Pensée du vendredi 29 juillet 2011.


« Le corps physique n’est qu’un instrument et il exécute ce que lui
commandent nos pensées, nos sentiments, nos désirs. Ce n’est pas
parce qu’un homme se coupera un membre qu’il se débarrassera des
désirs qui le tourmentent. Les membres se contentent d’exécuter
les ordres qui leur viennent de plus haut. Regardez : un bras
peut donner des coups et il peut aussi donner des caresses ; il
peut assassiner ou il peut sauver. Pourquoi accuser le bras ? Il
n’est pas coupable, il n’est pas responsable ; on lui donne des
ordres, bons ou mauvais, et il les exécute.
Supposons qu’un homme veuille s’amputer de ses organes génitaux,
il ne pourra plus assouvir ses appétits et ses désirs, mais ils
n’auront pas disparu pour autant et à quelles folies criminelles
cet homme peut se laisser entraîner ! Il y a eu dans l’histoire
des êtres que leur foi ardente et leurs aspirations à la pureté
ont amenés à se mutiler pour se sauver soi-disant de l’Enfer.
Mais ils étaient dans un autre enfer, et tellement plus brûlant !
Il faut laisser les membres tranquilles : c’est dans la pensée,
dans le sentiment, dans l’âme qu’il faut faire un travail de
purification. »

Omraam Mikhaël Aïvanhov

Chrétiens et musulmans suédois partagent une Maison de Dieu | Rue89


Par Martin Untersinger | Etudiant à Sciences-Po | 26/07/2011 | 17H47

A 500 km d’Oslo, dans la banlieue de Stockholm, un lieu apporte une autre lumière sur le dialogue interreligieux en Scandinavie.

Les plans de la Maison de Dieu à Fisksätra, près de Stockholm, en septembre 2010 (courtesy of Draken Arkitektur AB/Bob Strong/Reuters).

(De Stockholm) Au bout d’un minuscule train de banlieue, coincée entre un bras de la mer Baltique et une vaste forêt de pins, la vingtaine de hautes barres d’immeubles de la cité de Fisksätra paraît presque incongrue. A une quinzaine de kilomètres de Stockholm, avec ses larges parkings, ses 8 000 habitants, ses 70 nationalités et son supermarché, cette cité ressemble pourtant à beaucoup d’autres.

A un détail près. Sur sa place centrale se trouve une église, qui sera bientôt rénovée et remplacée par un édifice unique en son genre : baptisé « Maison de Dieu », il rassemblera sous le même toit une église, partagée entre protestants et catholiques, et une mosquée.

La cohabitation interreligeuse, une nécessité matérielle

Ce projet un peu fou, lancé il y a un peu plus de trois ans, repose sur plus de vingt ans de coopération entre chrétiens et musulmans dans cette banlieue où les immigrés venus du Moyen-Orient ont progressivement rejoint dans les barres d’immeubles défraîchies ceux venus d’ex-Yougoslavie et de Pologne.

Depuis le milieu des années 90 et la création de la congrégation catholique locale, dépendante du diocèse de Stockholm, l’église de Fisksätra est partagée entre services catholiques et services protestants luthériens.

Pourtant, cette initiative résulte avant tout d’une nécessité matérielle : les chrétiens se devaient de rénover leur église vieille de quarante ans, et les musulmans voulaient construire une véritable mosquée, leurs lieux de culte étant jusqu’alors des caves d’immeubles.

Le premier chantier sera financé par l’église luthérienne (à hauteur de 90%) et par les catholiques (10%). Un terrain adjacent à l’église sera vendu à la congrégation musulmane : elle y construira sa mosquée, grâce à une levée de fonds qui devrait débuter dans les prochains mois.

En Suède, pas les mêmes combats qu’au Moyen-Orient

La création de ce bâtiment ne fait cependant pas que des heureux et intervient alors que le contexte interreligieux s’est singulièrement tendu en Suède. Les plans de la Maison de Dieu en mains, Henrik Larsson, responsable du projet pour l’église luthérienne, explique :

« L’opposition la plus difficile à lever vient de ceux qui ont eu une mauvaise expérience de l’autre. En Suède, nous avons beaucoup de chrétiens d’Irak. Ils n’aiment pas les musulmans. Il y a aussi beaucoup de musulmans du Moyen-Orient. Ils n’aiment pas les chrétiens.

Il est très difficile de combattre ces inimitiés : elles ne sont pas liées à d’idées, mais des choses qu’ils ont ressenties dans leur chair. »

Ce projet prend un écho politique : les électeurs suédois ont en effet élu en septembre 20 députés du parti des Démocrates suédois, une formation d’extrême droite ouvertement hostile à l’islam. Même l’Eglise de Suède a utilisé ce projet pour attaquer frontalement ce parti, par la voix d’un de ses évêques, Bengt Wadensjö qui a ainsi justifié le nouveau bâtiment :

« Alors que la peur de l’inconnu, incarné par l’islam, devient une particularité de notre pays jusqu’au Parlement, j’aimerais donner une image très différente de la Suède. […] Nous ne pensons pas que les immigrés ou les musulmans puissent être une menace. Ils sont un atout. »

« On préfère que l’on construise des églises, pas des mosquées »

Pendant la campagne, les Démocrates suédois avaient multiplié les propos virulents contre les immigrés, expliquant craindre une « révolution islamique » ou voyant dans l’islam « la plus grande menace sur la Suède depuis la Seconde Guerre mondiale ».

Contacté, leur porte-parole est un peu perdu. A l’entendre, le projet ne semble pas encore être parvenu jusqu’aux oreilles du parti :

« Nous n’avons pas de position concernant ce bâtiment, nous ne sommes pas représentés dans la région. Nous sommes généralement contre la construction de mosquées, mais la décision revient aux habitants de Nacka et aux autorités religieuses. Nous préférons évidemment que l’on construise des églises et non pas des mosquées. »

En Suède, une islamophobie « voilée et insidieuse »

Au-delà d’un contexte politique récent, les musulmans rencontrent, sur le plus long terme et comme dans d’autres pays d’Europe occidentale, des difficultés d’intégration. Kevin Haddad, auteur de « L’Intégration des musulmans en Suède » (éd. L’Harmattan), explique :

« De nombreux musulmans sentent qu’ils sont perçus de façon négative, comme une population à problèmes parce que ne relevant pas de la “suéditude”, telle qu’elle est véhiculée par de nombreux médias. Cette islamophobie voilée et insidieuse, au sens où elle n’est pas admise et assumée par la société suédoise (qui continue à avoir d’elle-même l’image d’une super-puissance morale), se révèle de ce fait plus difficile à combattre. »

Dans ce contexte, le but affiché de ce projet de lieu de culte commun est bel et bien l’apaisement. Stefan Herczfeld, responsable du projet pour la congrégation catholique, estime ainsi :

« Un des buts de la Maison de Dieu, c’est de rassembler les gens, afin de reconstruire de la confiance et réduire la peur. Là où il n’y a plus de confiance, il y a la peur. Bien sûr, il y a toujours des gens qui pensent que les chrétiens et les musulmans ne devraient pas se mélanger… »

Henrik Larsson renchérit :

« Nous voulons montrer que les chrétiens et les musulmans peuvent vivre ensemble, même si leur relation est souvent vue à travers le prisme de la violence et de la guerre. »

« Une bonne entente entre protestants luthériens et musulmans »

En réalité, malgré le contexte tendu et son caractère unique au monde, cette « Maison de Dieu » ne surprend pas Kevin Haddad outre mesure, car elle s’inscrit dans un paysage social et religieux suédois particulier :

« Des formes de syncrétisme culturel et religieux ont déjà pu être observées en Suède. Si on prend l’exemple des carrés musulmans dans les cimetières, une bonne entente entre protestants luthériens et musulmans semble prédominer. Les tombes musulmanes se trouvent toutes sur les terrains des cimetières chrétiens traditionnels qui sont gérés par l’Eglise de Suède

Les tombes musulmanes du cimetière de Malmö s’agrémentent souvent de motifs culturels suédois ou européens, ce qui renvoie à une identité musulmane enracinée dans la culture européenne. Des chercheurs ont aussi souligné l’importance de la participation des musulmans suédois à la célébration de la Toussaint, bien que ceci ne fasse pas partie de la tradition musulmane. »

Henrik Larsson souligne lui aussi la nature très spécifique de cette entreprise :

« Je pense que ce projet est très suédois. Nous avons construit la société suédoise de cette manière, en essayant de trouver des consensus entre différents intérêts. »

L’initiative fait pourtant des émules : des contacts ont été pris en Grande-Bretagne et à Berlin, où un projet rassemblant chrétiens, juifs et musulmans est d’ores et déjà sur les rails.

Il faudra cependant attendre un peu pour voir chrétiens et musulmans prier dans le même bâtiment. Si les travaux de rénovation de l’église vont commencer d’ici quelques semaines, les musulmans, eux, ne pourront pas pousser les portes de leur nouvelle mosquée avant deux à cinq ans, le temps de procéder à une levée de fonds et d’obtenir les dernières autorisations administratives nécessaires.

L'imam Awad Olwan et l'évêque protestant Bengt Wadensjö regardent la maquette de la Maison de Dieu à Fisksaträ, en septembre 2010 (Bob Strong/Reuters).

Photo et illustration : les plans de la Maison de Dieu à Fisksätra, près de Stockholm, en septembre 2010 (courtesy of Draken Arkitektur AB/Bob Strong/Reuters) ; l’imam Awad Olwan et l’évêque protestant Bengt Wadensjö regardent la maquette de la Maison de Dieu à Fisksaträ (Bob Strong/Reuters).

Un échange SMS entre une mère et sa fille émeut la Norvège | Moyen Orient et Monde | L’Orient-Le Jour


Moyen Orient et Monde

Récit

Un échange SMS entre une mère et sa fille émeut la Norvège

jeudi, juillet 28, 2011

Lorsqu’elle entend les premiers coups de feu peu après 17h00 vendredi sur l’île d’Utoeya où elle est en vacances dans un camp d’été de la jeunesse travailliste, Julie Bremnes, 16 ans, prévient sa mère Marianne et court se cacher avec d’autres camarades. Commence alors à 17h42 un échange de plus d’une heure un quart durant lequel Julie va raconter par texto sa dramatique expérience, pendant que sa mère tente de la rassurer et de la tenir informée des lents progrès de la police.

Au premier SMS de sa fille signalant que « les gens meurent ici ! », la mère répond : « Je m’en occupe, Julie. La police est en route. Oses-tu m’appeler ? ». « Non », répond la fille. « Dis à la police qu’il y a un fou qui se déplace et tire sur les gens. » « Qu’ils se dépêchent ! », écrit-elle dans trois messages. Il ressort notamment de la discussion que les victimes d’Utoeya ont cru que les hélicoptères qui survolaient l’île étaient de la police, alors que c’était ceux de médias norvégiens.

Voici les principaux extraits de la discussion, publiée par le journal norvégien Verdens Gang.
La mère : « La police est au courant et ils ont eu beaucoup d’appels. Ça va aller, Julie. La police nous appelle là. Donne-nous un signe de vie toutes les 5 minutes, please ? »
Julie : « OK. »
J. : « Nous avons peur de mourir ! »
M. : « Je sais bien ma chérie. Restez cachés, n’allez nulle part ! La police est déjà en route, s’ils ne sont pas déjà là ! Vois-tu des blessés ou des morts ? »
J. : « Nous nous cachons dans des rochers le long du rivage. »
(…)
J. : « Je ne panique pas, même si je suis morte de peur. »
M. : « Je sais, ma chérie. Nous sommes terriblement fiers de toi aussi. Entends-tu encore des coups de feu ? »
J. : « Non. »
(…)
Peu après 18h15 :
J. : « La police est ici. »
M. : « L’homme qui tire a visiblement un uniforme de police. Fais attention ! Que se passe-t-il maintenant ? »
18h30 J. : « On ne sait pas. »
M. : « Peux-tu parler maintenant ? »
J. : « Non. »
J. : « Il tire toujours ! »
M. : « C’est partout dans les médias nationaux maintenant, toute l’attention est sur Utoeya. Fais attention. Si c’est possible, rends-toi sur la terre ferme et reste avec grand-père. »
J. : « Je suis toujours en vie. »
(…)
J. : « On entend toujours tirer, donc nous n’avons pas osé sortir. »
M. : « Bien ! Ils sont en train d’évacuer là, selon la télévision. »
J. : « On espère que quelqu’un va venir vite. Ils ne peuvent pas l’arrêter bientôt ? ! ! »
M. : « La police antiterroriste est là, et ils essaient de l’arrêter. »
J. : « OK. »
(…)
M. : « Coucou, es-tu là ? »
J. : « Oui. Les hélicoptères tournent autour de nous. »
M. : « Alors ils vous ont vus au moins ? »
J. : « Ils cherchent des gens dans l’eau, ils ne viennent pas encore nous chercher ! »
19h01, J. : « Que disent les nouvelles ? »
M. : « La police est aussi en route en bateau vers Utoeya. Ce n’est pas clair pour le tireur, donc restez calmes. Attendez que quelqu’un vienne vous chercher. »
M. « Ça y est, ils l’ont arrêté ! »
(Source : AFP)

Têtes de séries » Cachez ce sein que je voudrais voir


L’an prochain, le PTC ne va pas s’ennuyer. Le Parents Television Council, association conservatrice dont l’unique mission est de taper sur les nerfs des producteurs de télé — tous, presque sans exception, puisque aucune série n’est à son goût — a déjà trouvé ses deux futurs souffre-douleur : Good Christian Bitches, la nouvelle série de Darren Star (Sex & the City) et The Playboy Club (ex Playboy tout court), dont le titre est à lui seul une incitation à la débauche. C’est justement de cette dernière dont je veux vous parler ce matin. Variety à mis la main la semaine dernière sur une close des contrats des comédiens leur annonçant qu’ils devront se mettre à nu — littéralement. Une première, semble-t-il, dans le monde des séries de networks…

“Nudity as defined above and/or simulated sex acts may be required in connection with player’s services in the pilot and/or series” (“la nudité définie ci-dessus et/ou les actes sexuels simulés seront peut-être demandés aux acteurs lors du pilote et/ou de la série”), stipule cette close, classique pour une série du câble (on imagine que les acteurs de True Blood ont été prévenu qu’ils finiraient à poil), mais visiblement improbable sur une chaîne comme NBC. En effet, la nudité est bannie des grandes chaînes. Du coup, le PTC s’est rué sur les producteurs de la série, et son président Tim Winter de s’inquiéter, avec sa retenue habituelle, “j’espère que la chaîne n’utilisera pas les ondes publiques pour diffuser du matériel pornographique” (Jésus Marie Joseph, ndlr).

Pas de panique, rassure NBC, les scènes trop olé olé seront coupées et uniquement utilisées en cas de rediffusions sur le câble, ou dans les DVD. Soit. Mais du coup, à quoi bon faire une série sur les clubs Playboy, forcément sexuelle, si c’est pour en faire un programme qui n’enlèvera jamais le haut ? On a beau détester le PTC, c’est le comportement d’NBC, classique d’une pudibonderie américaine tout ce qu’il y a de plus ridicule, qui agace. Pourquoi ne pas faire, tant qu’on y est, une série dans le milieu du X sans une seule scène de fesses ? The Playboy Club propose une histoire et un décor (le Chicago des années 60) qui, sur une chaîne du câble, auraient pu donner une grande série. Sur un network, on ne sait pas trop à quoi s’attendre — mais certainement pas à une oeuvre suffisamment sulfureuse. Si on était un peu parano, on se dirait même que NBC a laissé fuiter exprès cette close “so shocking”, histoire que le PTC s’en saisisse, et en fasse un petit “scandale”…

Image de Une : Amber Heard dans The Playboy Club, NBC.

La sexualité noire est un mythe | Slate Afrique


Est-il possible de faire l’impasse sur l’impact des valeurs morales imposées par la colonisation, lorsque l’on aborde le sujet des pratiques sexuelles en Afrique?

Pour les 60 contributeurs et plus d’African sexualities: A Reader, la réponse est oui. Publiée en juin 2011, cette compilation d’essais et de poèmes tente de théoriser la sexualité en Afrique en allant «au-delà des stéréotypes occidentaux», commente le site Think Africa Press (TAP) dans un article paru le 11 juillet 2011.

Ces stéréotypes s’illustrent entre autres par l’idée selon laquelle les noirs auraient une sexualité débridée, une fable «née dans l’esprit des colonisateurs blancs», érigée d’autorité en «connaissance scientifique au XIXe siècle».

Dans African sexualities, des universitaires diversifient les perspectives. Une démarche novatrice qui leur permet de sortir des clichés racialistes, estime TAP. Les comportements sexuels en Afrique sont alors dépeints sous des aspects tels que la masculinité au Ghana, le célibat au Swaziland, la criminalisation de l’homosexualité, ou encore l’inégalité entre hommes et femmes.

Toutefois, comme le rappelle l’éditrice de l’ouvrage Sylvia Tamale, il est difficile d’ignorer que la colonisation a laissé des traces dans les pratiques. Féministe, cette chercheuse est doyenne de la faculté de Droit de l’université Makarere à Kampala, la capitale ougandaise:

«Les méthodes coloniales de recherche et de théorisation mises en place pour aborder la sexualité en Afrique ont laissé des traces considérables et indélébiles dans la vie sexuelle des gens, explique-t-elle dans la préface du livre. Ce qui ne veut pas dire que le continent est otage de son histoire coloniale.»

A l’époque, plusieurs facteurs ont imposé des modes de comportement, comme si les mœurs préexistantes étaient inférieures. La notion de pudeur est arrivée par exemple avec la chrétienté et l’islam. Les missionnaires ont également introduit la notion de retenue dans l’acte sexuel.

En somme, l’objectif de Sylvia Tamale est de décomplexer les recherches sur la sexualité face à ces racines coloniales, tout en évitant de reproduire le même type de généralités sur les rapports sexuels en Afrique.

Lu sur Think Africa Press, The Nordic Africa Institute

Marianne, vrai-faux cul du sexe ? | Rue89


Le 744e numéro de Marianne, paru le 22 juillet 2011.

Par Augustin Scalbert | Rue89 | 27/07/2011 | 10H59

Des fesses, d’homme − ce n’est pas si courant − cette semaine en couverture du 744e numéro de Marianne, sous ce gros titre : « SEXE : LES VRAIS FANTASMES DES FRANÇAIS ». Il y a un an, le même hebdo brocardait les journaux titrant sur le sexe qui « fait vendre » :

« Consonne. S. Voyelle. E. Consonne. X. Voyelle. E. Chaque été, c’est reparti, le mot magique de quatre lettres envahit les couvertures des magazines, presse féminine en tête. A croire que la libido des Français ne chauffe qu’en juillet-août […]. Les éditeurs ne retiennent qu’une chose : le sexe fait vendre. »

Le 693e numéro de Marianne, paru le 31 juillet 2011.

Ça c’était dans le numéro 693 de l’hebdomadaire – « Presse féminine : les faux culs du sexe » – qui affiche sur son site et son édition papier la citation d’Albert Camus : « La vérité n’empêche pas de prendre parti. »

« A force d’en lire partout, je n’ai plus envie de baiser »

Un peu plus loin, le décryptage-dézingage des « recettes » des « spécial sexe » de la presse féminine, puisque c’était le sujet de cette enquête de l’été 2010 :

« Les rédactions ne se découragent pas, prêtes à créer la tendance. Cela ne part jamais d’une observation rigoureuse, mais plutôt d’un bouquin new-yorkais, d’un sondage rigolo (peu importe l’échantillon) […]. »

En « chute » du même article, ce témoignage d’une femme de 31 ans :

« A force d’en lire partout, dans tous les sens, plein de redites et de réchauffé, ça finit par avoir un effet indésirable sur moi : ne plus avoir envie de baiser. »

Cinquante et une semaines plus tard Marianne craque . Elle fait « sa » couv sur le sexe, comme tout le monde ou presque en juillet-août, appuyée d’un sondage « exclusif » (échantillon de 1 024 personnes). Au risque d’un effet indésirable pour ses lecteurs : ne plus avoir envie de baiser.

Il y a quelques « redites », et même du « réchauffé », puisque l’enquête de Marianne sur les fantasmes des Français s’appuie sur des articles sortis il y a parfois bien longtemps dans d’autres magazines, féminins compris : Marie-Claire (mai 2000), Elle (juillet 2006), Le Nouvel Observateur (avril 2009).

« Je me suis dit qu’on allait se faire allumer »

La directrice adjointe de la rédaction de Marianne, Christine Lambert, qui a chapeauté les dossiers 2010 et 2011, attendait le coup de fil des confrères :

« Je vous avoue que j’ai pensé à l’article de l’an dernier en faisant la titraille de couv de celui-ci. Je me suis dit qu’on allait se faire allumer, c’est tombé sur vous. »

Elle souligne que le thème abordé, celui des fantasmes, est très difficile à traiter. Notamment parce que « les gens ne répondent pas aux questions à ce sujet » :

« Ça fait plus d’un an, quatorze mois en fait, que nous y travaillons. On a ramé comme des brutes pour faire un dossier là-dessus, et on l’a raccroché à un sondage. Il n’y a pas d’étude en France sur les fantasmes des gens, alors qu’au Royaume-Uni par exemple, si.

L’an dernier, ce qu’on dénonçait dans la presse féminine, c’est un certain nombre de clichés sur les femmes. Là, on dit rigoureusement l’inverse. Pour moi, notre enquête échappe à ces clichés.

Bon, sur la manière de la vendre en couv, je ne peux que vous donner raison. »

Comme s’intitule une rubrique de Marianne, « ça va mieux en le disant ».

Le 2e tome des Mémoires de Jacques Chirac : un « temps présidentiel marqué par la bataille pour l’indépendance du Liban » | À La Une | L’Orient-Le Jour


À La Une

Édition

Le 2e tome des Mémoires de Jacques Chirac : un « temps présidentiel marqué par la bataille pour l’indépendance du Liban »

Par Carole DAGHER | mercredi, juillet 27, 2011

La couverture de l’ouvrage.
La couverture de l’ouvrage.

C’est une véritable peinture de la France contemporaine que nous livre Jacques Chirac dans le second volume de ses Mémoires. Au fil des pages se précisent les enjeux, les débats et les portraits des dirigeants, français et internationaux, qui ont marqué « le temps présidentiel » (1995-2007), à la croisée de deux siècles.

Avec une grande liberté de ton, Jacques Chirac aborde les deux mandats de sa présidence, la plus longue de la Ve République après celle de François Mitterrand, ainsi que l’épisode difficile de sa cohabitation avec un Premier ministre socialiste, Lionel Jospin, avec qui le courant passe très mal. Le lecteur revit les principales étapes et batailles qui ont rythmé les « années Chirac », avec leurs succès et leurs échecs. Si la politique intérieure et les rapports de l’ancien président français avec les grands ténors de la République (Raffarin, Juppé, Sarkozy, Villepin, Séguin…) sont largement développés, une grande part du récit est consacrée aux questions de politique étrangère, de la construction de l’Europe dont Jacques Chirac fut un défenseur opiniâtre, à l’engagement pour la paix dans le monde, et notamment au Moyen-Orient.
Sur ce plan, l’ancien président explique ce qui fut communément appelé « la politique arabe » de la France. Il raconte ainsi son voyage à Damas, le 20 octobre 1996, comme première étape d’un périple proche-oriental « destiné à marquer le retour de la France dans la région ». Ce voyage intervient quelques mois après le succès de la diplomatie française dans la mise en place d’un cessez-le-feu parrainé par la France et les États-Unis, pour mettre fin à l’opération israélienne « Les raisins de la colère » contre le Liban (avril 1996), ayant entraîné le massacre de Cana. « En s’imposant comme le meilleur allié du Liban tout en renforçant ses relations avec la Syrie, la France est parvenue à restaurer une grande partie de son influence dans la région, sans que celle-ci s’exerce pour autant au détriment d’Israël », écrit Jacques Chirac. Ce retour s’est fait progressivement, en dépassant le « très lourd contentieux » opposant la France à la Syrie, précise l’ancien Président, qui souligne le rôle joué à cet égard par l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri. Ce dernier avait « fini par me convaincre que nous faisions fausse route en subordonnant l’amélioration de nos rapports avec la Syrie au retrait de ses forces au Liban. Pour lui, c’est exactement l’inverse qu’il fallait faire : d’abord établir une relation forte avec Damas… ».
C’est ainsi que se concrétise la rencontre entre les deux présidents français et syrien le 20 octobre 1996, à l’aéroport de Damas. La plume de Jacques Chirac dessine la « silhouette maigre, ascétique » et le « regard implacable » de Hafez el-Assad, en qui le président français voit un « sphinx qui vit avant tout dans l’ombre et le secret », mais qui le reçoit « amicalement, attentif à ce que tout soit fait pour établir entre nous une relation de confiance ». Au cours de leurs entretiens qui tournent autour de la politique intransigeante du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président français réclame aussi bien le départ sans conditions d’Israël du Liban-Sud que la restauration de l’indépendance et de la souveraineté du Liban, ce qui implique le départ des troupes syriennes aussi. Il se voit opposer par son interlocuteur une réponse brève mais éloquente sur la nécessité d’une « réconciliation nationale » au Liban. L’équivalent politique d’une fin de non-recevoir.
Jacques Chirac poursuit son récit en décrivant son fameux voyage à Tel-Aviv où, « irrité par le fait que je me sois d’abord rendu en Syrie, le gouvernement israélien n’a dépêché que son seul ministre des Affaires étrangères pour nous accueillir ». Il revient sur les fameux « incidents de Jérusalem » où, excédé par une protection israélienne trop rapprochée qui l’empêche d’aller à la rencontre de la population palestinienne, il apostrophe, sous les caméras du monde entier, le responsable des services de sécurité israéliens. La tournée proche-orientale de Jacques Chirac est aussi l’occasion de décrire, avec une finesse psychologique remarquable, les principaux acteurs de la scène proche-orientale : Benjamin Netanyahu, avec qui il entretient des rapports tendus (premier président occidental qui se rend en Cisjordanie, Chirac voit bien « le profond agacement suscité par la politique arabe de la France et son soutien réaffirmé à la cause palestinienne »), Shimon Peres, Yitzhak Rabin, Yasser Arafat, « voué corps et âme à la défense de son peuple » mais dont « la grande faiblesse réside dans le fait d’en vouloir toujours plus, une fois l’accord conclu », le roi Hussein de Jordanie, le président égyptien Hosni Moubarak. Bien entendu, la genèse de son amitié et les raisons de son estime pour le Premier ministre libanais Rafic Hariri sont amplement détaillées, ainsi que la « nécessité pour la France de tenir compte au Liban de toutes les sensibilités, qu’elles soient chrétiennes ou musulmanes ».
Cette riche galerie de portraits qui émaille les Mémoires de l’ancien président français a pris la patine du temps, avec la disparition des différents protagonistes ou leur éviction survenue dans l’intervalle. À la lecture des pages, on plonge dans un Proche-Orient déjà révolu et pourtant immuable dans ses problématiques internes (démocratie vs autocratie, droits de l’homme, développement économique) comme dans sa dynamique externe, dictée par le nœud gordien israélo-palestinien. La première décennie du XXIe siècle a déterminé tout le reste, Jacques Chirac y revient longuement sous le titre « Les enjeux du nouveau millénaire ». Il parle des attentats du 11 septembre 2001 à New York et de la ferme condamnation par la France de toute forme de terrorisme, il développe son refus de la thèse du « choc des civilisations » et explique sa doctrine à propos de l’Afghanistan : devoir de solidarité avec les alliés de la France, notamment les USA, et souci d’une participation la plus réduite possible.
Un chapitre entier est consacré au refus de la France, brillamment exprimé par Dominique de Villepin aux Nations unies, de se laisser entraîner dans la guerre contre l’Irak menée par Georges W. Bush, les manœuvres diplomatiques ayant accompagné les préparatifs de guerre américains et la mise sur place de la coalition en ce sens, au milieu de tensions entre alliés occidentaux ne partageant pas les mêmes points de vue. Un chapitre édifiant d’histoire contemporaine livrée par un acteur de premier plan.
Le Liban, bien entendu, où Jacques Chirac a toujours bénéficié d’un capital de soutien et d’amitié considérable, figure en bonne place des Mémoires de l’ancien président français, plus précisément au chapitre intitulé fort explicitement : « Mes dernières grandes batailles ». Parmi les trois combats majeurs de son mandat présidentiel, Chirac place en deuxième position « le retrait des forces syriennes du Liban, enfin rendu à son indépendance ». Rappelant les constantes de la politique française dans ce pays (respect de son intégrité territoriale, retrait des troupes israéliennes du Liban-Sud et fin de la tutelle syrienne en vertu des accords de Taëf), Jacques Chirac raconte comment il s’est heurté à Bachar el-Assad, après la mort du père de celui-ci, en juin 2000. Traçant du fils un portrait sans appel, à rebours de celui du père qui était « un homme de parole et un interlocuteur sincère dans son désir de dialogue avec la France », l’ancien président français réalise très vite que « loin de se prêter à une attitude conciliante, Bachar el-Assad paraît déterminé à resserrer son emprise sur le Liban ». Rapportant la demande de Hafez el-Assad, peu avant son décès : « Bachar est comme ton fils, tu devras le traiter comme tel », Chirac écrit : « C’est en vain que j’ai tenté de le convaincre d’assouplir sa position pour faciliter l’intégration de la Syrie au sein de la communauté internationale. » Dès lors, l’enchaînement des faits va aller en crescendo, jusqu’à leur dénouement dramatique. L’ancien président français relate l’histoire de l’adoption de la fameuse résolution 1559 de l’ONU avec force détails, ainsi que le rôle déterminant joué par lui-même pour convaincre Georges W. Bush d’aider le Liban, la volonté de la Syrie de proroger le mandat du président Émile Lahoud (envers qui Chirac ne ménage pas ses critiques), la « convocation » de Rafic Hariri à Damas et sa rencontre avec Bachar el-Assad, tel que Hariri le lui a exactement relaté, puis l’engrenage du vote de la résolution 1559, la prorogation du mandat Lahoud, les attentats qui ont lieu à Beyrouth, jusqu’à celui du 14 février contre Hariri. En apprenant la nouvelle, raconte Jacques Chirac, « je suis effondré. C’est un des pires chocs de ma vie. Je ressens l’assassinat de Rafic comme celui d’un frère ». Le chef de l’État français viendra se recueillir à Beyrouth sur la tombe de son ami et mènera une de ses dernières batailles pour faire adopter par le Conseil de sécurité une résolution instituant le Tribunal spécial pour le Liban. Son engagement pour le Liban ne faiblira pas. « Jusqu’au terme de mon dernier mandat, écrit-il, je ne cesserai, comme je l’ai toujours fait, de me préoccuper du sort du Liban et de celui du Proche et du Moyen-Orient en général. » Ainsi, au lendemain de la guerre de juillet 2006 lancée par Israël contre le Liban, proposera-t-il de « renforcer le contingent de l’ONU déployé à la frontière libanaise avec Israël, en le dotant d’un mandat énergique et de tous les moyens de le faire respecter ».
En mai 2007, ce grand ami du Liban quitte l’Élysée et tourne la page d’un mandat présidentiel plus dense qu’un roman… ou un polar. Une vie de président est démultipliée à l’infini ; lorsque le tourbillon retombe, il reste les réalisations que l’histoire retiendra. « Il y a une vie après le pouvoir », affirme Jacques Chirac en clôture de ses Mémoires, comme un contre-pied à la nostalgie. Avec lui s’achève aussi une période marquante dans les relations entre la France et le Liban, celle des années de la reconstruction du Liban d’après-guerre, marquées du sceau de l’amitié entre deux personnalités qui auront laissé leur forte empreinte sur leur temps : Jacques Chirac et Rafic Hariri.

Le Figaro – International : En Algérie, la Kabylie est une poudrière


Par arezki ait larbi
20/07/2011 | Mise à jour : 22:31

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Vue de Tizi-Ouzou en 2007. (Illustration)
Vue de Tizi-Ouzou en 2007. (Illustration)Crédits photo : FAYEZ NURELDINE/AFP

Face à un régime en crise, la voie pacifique empruntée jusque-là par les activistes a atteint ses limites.

À la faveur du «printemps arabe», les Berbères d’Afrique du Nord marquent des points. Au Maroc, leur langue vient d’être reconnue langue officielle par la Constitution au même titre que l’arabe. En Tunisie, la «révolution du jasmin» leur a rendu une visibilité tranquille mais déterminée. En Libye, ils sont au cœur de la rébellion et espèrent retrouver leur identité dans un pays libéré de la dictature du colonel Kadhafi.

En Algérie, le mouvement berbère est dans l’impasse. À la pointe du combat, la Kabylie brisait le mur de la peur, en avril 1980, en exigeant bruyamment la reconnaissance de sa langue et de sa culture, opprimées par l’arabo-islamisme. Ce «printemps berbère» fera de la région rebelle un bastion des luttes pour la conquête des libertés.

Après les émeutes sanglantes d’octobre 1988, le pouvoir concède une «ouverture démocratique» contrôlée. Alors que l’Algérie se donne majoritairement au FIS, la Kabylie marque sa singularité par le choix de deux partis laïques : le FFS, de l’opposant historique Hocine Aït Ahmed, et le RCD de Saïd Sadi, l’animateur du Mouvement culturel berbère. Avec la guerre civile des années 1990, la «Petite Suisse», divisée, est contrainte au rôle de supplétif. Si le RCD s’allie à l’armée contre le «fascisme vert», le FFS choisit le FLN et le FIS pour «défendre le choix du peuple».

Avec le président Bouteflika, la région rebelle sera sacrifiée sur l’autel d’arrangements claniques, au nom de la «réconciliation nationale». L’opération de mise au pas commence en avril 2001, par la mort d’un lycéen, tué par une rafale de Kalachnikov dans les locaux de la gendarmerie. La population dénonce le crime et manifeste sa colère dans la rue ; les forces de l’ordre tirent dans le tas. Bilan : 126 morts et des dizaines de blessés. Aux partis politiques impuissants et discrédités s’est substitué le Mouvement citoyen des Aarchs («tribus»), une organisation ancestrale ressuscitée pour l’occasion, mais dont certains chefs influents roulent pour les services secrets.

Zone de non-droit

En 2002, la reconnaissance du berbère comme langue nationale brise un tabou symbolique ; sur le terrain, elle n’aura aucune incidence concrète. Parallèlement, une politique volontariste de déplacement de populations arabophones vers Tizi-Ouzou, la capitale régionale, tente de diluer les spécificités de la culture locale. Terroristes «repentis» indésirables dans leur douar d’origine, repris de justice, recasés des bidonvilles et marginaux ramenés d’ailleurs feront de la cité-dortoir de la Nouvelle-Ville un cloaque de délinquance, de violence et de trafics en tous genres. Dans ce fief salafiste, des moines-soldats, ont déjà imposé de nouvelles «traditions» au détriment de la culture et de la langue kabyles.

De la diversité revendiquée comme «une richesse dans une Algérie plurielle», les Kabyles sont contraints, par la répression et les manipulations, à l’isolement et au repli communautaire. L’idée d’une large autonomie lancée, en juillet 1998, par un groupe d’intellectuels, est reprise, en juin 2001, par un noyau de militants, qui créent le Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie. Si le «divorce à l’amiable avec l’Algérie » séduit une frange importante de la jeunesse élevée dans le culte de la «résistance au pouvoir central », l’idée est déjà plombée par le discours approximatif des dirigeants de ce mouvement qui tombent parfois dans la surenchère indépendantiste. Avec la proclamation, en juin 2010 à Paris, d’un «gouvernement provisoire kabyle» en exil qui navigue à vue, sans ancrage dans le terroir, le MAK suscite la méfiance des militants les plus actifs.

Politiquement neutralisée, la Kabylie est devenue une poudrière. Cette zone de non-droit est livrée à la délinquance et au «terrorisme résiduel». Face à un régime en crise, la voie pacifique empruntée jusque-là par les activistes a atteint ses limites. À court terme, les provocations récurrentes et l’absence de perspectives risquent de pousser une jeunesse impatiente vers des choix extrêmes.

Le régime idéal pour ne pas reprendre de poids – Doctisismo


Le plus dur, ce n’est pas la chute, c’est l’atterrissage… Pour les régimes, c’est un peu la même chose : le plus dur, ce n’est pas tant de perdre les kilos que de ne pas les reprendre. Zoom sur le régime DIOGenes, qui préconise un régime riche en protéines et aliments à indice glycémique bas pour ne pas reprendre les kilos perdus.

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Régulièrement en Une des magazines féminins, notamment à l’approche des beaux jours, les régimes sont loin d’être à la diète. Entre prévention des risques liés au surpoids et à l’obésité et obsession de la minceur, les raisons de s’y mettre sont diverses et variées. Mais les risques existent : récemment pointés du doigt par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), les régimes stars (Dukan, Atkins et consorts) induiraient de nombreuses carences potentiellement graves pour la santé. Pire, d’après une récente étude américaine, les régimes hyperprotéinés à base de protéines animales, augmenteraient les risques de mortalité. Mais surtout, d’après ce même rapport de l’Anses, 8 personnes sur 10 qui ont suivi un régime reprennent les kilos perdus en 1 an !
Bref, difficile de savoir à quel saint se vouer… Pourtant, selon une étude publiée dans le New England Journal of Medicine1 il serait possible de ne pas reprendre de poids après un régime amaigrissant, à condition de suivre le régime approprié…

Un régime hypocalorique pendant 8 semaines

Eviter reprise poids après régimeL’étude en question a été baptisée DIOGenes, pour « Diet, Obesity and Genes »2. Dans le cadre de ce large projet européen (financé par des fonds publics), cette étude menée sur 6 mois avait pour objectif de trouver un régime type susceptible de prévenir l’obésité.
La méthode utilisée est relativement simple : dans un premier temps, il s’agissait de faire suivre un régime pauvre en calories à des personnes en surpoids (IMC moyen de 34), puis de leur faire tester différents types de régimes pour étudier leur incidence sur le maintien du poids obtenu.

Ainsi, 938 personnes issues de 8 pays (la Bulgarie, la République tchèque, le Danemark, l’Allemagne, la Grèce, l’Espagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni) ont suivi pendant 8 semaines un régime dont les apports caloriques quotidiens tournaient aux alentours de 800 kcal (jusqu’à 1000 kcal). Rappel : en temps normal, un apport de 2000 kcal est conseillé, même si cet apport peut fortement varier en fonction de du sexe, de l’âge, du poids et de l’activité physique (une femme sédentaire de 38 ans n’aura pas les mêmes besoins qu’un homme sportif de 20 ans…).

Concrètement, ce régime hypocalorique se constituait entre autres de substituts de repas ainsi qu’une portion quotidienne de 400 g de fruits et légumes. A noter que les substituts de repas utilisés étaient conformes à la directive européenne Directive 96/8/CE3.

Pour le Dr Jean-Michel Lecerf, chef du service nutrition de l’Institut Pasteur de Lille, « ces substituts peuvent fournir une aide ponctuelle pour la perte de poids. Mais autant socialement que d’un point de vue gustatif, cela peut être lassant et difficile à tenir sur le long terme ». Ca n’est pas l’avis de Martine, jeune femme au régime avec un IMC de 26 : « Pour ma part, ces produits sont très pratiques, notamment pour le déjeuner où je n’ai pas à me préoccuper de savoir quoi préparer. Au niveau du goût, de nombreux progrès ont été fait ces dernières années et puis au final, ça fait gagner pas mal de temps ! ».

Toujours est-il qu’au final, sur les 938 participants, 773 sont arrivés au bout des 8 semaines de régime, présentant une perte de poids moyenne de 11 kg, chacun d’entre eux ayant perdu en moyenne 8 % de leur poids de base !

Six mois d’essais de stabilisation

Une fois la perte de poids effective, les participants ont été divisés en 5 groupes : un groupe contrôle et d’autres groupes où variaient l’indice glycémique, l’apport en glucides et l’apport protéique. Ces régimes devait être suivi durant 26 semaines, c’est-à-dire 6 mois.

Bien évidemment, les participants n’étaient pas laissés à l’abandon, ils bénéficiaient du soutien d’un diététicien (chaque semaine durant les 6 premières semaines puis une fois par mois par la suite). A noter que l’une des originalités de cette étude est d’avoir également fait participer les familles. En effet, les chercheurs sont partis du principe que si toute la famille avait le même régime alimentaire, l’observance des participants allait être meilleure. En plus de cela, des recettes et des conseils sur la manière de cuisiner étaient distillés aux familles participantes… « Effectivement, la question de l’adhérence au régime est essentielle pour favoriser la non reprise du poids perdu », confirme le Dr Lecerf. Parce que le plus souvent, ça n’est pas tant la perte de poids que la non reprise qui est difficile. Et cela dépend aussi beaucoup de l’histoire de la personne (quel surpoids, depuis combien de temps, etc.)… »

Avec 773 participants au départ, ils n’étaient plus que 548 à avoir suivi avec assiduité le régime qui leur était assigné. Après analyse des données, il s’est avéré que les régimes à indice glycémique faible et/ou avec un fort apport protéique évitaient de reprendre du poids (un peu moins d’1 kg en moyenne sur 6 mois). Pour le Pr Arne Astrup, de l’Université de Copenhague et coordinateur de l’étude DIOGenes « Cela confirme bien que le choix du régime après une période d’amaigrissement joue un rôle important dans le maintien du poids. Mais surtout, cela confirme l’intérêt d’un apport en protéines important pendant et après un régime car elles évitent la fonte musculaire et favorisent la sensations de satiété ».

Les régimes riches en protéines, dangereux pour la santé ?

Le problème est que les régimes dits hyperprotéinés n’ont pas bonne presse pour le moment et les consommateurs se posent, légitimement, de nombreuses questions relatives à ces régimes. Devenir ou rester mince, oui, mais pas n’importe quel prix.

D’ailleurs, l’Anses pointait du doigt les régimes hyperprotéinés en soulignant les risques de carences ainsi que le risque d’effet yo-yo (reprise rapide des kilos perdus). Une autre étude, américaine cette fois-ci, soulignait, elle, la dangerosité des protéines animales dans le cadre de tels régimes, préconisant un recours plus fréquent aux protéines végétales.

Attention cependant à ne pas mettre tous les régimes dans le même panier ! Car, comme le souligne le Dr Lecerf, « de manière générale, tous les régimes hypocaloriques sont de fait hyperprotéinés. Lors d’un régime normal, la part des protéines dans l’apport énergétique journalier est comprise entre 12 et 15 % et lors d’un régime hypocalorique, cette part passe à 20-25 %. Le problème des régimes mis en cause dans notre rapport, c’est qu’ils étaient faussement hypocaloriques »4.
Dans le cadre d’un régime amaigrissant ou d’un régime de maintien, l’essentiel est d’apporter suffisamment de protéines pour l’effet satiétogène mais aussi d’inclure un certain nombre d’aliments à indice glycémique bas, comme les fruits, les légumes secs, les oléagineuses…

« Mais dans la vie quotidienne, c’est tout de suite plus difficile de faire l’impasse sur le pain, les pommes de terre… Tout ce qui compose notre alimentation classique », nuance le chef de service.

« L’intérêt majeur de l’étude, c’est de montrer qu’avec un régime à indice glycémique bas et un apport glucidique suffisant, il est possible d’éviter la reprise de poids. De manière générale, il faut favoriser les protéines, en faisant attention à varier entre protéines animales et végétales » conclut le Dr Lecerf.

Yamina Saïdj, le 28 juin 2011

Sources :

Entretiens avec Arne Astrup et Wim Saris, dans le cadre du Congrès européen de l’obésité (ECO 2011), 25 mai 2011

Entretien téléphonique avec le Dr Jean-Michel Lecerf, 27 juin 2011

UNE BELLE MORT…


images drôles 3

Un instituteur demande à ses élèves:

–  » D’après vous quelle serait pour vous une belle mort ? « 

Ce à quoi une petite fille au fond de la classe répond :

–  » C’est mourir comme mon grand-père. « 

–  » Ah bon réplique le maître. Et comment est-mort ton grand-père ? « 

–  » Il s’est endormi. »

La dessus le maître demande alors :

–  » Et quelle serait alors selon vous une mort atroce ? « 

Et la même petite fille répond :

–  » Ce serait mourir comme les copains de mon grand-père. »

Le maître intrigué demande alors à la petite fille :

–  » Et comment donc sont-ils morts ? « 

–  » Ils étaient dans la voiture de mon grand-père quand il s’est endormi… « 

(merci à RIGOLUSMAN pour cette farce)