Pensée du mercredi 31 août 2011.


« Quand on vous donne quelque chose, soyez attentif, montrez au
moins que vous savez en reconnaître la valeur, sinon, même la
personne la plus patiente, la plus généreuse finit par se
décourager. À quoi bon continuer à vouloir vous aider, vous faire
du bien, puisque vous ne le voyez même pas ? Elle sent qu’avec
vous elle perd son temps, c’est tout, et elle se tournera vers
quelqu’un d’autre, plus capable d’apprécier ce qu’elle veut
donner.
Même un Maître spirituel est obligé de tenir compte de cette
réalité. Il donne ses richesses et ses connaissances à ceux chez
qui il sent un écho. En échange de ce qu’il vous donne, un Maître
spirituel demande au moins votre attention. Autrement, il se
tait, il ne confie pas ses trésors à un bateau percé. Et le Ciel
fait de même : il se ferme pour celui qui ne reconnaît pas ses
bienfaits. »

Omraam Mikhaël Aïvanhov

Aznavour, prix de l’Eternelle jeunesse à la Forêt des Livres ActuaLitté – Les univers du livre


Comme quoi la jeunesse, c’est dans la tête.

Rédigé par Nathalie Gentaz, le lundi 29 août 2011 à 10h38

Charles Aznavour a reçu le prix de l’ « Eternelle Jeunesse » du haut de ses 87 ans, ce dimanche lors de la 16e édition de la Forêt des Livres au village de Chanceaux-près-Loches (Indre-et-Loire). Artiste multi-casquettes, Charles Aznavour possède une longue carrière de compositeur-interprète, d’acteur mais aussi de romancier. Son dernier ouvrage D’une porte l’autre (Editions Don Quichotte) sera dans les librairies jeudi, alors qu’il vient de sortir un nouvel album « Toujours » et qu’il prépare un récital à l’Olympia à partir du 7 septembre.

Sa fontaine de jouvence ? L’amour de la vie sans doute, mais aussi l’amour des choses bien faites. Il a affirmé à l’AFP avoir « toujours peur de finir (sa) vie sans avoir tout terminé».

De plus, son secret ne tient certainement dans la chirurgie esthétique ou autres artifices modernes.

« Il ne sert strictement à rien que ces messieurs se fassent tirer la peau du haut en bas, se fassent teindre pour faire croire qu’ils ont 20 ou 30 ans de moins», a-t-il souligné à l’AFP. « Au contraire nous vieillissons ensemble avec notre public. Si mon public me voit avec 20 ans de moins sur la scène, il va se dire, il est complètement stupide celui-là ».

D’autres prix ont été remis lors de ce festival. Le « Laurier vert » du roman a été remis à Didier Decoin pour Une Anglaise à bicyclette, le prix autobiographie à Patricia Kaas et le prix fiction à Richard Bohringer.

L’événement annuel, organisé à l’initiative de l’auteur Gonzague Saint Bris en Touraine, permet la rencontre du public avec plus de 150 auteurs. Il a accueilli cette année plusieurs dizaines de milliers de personnes.

Comment l’inconscience de la CIA a permis le 11 Septembre | Rue89


Par fabrizio calvi | journaliste | 28/08/2011 | 15H30

Dans son livre, le journaliste Fabrizio Calvi montre que les attentats auraient pu être évités si le FBI avait été averti.

Al-Mihdhar_Al-Hazmi.jpgDix-huit mois avant les attaques du 11 septembre 2001 la CIA suivait deux des futurs pirates de l’air, les Saoudiens Khalid Al-Mihdhar et Nawef Al-Hazmi. Elle savait qu’ils étaient aux États-Unis et a tout fait pour empêcher le FBI de le découvrir.

Dix ans après les attaques, l’ancien responsable de l’antiterrorisme de la Maison Blanche, Richard Clarke, pose une question essentielle :

« Pourquoi la CIA n’a-t-elle pas prévenu le gouvernement américain de la présence sur notre sol de deux agents d’Al-Qaïda réputés dangereux ? C’est un des grands mystères du 11 Septembre. »

De nouveaux éléments recueillis au terme d’une enquête de trois ans permettent cependant d’affirmer que cette surveillance était une opération majeure de la CIA contre Al Qaeda.

Décembre 1999, Yémen : l’ordre de Ben Laden

Tout commence en 1998, avec l’écoute de conversations téléphoniques d’une maison de Sana’a, capitale du Yémen, par les services de renseignements américains. La maison abrite une « centrale de la terreur » d’Al Qaeda, Les djihadistes y prennent des instructions et laissent leurs messages. Ben Laden et ses proches ont appelé ce numéro plus de deux cents fois entre 1996 et 1998.

Fin décembre 1999, les services américains enregistrent un appel en provenance d’Afghanistan. Ben Laden donne l’ordre à « Khalid » et « Nawaf » de se rendre à Kuala Lumpur en Malaisie pour prendre part à une réunion importante.

Une nouvelle enquête sur le 11 septembre

Couverture du livre de Fabrizio Calvi

L’article de Fabrizio Calvi que nous publions est développé dans trois des chapitres du livre de son livre, « 11 Septembre, la contre-enquête », paru aux éditions Fayard.

« Alec Station », l’organisme de la CIA chargé de traquer Ben Laden, identifie Khalid Al-Mihdhar et Nawaf Al-Hazmi. La traque commence.

Le 5 janvier 2000, Khalid Al-Mihdhar est repéré à l’aéroport de Dubaï. Avant même qu’il n’embarque, la photocopie de son passeport est envoyée au siège d’Alec Station.

Le Saoudien possède un visa d’entrée pour les Etats-Unis. La photocopie est communiquée à Marc Rossini et Doug Miller, deux agents de liaison du FBI en poste au sein d’Alec Station. Ils rédigent un rapport à l’attention du Bureau, concernant l’arrivée imminente du terroriste aux Etats-Unis.

Mais le numéro 2 d’Alec Station, Tom Whilshire, leur interdit de l’envoyer leur rapport. Placés sous l’autorité de la CIA, ils sont obligés d’obéir.

Marc Rossini proteste et demande des explications. « Quand nous voudrons informer le FBI, nous le ferons », lui répond une responsable de la CIA.

Janvier 2000, Malaisie : la réunion de Kuala Lumpur

La CIA intervient tout de même. Par manque de temps, elle alerte son homologue, la Special Branch malaise.

Les agents malais suivent le terroriste jusqu’à un luxueux appartement de la banlieue de Kuala Lumpur, propriété d’un riche homme d’affaire proche d’Al Qaeda, où se déroule une réunion présidée par Khalid Sheikh Mohammed, le cerveau des attaques du 11 septembre.

But de la rencontre : finaliser deux attaques, celle contre l’USS Cole au Yémen, et celles du 11 septembre.

Les agents de la Special Branch suivent les deux terroristes et assistent à leur départ pour Bangkok le 8 janvier. Une équipe de la CIA se rend à l’aéroport d’arrivée, où elle perd leur trace.

Au QG d’Alec Station, les agents du FBI ne comprennent toujours pas pourquoi la CIA leur interdit d’informer le Bureau de l’arrivée imminente des deux terroristes aux Etats-Unis. « J’étais très inquiet », dit Marc Rossini :

« Je savais qu’ils allaient arriver et que ça ne serait pas une visite touristique. J’avais compris que leur voyage faisait partie du show à venir. Je me demandais “Que viennent-ils faire ici ? Que veulent-ils ? ” Mais je ne pouvais rien faire. »

L’agent du FBI Doug Miller rédige un nouvel e-mail à l’attention de Tom Wilshire, demandant au numéro 2 d’Alec Station de lui donner par écrit les raisons qui l’ont amené à bloquer le rapport du 5 janvier 2000 destiné à alerter le FBI. Il n’obtient pas de réponse.

Mars 2000, Los Angeles : les deux kamikazes s’installent

Les deux djihadistes arrivent à Los Angeles ce même jour. Ils sont pris en charge par Omar al-Bayoumi, un ancien employé du ministère de la Défense saoudien que l’on dit proche des services secrets saoudiens. Ce dernier leur offre l’hospitalité et les introduit dans la communauté musulmane de San Diego, où il réside.

Là, les deux Saoudiens prennent des cours d’anglais et s’inscrivent pour suivre des cours de pilotage. Ils ne se cachent pas : leur nom figure dans l’annuaire de la ville.

Au début du mois de mars 2000, les analystes d’Alec Station reçoivent un message de la CIA de Bangkok, qui s’est aperçue avec deux mois de retard que Khalid Al-Mihdhar et Nawaf Al-Hazmi sont partis pour Los Angeles.

A compter de ce moment, la CIA sait officiellement que deux djihadistes sont aux Etats-Unis. Pourtant, l’équipe concernée n’avertit toujours pas le FBI. Les agents détachés auprès d’Alec Station n’ont pas accès au message de la CIA de Bangkok, alors qu’ils auraient dû.

Mai 2000, Arabie Saoudite : un visa pour le terroriste

Reproduction de la demande de visa de de Khalid al-Mhidhar
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A la fin du mois de mai 2000, Khalid al-Mihdhar quitte les Etats-Unis pour se rendre au Yémen et en Afghanistan. Son but : recruter les membres des commandos qui doivent s’emparer des avions. Nawaf Al-Hazmi reste à San Diego où d’autres pirates du 11 Septembre doivent le rejoindre.

Les autres pilotes kamikazes et les hommes de mains arrivent aux Etats-Unis, fin 2000 début 2001. Tous sont munis de visas d’entrée, leurs passeports sont à leur vrai nom. Presque tous suivent des cours d’aviation.

En mai 2001, Khalid Al-Mihdhar retourne en Arabie Saoudite. Il voyage sous son vrai nom et présente son vrai passeport, qui porte un signe distinctif invisible à l’œil nu, réservé aux terroristes dangereux à suivre de près. Les Saoudiens savent qu’il est membre d’Al Qaeda et l’ont dit aux Américains.

Khalid Al-Mihdhar déclare ses papiers volés : le passeport dont il se sert porte des tampons afghans et yéménites récents qui risquent d’attirer l’attention des Américains. Le 1er juin 2001, il obtient un nouveau titre de voyage muni de l’indicateur le désignant comme terroriste.

Pour une raison que l’on ne s’explique pas, il n’a pas de date d’expiration. Personne ne s’aperçoit de l’anomalie, qui rend caduc le document, et surtout pas l’agent consulaire américain, qui lui accorde un visa d’entrée pour les Etats-Unis le 13 juin 2001.

Khalid Al-Mihdhar n’aurait jamais dû avoir de visa américain. Outre le sigle terroriste et l’absence de date d’expiration du passeport, son formulaire de demande de visa est incomplet : il a omis des indications importantes.

Il ment en affirmant n’avoir jamais reçu de visa américain et ne s’être jamais rendu aux Etats-Unis, alors que ce même consulat lui a délivré un visa en décembre 1999. Mais l’agent consulaire chargée du dossier, ne relève aucune irrégularité.

Juillet 2001, Washington : la CIA s’alarme

Le patron de la CIA George Tenet lors de son audition par la commission d'enquête en 2004 (K. Lamarque/Reuters)Pendant ce temps, la CIA tire la sonnette d’alarme et fait savoir partout qu’elle s’attend à une attaque majeure. Le 10 juillet 2001, le directeur de la CIA George Tenet rencontre Condoleezza Rice, conseillère pour la Sécurité nationale du président Bush. Tenet est accompagné du responsable d’Alec Station, qui annonce :

« Il y aura des attaques spectaculaires dans les mois ou dans les semaines à venir. Elles auront lieu simultanément et provoqueront des dégâts massifs. Les attaques viseront les intérêts américains, peut-être même auront-elles lieu aux Etats-Unis… »

Pour résumer, la CIA sait avec certitude dès les mois de juillet 2001 que Khalid Al-Mihdhar et Nawaf Al-Hazmi sont aux Etats-Unis pour participer à une attaque majeure d’Al Qaeda. Mais il lui reste encore bien des choses à découvrir.

Le numéro 2 d’Alec Station, Tom Wilshire, a été détaché auprès du quartier général du FBI pour servir de liaison. Peut-être est-il aussi là pour s’assurer qu’il n’y a pas de fuites concernant les informations sur le sommet de Kuala Lumpur ?

Il est en tout cas obsédé par cette rencontre. A la fin du mois de mai, il a demandé à Margaret Gillespie, une analyste du FBI, de passer en revue ce dossier et de vérifier que rien n’a échappé aux officiers de la CIA.

Margaret Gillespie n’a pas accès à la totalité des informations de la CIA. Tom Wilshire ne lui dit pas qu’au moins deux des participants, Khalid Al-Mihdhar et Nawaf Al-Hazmi, sont aux Etats-Unis. Il ne confère aucun caractère d’urgence à cette recherche.

Août 2001, Washington : le déclic d’une agent du FBI

Le 21 août 2001, à son retour de vacances, Margaret Gillespie tombe enfin sur le rapport d’Alec Station faisant état de l’arrivée des deux djihadistes aux Etats-Unis plus d’un an auparavant. Dans les heures qui suivent, elle apprend deux nouvelles inquiétantes :

  • Nawaf Al-Hazmi est toujours aux Etats-Unis, où il a pris plusieurs fois des vols internes ;
  • Khalid Al-Mihdhar est rentré aux Etats-Unis le 4 juillet 2001, et n’en est pas reparti.

« C’est là que j’ai eu le déclic », dira par la suite l’agent du FBI. Le lendemain, elle fait part de sa découverte à Tom Wilshire. Cette fois, ce dernier ne peut plus bloquer l’information. Le FBI ouvre enfin une enquête. Mais les choses ne se passent pas comme elles le devraient.

L’enquête est classée « routine », c’est-à-dire qu’elle ne comporte aucun caractère d’urgence. Nawaf Al-Hazmi et Khalid Al-Mihdhar sont placés sur les listes des terroristes à interpeller… aux frontières. Mais personne n’alerte les autorités aériennes civiles, les seules à disposer d’une liste de surveillance réservée aux vols internes.

Septembre 2001, New York : l’enquête de la dernière chance

Le 23 août 2001, le FBI de New York est chargé de localiser les deux Saoudiens. Mais l’affaire est confiée à un agent inexpérimenté, à peine sorti de l’école. C’est sa première enquête, il ne connaît rien à Al Qaeda. Il prend connaissance de la demande le 28 août 2001, note qu’elle est classée « routine ». L’agent du FBI commence à travailler sur les deux terroristes le 4 septembre 2001.

Il est la dernière chance d’arrêter les attaques.

L’agent du FBI interroge les banques de données des polices américaines. Il aurait dû y trouver la trace des terroristes, repérés après avoir commis des excès de vitesse. Le dernier signalement en date porte sur une voiture qu’ils ont louée le 28 août 2001. Que l’agent du FBI le voit, et il est en mesure de remonter jusqu’aux deux terroristes et tout s’arrête. Mais il ne le voit pas.

L’agent du FBI ne trouve pas non plus trace de Khalid Al-Mihdhar et Nawaf Al-Hazmi dans les bases de données des cartes bancaires. Or, au début du mois de septembre, les djihadistes ont acheté des billets d’avions sur le vol 77 de l’American Airlines pour la date du 11 septembre 2001.

L’agent du FBI n’a donc pas pu empêcher Khalid Al-Mihdhar, Nawef Al-Hazmi et trois autres djihadistes, d’embarquer à bord du vol AA 77 pour le précipiter contre le Pentagone.

Après l’attentat, les doutes de Richard Clarke

Richard Clarke en 2007 (Aude/Wikimedia Commons/CC)A l’époque, Richard Clarke, coordinateur national pour la Sécurité, supervisait toutes les opérations antiterroristes depuis la Maison Blanche. Il aurait dû être informé de l’arrivée aux Etats-Unis des deux Saoudiens :

« La CIA savait qu’ils étaient aux Etats-Unis et ils ne m’ont pas prévenu. Ils n’ont pas prévenu le FBI. Après le 11 Septembre, quand j’ai appris ça, j’étais indigné, j’étais fou de rage. J’ai essayé de trouver des excuses, je me suis dit qu’ils allaient trouver une excuse. »

Depuis, Richard Clarke a mené sa propre enquête.

« Maintenant, je sais que toutes les personnes responsables du contre-terrorisme de la CIA étaient au courant, à commencer par le directeur.

Cinquante personnes étaient au courant ! Cinquante ! Et ils l’ont su pendant un an. Et pas une seule fois pendant cette année ils ne m’ont averti ou n’ont averti le directeur du FBI. Ces cinquante personnes se sont tues pendant plus d’un an. Ça, c’est un petit peu plus qu’une coïncidence.

Je ne veux pas échafauder de théories conspirationistes. Mais j’aimerais trouver une explication. La Commission d’e,nquête sur le 11 septembre n’en a pas trouvé. Le directeur de la CIA m’appelait régulièrement pour me communiquer des informations banales. La CIA m’abreuvait d’information par écrit et par oral. »

George Tenet a démenti toute dissimulation

Après les attaques du 11 Septembre, Clarke a essayé d’obtenir une réponse du directeur de la CIA, George Tenet. En vain. Il a demandé à Dale Watson qui s’occupait du contre-terrorisme au FBI comment aurait réagi le FBI s’il avait su que deux dangereux terroristes étaient arrivés aux Etats-Unis. Dale Watson lui répondu : « On aurait mis leur photos partout, on les aurait fait circuler sur Internet. »

« Je lui ai alors demandé qu’elle aurait été la possibilité d’arrêter ces deux types », explique Richard Clarke. « Il m’a dit : 100% » Et les attaques du 11 septembre n’auraient jamais eu lieu…

Face aux accusations de Richard Clarke, le directeur de la CIA d’alors George Tenet et ses deux plus proches collaborateurs ont publié le 12 aout 2011 un démenti affirmant que la CIA n’a dissimulé aucune information et rejettent la faute sur des employés subalternes et sur… des agents du FBI.

Le 26 août 2011 on apprenait que la CIA a fait censurer avant publication le livre de révélations à paraître d’un des plus brillant agents du FBI, Ali Soufan qui avait lui aussi tenté en vain d’obtenir des informations sur la réunion de Kuala Lumpur dès janvier 2001

Des hypothèses sur les raisons d’un tel fiasco

Que s’est-il passé ? Pourquoi la CIA a-t-elle tout fait pour empêcher le FBI de découvrir la présence aux États-Unis de Khalid Al-Mihdhar et Nawef Al-Hazmi ?

Tous les protagonistes de l’affaire que j’ai eu l’occasion d’interroger (principalement des agents du FBI) se posent des questions sur le seul grand mystère du 11 Septembre, et hasardent des hypothèses pour expliquer les manœuvres occultes de la CIA en 2001.

  • L’agence aurait-elle essayé de recruter certains des pirates de l’air ou leurs proches ?On sait avec certitude que la CIA a tenté des manœuvres d’approche à deux reprises (à Kula Lumpur et à Hambourg) auprès de comparses des djihadistes du 11 septembre.On sait que les 19 djihadistes se sentaient surveillés lors de leurs déplacement à l’intérieur des Etats-Unis avant le 11 septembre 2001.
  • Les silences de la CIA sont-ils destinés à protéger une sourceproche des assaillants ? Aurait-elle été victime d’un agent triple ? Ce ne serait pas la première fois.Les réponses à ces questions sont cruciales pour comprendre l’événement le plus considérable de ce début de siècle. La sommes des mystères de Kuala Lumpur ne fait pas une conspiration, mais en refusant de s’expliquer, les dirigeants de la CIA nourrissent les théories les plus folles.

Photos et illustrations : photos d’identité de Khalid Al-Mihdhar et de Nawef Al-Hazmi, reproduction du formulaire de demande de visa de Khalid al-Mihdhar, le patron de la CIA George Tenet lors de son audition par la commission d’enquête sur les attentants en 2004 (K. Lamarque/Reuters), Richard Clarke en 2007 (Aude/Wikimedia Commons/CC).

Le Canada pleure son indigné (et retrouve le goût du politique) | Rue89


Jack Layton à la Chambre des communes, à Ottawa, en juin (Chris Wattie/Reuters)

Par Gilles Hérail | Etudiant en sciences politique | 28/08/2011 | 18H56

Passées inaperçues en France, les élections récentes au Canada étaient pourtant passionnantes. Un parti très à gauche de l’échiquier politique local, le Nouveau Parti Démocratique (NPD), a devancé de très loin les libéraux de centre gauche, qui ont dominé cet espace depuis cinquante ans.

En transposant la situation dans le cas français – en terme de positionnement et non de contenu des programmes –, c’est un peu comme si le Front de gauche avait battu le PS à la régulière.

Le NPD a certes été battu par la droite de Steven Harper, mais il a fait un score historique, entre autres grâce à son chef Jack Layton.

Atteint d’un cancer depuis plusieurs mois, Jack Layton est décédé le 22 août, provoquant une vague d’émotion et de soutien. Il a laissé une lettre au Canadiens, écrite deux jours avant sa mort, en forme de message
optimiste sur la force du politique. Son texte est aussi un manifeste pour une société équitable et une force politique de gauche dans un pays très marqué par l’idéologie libérale anglo-saxonne.

Le symbole d’un Canada plus politique et moins résigné

Les Canadiens s’émeuvent et encensent un politicien considéré il y a peu comme un gauchiste (au sens canadien du terme…). La victoire surprise du NPD a été en partie celle de ce cet homme, qui a réussi à le présenter comme une réelle alternative, notamment au Québec.

Connu à Toronto pour son activisme en faveur de la défense du service public, la lutte contre la grande précarité, la défense du système social et des minorités, Jack Layton représentait un Canada plus politique et moins résigné.

Dans un pays où la culture du politique est loin d’être aussi ancrée qu’en France, sa mort a touché les habitants. Le Premier ministre conservateur a décidé d’organiser des funérailles d’Etat et des milliers de Canadiens se sont pressés, à Ottawa et à Toronto, pour lui rendre un dernier hommage.

Jack Layton est parvenu à réunir les Canadiens autour d’un combat et d’un courage personnel, mais aussi et surtout d’un engagement en faveur de la communauté, du public et du civisme.

Layton voulait que sa mort serve à remobiliser le pays

Les funérailles, qu’il a voulues sous la forme d’une « célébration de la vie », étaient éminemment politiques. Menée par le révérend militant Brent Hawks, défenseur du droit des homosexuels, la cérémonie a laissé la place à un discours étonnamment combatif d’un ancien leader du Nouveau Parti Démocratique.

Jack Layton a voulu transformer son décès en occasion de remobiliser un peuple canadien en proie aux doutes face à la crise mondiale et aux politiques d’austérité.

Dans la lettre qu’il a adressée aux Canadiens et qui s’est diffusée de manière virale sur tous les réseaux sociaux, il évoque les combats passés du NPD, et s’adresse notamment aux jeunes, les exhortant à s’atteler aux problèmes écologiques et à façonner un Canada plus juste.

Il réaffirme sa conviction que le politique porte des vrais choix, que les votes comptent, que s’engager pour le changement peut réellement changer les choses. Il finit sa lettre par ces mots, qui ont été repris instantanément par tous les médias :

« Mes amis, l’amour est meilleur que la haine. L’espoir est meilleur que la peur. L’optimisme est meilleur que le désespoir. Alors aimons, gardons espoir et restons optimistes. Et nous changerons le monde. »

« Un manifeste pour la social-démocratie »

Ce passage peut sembler un peu trop messianique pour le public français. Lors des funérailles, le chef du NPD de l’Ontario, Stephen Lewis, a balayé tout malentendu :

« Inévitablement, les Canadiens ont retenu les dernières lignes, à propos de l’espoir, de l’optimisme et de l’amour. Mais la lettre était, en son cœur, un manifeste pour la social-démocratie. »

Les Canadiens se sont donc trouvés leur indigné, leur militant, celui qui a démontré que la conviction politique avait encore un sens et pouvait se traduire dans des actes. Que le débat obligé entre centre gauche et centre droit n’était pas le seul possible. Que l’optimisme était le cœur de la politique ainsi que les valeurs et les idéaux.

En bref, dans un pays traditionnellement apolitique, le décès de Jack Layton a redonné la volonté de rompre avec la sinistrose et la rigueur ambiante et de réenchanter la politique. On espère que ce mouvement sera profond et durable !

Photo : Jack Layton à la Chambre des communes, à Ottawa, en juin (Chris Wattie/Reuters)

Des panneaux solaires en spray inventés au Japon !


en spray.jpgDes panneaux solaires en spray inventés au Japon !

Alors que le Japon se tourne vers les énergies renouvelables dans le sillage de la catastrophe nucléaire déclenchée par le tremblement de terre et le tsunami du 11 mars, une entreprise nippone vient de révolutionner le secteur des panneaux solaires en développant une peinture photovoltaïque en spray.

Mitsubishi Chemical Corp. a développé une technologie qui permet d’appliquer par pulvérisation des cellules solaires sur tous types de surfaces. Cette technologie permet de multiplier quasiment à l’infini les sources d’énergie photovoltaïque.

Les cellules photovoltaïques pulvérisées sont fabriquées à partir de composés du carbone. Une fois sèches, elles fonctionnent comme des semi-conducteurs et générent de l’électricité lorsqu’elles sont exposés à la lumière. La plupart des installations photovoltaïques actuelles emploient des cristaux de silicone pris en sandwich entre deux couches de verre, et s’installent sur les toits des maisons et des immeubles, ou dans des « parc solaires » qui prennent beaucoup de place.

Les chercheurs essaient depuis longtemps d’augmenter le rendement des panneaux et à faciliter leur installation et leur utilisation.

Mitsubishi Chemical est la première entreprise à développer un prototype de cellules photovoltaïques en spray, qui permet actuellement de convertir 10,1% du rayonnement solaire en énergie.

Ce chiffre est bien en dessous des 20% de conversion des panneaux à base de cristaux de silicone, mais Mitsubishi vise un rendement de 15% d’ici 2015, dans l’optique d’atteindre un jour les 20%.

L’entreprise a précisé que les sprays solaires seraient particulièrement efficaces pour les applications sur structures courbes ou incurvées, comme les cheminées ou les barrières anti-bruit le long des autoroutes.

Appliquée sur des véhicules, l’encre photovoltaïque pourrait aider à leur propulsion, et l’entreprise parle meme de pulvériser la solution sur des surfaces souples comme les vêtements.

Les cellules solaires font moins d’un millimètre d’épaisseur, un record pour une technologie photovoltaïque, et sont dix fois moins lourdes que les installations traditionnelles de taille équivalente, d’après Mitsubishi.

Mitsubishi Chemical a révélé son intention de travailler avec des constructeurs automobiles japonais pour construire une voiture recouverte de ces cellules solaires. L’objectif annoncé est de permettre au prototype de rouler pendant 10 km après avoir été exposé au soleil pendant deux heures.

Les sprays solaires sont un concept innovateur, mais plusieurs institutions travaillent déjà sur des projets similaires. Les chercheurs de l’Australian Commonwealth Scientific and Research Organization, de l’Université de Melbourne et de l’Université de Padoue (Italie) sont actuellement en train collaborer sur un projet de technologie utilisant le laser: en plaçant des nano-particules sur des panneaux ultra-fins, les chercheurs comptent créer des panneaux solaires de l’épaisseur d’une feuille de papier.

(JR/rtl.be)

La danse des roseaux au Swaziland, entre débauche et éloge de la virginité | Ici et Ailleurs | L’Orient-Le Jour


Ici et Ailleurs

Société
La danse des roseaux au Swaziland, entre débauche et éloge de la virginité
mardi, août 30, 2011
Pendant 8 jours, des jeunes filles vierges dansent seins nus, et coupent des roseaux pour les offrir à la reine mère.        Siphiwe Sibeko/Reuters
Pendant 8 jours, des jeunes filles vierges dansent seins nus, et coupent des roseaux pour les offrir à la reine mère. Siphiwe Sibeko/Reuters

Pour les ONG travaillant sur la prévention du sida, la cérémonie est une occasion idéale pour sensibiliser une population particulièrement vulnérable à l’épidémie.

Moment fort de la vie sociale au Swaziland, la « danse des roseaux » est censée être un hymne à la virginité. Mais pour les dizaines de milliers de jeunes filles qui vont danser devant leur roi, la semaine de préparation qui précède est souvent synonyme de débauche.
Cette année, elles sont officiellement 60 000 jeunes filles, qui sont venues couper des roseaux aux environs de la capitale Mbabane. Elles les ont présentés hier à la reine mère, avant de danser seins nus devant le roi Mswati III – qui éventuellement pourra se choisir une nouvelle épouse. Le chiffre est visiblement gonflé. Elles ne sont sans doute pas plus de 20 à 30 000. Mais c’est largement assez pour attirer quantité d’hommes émoustillés par ce rassemblement d’adolescentes échappant à la surveillance parentale. « Vous avez le choix ici. Il y en a tellement », se réjouit Sifiso Ngomane, l’un des nombreux hommes traînant près de l’entrée de l’un des campements où les filles sont logées pendant la semaine de préparation. « Tout ce que vous avez à faire, c’est les appeler à travers la clôture ! » Sur place, on dirait un camp de scouts, bruissant de rires et de chansons. Quand bien même la danse des roseaux est un rite initiatique que toute jeune Swazie devrait connaître au moins une fois dans sa vie, la plupart des filles disent qu’elles sont là pour passer un bon moment avec leurs amies. Mais après la coupe des roseaux, les filles ont beaucoup de temps libre… De nombreux stands proposent nourriture et boissons. L’atmosphère est enivrante et festive.
Parmi les endroits qu’apprécient particulièrement les hommes, on trouve une rivière des environs où les jeunes filles se baignent nues à l’aube, et une source thermale réputée pour ses orgies sexuelles, la bien nommée « flaque des câlins ». « Nous allons à la flaque des câlins ce soir et en boîte demain », raconte fièrement Patricia, 18 ans. Des discothèques et des casinos sont à disposition dans les villes voisines d’Ezulwini et Manzini, tandis que la foire commerciale de Manzini offre concerts et fêtes jusqu’au bout de la nuit. Les filles sont censées être protégées par des chaperons, des hommes venus de leur région d’origine. La police surveille aussi leurs campements. « Leur comportement doit être exemplaire. Nous ne voulons pas entendre parler de grossesses liées à la danse des roseaux », a averti le gouverneur de la région, TV Mtetwa, dans une annonce radiodiffusée.
Pour les ONG travaillant sur la prévention du sida, la danse des roseaux est une occasion idéale pour sensibiliser une population particulièrement vulnérable à l’épidémie : 30 % des femmes âgées de 15 à 49 ans sont séropositives au Swaziland, contre 20 % des hommes. Mais la promotion du préservatif est interdite, l’événement étant tout entier dédié à l’apologie de la virginité… Les ONG encouragent donc les filles à attendre avant d’avoir des rapports sexuels, et les mettent en garde contre les risques encourus avec des partenaires multiples. « Je suis vierge et j’en suis fière. J’aime ma culture », explique Tsabile Dlamini, 18 ans, qui a assisté à la danse à plusieurs reprises et travaille désormais avec l’ONG Population Services International. Portant un tee-shirt qui proclame « Je suis une jeune fille, je protège ma fleur », elle encourage les autres filles à parler de leur corps et de sexe, des sujets tabous dans les campagnes swazies. Parmi les questions récurrentes : « Si tu as couché avec quelqu’un une fois, est-ce qu’il est possible d’être vierge à nouveau ? » « Certaines ont été violées. Certaines utilisent leur corps parce qu’elles veulent de la nourriture », déplore Tsabile, alors que les statistiques du sida et des violences sexuelles sont effrayantes dans ce petit royaume où plus de 70 % de la population vit avec moins d’un dollar par jour. Cependant, les jeunes estimaient qu’elles avaient peu de chance d’être remarquées par le roi Mswati III lors de la cérémonie hier. Le dernier monarque absolu d’Afrique a déjà treize épouses.

(Source : AFP)

La doyenne de l’Humanité a fêté ses 115 ans aux Etats-Unis..


115 ANS besse_cooper.jpgLa doyenne de l’Humanité a fêté ses 115 ans aux Etats-Unis..

La doyenne de l’humanité, l’Américaine Besse Cooper, a soufflé sa cent-quinzième bougie vendredi en Géorgie (sud-est) entourée de sa famille et d’un représentant du livre Guiness des records pour certifier l’événement.

« Elle a toute sa tête: elle est toujours capable de penser, de parler clairement et de se rappeler de choses », a confié son fils Sidney Cooper, 76 ans, au journal The Atlanta Journal-Constitution.

Besse Cooper est née le 26 août 1896 dans le Tenessee (sud) puis a déménagé en Géorgie pendant la première guerre mondiale pour y être embauchée comme employée de maison. Elle s’est mariée en 1924 avec Luther Cooper avec qui elle a eu 4 fils. Aujourd’hui, elle est grand-mère de 12 petits-enfants et a plus d’une douzaine d’arrières petits-enfants. Veuve depuis 1963, elle avait confié il y a quelque temps le secret de sa longévité: « Je prends soin de moi et je ne mange pas de saleté ».

Besse Cooper a été déclarée doyenne de l’humanité en janvier dernier par le livre des records puis avait été radiée après la découverte de la Brésilienne Maria Gomes Valentin, de 48 jours son aînée. Elle a retrouvé son titre le 21 mai dernier quand cette dernière est décédée.

rtl.be

«Facebook en Tunisie, c’est la contre-révolution» | Slate Afrique


Erigé comme une des armes de la révolution tunisienne pour contrer la censure et la répression policière, Facebook n’a plus la même aura sept mois après les événements.

…, by bigerking/Plagal via Flickr CC (collage)

«Ben Ali est mort» cette fausse affirmation a eu le temps de faire le tour des réseaux sociaux dans le week-end du 19 au 20 février 2011 avant que l’information ne soit démentie. Suscitant les réactions les plus diverses, le doute persistait car les médias traditionnels tardaient à relayer la nouvelle. Et pourtant beaucoup y ont cru pendant quelques heures, tout comme les Tunisiens qui regardent les vidéos non datées chaque jour sur la toile et s’informent de l’actualité sur leur mur.

Aujourd’hui, l’usage quotidien du réseau social ne fait plus penser à une «Révolution Facebook» mais plutôt à un pot-pourri de la révolution où chacun poste ce qui lui plaît. Une fois la vague révolutionnaire tombée, qu’en reste-t-il?

Après l’immolation de Mohamed Bouazizi le 17 décembre 2011, Facebook a permis une prise de conscience qui s’est propagée même aux plus réticents. Chacun a changé progressivement sa photo de profil en mettant un drapeau tunisien, soutien symbolique à la révolte, puis chacun a partagé des vidéos et s’est indigné sur son statut contre Ben Ali. Un phénomène de «contagion», même pour ceux qui craignent les représailles, encourage à aller manifester et crée un lien de solidarité face à l’évènement.

L’autonomisation du Tunisien est ainsi passée par cette capacité à se mobiliser sur le réseau social sans avoir peur des retours de la censure. Mais la plupart des blogueurs s’accorde aujourd’hui sur un point, l’incarnation de cet élan virtuel dans le réel de la rue:

«Même s’il ne faut pas sous-estimer les réseaux sociaux, ce sont tous ceux qui sont sortis affronter le régime qui ont fait la révolution, point barre! Ceux qui étaient à Sidi Bouzid, Kasserine, Gafsa, et partout ailleurs en Tunisie», insiste Sarra Grira, une journaliste tunisienne sur France 24.

Si le rôle positif des réseaux sociaux dans la révolution tunisienne semble donc avéré dans leur capacité de mobilisation et leur rôle de «facilitateur d’informations», sept mois après, les avis sont plus partagés.

Les déçus de Facebook

Dès les premiers jours qui ont suivi la chute de Ben Ali, les limites de l’information via Facebook et Twitter se sont fait sentir. La panique du chaos et des couvre-feux ne s’est pas apaisée sur la toile qui a enchaîné alertes, numéros de téléphone à appeler en cas d’urgence ou fausses rumeurs sur d’éventuels pillages. Les vidéos arrivent par centaines, les informations non vérifiées, l’intox ou les annonces d’enlèvements qui se multiplient pendant la semaine suivant le 14 janvier. Le rapport à Facebook est pourtant primordial pour suivre l’évolution de la situation, surtout pour les Tunisiens à l’étranger. Selon Henda Hendoud, blogueuse et journaliste freelance, c’est à ce moment que le lien de solidarité qui avait émergé avant la chute de Ben Ali, change:

«Après le 14 janvier, on a subi sur Facebook des cyberattaques constantes qui ont duré des mois: des intox, des chasses aux sorcières, de la propagande, des restes de censure et des faux profils … aujourd’hui Facebook est toujours important mais il ne touche qu’une petite partie de la population tunisienne. Il y a un dégoût et une attaque médiatique farouches contre Facebook puisque cet outil a prouvé sa force et ses risques … Les exemples sont nombreux; comme les campagnes de lynchages contre des personnalités ou même l’exemple le plus fort le profil de Bouazizi dont l’histoire a été complètement réécrite sur Facebook: il est passé d’un étudiant au chômage érigé en martyr à un alcoolique qui n’aurait pas dû provoquer les policiers.»

Aujourd’hui, la mode consiste à créer des pages «anti», «anti-ministère de l’Intérieur» par exemple, ou des pages «Dégage» à l’encontre de certaines personnalités. Suite au scandale de l’ambassadeur français Boris Boillon à l’encontre d’une journaliste de Mosaïque FM, une page «Dégage Boris Boillon» a été créée et compte plus de 16.000 «likes» aujourd’hui. Les insultes du site Takriz sur Twitter, le défoulement dans les commentaires des internautes semblent être la nouvelle donne contre le commentaire constructif. Face à cette pluralité d’informations et de «contre-informations» qui circulent, certains internautes ne parviennent plus à faire le tri. Plus qu’une lassitude face à ce «bruit» permanent, c’est la relation au réseau social qui change jusqu’à créer un rejet radical. C’est le cas de Raoudha Kemmoun, internaute tunisienne, habituée à débattre ou discuter sur son profil, qui a fermé son compte le 30 juin 2011:

«Je ne pouvais plus continuer de lire les commentaires et les statuts des uns et des autres pourtant j’avais supprimé ceux qui ne m’intéressaient pas mais même avec une sélection je lisais des commentaires et des points de vue d’un autre siècle et je commençais à être très pessimiste. Bref, mon moral ne pouvait pas tenir le coup car non seulement je perdais des heures dessus mais je quittais mon profil tous les soirs avec les nerfs à bout».

Ce phénomène est aussi la conséquence des langues qui se délient après avoir été trop longtemps muselées. La conversation espérée ou le débat démocratique sont ainsi vouées à l’échec et tournent à l’échange d’insultes.

«Comme nous n’avons jamais appris à dialoguer, il est impossible de mener une discussion et un débat calmement car cela tourne au vinaigre très vite.» rajoute Raoudha.

La «secte du net»

Pour la blogueuse Emna Ben Jemaa, ce sont les administrateurs de certaines pages Facebook nées après la révolution qui entretiennent la surenchère. Ces pages comme koora tunisie une fanpage consacrée au foot avant la révolution (koora pour «ballon») et qui s’est reconvertie après le 14 janvier ou hakaek khafeya (les vérités cachées) n’ont pas de ligne éditoriale précise mélangeant l’information, l’aspect participatif et le journalisme citoyen et les vidéos amateurs.

«On assiste à l’éclosion de ces activistes anonymes qui n’appartiennent pas forcément à la blogosphère, et qui ne sont plus dans la coopération ou le commentaire constructif, mais dans la revendication. Ils ne se donnent jamais la peine de vérifier les informations qu’ils mettent. C’est un peu la secte du net et quand on voit qu’ils ont plus de 100.000 fans, c’est effrayant

L’exemple le plus récent de ce mélange d’information et d’intox remonte aux manifestations du lundi 15 août avec deux vidéos contradictoires sur un fait-divers qui vient s’opposer à la version officielle des médias. Un homme mort en centre-ville s’est suicidé selon les autorités et un autre avec les mêmes vêtements est passé à tabac. Qui croire ?

L’usage du réseau dérive ainsi à une «manipulation de la communauté virtuelle» comme le montre la blogueuse Sarah Ben Hamadi dans un article publié sur nawaat.org. Et pourtant le réseau social a toujours autant de connectés en Tunisie si ce n’est plus qu’après le 14 janvier. De 1.7 millions d’utilisateurs il est passé à 2.6 millions. Le manque de confiance persiste dans les médias traditionnels qui ont encore l’étiquette «médias de Ben Ali». Le repli vers Facebook est un réflexe pour beaucoup de tunisiens qui ont même créé des pages afin de dénoncer les «mensonges» médiatiques. Pour le journaliste web de Tunisie Haut débit, Welid Naffati, c’est ce malentendu sur l’usage de Facebook qui favorise ses dérives.

«Les Tunisiens étaient prédisposés bien avant la révolution à croire et prendre au sérieux le bouche à oreille sur Facebook. Pire encore: à l’époque, les Tunisiens mettaient systématiquement en doute toute information « tranquillisante ». Du coup, les gens donnent du crédit à une intox alarmante et jamais à une « bonne » info officielle

Mais, il insiste aussi sur le paradoxe de l’internaute tunisien habitué au réseau même avant la révolution.

«En fait, c’est dans la nature du Tunisien, il doute beaucoup. Même s’il remet en cause Facebook, il va aussi continuer d’y aller par curiosité, par habitude, et parce que tout le monde aime la polémique».

Facebook et la propagande politique

Facebookratie, le titre d’un récent article écrit par par le blogueur Maher Tekakya est révélateur. L’usage du réseau par les partis politiques est bien basé sur la double place de média et de réseau social qu’occupe Facebook dans le paysage médiatique tunisien. Outre les fausses informations qui circulent, Facebook est aussi une plateforme de choix pour la communication et la propagande politique. Selon le blogueur Sélim, alias Carpe Diem, c’est bien un double jeu qui se joue sur Facebook:

«Il s’avère aujourd’hui que, si ce ne sont pas des partis politiques qui téléguident ces pages pour tenter de manipuler l’opinion, ce sont souvent d’anciens caciques du régime Ben Ali ou des amateurs qui contribuent à brouiller les messages et les informations sur la situation du pays. De fausses informations se propagent tous les jours sur des présumées attaques de salafistes ou l’appartenance de X ou Y à la franc-maçonnerie!! Bref, toute cette cacophonie ne contribue guère à faire élever le débat».

Quant aux partis politiques, leur fanpage sur Facebook n’est pas en reste. C’est le parti islamiste Ennahdha qui mène avec actuellement 63.788 like sur sa page officielle sans compter les pages annexes comme celle du leader Rached Ghannouchi (147 694 like). Le parti est suivi de loin par le PDP (Parti démocrate progressiste) par le parti du Congrès pour la république (CPR) (39 336 likes) et Moncef Marzouki (27 953 likes) le parti Ettakatol (24 580 likes) et son leader Mustapha Ben Jâafar (19 274 likes). Pour Welid Naffati cette augmentation des adhésions sur Facebook montre le risque de propagande menée via les réseaux sociaux:

«Twitter et Facebook n’ont servi que de support de contre-propagande durant les derniers jours de Ben Ali. Pas plus. Aujourd’hui, c’est devenu le média de propagande par excellence. Facebook et Twitter c’est la contre-révolution!».

Responsabiliser l’usage de Facebook

Comment faire pour trier le vrai du faux après la révolution? Les blogueurs tunisiens mettent en avant la nécessité de responsabiliser le citoyen qui se doit de recouper les informations qu’il reçoit avec celles données par les médias, très présents aussi sur le réseau social. Faire relativement confiance aux médias et tenter de diversifier ses sources d’informations serait aussi une solution pour contrer l’intox. On peut voir déjà un phénomène de prise en charge citoyenne du problème avec des pages facebook qui tentent de recenser les rumeurs. Autre méthode plus radicale: quitter définitivement le réseau comme Raoudha Kamoun ou modérer son utilisation afin d’éviter l’addiction à ce flot d’informations permanent.

Cette attitude permet aussi de relativiser l’importance donnée au réseau lors de la révolution. Le chercheur Yves Gonzalez Quijano, spécialiste de la culture et de la politique arabes rappelle qu’il s’agit avant tout d’un «instrument», destiné à évoluer.

«Il y a aujourd’hui probablement une tendance après tout assez naturelle à « gonfler » l’importance des médias sociaux. Après les avoir ignorés, c’est comme si aujourd’hui on se rattrapait en les créditant de toutes les vertus. Mais il faut sans doute insister encore et encore sur le fait que ces médias sociaux ne sont que des instruments. Ce n’est rien d’autre après tout qu’une technique, qui vient se greffer sur un ensemble de données, lesquelles se traduisent dans une formule politique. Il y a une temporalité dans toutes ses nouvelles technologies dont nous voyons l’éclosion. Les blogs ont joué un rôle à un moment, les réseaux sociaux sont sur le devant de la scène aujourd’hui, d’autres techniques surgiront demain. En revanche, ce qui est commun à tout cela, le pouvoir que ces nouvelles techniques ont de transformer les données sociales et politiques d’une société donnée, tout cela ne changera pas.»

Lilia Blaise

Aller chez le sexologue, c’est normal – RTL loisirs


Aller chez le sexologue, c’est normal

Depuis deux mois, Pascal de Sutter évoque la sexualité des Français et des Belges…mais au fait, un sexologue, cela a une sexualité normale ?

«C’est bizarre parce qu’on ne se pose pas la question pour un architecte avec sa maison» réagit Pascal de Sutter.
«Vous savez, il y a même un livre sur la sexualité des sexologues. Il faut savoir que 80 à 90% des sexologues sont des femmes. Il s’agit avant tout d’un métier d’aide et d’écoute. Toute la journée nous évoquons le sexe avec nos patients, mais avant tout sur le volet anatomique, pharmacologique…Et puis, sincèrement, si on peut imaginer s’amuser toute la journée en parlant « sexe », c’est autre chose lorsque la personne qui est devant vous souffre vraiment. Cela peut être une dysfonction érectile ou d’autres pathologies qui abordent avant tout l’intimité de la personne.»
Le Dr de Sutter veut aussi rassurer les patients : «Aller chez les sexologues, c’est normal. Dans 80% des cas, une solution est trouvée à vos problèmes. Il ne faut pas avoir peur de franchir la porte.»
Et comment devient-on sexologue ? «J’ai fait les sciences de la famille et de la sexualité. Après mes études, je suis parti au Canada où l’on parle plus facilement de la sexualité : on y est plus pragmatique et on y explique mieux ce qui fonctionne ou pas dans un lit.»
La Chronique Pascal de Sutter

LE MARIAGE…


images drôles Femme généreuse
Après quelques années de vie commune, un jeune homme décide de se marier avec sa petite amie. Comme il n’est pas du tout au courant des traditions, à la fin de la messe, il s’approche du curé et lui demande : »- Excusez moi mon père, je sais qu’il est dans la tradition que les jeunes mariés fassent une offrande au prêtre qui a célébré le mariage, mais je ne sais pas ce que les gens donnent en général ».Le prêtre lui répond dans le creux de l’oreille :

« – En général, c’est en fonction de la beauté de la mariée. Plus elle est belle, plus la somme est élevée ».

A ces mots, le jeune marié se tourne vers sa femme. Il hésite quelques instants, plonge la main dans sa poche et tend une pièce d’un franc au curé.

Le prêtre, compatissant, lui dit :

« – Ne bougez pas, je vais vous rendre la monnaie… »

(merci à ZAZOUNE pour cette farce)

Pensée du mardi 30 août 2011.


JOYEUSE FETE DU FITR




 

« Beaucoup de personnes se détournent du monde spirituel, elles
refusent même d’en entendre parler, elles en ont peur tellement
il leur paraît flou et incertain. Mais c’est tout simplement
qu’elles ne possèdent pas, pour y pénétrer, des instruments aussi
perfectionnés que ceux qui leur permettent de travailler dans le
monde physique : les mains, les yeux, les oreilles… Pourtant, si
on étudie bien cette question, on verra que le monde spirituel
est le monde le plus clair, le plus sûr et le plus réel, et qu’il
reste pour l’éternité immuable et beau.
La réalité matérielle, palpable, accessible aux cinq sens, n’est
pas la vraie réalité. La vraie réalité est celle de l’âme et de
l’esprit. Pour y avoir accès, l’être humain doit avoir développé
ses centres et ses corps subtils, et surtout être bien guidé.
Sinon, évidemment, il peut commettre beaucoup d’erreurs et se
faire du mal en déclenchant des forces hostiles. Mais celui qui a
appris à se diriger dans le monde spirituel y découvre peu à peu
les seules véritables certitudes. »

Omraam Mikhaël Aïvanhov

« Ce n’était pas mes fils, mais des vampires », se justifie la mère qui a battu ses fils à mort – sudpresse.be


L’horreur absolue. Les deux petits garçons, Michael Junior, 7 ans et Jamal, 6 ans, retrouvés morts, vendredi après-midi, dans un appartement d’Alost ont été littéralement massacrés par leur maman. La jeune femme, schizophrène, a livré un récit hallucinant aux enquêteurs: “ Eux, mes fils? Non! Des vampires qui voulaient mon sang. Je les ai vaincus »

Rédaction en ligne

Publié le 29/08 à 09h02

"Ce n'était pas mes fils, mais des vampires", se justifie la mère qui a  battu  ses fils à mort

Michael et Jamal ont été massacrés par leur maman. (D.R.)

Au cours de son audition, landu G. a servi une version de ses actes hallucinants, mêlant l’horreur à la confusion. “ Eux, mes fils? Non! Des vampires qui voulaient mon sang. Je les ai vaincus ”, a-t-elle expliqué à des enquêteurs qui ont éprouvé quelques difficultés à encaisser le choc. L’hystérie qui s’est emparée de cette aide-nettoyeuse, plutôt fluette, fait froid dans le dos. Elle a littéralement agi comme une possédée . Il faut préciser qu’elle était sous l’emprise du cannabis et que, selon des experts, cela a pu influencer son état. Elle a commencé par casser en deux le mât de l’antenne parabolique, comme s’il s’agissait d’une brindille. Elle s’est ensuite jetée sur ses enfants de 6 et 7 ans. “ Ils ont tous deux livré une terrible, mais vaine bataille pour leur vie ”, raconte le parquet de Termonde.

Totalement hystérique, leur mère les a frappés avec tout ce qui lui tombait sous la main. “ Elle a ainsi cassé une armoire et s’est servi des planches pour frapper l’un des garçons à la tête ”, précise une source proche de l’enquête. “ Son petit corps a d’ailleurs été retrouvé sous un amoncellement de planches et de bouts de bois. ” L’aîné n’a pas eu plus de chance: elle lui a jeté à la figure l’écran plasma, l’ordinateur portable et des débris de la table du salon. Un calvaire interminable avant qu’il ne rende son dernier soupir.

Le compte-rendu complet de cette épouvantable affaire dans les journaux de Sudpresse de ce lundi 29 août.

JIM – Comment mieux dépister les violences passionnelles et conjugales ?


Sous le terme de violences passionnelles et conjugales sont définies les conduites brutales perpétrées par quelqu’un qui est, a été, ou désire être en relations intimes avec une jeune femme, et ces violences sont en cause dans un grand nombre des agressions dont est victime une femme sur trois aux États-Unis ! Plus d’un tiers des meurtres de femmes reconnaissent cette étiologie, responsable en outre d’un coût annuel de plus de 8 millions $. Or, près de la moitié de ces victimes avaient consulté dans un centre d’urgences dans les 2 ans qui ont précédé leur assassinat !

Le dépistage des violences passionnelles et conjugales reste cependant malaisé car le motif de consultation est souvent étranger à la violence, et, même quand la violence est manifeste, le mécanisme en est volontiers « scotomisé ». Aussi doit-il être recherché systématiquement devant toute femme possiblement battue, et les chirurgiens traumatologistes encouragés à endosser un rôle plus actif dans l’identification, la prévention et le traitement des violences passionnelles et conjugales.

En janvier 2008, un programme pédagogique a été lancé à l’intention de tous les soignants du service de traumatologie de l’hôpital de Philadelphie. Une heure de conférence sur la prévalence, les signes évocateurs, la façon de mener l’interrogatoire, et le dépistage de la violence, a été encadrée par 2 examens pour valoriser la conférence. On a ensuite comparé les données recueillies sur 348 femmes en 2007 (avant le programme) et sur 297 femmes en 2008 (après le programme). Les 2 groupes de femmes étaient similaires en termes d’âge,de race, et de mécanismes du traumatisme (avec cependant significativement plus de chutes en 2008). Les chutes et accidents de la voie publique représentent ensemble 77 % des violences passionnelles et conjugales, les autres mécanismes comportaient les armes à feu, les armes blanches, les coups de poing, les surdosages et les accidents équestres.

En 2007, l’interrogatoire n’a permis de révéler que 28 cas de violences passionnelles et conjugales sur les 139 interrogatoires menés (20 %). En 2008, le taux de dépistage était augmenté sans que la différence soit significative, et seules 29 % des violences passionnelles et conjugales ont été reconnues comme telles.

En revanche, la prévalence dans le couple d’alcoolisme, de toxicomanie, de tabagisme avait augmenté d’environ 10% pour chacun des items, passant de 70 à 80 % à peu près. Ces dépendances sont très corrélées à la violence.

Les violences conjugales et passionnelles sont donc fréquemment sous-estimées, malgré une plus grande attention portée au dépistage qui gagnerait à être généralisé.
Dr Jean-Fred Warlin
Sims C et coll. Detecting intimate partner violence: more than trauma team education is needed. J.Am.Coll.Surg. 2011;212:867-872.

Un catho fervent parle de sexe et d’amour à Catherine Millet | Rue89


Par Ramses Kefi | Journaliste | 28/08/2011 | 12H38

Un couple de jeunes mariés aux Maldives (Millzero Photography/Flickr/CC)

Laurent, 37 ans, riverain, fonctionnaire et fervent catholique, a lu avec attention l’entretien avec Catherine Millet, paru sur Rue89 en juin. Une libertine qui parle d’amour et de sexe, ça l’intriguait ; lui qui, bénévole au Centre de préparation au mariage (CPM) du diocèse de Strasbourg, rencontre régulièrement des jeunes couples pour échanger sur le thème de l’amour et de la sexualité.

Quand il prend contact avec moi pour la première fois, Laurent m’explique que c’est parce qu’il a été touché par les propos de l’écrivaine qu’il a tenu à réagir. Avant de poursuivre, il insiste sur un point commun qu’il se trouve avec elle : « Moi non plus, je n’ai aucun tabou. »

Mariage, patience, don de soi et fidélité absolue

Dans le cadre du programme qu’il anime au CPM, Laurent aborde la sexualité. Il n’éprouve aucune gêne à en parler, malgré ce qu’il peut entendre ici et là sur la « frigidité » de l’Eglise :

« Le sexe fait partie intégrante du couple. Il est essentiel même. Mais il n’est pas quelque chose que l’on peut envisager de manière indépendante, si l’on veut en profiter pleinement. C’est une alchimie. Le sexe fait partie d’un ensemble, et cet ensemble, c’est l’amour. »

Par e-mail, il me fait parvenir un document. Vingt-trois pages dans lesquelles Laurent et sa femme, elle aussi bénévole au CPM, ont retranscrit l’amour idéal tel qu’ils le conçoivent : mariage, patience, don de soi et fidélité absolue, en dépit des tentations.

De son propre aveu, Laurent, avant de lire Catherine Millet, n’avait jamais pensé que quelqu’un pouvait se justifier d’aller aussi loin :

« Il n’y a pas que les mots. On dirait presque qu’il y a une idéologie derrière tout ça. C’est assez fascinant. »

« Le passage sur la merde, c’est trash ! »

Au fil des lignes, il pense pourtant déceler chez elle une sensation de vide. Derrière l’apparence d’une femme forte, un être fragile. Et derrière une sexualité débridée, de prime abord totalement assumée, des blessures profondes :

Sa femme aussi a lu l’entretien. Elle a ressenti de la pitié. Elle lui dit que c’est à cause de la tristesse que dégage sa photo, nue, sur la couverture de son livre, et de sa conception extrême de la sexualité, qui la déconnecte des attentes d’un couple. Laurent renchérit :

« Les mots de Catherine Millet sont très forts, très crus. Il n’y a qu’à lire sa position sur les femmes violées. Et ce passage sur la merde par exemple, c’est tellement trash. »

Laurent me parle, au fil de la discussion, des couples qu’il rencontre au CPM. Leur euphorie qui souvent les empêche d’envisager les moments difficiles, quand « l’amour passionnel » s’érode. Leur étonnement aussi, quand il aborde la méconnaissance de soi et de l’autre, qui conduit souvent à l’explosion.

« Elle est en situation d’échec affectif »

Le ton est amical et les réponses spontanées. Comme lorsque je lui demande s’il ne pense pas que Catherine Millet la joue finalement « provoc », repoussant à outrance et à dessein les limites :

« Non. Je peux me tromper, mais il y a chez elle une sincérité émouvante. Cette femme souffre. Si l’on met de côté ce qui est choquant, je vois le témoignage d’une femme qui se livre sans concession. Il n’y a qu’à voir la manière dont elle parle de la vieillesse pour le comprendre. »

Il me cite de mémoire un passage où l’écrivaine aborde la jalousie, et la douleur que celle-ci provoque chez elle :

« Elle dit que sa jalousie est liée au sexe. Mais cela va bien au-delà. Dans l’attirance physique entre un homme et une femme, il y a quelque chose de très fort, mais qui ne dure pas longtemps.

Je crois que cette femme essaye constamment de reproduire cette sensation, sans arriver à cerner ce qu’elle veut vraiment. Elle est en situation d’échec affectif. »

« Le sentiment de ne pas représenter grand-chose »

Je lui lis dans la foulée l’un des réponses de l’écrivaine sur la permissivité et la transparence dans le couple. Pour la première fois, un silence. Le temps de réfléchir. Et puis, il enchaîne :

« Elle dit qu’elle ne veut pas savoir. A partir du moment où quelqu’un refuse de savoir, il y a un problème. Ce ne sont pas les relations intimes de son conjoint avec une autre qui la dérangent, mais le fait qu’il la délaisse et la remplace, comme si finalement, elle n’était pas grand-chose. »

Cela fait plus de six ans que Laurent et sa femme rencontrent des couples par le biais du CPM. Certains sont croyants, d’autres pas. Selon Laurent, beaucoup se marient à l’Eglise pour la symbolique, et, surtout, dans l’espoir que leur union dure toute la vie :

« Il y a une aspiration au bonheur à deux, au-delà même de la religion. Parfois celui-ci se matérialise, et parfois non. Mais de plus en plus, je vois une société lassée par la seule jouissance. Il y a vraiment une volonté de construire sur le long terme. »

« Impossible de se construire uniquement par le sexe »

Laurent ne réfute pas le retour d’un certain puritanisme en France. Mais il le nuance :

« Le mot “puritanisme” a une connotation péjorative, négative. Ce n’est pas tout à fait ça je pense. Peut-être que les gens aussi aspirent à plus de discrétion et d’introspection. »

En définitive, moins de libertinage et de jouissance passagère, et plus de sentiments. C’est en tout cas ce qu’il a remarqué au fil de ses rencontres :

« Même les non-croyants sont très attentifs à ce que nous disons. Revenons au sexe. Il est juste impossible de se construire affectivement uniquement par le sexe, car l’Homme aspire d’abord à l’amour ».

Photo : un couple de jeunes mariés aux Maldives (Millzero Photography/Flickr/CC)

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