Pensée du mardi 2 août 2011.


« Un jeune garçon et une jeune fille commencent à s’aimer. De temps
en temps ils se rencontrent, ils s’écrivent ; les petits cadeaux
qu’ils se donnent, les petites mèches de cheveux, la moindre
fleur ou le moindre pétale de rose sont pour eux comme des
talismans chargés d’un océan d’effluves. Ils se sentent heureux,
stimulés, inspirés. Lui est un chevalier, un prince, et elle la
Belle au Bois Dormant ! Ils vivent dans la poésie, ils se
promènent, ils se regardent, tout devient beau, leur amour est
pur, idéal. Mais le jour où ils commencent à vouloir vivre leur
amour dans le plan physique, peu à peu la poésie s’en va, et
c’est la prose qui la remplace.
Vous direz : « Mais nous ne pouvons pas rester toujours dans le
côté idéal. » C’est vous qui le dites. Si vous tenez absolument à
descendre, faites-le, mais vous quitterez le monde de la poésie,
de la véritable beauté, et votre joie elle-même sera moins
grande. Alors, autant que vous le pouvez, gardez un peu de
distance dans l’amour, parce que c’est cette distance justement
qui vous comblera, qui vous inspirera. Grâce à elle vous
continuerez à aimer. »

Omraam Mikhaël Aïvanhov

La sérénité du ramadan menacée | Slate Afrique


En Tunisie, le jeûne de 2011 n’aura pas la même saveur que les années précédentes. Sur fond de crise politique et économique, le pays s’apprête à vivre son premier ramadan depuis la révolution de janvier.

Minaret de la mosquée Ezzitouna au centre de la médina de Tunis, by Tab59 via Flickr CC

«En Tunisie il y a des choses qui changent et d’autres qui ne changeront jamais», philosophe Yassine, un musulman de cinquante ans et habitant du vieux quartier de la Médina, à Tunis.

Unanimement, le mois du ramadan est vu comme une bénédiction en Tunisie.

«Pendant le mois de ramadan, les prières ont plus de valeur que celles tout le long de l’année», précise l’un des imams de Houmt Souk, la capitale de l’île de Djerba, dans le Sud tunisien.

Le jeûne donne l’opportunité à tous les musulmans de multiplier les hassanates, les bonnes actions. C’est le quatrième des cinq piliers de l’islam. De l’aube au crépuscule, tous les musulmans doivent s’abstenir de manger et de boire, ainsi que de pratiquer tout acte sexuel. La polémique (al-mira), la médisance (al-ghayba) et le mensonge (al-kadhib) sont également proscrits. Les femmes enceintes, les enfants, les personnes âgées et malades ne sont pas obligés de respecter l’état d’ascèse.

«Certains musulmans qui viennent prier dans les mosquées restent inquiets de la situation économique et politique», confie Ferjani Derouiche, l’imam et orateur de la mosquée el-Bradaâ dans la ville côtière de Mahdia, à 200 kilomètres au sud de Tunis, «alors que d’autres prennent ça avec philosophie et ont foi dans le destin».

La Libye dérègle les prix

Ces dernières semaines, les Tunisiens ont par exemple cédé à la panique de l’approvisionnement. Dans les magasins en rupture de stock de la capitale, les prix de certains produits de consommation doublent entre le matin et le soir. On peine à trouver du sucre, du lait, de l’huile, du café ou de l’eau minérale. Par ailleurs, le ramadan coïncide cette année avec la saison estivale et touristique, puisqu’il commence le 1er août et dure 30 jours. En comptant les hôtels, on attend au total sur le territoire une hausse de la consommation de l’ordre de 30%.

A la frontière, les exportations démesurées en direction de la Libye ont déséquilibré l’économie tunisienne et laissé planer la rumeur d’une pénurie alimentaire. Au mois de juin, l’exportation de produits alimentaires vers la Libye a atteint 85%.

Le gouvernement de transition a dû récemment suspendre le commerce extérieur de lait vers la frontière libyenne. Une situation inquiétante pour le directeur général du commerce et du tourisme, Habib Dimassi:

«La guerre civile en Libye a favorisé une hausse de la demande sur les différents produits de consommation, ce qui est susceptible d’encourager encore les pratiques spéculatives […]

Plusieurs espaces commerciaux dans les régions qui contribuaient auparavant à réguler les prix, ont été détruits après le 14 janvier. Leur fermeture jusqu’à présent n’est pas sans impact négatif sur l’approvisionnement et les prix […]

Si la situation demeure instable et le couvre-feu toujours décrété dans certaines régions de production de fruits et de légumes, le rythme d’approvisionnement risque d’être perturbé favorisant ainsi une montée des prix pendant le mois où la consommation atteint son apogée.»

Les Tunisiens assurent qu’à la rupture du jeûne, le soir, les cafés afficheront complet. Les hommes se laisseront aller à fumer un narguilé et passeront la soirée ensemble à converser. Un peu partout on proposera des pâtisseries comme la zlabiya, mkharek, ou encore le makroudh, véritables remèdes aux tracas économiques et politiques:

«Il y aura la queue devant les boulangeries et les pâtisseries pour acheter les sucreries et les musulmans feront la fête la nuit comme toujours ; les rues ne seront jamais désertes», assure Abir Khmir, une jeune enseignante tunisoise.

Politique et spiritualité

Du point de vue politique, à quelques jours du jeûne, dans les cafés et les commerces les voix muselées sous l’ancien régime ont laissé place à la désinformation et à une cacophonie de rumeurs. Inanimée par le passé, la politique tunisienne confond aujourd’hui vitesse et précipitation. Les manifestations et rassemblements récents sévèrement réprimés ont laissé réapparaître d’anciens visages du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti de l’ex-président Zine el-Abidine Ben Ali.

On craint pendant le ramadan que les discours des partis politiques dévient de l’objectif démocratique, et tendent vers une surenchère moralisatrice dans un opportunisme malséant. Le parti Ennahdha, qui associe islam et politique, est à ce titre au centre de toutes les attentions. L’influence des partis radicaux religieux durant le mois sacré pour les musulmans préoccupe.

Ferjani Derouiche, directeur d’école à la retraite devenu l’imam et orateur de la mosquée el-Bradaâ, se réjouit de constater qu’«après la révolution il y a eu un retour à la religion spontané».

«Les musulmans ont retrouvé une liberté de culte sans surveillance et sans obligations et les imams aussi […] Mais certains groupes religieux sont plus durs et viennent prier dans les mosquées. Certains sont violents. Ils veulent imposer leur vision totale de l’islam.»

Il faut dire que depuis la fin de la dictature, la pratique religieuse a bien changé en Tunisie. Durant le règne de Ben Ali, des indicateurs affectés aux mosquées tenaient à jour les listes des fidèles qui allaient prier. Etaient interdits de mosquée les hommes barbus et les femmes trop voilées. Les prêches des imams étaient surveillés et devaient impérativement contenir un passage à la gloire du président, comme s’il s’agissait d’un personnage sacré. Après la révolution, plusieurs imams ont été sommés par une minorité islamiste de quitter leur tribune.

Récemment, plusieurs imams de villes côtières ont dénoncé une minorité d’extrémistes religieux qui se seraient emparés de tribunes dans les mosquées. Ces imams ont appelé le ministre des Affaires religieuses, Laroussi Mizouri, à prendre ses responsabilités. Le ministre a tenu à assurer la protection des mosquées contre les extrémistes, afin qu’elles demeurent des lieux de diffusion du discours religieux éclairé et tolérant.

Des musulmans plus libres de pratiquer leur religion

Il n’en reste pas moins qu’aujourd’hui, les Tunisiens musulmans se sentent plus libres de pratiquer leur religion dans leur pays:

«Avant, pour les imams, il fallait appliquer les règles. Par le gouverneur, on recevait des écrits sur le président à introduire dans nos prêches. Les discours des imams sous Ben Ali devaient s’accorder avec sa politique. Après la révolution, l’imam est redevenu libre. Il y a toujours des gens du gouvernement qui viennent écouter mais c’est plus rare et ils n’interviennent pas dans mes discours», témoigne l’imam, Ferjani Derouiche.

Depuis la chute de Ben Ali, les mosquées peuvent rester ouvertes toute la journée, une mesure encadrée par le gouvernement. «Après les prières on peut faire des leçons, avoir des conversations, tenir des conférences, choses impossibles sous Ben Ali», se rappelle l’imam de Mahdia.

«Je pense que l’avantage pour les musulmans c’est qu’ils peuvent aller la nuit à la mosquée plus librement sans avoir peur d’être arrêté ou contrôlé à la porte par les policiers en civil qui ne venaient à la mosquée que pour faire les rapports, se réjouit Abir.

Cette année ça sera la première où je peux aller à la mosquée pour la prière Tarawih. Sans avoir besoin de me cacher ou aller à une mosquée loin de ma maison, et sortir avec une tenue normale pour changer ensuite la tenue islamique sur la route jusqu’à la mosquée dans ma voiture.»

Ces longues journées d’août 2011 risquent d’être une épreuve pour les Tunisiens. Mais dans ce marasme politico-économique, l’ingrédient spirituel, s’il n’est pas corrompu ou instrumentalisé, pourrait rétablir le calme, la cohésion sociale et éventuellement la confiance qui fait tant défaut entre les Tunisiens.

Le ramadan sert de ciment à une communauté, il pourra éventuellement permettre de redéfinir une identité tunisienne. C’est un mois d’accalmie et de générosité, des valeurs dont la population a besoin en ce moment.

Dans le tumulte de cette société en reconstruction, «il n’y a pas de raison que le ramadan soit différent» des années précédentes, estime Yassine. Le Tunisois, qui a coutume de dire que d’autres générations de fidèles de l’islam ont traversé des périodes plus guerrières et bien moins prospères que la nôtre, rappelle que «la terre continuera de tourner pendant cette période sacrée».

Mehdi Farhat

Le Figaro – International : Une ex-maîtresse de DSK prête à témoigner


Publié le 31/07/2011 à 13:22Réactions (394)

Se disant harcelée par les médias, Marie-Victorine M. s'est réfugiée en Suisse et a donné une série d'interviews pour désamorcer l'intérêt des journalistes. Crédit : l'Illustré.
Se disant harcelée par les médias, Marie-Victorine M. s’est réfugiée en Suisse et a donné une série d’interviews pour désamorcer l’intérêt des journalistes. Crédit : l’Illustré.

Cette femme, qui aurait eu une liaison avec l’ancien patron du FMI il y a 14 ans, dénonce le style inquisiteur de l’avocat de Nafissatou Diallo. Elle dit avoir du mal à croire aux accusations pesant contre son ex-amant.

Une fois n’est pas coutume, un nouveau témoin potentiel plutôt favorable à Dominique Strauss-Kahn vient d’émerger. Une ancienne maîtresse de DSK s’est dite prête dans le Journal du Dimanche à témoigner devant la justice américaine. Basée aux Etats-Unis, cette consultante française ne s’est pas encore entretenu avec le procureur de Manhattan, dont le bureau l’aurait contactée. En revanche, elle a parlé à l’avocat de Nafissatou Diallo, Kenneth Thompson … dont les méthodes l’ont exaspérée. Marie-Victorine M. dénonce «des questions brutales, comme dans un interrogatoire de police ».

Kenneth Thompson «m’a couru après pendant une semaine. J’avais des messages tous les jours», raconte cette jeune femme de 38 ans, née d’une mère espagnole et d’un père congolais. «C’est à partir de ce moment que j’ai engagé mon avocate». «Nous avons eu une conférence téléphonique avec lui le 18 juillet pendant quarante-cinq minutes. Mais je lui ai répondu sèchement parce que ses questions étaient très personnelles et chirurgicales», précise la Française, qui dit avoir eu une liaison de quelques mois avec DSK il y a 14 ans. Cette diplômée de droit internationale pense avoir été retrouvée par un cabinet d’investigation de Washington. Ce dernier se serait procuré une lettre de la Française à son père à Sarcelles, dans laquelle elle évoquait sa liaison avec l’ancien favori à la primaire socialiste.

«Mon témoignage servirait sans doute plus la défense»

Se disant harcelée par les médias, Marie-Victorine M. s’est réfugiée en Suisse et a donné une série d’interviews pour désamorcer l’intérêt des journalistes. Elle se montre plutôt sceptique sur les accusations de viol pesant contre Dominique Strauss-Kahn. «Cela ne ressemble pas à l’homme que j’ai connu (…) je ne le vois pas insister pour avoir gain de cause. Je pense que l’option qu’il prendrait c’est de claquer la porte et de partir», a-t-elle confié à la télévision suisse (voir la vidéo). De même, elle remarque dans le magazine helvétique l’Illustré que DSK «n’a jamais été violent avec ni physiquement ni verbalement». «Il ne m’a forcé à rien», assure Marie-Victorine M.

«Dominique m’a étreinte parfois de façon brusque, mais c’était de la passion, pas de la brutalité. Nafissatou Diallo dit qu’elle a lutté, je veux bien la croire. Mais ça m’étonne un peu», note la consultante. «Dominique n’est pas le genre d’homme qui a besoin de forcer. C’est là que la manipulation séductrice intervient peut-être. Il utilisera le charme, définitivement, mais pas la force». Celle-ci s’interroge sur la valeur de son témoignage. «Il servirait sans doute plus la défense que l’accusation», estime la juriste.

Celle-ci a rencontré Dominique Strauss-Kahn lors d’une cérémonie des vœux à la mairie de Sarcelles en 1997. C’est le père de la jeune femme, alors militant socialiste, qui les a présentés. «On a été tous les deux stupéfiés par cette intensité, cette alchimie entre nous. Un regard suffisait», se souvient la Française. Le couple se donne rendez-vous dans l’appartement d’un proche de DSK dans le XVIe arrondissement ou à l’hôtel, un Sofitel du 15e arrondissement. La juriste évoque une liaison «passionnée issue d’un coup de foudre» et dépeint un homme «aimant les femmes et ayant un gros appétit sexuel». DSK a «été son premier grand amour». «J’ai aimé cet homme même s’il m’a énormément blessée, confie-t-elle.

De Sissi à Mao, le culte de la personnalité à Vienne | Rue89


Par Pierre Haski | Rue89 | 31/07/2011 | 10H24

L'exposition Mao au palais Hofburg, à Vienne (Pierre Haski/Rue89).

(De Vienne) Vous visitez le célèbre palais Hofburg, au cœur de Vienne, à la recherche du fantôme de l’impératrice Sissi, et vous tombez sur celui de… Mao ! Le musée d’ethnologie de Vienne, installé dans une aile du palais, consacre en effet une grande exposition au culte de la personnalité du Grand Timonier de la Chine populaire et aux extravagances de la révolution culturelle : une édifiante piqûre de rappel.

L’exposition est basée sur la collection personnelle, l’expérience, et le regard d’un journaliste et sinologue autrichien, Helmut Opletal, qui a amassé, depuis ses études à Pékin dans les années 60, en pleine révolution culturelle, des milliers d’objets de ce culte de la personnalité sans équivalent au XXe siècle.

Retour sur le fétichisme autour de Mao

Cette exposition est une nouvelle illustration de la fascination que Mao Zedong a exercé et continue d’exercer sur les Occidentaux : Chinatown vous avait déjà présenté Claude Hudelot, ex-diplomate et commissaire d’expos, familier de la Chine depuis plus de trois décennies, collectionneur obsessionnel d’objets cultes du maoïsme, et qui en a fait un superbe livre, « Le Mao », sorti il y a deux ans.

Le travail de Helmut Opletal commence évidemment par l’immense bric à brac du fétichisme de Mao, des milliers de badges de toutes tailles (photo ci-dessus), sculptures, affiches, mugs, sacs, meubles ou produits sanitaires. Il montre aussi des vidéos des rassemblements de masse, spectaculaires, de la révolution culturelle, avec le dieu Mao au centre (photo ci-dessous).

L'exposition Mao au palais Hofburg, à Vienne (Pierre Haski/Rue89).

Mais il ne s’arrête pas à cet aspect connu et assez superficiel. Il montre aussi les conséquences sinistres de cette politique, et les luttes pour le pouvoir qui se cachaient derrière ce culte de la personnalité au profit de Mao Zedong, et l’ampleur de l’hystérie collective que Mao a réussi à susciter chez des centaines de millions de Chinois.

L'exposition Mao au palais Hofburg, à Vienne (Pierre Haski/Rue89).

En vidéo ou en photo, on retrouve les victimes des purges, tel l’ancien président Liu Shaoqi mort en détention en 1969, les cadres de tous rangs soumis aux séances de critique publique, violentes, humiliantes, ou encore la destruction à une échelle massive des « vieilleries », sculptures bouddhistes, livres, objets personnels (photos ci-dessus et ci-dessous).

L'exposition Mao au palais Hofburg, à Vienne (Pierre Haski/Rue89).

Cette exposition ne pourrait toujours pas être montrée en Chine aujourd’hui, car le leadership actuel du Parti communiste chinois (PCC) a choisi de s’inscrire dans la continuité directe du Grand Timonier, dont le corps embaumé fait toujours l’objet d’un culte, plus discret, au milieu de la place Tiananmen, à Pékin, visité par tout provincial se rendant dans la capitale chinoise.

Un improbable rapprochement Duchamp-Mao

Le culte du Grand Timonier est en revanche tourné en dérision par les artistes qui disposent de la marge de liberté nécessaire. L’exposition de Vienne montre ainsi un célèbre tableau de Shi Xinning (photo ci-dessous) tiré d’une série qui place Mao là où il n’a jamais pu être : à l’ouverture d’une improbable rétrospective Duchamp à Pékin…

Inutile de dire que si Marcel Duchamp avait été chinois à l’époque, il aurait terminé en séance de critique publique pour son art décadent, et aurait fini ses jours en camp de « rééducation par le travail »…

L'exposition Mao au palais Hofburg, à Vienne (Pierre Haski/Rue89).

Les choses ont changé et Shi Xinning et de nombreux autres ont investi depuis plus d’une décennie le champ de la récupération du maoïsme à la Warhol, c’est-à-dire de la dérision, gentille, pas trop subversive.

L’actualité récente a montré que si cette critique du passé est désormais tolérée, l’implication des artistes dans la critique sociale d’aujourd’hui reste dangereuse : l’artiste Ai Weiwei vient de le prouver avec quelques semaines de détention au secret.

L’exposition de Vienne montre aussi les usages détournés du maoïsme en Occident, avec ce magnifique exemple de publicité de la Fnac (photo ci-dessous) qui promeut ses « prix verts » en affirmant que « le rouge a fait son temps », photo de Mao à l’appui…

L'exposition Mao au palais Hofburg, à Vienne (Pierre Haski/Rue89).

Une expo à voir, donc, si vous êtes à Vienne ou si vous vous y rendez cet été, et que vous visitez l’incontournable palais Hofburg (photo ci-dessous).

L'exposition Mao au palais Hofburg, à Vienne (Pierre Haski/Rue89).

On aimerait pouvoir écrire un essai sur les parcours croisés de l’impératrice Sissi, morte assassinée en 1898, et de l’« empereur rouge » Mao, qui avait à peine 5 ans, à l’autre bout du monde, dans son Hunan natal, lorsque l’impératrice tombait sous les coups de lime d’un anarchiste italien…

Ce n’est évidemment pas l’objet de cet article, même si la proximité de l’expo Mao et de l’aile du Palais consacrée à la plus célèbre des monarques européennes (grâce notamment à Romy Schneider et à ce film qui fait toujours les délices des dimanches soirs de TF1…) rend l’exercice tentant.

Notons toutefois que si le musée d’ethnologie situé dans le palais Hofburg offre ce regard distancié sur le Grand Timonier chinois, ses voisins du musée impérial sont quant à eux dans le premier degré et le merchandising (nom moderne du culte de la personnalité) vis-à-vis de Sissi, qui attire toujours les foules.

Le hasard a fait que le jour de ma visite, en sortant de l’expo Mao, je suis tombé, par un choc de deux périodes historiques, sur les funérailles du dernier des Habsbourg, Otto von Habsbourg, ancien député européen, pour qui Vienne et en particulier le palais Hofburg avaient revêtu un instant des habits austro-hongrois. Soldats d’opérette compris (photo ci-dessous)… Mao aurait trouvé la cérémonie petit bras !

Soldats costumés ayant participé à la cérémonie à la mémoire d'Otto von Habsbourg (Pierre Haski/Rue89).

Photos : l’exposition Mao au palais Hofburg, à Vienne (Pierre Haski/Rue89) ; soldats costumés ayant participé à la cérémonie à la mémoire d’Otto von Habsbourg (Pierre Haski/Rue89).

The Culture of the Cultural Revolution – Personality Cult and Political Design in Mao’s China exposition au musée d’ethnologie, Neue Burg, 1010 Vienne, Autriche – exposition ouverte jusqu’au 21/11/2011 – 8€.

Le chemin officiel… : Marie-Pier Charron


«Voyageur, il n’y a pas de chemin; le chemin on le fait en marchant.»
— Antonio Machado

Photo de ruisseau

Je marchais en montagne, la semaine dernière, quand j’ai décidé d’emprunter un nouveau sentier pour me rendre au sommet – un sentier très abrupt mais particulièrement joli, selon ce qu’on m’avait dit. Il était effectivement exceptionnel, comme j’ai rapidement pu le constater… Un vrai petit sentier magique! Je pense que je n’ai jamais été à bout de souffle dans un cadre aussi féerique. 😉

Après environ 40 minutes à monter, je me suis retrouvée, bien perplexe, devant une impasse. La piste arrêtait soudainement! À droite, c’était la forêt sauvage… À gauche, il y avait un ruisseau d’environ quatre mètres de large. Où étais-je donc supposée aller? Je ne me voyais pas marcher dans la forêt, bien sûr – ç’aurait été à la fois désagréable et dangereux. Et bien que j’aurais pu franchir le ruisseau assez facilement, ce n’était certainement pas la voie à emprunter; les pierres étaient toutes croches, glissantes, pas alignées… Et je ne cherchais pas un ruisseau, de toute façon, je cherchais le sentier! Je cherchais le chemin officiel, le chemin en terre tapée, le chemin qui avait été spécialement prévu à cet effet… Le chemin tel que je l’avais imaginé.

Bien que très incrédule devant cette impasse (comment un sentier pouvait-il se terminer ainsi?), je ne voyais d’autre option que de revenir sur mes pas. Ce sera pour une prochaine fois, les magnifiques paysages panoramiques! Juste après que cette pensée m’ait effleuré l’esprit, par contre, j’ai remarqué qu’un sentier se dessinait un peu plus loin… Il commençait de l’autre côté du ruisseau, en fait. L’autre côté du ruisseau? C’est là que j’ai compris: la façon de continuer ma randonnée était, ma foi, de traverser ce petit cours d’eau! C’était donc le «chemin officiel» que je cherchais… c’était la prochaine étape vers le sommet. Oh, je n’avais aucun problème avec cette idée – au contraire, la perspective de marcher sur l’eau ne pouvait que m’enchanter… 😉 Mais je n’aurais jamais pensé que c’était par là que j’étais supposée passer.

Avant de poursuivre, voici une photo que j’ai prise une fois rendue sommet (si elle n’apparaît pas, vous pouvez la voir ICI

):

Combien de fois avez-vous rebroussé chemin – ou combien de fois n’êtes-vous même pas parti parce que vous attendiez le chemin parfait? Combien de panoramas avez-vous manqués pendant que vous cherchiez un chemin officiel que vous n’avez jamais trouvé? Le chemin officiel… Celui que l’on s’est imaginé. Celui que les autres ont emprunté, bien souvent. Celui avec une pancarte «CHEMIN OFFICIEL» juste à côté. Celui que l’on connaît, et reconnaît, et dont le succès est apparemment assuré.

On a généralement des attentes bien précises en ce qui concerne nos sommets personnels, et les moyens à prendre pour y arriver… Des attentes qui nous aident à nous orienter, parfois, mais qui peuvent aussi nous limiter. Quand on se retrouve devant un amas de pierres couvertes d’eau, alors qu’on cherchait un sentier de terre, notre première réaction est bien souvent de se sentir perdu et de s’arrêter – même s’il s’agit du plus joli des ruisseaux, même si c’est là que l’on doit aller, même s’il y a plein de grandes roches plates où poser nos pieds. On sait bien qu’on pourrait le traverser, mais ça ne nous semble tout simplement pas assez vrai, pas assez officiel… Et dès qu’on perd l’«officiel», on perd notre sécurité.

image étoile

Le chemin le plus adéquat est toujours, comme mon ruisseau, directement sous notre nez – sous la forme d’un élan qui cherche à s’exprimer, d’une idée que l’on a très envie de concrétiser ou, littéralement, d’une nouvelle voie à explorer. L’une des plus grandes forces que l’on puisse développer est, je crois, d’oser s’élancer sur ce chemin même lorsqu’il n’a pas l’air d’un chemin… même lorsqu’il n’a l’air de rien du tout… même lorsqu’il ne ressemble à rien de ce que l’on s’est imaginé.

C’est souvent lorsqu’on accepte de marcher sur les roches mouillées et un peu toutes croches que l’on s’approche des beaux sommets vers lesquels on se sent appelé. C’est souvent en empruntant le chemin le moins officiel que l’on parvient aux sommets les plus spectaculaires, en fait, comme vous l’avez probablement déjà remarqué. Et même si on mettait les sommets spectaculaires de côté, je dirais que c’est en acceptant de dire oui à ce qui est là que notre vie devient véritablement exaltante… Car bien qu’il soit absolument extraordinaire d’admirer la vue d’en haut, on peut avoir beaucoup de plaisir, aussi, à traverser nos petits ruisseaux!

Je vous laisse là-dessus pour aujourd’hui… Passez une superbe semaine – douce et belle à tous les points de vue. 🙂

Marie-Pier

Le Figaro – International : Une Iranienne aveuglée à l’acide refuse la loi du talion


Par lefigaro.fr Publié le 31/07/2011 à 21:27Réactions (21) <!–

.

–>

Ameneh Bahrami a été défigurée et rendue aveugle par l'acide en 2004.
Ameneh Bahrami a été défigurée et rendue aveugle par l’acide en 2004.Crédits photo : -/AFP

La jeune femme, défigurée en 2004 pour avoir refusé une demande en mariage, a gracié son agresseur, qui devait lui aussi être rendu aveugle par de l’acide.

Œil pour œil, dent pour dent. Telle aurait dû être la loi appliquée à l’encontre de Majid Movahedi, un Iranien qui avait, en 2004, défiguré et aveuglé à l’acide une jeune femme qui refusait ses demandes en mariage. Mais la victime, Ameneh Bahrami, en a voulu autrement. Elle a pardonné à son agresseur et renoncé à l’application de la loi du talion, selon laquelle ce dernier aurait dû être aveuglé dimanche.Le procureur de Téhéran, Abbas Jafari Dolatabadi, a confirmé que la jeune femme avait renoncé à réclamer l’aveuglement de son agresseur quelques instants avant l’application de la sentence à l’hôpital de Téhéran dépendant de l’autorité judiciaire. La jeune femme a en revanche exigé d’être dédommagée selon le principe du «prix du sang», a-t-il ajouté.

Ameneh Bahrami a expliqué dimanche qu’elle avait «lutté pendant sept ans pour obtenir ce verdict», mais avait décidé d’accorder son pardon à la dernière minute parce que le verset du Coran sur le talion «dit qu’il faut pardonner». «Je l’ai aussi fait pour le calme de ma famille, et également pour mon pays car apparemment tous les autres pays regardaient ce que nous faisions», a-t-elle souligné.

En application de la loi du talion prévue par la charia (loi islamique) en vigueur en Iran, Majid Movahedi avait été condamné en 2008 à être aveuglé par le versement de gouttes d’acide dans les yeux. La peine aurait dû être appliquée le 14 mai dernier, mais les autorités judiciaires avaient décidé à la dernière minute de la reporter, sans donner d’explications. La décision d’exécuter cette peine, qui aurait été une première en Iran selon certains médias, avait été dénoncée par Amnesty International et de nombreuses associations de défense des droits de l’Homme comme un «châtiment cruel et inhumain équivalent à un acte de torture».

Une autre peine similaire prononcée en 2010

Ameneh Bahrami, âgée d’une trentaine d’années et qui vit en Espagne où elle a subi de nombreuses opérations, avait alors affirmé que les autorités judiciaires iraniennes faisaient pression sur elle pour qu’elle renonce à l’application de cette peine. Elle avait réaffirmé dans un premier temps sa détermination à ce que son agresseur soit aveuglé, précisant que ce n’était «pas par vengeance» mais dans l’espoir que cela dissuaderait d’autres attaques de ce genre contre des femmes à l’avenir. Elle avait ensuite indiqué qu’elle était prête à renoncer à son droit si elle obtenait de son agresseur deux millions d’euros de compensation pour «assurer (son) futur».

La loi du talion est le plus souvent appliquée en Iran pour des affaires de meurtres. La famille de la victime doit demander expressément son application, qui est ensuite laissée à l’appréciation du juge. La peine d’aveuglement de Majid Movahedi avait été confirmée par la Cour suprême en 2009. La Cour suprême a également confirmé en décembre 2010 une condamnation similaire d’un homme reconnu coupable d’avoir aveuglé à l’acide l’amant de sa femme. Aucune indication n’a été donnée sur l’application éventuelle de cette sentence.

Plusieurs attaques à l’acide ont été signalées ces dernières années en Iran, et la presse a soutenu Ameneh Bahrami en publiant notamment des photos de son visage avant et après qu’elle soit défigurée.

(Avec agences)

Des photos pornos dans un livre de dessins pour enfants !


-18.jpgDes photos pornos glissées par erreur dans un livre de dessins pour enfants !

Une mère de famille a eu la désagréable surprise en pensant acheter un coffret à dessin pour ses filles, de leur offrir leur première revue pornographique.

Tiré à plus de 100.000 exemplaires, le livre qui devait accueillir à l’intérieur de ces pages des techniques de croquis et méthodes d’esquisses ont été remplacées par erreur par des photos pornographiques.

C’est à la tribune de Genève, que cette mère suisse s’est confiée :  »Je m’apprêtais à l’offrir à mes filles de 10 et 16 ans, pour qu’elles s’occupent durant le trajet en avion pour nos vacances, vous vous rendez compte, si je n’avais pas ouvert le paquet ».

Pensant au départ à l’œuvre d’un détraqué, cette maman c’est ravisée en découvrant que d’autres exemplaires contenaient les mêmes photos à caractères pornographiques.

La police a été avertie et 800 exemplaires ont été retirés de la vente, indique Métro.

Le problème viendrait d’une erreur de l’imprimeur qui aurait inversé dessins et des seins au moment de brocher les cahiers…

lepost.fr