuites soient engagées pour « offense à la morale religieuse » et « outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs ». Baudelaire sera condamné au versement d’une amende, et son éditeur devra retrancher six poèmes dont le procureur général Ernest Pinard a demandé l’interdiction.

Bourdin écrivait ainsi : « M. Charles Baudelaire est, depuis une quinzaine d’années, un poète immense pour un petit cercle d’individus dont la vanité, en le saluant Dieu ou à peu près, faisait une assez bonne spéculation ; ils se reconnaissaient inférieurs à lui, c’est vrai ; mais en même temps, ils se proclamaient supérieurs à tous les gens qui niaient ce messie. Il fallait entendre ces messieurs apprécier les génies à qui nous avons voué notre culte et notre admiration : Hugo était un cancre, Béranger un cuistre, Alfred de Musset un idiot, et madame Sand une folle. Lassailly avait bien dit : Christ va-nu-pieds, Mahomet vagabond et Napoléon crétin.

Charles Baudelaire

Charles Baudelaire

« Mais on ne choisit ni ses amis ni ses admirateurs, et il serait par trop injuste d’imputer à M. Baudelaire des extravagances qui ont dû plus d’une fois lui faire lever les épaules. Il n’a eu qu’un tort à nos yeux, celui de rester trop longtemps inédit. Il n’avait encore publié qu’un compte rendu de Salon très vanté par les docteurs en esthétique, et une traduction d’Edgar Poe. Depuis trois fois cinq ans, on attendait donc ce volume de poésies ; on l’a attendu si longtemps, qu’il pourrait arriver quelque chose de semblable à ce qui se produit quand un dîner tarde à être trop servi ; ceux qui étaient les plus affamés sont les plus vite repus : l’heure de l’estomac est passée.« Il n’en est pas de même de votre serviteur. Pendant que les convives attendaient avec une si vive impatience, il dînait ailleurs tranquillement et sainement, et il arrivait l’estomac bien garni pour juger seulement du coup d’œil. Ce serait à recommencer que j’en ferais autant. J’ai lu le volume, je n’ai pas de jugement à prononcer, pas d’arrêt à rendre ; mais voici mon opinion que je n’ai la prétention d’imposer à personne. On ne vit jamais gâter si follement d’aussi brillantes qualités. Il y a des moments où l’on doute de l’état mental de M. Baudelaire ; il y en a où l’on n’en doute plus : c’est, la plupart du temps, la répétition monotone et préméditée des mêmes mots, des mêmes pensées.

« L’odieux y coudoie l’ignoble ; le repoussant s’y allie à l’infect. Jamais on ne vit mordre et même mâcher autant de seins dans si peu de pages ; jamais on n’assiste à une semblable revue de démons, de foetus, de diables, de chloroses, de chats et de vermine. Ce livre est un hôpital ouvert à toutes les démences de l’esprit, à toutes les putridités du cœur ; encore si c’était pour les guérir, mais elles sont incurables. Un vers de M. Baudelaire résume admirablement sa manière ; pourquoi n’en a-t-il pas fait l’épigraphe des fleurs du mal ?

Je suis un cimetière abhorré de la lune.

« Et au milieu de tout cela, quatre pièces, le Reniement de saint Pierre, puis Lesbos, et deux qui ont pour titre les Femmes damnées, quatre chefs-d’œuvre de passion, d’art et de poésie ; mais on peut le dire, il le faut, on le doit : si l’on comprend qu’à vingt ans l’imagination d’un poète puisse se laisser entraîner à traiter de semblables sujets, rien ne peut justifier un homme de plus de trente d’avoir donné la publicité du livre à de semblables monstruosités. »

Si deux jours plus tard la direction de la Sûreté publique saisit le parquet pour « outrage à la morale publique » et pour « outrage à la morale religieuse », cette dernière accusation est finalement abandonnée. Cependant le 20 août, le procureur Ernest Pinard, qui avait également requis contre Madame Bovary, prononce un réquisitoire devant la 6e&,nbsp ;Chambre correctionnelle.

« Poursuivre un livre pour offense à la morale publique est toujours chose délicate. Si la poursuite n’aboutit pas, on fait à l’auteur un succès, presque un piédestal ; il triomphe, et on a assumé, vis-à-vis de lui, l’apparence de la persécution. J’ajoute que, dans l’affaire actuelle, l’auteur arrive devant vous, protégé par des écrivains de valeur, des critiques sérieux dont le témoignage complique encore la tâche du ministère public. Et cependant, messieurs, je n’hésite pas à la remplir. Ce n’est pas l’homme que nous avons à juger, c’est son œuvre, ce n’est pas le résultat de la poursuite qui me préoccupe, c’est uniquement la question de savoir si elle est fondée.

« Charles Baudelaire n’appartient pas à une école. II ne relève que de lui-même. Son principe, sa théorie, c’est de tout peindre, de tout mettre à nu. Il fouillera la nature humaine dans ses replis les plus intimes ; il aura, pour la rendre, des tons vigoureux et saisissants ; il l’exagèrera surtout dans ses côtés hideux ; il la grossira outre mesure, afin de créer l’impression, la sensation. II fait ainsi, peut-il dire, la contre-partie du classique, du convenu, qui est singulièrement monotone et qui n’ obéit qu’à des règles artificielles.

« Le juge n’est point un critique littéraire, appelé à se prononcer sur des modes opposés d’apprécier l’art et de le rendre. Il n’est point le juge des écoles, mais le législateur l’a investi d’une mission définie : le législateur a inscrit dans nos codes le délit d’offense à la morale publique, il a puni ce délit de certaines peines, il a donné au pouvoir judiciaire une autorité discrétionnaire pour reconnaître si cette morale est offensée, si la limite a été franchie. Le juge est une sentinelle qui ne doit pas laisser passer la frontière. Voilà sa mission.

« Ici, dans le procès actuel, le ministère public devait-il donner l’éveil ? Voilà le procès. Pour le résoudre, citons dans ce recueil de pièces détachées celles que nous ne pouvons laisser passer sans protester. Je lis, à la page 53, la pièce 20, intitulée Les Bijoux, et j’y signale trois strophes qui, pour le critique le plus indulgent, constituent la peinture lascive, offensant la morale publique :

Et ses bras et sa jambe et sa cuisse et ses reins
Polis comme de l’huile, onduleux comme un cygne,
Passaient devant mes yeux clairvoyants et sereins.
Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne,
S’avançaient plus câlins que les anges du mal,
Pour troubler le repos où mon âme était mise.
Et pour la déranger du rocher de cristal
Où, calme et solitaire, elle s’était assise.Je croyais voir assis, par un nouveau dessin,
Les hanches de l’Antiope au buste d’un imberbe
Tant sa taille faisait ressortir son bassin.
Sur ce teint fauve et brun, le fard était superbe.

 

à la page 73, dans la pièce 30, intitulée Le Léthé, je vous signale cette strophe finale :

Je sucerai, pour noyer ma rancœur,
Le népenthès et la bonne ciguë
Aux bouts charmants de cette gorge aiguë,
Qui n’a jamais emprisonné de cœur

Dans la pièce 39, À Celle qui est trop gaie, à la page 92, que pensez-vous de ces trois strophes, où l’amant dit à sa maîtresse :

Ainsi je voudrais une nuit,
Quand l’heure des voluptés sonne,
Sur les trésors de ta personne,
Comme un lâche ramper sans bruit,
Pour châtier ta chair joyeuse,
Pour meurtrir ton sein pardonné,
Et faire à ton flanc étonné
Une blessure large et creuse.Et, vertigineuse douceur,
À travers ces lèvres nouvelles
Plus éclatantes et plus belles,
T’infuser mon venin, ma sœur !

 

De la page 187 à la page 197, les deux pièces 80 et 81 intitulées : Lesbos et Les Femmes damnées sont à lire tout entières. Vous y trouverez dans leurs détails les plus intimes les moeurs des tribades. À la page 206, la pièce 87, intitulée Les Métamorphoses du Vampire, débute par ces vers :

La femme cependant, de sa bouche de fraise,
En se tordant ainsi qu’un serpent sur la braise
Et, pétrissant ses seins sur le fer de son busc,
Laissait couler ces mots tout imprégnés de musc :
« Moi, j’ai la lèvre humide et je sais la science
De perdre au fond d’un lit l’antique conscience.
Je sèche tous les pleurs sur mes seins triomphants
Et fais rire les vieux du rire des enfants.
Je remplace, pour qui me voit nue et sans voile,
La lune, le soleil, le ciel et les étoiles !
Je suis, mon cher savant, si docte aux voluptés,
Lorsque j’étouffe un homme en mes bras veloutés,
Ou lorsque j’abandonne aux morsures mon buste,
Timide et libertine, et fragile et robuste,
Que sur ces matelas, qui se pâment d’émoi,
Les anges impuissants se damneraient pour moi. »

Sans doute, Baudelaire dira qu’à la strophe suivante il a fait la contre-partie en écrivant ces autres vers :

Quand elle eut de mes os sucé toute la moelle,
Et que languissamment je me tournai vers elle
Pour lui rendre un baiser d’amour, je ne vis plus
Qu’une outre aux flancs gluants, toute pleine de pus.

« De bonne foi, croyez-vous qu’on puisse tout dire, tout peindre, tout mettre à nu, pourvu qu’on parle ensuite du dégoût né de la débauche et qu’on décrive les maladies qui la punissent ? Messieurs, je crois avoir cité assez de passages pour affirmer qu’il y a eu offense à la morale publique. Ou le sens de la pudeur n’existe pas, ou la limite qu’elle impose a été audacieusement franchie. La morale religieuse n’est pas plus respectée que la morale publique. Je signalerai sur ce second point : Le Reniement de saint Pierre, pièce 90, à la page 217 ; – Abel et Caïn, pièce 91, à la pièce 219 ; – Les Litanies de Satan, pièce 92, à la page 222 ; – Le Vin de l’Assassin, pièce 95, à la page 235.

Frontispice de l'édition de 1857 des Fleurs du mal

Frontispice de l’édition de 1857 des Fleurs du mal

« Prendre parti pour le reniement contre Jésus, pour Caïn contre Abel, invoquer Satan à l’encontre des Saints, faire dire à l’assassin : Je m’en moque comme de Dieu, du Diable ou de la Sainte-Table, n’est-ce pas accumuler des débauches de langage qui justifient l’ordonnance du juge d’instruction ? Oui : il a dû renvoyer Baudelaire devant les juges correctionnels pour offense à cette grande morale chrétienne qui est en réalité la seule base solide de nos mœurs publiques. Pour justifier ce renvoi, pour amener ce débat public entre la prévention et la défense, les présomptions suffisaient et les présomptions y étaient. Mais, après les explications contradictoires de l’audience, avez-vous la certitude nécessaire pour condamner sur le second chef ? Vous apprécierez si Baudelaire, cet esprit tourmenté, qui a voulu faire de l’étrange plutôt que du blasphème, a eu conscience de cette offense-là.« L’offense à la morale publique, voilà celle que je trouve invinciblement démontrée, et je tiens, sur ce point, à répondre à toutes les objections. La première objection qu’on me fera sera celle-ci : le livre est triste ; le nom seul dit que l’auteur a voulu dépeindre le mal et ses trompeuses caresses, pour en préserver. Ne s’appelle-t-il pas les Fleurs du Mal ? Dès lors, voyez-y un enseignement au lieu d’y voir une offense. Un enseignement ! Ce mot-là est bientôt dit. Mais, ici, il n’est pas la vérité. Croit-on que certaines fleurs au parfum vertigineux soient bonnes à respirer ? Le poison qu’elles apportent n’éloigne pas d’elles ; il monte à la tête, il grise les nerfs, il donne le trouble, le vertige, et il peut tuer aussi.

« Je peins le mal avec ses enivrements, mais aussi avec ses misères et ses hontes, direz-vous ! Soit ; mais tous ces nombreux lecteurs pour lesquels vous écrivez, car vous tirez à plusieurs milliers d’exemplaires et vous vendez à bas prix, ces lecteurs multiples, de tout rang, de tout âge, de toute condition, prendront-ils l’antidote dont vous parlez avec tant de complaisance ? Même chez vos lecteurs instruits, chez vos hommes faits, croyez-vous qu’il y ait beaucoup de froids calculateurs pesant le pour et le contre, mettant le contre-poids à côté du poids, ayant la tête, l’imagination, les sens parfaitement équilibrés ! L’homme n’en veut pas convenir, il a trop d’orgueil pour cela. Mais la vérité la voici : l’homme est toujours plus ou moins infirme, plus ou moins faible, plus au moins malade, portant d’autant plus le poids de sa chute originelle, qu’il veut en douter ou la nier. Si telle est sa nature intime tant qu’elle n’est pas relevée par de mâles efforts et une forte discipline, qui ne sait combien il prendra facilement le goût des frivolités lascives, sans se préoccuper de l’enseignement que I’auteur veut y placer.

« Pour tous ceux qui ne sont encore ni appauvris ni blasés, il y a toujours des impressions malsaines à recueillir dans de semblables tableaux. Quelles que soient les conséquences du désordre, si édifiés que soient à cet égard certains lecteurs, ils rechercheront surtout dans les pages de ce livre : La Femme nue, essayant des poses devant l’amant fasciné (pièce 20) ; – La Mégère libertine qui verse trop de flammes et qu’on ne peut, comme le Styx, embrasser neuf fois (pièce 24 Non satiata) ; – La Vierge folle, dont la jupe et la gorge aiguë aux bouts charmants versent le Lethé (pièce 30) ; – La Femme trop gaie, dont l’amant châtie la chair joyeuse, en lui ouvrant des lèvres nouvelles (pièce 39) ; – Le beau Navire, où la femme est décrite avec la gorge triomphante, provocante, bouclier armé de pointes roses, tandis que les jambes, sous les volants qu’elles chassent, tourmentent les désirs et les agacent (pièce 48) ; – La Mendiante rousse, dont les nœuds mal attachés dévoilent le sein tout nouvelet, et dont les bras, pour la déshabiller, se font prier, en chassant les doigts lutins (pièce 63) ; – Lesbos, où les filles aux yeux doux, de leurs corps amoureuses, caressent les fruits mûrs de leur nubilité (pièce 80) ; – Les Femmes damnées ou les Tribades (pièces 81 et 82) ; – Les Métamorphoses, ou la Femme Vampire, étouffant un homme en ses bras veloutés, abandonnant aux morsures son buste, sur les matelas qui se pâment d’émoi, au point que les anges impuissants se damneraient pour elle (pièce 87).

« Dans ces pièces multiples où l’auteur s’évertue à forcer chaque situation comme s’il tenait la gageure de donner des sens à ceux qui ne sentent plus, messieurs, vous qui êtes juges, vous n’avez qu’à choisir. Le choix est facile, car l’offense est à peu près partout. On me fait une seconde objection, en signalant dans le passé des livres tout aussi offensants pour la morale publique et qui n’ont pas été poursuivis. Je réponds, qu’en droit, de semblables précédents ne lient pas le ministère public, qu’en fait, il y a des questions d’opportunité qui expliquent souvent l’abstention et qui la justifient. Ainsi, on ne poursuivra pas un livre immoral qui n’aura nulle chance d’être lu ou d’être compris : le déférer à la justice, ce serait l’indiquer au public, et lui assurer peut-être un succès d’un jour qu’il n’aurait point eu sans cela.

« Mais cette réserve du ministère public ne pourra être, le lendemain, retournée contre lui. Autrement, son action ne serait plus libre. Si l’immoralité des productions s’accentue, il faut qu’il puisse toujours punir le vice, sans qu’on ait à lui reprocher de n’avoir pas antérieurement poursuivi. Sans cela le résultat final serait l’impunité absolue, à quelque degré qu’on fût descendu.

« Messieurs, j’ai répondu aux objections, et je vous dis : Réagissez, par un jugement, contre ces tendances croissantes, mais certaines, contre cette fièvre malsaine qui porte à tout peindre, à tout décrire, à tout dire, comme si le délit d’offense à la morale publique était abrogé, et comme si cette morale n’ existait pas. Le paganisme avait des hontes que nous retrouvons traduites dans les ruines des villes détruites, Pompéi et Herculanum. Mais au temple, sur la place publique, ses statues ont une nudité chaste. Ses artistes ont Ie culte de la beauté plastique ; ils rendent les formes harmonieuses du corps humain, et ne nous le montrent pas avili ou palpitant sous l’étreinte de la débauche. Ils avaient le respect de la vie sociale.

« Dans notre société imprégnée de christianisme, ayons au moins ce même respect. J’ajoute que le livre n’est pas une feuille légère qui se perd et s’oublie comme le journal. Quand le livre apparaît, c’est pour rester ; il demeure dans nos bibliothèques, à nos foyers, comme une sorte de tableau. S’il a ces peintures obscènes qui corrompent ceux qui ne savent rien encore de la vie, s’il excite les curiosités mauvaises et s’il est aussi le piment des sens blasés, il devient un danger toujours permanent, bien autrement que cette feuille quotidienne qu’on parcourt le matin, qu’on oublie le soir et qu’on collectionne rarement.

« Je sais bien qu’on ne sollicitera l’acquittement qu’en vous disant de blâmer le livre dans quelques considérants bien sentis. Vous n’aurez pas, messieurs, ces imprévoyantes condescendances. Vous n’oublierez pas que le public ne voit que le résultat final. S’il y a acquittement, le public croit le livre absolument amnistié ; il oublie vite les attendus, et s’il se les rappelait, il les réputerait démentis par le dernier mot de la sentence. Le juge n’aurait mis personne en garde contre l’œuvre, et il encourrait un reproche qu’il était loin de prévoir, et qu’il ne croyait pas mériter, celui de s’être contredit. Soyez indulgent pour Baudelaire, qui est une nature inquiète et sans équilibre. Soyez-le pour les imprimeurs, qui se mettent à couvert derrière l’auteur. Mais donnez, en condamnant certaines pièces du livre, un avertissement devenu nécessaire. »

La plaidoirie fut assurée par l’avocat Gustave Gaspard Chaix d’Est-Ange. Le Tribunal rendit le 21 août 1857 son jugement en ces termes :

« En ce qui touche le délit d’offense à la morale religieuse, attendu que la prévention n’est pas établie, renvoie les prévenus des fins des poursuites ;

« En ce qui touche la prévention d’offense à la morale publique et aux bonnes mœurs.

« Attendu que l’erreur du poète dans le but qu’il voulait atteindre et dans la route qu’il a suivie, quelque effort de style qu’il ait pu faire, quel que soit le blâme qui précède ou qui suit ses peintures, ne saurait détruire l’effet funeste des tableaux qu’il présente au lecteur, et qui, dans les pièces incriminées, conduisent nécessairement à l’excitation des sens par un réalisme grossier et offensant pour la pudeur ;

« Attendu que Baudelaire, Poulet-Malassis et De Broise ont commis le délit d’outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs ;

« Savoir : Baudelaire en publiant, Poulet-Malassis et De Broise, en publiant, vendant et mettant en vente a Paris et à Alençon l’ouvrage intitulé : Les Fleurs du Mal, lequel contient des passages ou expressions obscènes ou immorales. Que lesdits passages sont contenus dans les pièces portant les numéros 20, 30, 39, 80, 81 et 87 du recueil ;

« Vu l’article 8 de la loi du 17 mai 1819, l’article 26 de la loi du 26 mai 1819 ;

« Vu également l’article 463 du Code pénal ;

« Condamne Baudelaire à 300 francs d’amende ; Poulet-Malassis et De Broise chacun à 100 francs d’amende ; Ordonne la suppression des pièces portant les numéros 20, 30, 39, 80, 81 et 87 du recueil 5 ; Condamne les prévenus solidairement aux frais. »

La suppression avait trait aux poèmes Les Bijoux, Le Léthé, À celle qui est trop gaie, Lesbos, Femmes damnées et Les Métamorphoses du vampire. C’est le 31 mai 1949 que Charles Baudelaire et ses éditeurs furent réhabilités par la cour de cassation, saisie à la requête du président de la Société des gens de lettres.

Un perroquet volé reconnaît son maître au marché !


perroquet.jpgUn perroquet volé reconnaît son maître au marché

Qui a dit que les perroquets répétaient sans comprendre ce qu’on leur disait?

Aux Pays-Bas, un perroquet a été dérobé dans un parc privé qui rassemblait nombre d’oiseaux. Les voleurs, bien organisés, sont parvenus à enlever également 70 autres volatiles dans ce même endroit.

Par chance pour le propriétaire des oiseaux, l’une de ses connaissances l’a averti qu’il avait aperçu ses volatiles sur un marché, quelques jours après le vol. L’homme s’est donc rendu sur les lieux.

Le fameux perroquet s’y trouvait bien, avec les autres oiseaux. Lorsqu’il a aperçu son maître, l’animal a immédiatement commencé à prononcer son prénom, de façon répétitive.

Les voleurs, démasqués grâce au perroquet, ont par la suite été arrêtés. La police est encore à la recherche de l’endroit où les malfrats ont caché les autres oiseaux dérobés.

(mlb/7sur7)

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avion.jpgIvre, elle fait des danses érotiques dans un avion qui doit faire demi-tour!

Un avion Moscou-Londres a dû faire demi-tour vendredi et revenir à l’aéroport de Moscou-Domodedovo en raison d’une passagère russe ivre qui s’est mise à danser « des danses érotiques » à bord et à importuner les passagers, a annoncé la police russe des transports.

L’équipage a annoncé 15 minutes après le décollage que l’avion devait se poser en raison du comportement “ inadéquat ” d’une passagère.

Cette femme de 39 ans, originaire de la ville d’Altemievsk (république du Tatarstan) “ était en état d’ébriété, importunait les passagers, leur ôtait leurs lunettes et dansait des danses érotiques ”, a indiqué un représentant de la police des transports cité par l’agence Ria Novosti.

Quand l’avion est revenu à l’aéroport de Domodedovo, elle a été interpellée et placée dans un hôpital local “ pour examens ”, selon la même source.

Bien qu’interdite, la consommation de l’alcool à bord de l’avion est une pratique très répandue chez les passagers russes.

sudpresse.be