Pensée du lundi 18 juillet 2011.


« Vous n’avez pas une idée juste de ce qui est le plus important
pour vous. Combien de fois vous perdez votre paix ! Oui, la paix
de votre âme, vous la donnez bien souvent pour rien, et quand
vous voulez vous présenter devant le Seigneur, vous n’avez pas le
visage intérieur qui convient. Parfois, vous prêtez aussi votre
coeur et votre intellect à des activités louches : quel bien en
retirez-vous ?… Or, dans la nature, il existe une hiérarchie
des valeurs et vous devez distinguer désormais ce qui est
essentiel de ce qui est sans importance. C’est ainsi que vous
entrerez en possession de vos véritables richesses.
Jésus, dans les Évangiles, a montré qu’il possédait ce savoir.
Après avoir jeûné quarante jours dans le désert, il fut tenté par
le diable. « Tu as faim, lui dit Satan, pourquoi ne
transformes-tu pas ces pierres en pains ?… Jette-toi du haut du
Temple, Dieu enverra des anges pour te protéger… Regarde tous ces
royaumes : si tu te prosternes devant moi, je te les donnerai… »
Mais Jésus a repoussé les propositions du diable, il lui a prouvé
que les avantages matériels ne présentaient aucun intérêt pour
lui en comparaison des biens spirituels. »

Omraam Mikhaël Aïvanhov
 

Les câlins rendent les hommes heureux | Slate


Le Kinsey Institute de l’université d’Indiana, aux Etats-Unis, vient de publier une nouvelle étude (PDF) sur la vie sexuelle des couples ensemble depuis longtemps en se basant sur des entretiens dans cinq pays. Et les conclusions de l’équipe de six chercheurs, qui ont interrogé plus de 1.000 couples aux Etats-Unis, au Brésil, en Allemagne, au Japon et en Espagne, contredisent plusieurs idées reçues très répandues sur la sexualité de ces couples.

Julia Heiman, directrice du Kinsey Institute for Sex, Gender and Reproduction, un centre de recherche spécialisé sur la sexualité humaine depuis 1947, a dirigé les travaux et explique l’intérêt de l’étude:

«On entend souvent parler de recherches et d’explications sur le divorce; mais il est important de noter que même si le nombre de divorces est élevé aux Etats-Unis, les couples ont tendance à rester mariés; plus de 50% des couples américains ne se marient qu’une fois et le restent, un chiffre qui atteint 90% en Espagne. Nous savons grâce à d’autres études que les relations amoureuses qui durent peuvent avoir un effet bénéfique sur la santé. Peut-être pouvons-nous en apprendre davantage sur ce qui rend ces relations stables et heureuses.»

Première surprise: les hommes sont encore plus friands de câlins que les femmes. Les hommes qui font souvent des câlins à leur partenaire ont trois fois plus de chances d’estimer avoir une relation de couple heureuse que ceux qui n’en font pas. Les femmes qui font souvent des câlins n’ont que 1,59 plus de chances de s’estimer heureuses dans leur couple.

Autre trouvaille de l’étude: avoir des relations sexuelles plus fréquentes semble jouer un rôle plus important dans le bonheur des femmes en couple que dans celui des hommes. Le site Business Insider résume:

«En d’autres termes, une femme qui a neuf relations sexuelles par mois a 1,24 fois plus de chances d’être heureuse qu’une femme qui fait l’amour quatre fois dans le mois.»

Julia Heiman conclut:

«Nous nous sommes rendu compte que la satisfaction relationnelle et sexuelle ne veut pas dire la même chose pour tous les couples, et dans toutes les cultures. […] Nous voulons avoir une compréhension du fonctionnement et de la satisfaction des relations amoureuses plus centrée sur le couple que sur l’individu.»

Photo: Cuddling couple/anterwerpenR via Flickr CC License by

Reich, le grand prosélyte de l’orgasme | Slate


Un nouveau livre explore l’héritage extrêmement singulier du psychanalyste autrichien émigré aux Etats-Unis.

– Détail de la couverture de «Adventures in the Orgasmatron» de Christopher Turner –

 

AUJOURD’HUI, QUAND LE SEXE se mélange à la politique, l’opprobre en est l’issue la plus probable. On pense photo de bas-ventre, suite au Sofitel, toilettes d’aéroport, tache sur une robe bleue. Le sexe, considéré comme scabreux et compulsif, est le signe d’une personnalité défectueuse: ordalique, cupide, délirante et hypocrite.

Il est difficile, peut-être, de se rappeler que le sexe a été un jour –dans l’idéal– la continuation d’une politique radicale par d’autres moyens. En concevant la formule de «révolution sexuelle», Wilhelm Reich voulait dire transformation de tous les domaines: santé, mariage, économie, morale et gouvernement. C’était dans le sexe, pensait-il, qu’on devinait l’individualité intégrée, libérée d’une culture aliénante et d’un État autoritaire.

Le livre de Christopher Turner, Adventures in the Orgasmatron («Aventures dans l’Orgasmatron»), expose, en partie, ce passé où le sexe portait la promesse d’une réforme sociale. Son sous-titre a beau être How the Sexual Revolution Came to America («Comment la révolution sexuelle est arrivée en Amérique»), son ouvrage est globalement une biographie sexo-centrée de Reich, le grand prosélyte de l’orgasme.

Parce qu’il croyait en l’orgone, une forme imaginaire d’énergie, Reich est aujourd’hui sujet à moquerie (l’Orgasmatron est le nom de la caricature que fait Woody Allen, dans Woody et les robots, de l’accumulateur d’orgone de Reich, une boîte en métal et en contreplaqué de la taille d’une cabine téléphonique, censée renfermer une force thérapeutique et revitalisante). Mais Reich est aussi un personnage fascinant et injustement oublié. S’il s’était arrêté là, on se rappellerait peut-être aujourd’hui de son chef-œuvre précoce, L’Analyse caractérielle, un ouvrage qui changea à jamais la manière de faire en psychothérapie. C’est ensuite –dans un projet fou et confus– qu’il fit le rêve d’une société sauvée par le sexe.

«Armure caractérielle»

A la fin de la Grande Guerre, Reich, 22 ans et étudiant en médecine, frappe au 19 de la Berggasse pour demander des références bibliographiques à Freud. Il devient son protégé. Dès le milieu des années 1920, Reich dirige le séminaire technique de la Société viennoise de psychanalyse. Sa contribution est résumée dans un précepte enseigné à des générations de psychanalystes: interpréter le caractère avant son contenu. Reich observe que ses patients, en freudiens dévoués, partagent peut-être certains souvenirs de la scène primitive mais camouflent des sentiments généralement honteux sous des torrents de parole. Reich conclut qu’il doit s’occuper, selon ses termes, de «l’armure caractérielle».

Obstinément, Reich brave ses patients et leur apparente coopération, qu’il voit comme une tactique de sabotage du changement. Fritz Perls, fondateur de la Gestalt-thérapie, trouvait Reich «narquois et brutal». Mais pour un de ses patients, cité par Turner, le génie clinique de Reich se résume ainsi:

«Sa faculté à détecter le moindre mouvement, la plus légère inflexion de la voix, le plus subtil changement dans l’expression, était sans commune mesure… Jour après jour, semaine après semaine, il cherchait à attirer l’attention d’un patient sur une attitude, une tension dans son expression faciale, jusqu’à ce qu’il la ressente et comprenne ce qu’elle impliquait.»

Quant à la ligne que le thérapeute devait suivre, les propositions de Reich visent à mettre l’accent sur tout signe de retenue et de résistance.

Freud a soutenu un concurrent

Freud réalise qu’il a soutenu un concurrent dont le projet était de mettre l’analyse sens dessus dessous. En 1926, il interrompt une allocution de Reich et objecte: «On doit évidemment analyser et interpréter les rêves d’inceste dès leur apparition.» Pour Freud, et son intérêt pour les lapsus, les mots étaient le moyen d’expression principal de l’esprit. Mais l’intonation est matérielle, elle aussi, et coïncide avec le compte-rendu onirique.

Le grand public a fini par adopter l’opinion de Reich, pour voir le comportement d’un patient comme quelque chose d’aussi pertinent que ses paroles. Avec Reich, les mécanismes de défense –le narcissisme, l’agression passive, etc.– sont passés au premier plan. La psychanalyse s’est orientée depuis vers d’autres concepts (l’empathie, en particulier), mais la façon dont une thérapie freudienne se déroule aujourd’hui tient plus de Reich que de Freud.

Quand on demande contre quoi on se défend, ou ce qu’on réprime, la réponse, selon la psychanalyse classique, implique toujours le sexe. Mais ce qui doit advenir du sexe, rien n’est moins sûr. En abandonnant sa foi initiale en l’orgasme, Freud conçut une théorie favorisant une certaine frustration de l’énergie sexuelle, qui peut être ensuite canalisée dans la créativité. En se ralliant à la première pensée freudienne qui faisait de la sexualité un vecteur de santé, la pensée de Reich devint monumentale (Turner, citant la fille de Reich, Lore, vise à montrer que, depuis le début, il était clair que son père était maniaco-dépressif: «Peut-on encore en douter?»). C’est ainsi que Reich élabora des plans grandioses de réforme culturelle par le biais de l’éducation sexuelle.

En fusionnant des versions abandonnées du freudisme et du marxisme, Reich se met à voir dans le refoulement et la névrose les causes et les conséquences de la propriété privée bourgeoise et du patriarcat. Il ouvre des cliniques de consultation sexuelle gratuite, tout en promouvant l’orgasme et le communisme en arpentant la ville à bord d’une camionnette. L’expression ostensible de la libido, qui partait des amours libres entre adolescents, allait permettre l’avènement de la conscience politique prolétarienne. Très vite, Reich est exclu du mouvement analytique et du Parti communiste.

«Fêtes grivoises et théâtrales»

Reich comptait de nombreux admirateurs parmi les jeunes analystes et l’avant-garde littéraire et artistique. Lors d’un rassemblement reichien en 1930, près d’un lac, un observateur décrivait complaisamment la chose comme «un engouement pour l’exhibitionnisme et le voyeurisme d’histoires d’amour semi-publiques. La promiscuité y était mise en scène, on donnait des fêtes grivoises et théâtrales, et on se baignait nus». Comme Turner le démontre ensuite, une telle idéalisation du sexe fait aussi des victimes.

Reich se met en couple avec une ancienne patiente, qui meurt quelques mois après le début de leur aventure, probablement des suites d’un avortement raté. Reich s’en remet rapidement et se marie ensuite, pour en divorcer, avec une autre patiente, Annie Pink, future Annie Reich (elle l’empêcha de voir ses enfants, redoutant des abus). Cette habitude d’avoir des relations sexuelles avec ses patientes, ses étudiantes et ses acolytes –souvent désastreuse pour les femmes– ne quitta jamais Reich.

La vigueur sexuelle est un idéal sur lequel il est facile de tomber d’accord. Reich avait beau être antifasciste, cela n’a pas empêché certaines branches du nazisme de soutenir ses théories. Turner cite un manuel d’éducation sexuelle, avalisé par le NSDAP, qui encourageait «la masturbation des enfants et des adolescents et les aventures extra-conjugales, tout en appelant les jeunes femmes à se libérer des carcans du refoulement pour jouir de la « vibrante humanité » qui leur était destinée». La quête de la puissance orgastique justifiait l’extermination des handicapés et des homosexuels. A l’instar du capitalisme: Herbert Marcuse présageait que le sexe serait facilement banalisé et deviendrait une marchandise intégrée dans un système marchand de production et de consommation de masse.

Après l’immigration de Reich aux États-Unis, en 1939, l’exposé de Turner prend des allures de récit picaresque narrant l’ascension d’un fou. Reich souffre alors manifestement d’une grave maladie mentale avec ses sautes d’humeur et ses délires de persécution, et des personnages interlopes, y compris des violeurs d’enfants, font partie de son cercle intime. Mais malgré tout, dans l’après-guerre et son ère de conformité terne, Reich devient un héros de la contre-culture, incarnant tout autant la licence sexuelle que l’authenticité existentielle.

Un personnage à la Zelig

Paul Goodman, connu plus tard pour son livre Growing Up Absurd (Direction absurde), familiarisa le grand-public aux écrits de Reich, qui étaient selon lui «la psychologie de la révolution». Via Reich, Goodman popularisa une philosophie qui allait connaître ses heures de gloire dans les années 1960.

Reich le promettait, Goodman s’en félicitait: on assistait à la fin des inhibitions de la plèbe, sur le point de recouvrer sa «santé sexuelle et son esprit animal» grâce à des orgasmes apocalyptiques, première condition d’une béatitude sexuelle qui allait la pousser à ne plus «tolérer des travaux mécaniques et routiniers pour y préférer (peu importe les désagréments publics) des activités spontanées et véritablement significatives».

Pour Turner, Reich en Amérique a tout d’un personnage à la Zelig, apparaissant furtivement dans la vie de plusieurs d’écrivains. Saul Bellow se fait ainsi construire un accumulateur et estime qu’il a guéri ses verrues et amélioré sa respiration. Que ce soit J. D. Salinger, Norman Mailer, Allen Ginsberg, Jack Kerouac ou William Burroughs, tous prétendent avoir séjourné dans la boîte à orgone pour en absorber les vibrations. Ginsberg écrit à Reich pour prendre rendez-vous, mais Reich refuse de traiter les homosexuels. Mailer fit sienne l’idée d’un orgasme caractère, la travailla, mais confessa bien plus tard à Turner que «l’orgasme apocalyptique lui avait toujours échappé».

Amusant, profond, bienveillant, tellurique, apocalyptique

Quant à la manière dont les subsides de Reich se sont accumulés, Turner préfère le cynisme au romantisme. Il comprend que la gestion d’une société a toujours demandé de limiter l’autonomie, que la libération sexuelle possède un lien ambigu avec la liberté politique et que les organisations radicales, a fortiori les individus radicaux, ont tendance à sortir des sentiers battus. La précocité et la productivité de Reich, son ralliement à des idéaux séduisants et son étrange charisme lui ont permis de jouir d’une crédibilité qui persiste bien après le moment où ses délires grotesques prennent le pas sur sa pensée. C’est via Mailer que le fil rouge de Turner est le plus manifeste: «Pour moi, l’important c’était la force, la clarté et la puissance des premiers écrits [de Reich], ainsi que son audace. Et parce je pense aussi que, dans un sens très basique, il avait raison.»

Quid de ce sens basique? Il semble en effet que notre relation au sexe ait toujours été un peu tendue. Culturellement parlant, nous ne prenons pas le sexe suffisamment au sérieux, mais nous ne le prenons pas non plus suffisamment à la légère. Un tel idéal sexuel est cependant difficile à définir. Le sexe doit-il être amusant, profond, créatif, bienveillant, insensible, sublime, tellurique, apocalyptique? La liste des idéaux qu’il nous est impossible de satisfaire est aussi interminable que contradictoire.

Et comme nous le suggèrent nos scandales politco-sexuels, il est difficile de soustraire le sexe de son statut répréhensible. Pas besoin d’être un psychologue évolutionnaire pour comprendre que, vu que les rapines et les infidélités sont parfois des stratégies adaptatives de procréation, la force et la transgression ont toutes les chances d’être encore longtemps stimulantes, quel que soit le contexte social. Le sexe demeurera peut-être toujours problématique.

Néanmoins, nous n’avons pas totalement échoué, dans la seconde moitié du XXe siècle, à progresser avec le sexe, même si Reich n’a pas triomphé. Les femmes peuvent aujourd’hui défendre leurs inclinations érotiques, que ce soit positivement ou négativement. Nous arrivons de mieux en mieux à isoler les rapports sexuels de la grossesse ce qui, globalement, est une bénédiction. Nous pouvons en parler de plus en plus franchement, et à peu près partout. La technique se transmet sans détour. Tout du moins, ce sont des vérités qui s’appliquent aux privilégiés.

De Oprah à Obama

Dans Saving the Modern Soul («Sauver l’âme moderne»), la sociologue Eval Illouz décrit ce qu’elle nomme la stratification émotionnelle. Elle commente un passage des Nouvelles conférences d’introduction à la psychanalyse, où Freud compare la fille du gardien –qui vit au sous-sol, a plusieurs aventures sexuelles, jouit d’une belle carrière et s’épanouit–, à celle du propriétaire –qui vit dans les étages, est formée aux idéaux de l’abstinence, tombe dans la névrose et stagne.

Aujourd’hui, comme l’observe Illouz, ce sont les habitants des étages qui sont formés à devenir socialement et sexuellement compétents. Dans les entretiens de son livre, les membres de la classe ouvrière ont plus de risques, par rapport aux classes plus aisées, de regretter une communication conjugale médiocre et des relations amoureuses défaillantes.

En lisant Illouz, puis Turner, j’ai pensé à l’héritage de Reich. Son legs se retrouve largement chez Oprah Winfrey, et dans la diffusion pléthorique de conseils sur l’intimité et le développement personnel. La culture de la confession n’a pas suscité de nirvana politique mais nous pouvons voir un lien –et c’est mon cas– entre l’investissement d’Oprah pour la cohésion émotionnelle, son succès et l’élection d’Obama, un homme sachant parfaitement organiser une communauté, un conciliateur et un très subtil mémorialiste, à la présidence des États-Unis. Ce lien entre la conscience personnelle et la conscience politique est plus discipliné et plus tenu que tout ce qu’a pu imaginer Reich, mais c’est ici, peut-être, qu’on distingue la marque de son influence.

Peter D. Kramer

Traduit par Peggy Sastre

La France pourrait aussi relaxer des violeurs somnambules | Rue89


Par Renée Greusard | Journaliste | 13/07/2011 | 11H58

Pendant le sommeil (BLW Photography/Flickr/CC).

C’est de sexomnie, une variation sexuelle du somnambulisme, qu’il s’agit. Lundi 4 juillet, un Britannique accusé du viol d’une adolescente de 16 ans était relaxé au pays de Galles. Beau-père de la jeune fille, il n’a pas contesté l’agression mais a fait valoir qu’il souffrait de ce trouble du sommeil.

Les faits se sont produits pendant la nuit. Selon le Telegraph, Stephen L. D, qui hébergeait l’adolescente, lui avait proposé qu’ils dorment ensemble. Elle était malade et « sa chambre était plus fraîche ». Elle raconte s’être ensuite réveillée alors que son beau père l’agressait.

Un diagnostic est possible

Face à une telle affaire, la première réaction est généralement de se dire « ok, gros mytho oué », puis de se demander combien de violeurs feront désormais appel à la sexomnie pour se sortir d’une accusation aussi grave. Bref, une sale impression que la Justice se perd, en somme.

Pourtant si Stephen L.D. a été relaxé, c’est qu’il a été examiné par un expert qui a certifié sa pathologie. Isabelle Arnulf, neurologue, dirige l’unité de sommeil de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Elle explique :

« Etablir un diagnostic de sexomnie, c’est possible, mais pas toujours simple. En médecine, on parle plutôt d’un faisceau d’arguments ou de preuves. Il y a le récit de la personne et de son conjoint. »

Dans le cas de Stephen L.D., ses ex-compagnes ont effectivement témoigné pour dire qu’il s’était déjà comporté de la sorte avec elles.

Mais alors comment s’établit un tel diagnostic ? Isabelle Arnulf ne veut pas l’expliquer :

« On ne veut pas que ce soit utilisé comme un mode de défense pervers par des avocats véreux ou des agresseurs qui veulent échapper à une condamnation. »

« Une question juridique passionnante »

Il n’y a pas non plus pléthore de sexomniaques partout autour de nous. Isabelle Arnulf n’en soigne que deux ou trois par an, contre le même nombre de nouveaux cas de somnambulisme mais chaque semaine. Tous comme les crimes perpétrés par des somnambules, cette pathologie originale interroge la justice. Il y a un préjudice, mais peut-on en juger son auteur responsable ? « C’est une question juridique passionnante », juge Yves de Gratie.

Depuis 2008, cet avocat belge défend un homme accusé du viol de sa fille de quatre ans et qui assure être sexomniaque. Après avoir été acquitté une première fois à Mons, il a été condamné à quatre ans de prison ferme en appel à la cour d’appel de Charleroi. Il y a un mois, la cour de cassation de Bruxelles a rejeté son pourvoi. Aujourd’hui, l’avocat et son client s’apprêtent à saisir la Cour européenne des droits de l’homme.

« Mon client a toujours dit qu’il ne mettait pas en doute la parole de sa fille. »

En avoir conscience ou pas …

En France, il n’y a encore jamais eu (à notre connaissance) de décision sur un cas de sexomnie. Une affaire instruite à Nantes pourrait être la première de cette nature. L’avocat belge rappelle qu’une décision de relaxe serait tout aussi possible chez nous, car les deux systèmes juridiques sont relativement proches.

« En France comme en Belgique, pour qu’un prévenu soit condamné, il faut que le ministère public et éventuellement la partie civile apportent la preuve de la réunion d’un élément moral et d’un élément matériel dans l’accomplissement du crime. Lorsque le prévenu agit dans son sommeil, il n’a pas conscience de poser un acte délictueux. L’élément moral fait donc défaut. »

« Une partie du cerveau est éveillée, l’autre endormie »

Isabelle Arnulf explique que le somnambulisme est une pathologie « très complexe » qui peut diviser le corps scientifique même.

« Une partie du cerveau est éveillée, l’autre endormie. On le sait grâce aux électrodes, ou grâce à l’imagerie fonctionnelle. »

Si on a de l’humour on est tenté de demander quelle partie du cerveau accuser. Le droit ne s’encombre pas de ces considérations. Blogueuse sur Rue89, maître Laure Heinich-Luijer explique qu’en France un tel cas est prévu par l’article de l’article 122-1 du code pénal :

« N’est pas pénalement responsable la personne qui était atteinte, au
moment des faits, d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli
son discernement ou le contrôle de ses actes. »

Elle explique ensuite qu’en France dans un procès de sexomniaque, la procédure de jugement aurait été la même qu’au pays de Galles et un acquittement aurait été possible.

« Le juge aurait missionné un expert, et si l’expert avait diagnostiqué la sexomnie du prévenu, il aurait probablement aussi été jugé irresponsable. »

Mais l’avocate précise aussi :

« Depuis la loi Dati de 2008, le jugement des malades mentaux n’est plus complètement le même. Ils sont jugés irresponsables sur le plan pénal, mais il peut y avoir une audience pour que la victime puisse entendre que son agresseur est coupable mais pas responsable. »

Seule réparation possible : une audience et des soins

Cette audience devient alors la seule réparation possible, avec la thérapie ordonnée. Entre autres soins : des antidépresseurs à petites doses pour calmer la libido, et des sédatifs. Une peine qui peut sembler très légère, mais que Laure Heinich-Luijer trouve au contraire plutôt rassurante :

« Il y a une dérive du tout sécuritaire en ce moment, la Justice veut absolument juger. Souvent avec cette idée complètement fausse : tant que les gens sont en prison, ils ne peuvent pas nuire.

On pense aussi que si on les envoyait dans un hôpital psychiatrique, ils en ressortiraient tout de suite. Mais c’est faux ! Et en réalité, quelqu’un qui est en prison en sort aussi un jour et en général beaucoup plus dangereux car son état s’est aggravé. »

Mais il reste un souci : un sexomniaque, qui violerait une personne en étant tout à fait conscient de ses actes pourrait utiliser sa pathologie pour échapper à une condamnation. C’est toute la problématique de ces cas, juge Laure Heinich-Luijer.

« On juge l’acte de quelqu’un à un moment donné, on ne juge pas une
personne, on ne juge pas une maladie. C’est le summum du cas d’école. »

Photo : pendant le sommeil (BLW Photography/Flickr/CC).

Une journée avec l’ambassadeur français en Tunisie | Slate Afrique


Le jeune ambassadeur de France en Tunisie, Boris Boillon, redouble d’efforts pour renouer les liens avec les Tunisiens. Le début de son mandat en février 2011 avait été marqué par plusieurs maladresses diplomatiques au moment même où les relations avec la classe politique française étaient déjà tendues.

Durant toute une journée, une équipe de Tunivisions a suivi l’ambassadeur sur le terrain et publié la vidéo le 12 juillet 2011, soit quatre mois après sa nomination. De l’inauguration de la médiathèque Charles de Gaulle à la visite d’un centre d’appel, en passant par l’événement breakdance à l’Acropolium de Carthage, Boris Boillon n’économise pas ses forces pour retrouver une image plus présentable aux yeux de tous les Tunisiens.

Avisé des questions sociales, économiques et culturelles auxquelles se trouve confrontée la Tunisie, l’ambassadeur tient à délivrer un discours optimiste. Le diplomate veut rendre compte des initiatives françaises pour aider le pays en reconstruction:

«Je me rends régulièrement dans les entreprises françaises pour voir le climat des affaires, pour voir s’ils ont des problèmes ou pas, et surtout s’ils sont dans la logique de poursuivre leur investissement en Tunisie, c’est très important. La plupart d’entre eux parient sur la Tunisie et sont très optimistes.»

En sortant de la compétition de breakdance, la première dans le pays, dont il a salué l’initiative culturelle, Boris Bouillon a confié l’un de ses regrets:

«Moi ma frustration c’est de ne pas avoir pour l’instant suffisamment de temps pour voyager dans toute la Tunisie, mais ça fait vraiment partie de mes objectifs, d’aller à la rencontre des gens, des vrais gens comme on dit.»

Le spécialiste du Moyen-Orient, ancien conseiller diplomatique du président de la République française Nicolas Sarkozy, était en 2009 ambassadeur de France en Irak où, comme en Tunisie, il avait pris en charge le développement économique du pays:

«La reconstruction en Irak est le marché du siècle: 600 milliards de dollars! La France doit être aux avant-postes», déclarait-il au magazine Challenges en 2010.

Au mois d’avril, on annonçait le départ de Boris Bouillon et l’arrivée d’Yves Marek, un énarque d’origine tunisienne. Quatre mois après sa nomination, le remplaçant de Pierre Ménat est toujours en poste et s’efforce de faire preuve de «dignité», l’un des mots d’ordre de la révolution tunisienne.

Lu sur Tunivisions

Du chien dans l’assiette des Congolais | Slate Afrique


Le chien est le meilleur ami de l’homme. Un adage qui semble se vérifier en République démocratique du Congo (RDC) où l’on trouve au canidé bien d’autres vertus que sa fidélité. Victimes de la crise financière qui frappe la région des Grands lacs et de la hausse vertigineuse du prix des denrées alimentaires, certains Congolais ont dû changer leurs habitudes en consommant de la viande de chien.

Au contact de la population, le site Radio Nederland Wereldomroep rapporte qu’un marché de vendeurs spécialisés dans la viande de chien s’est installé dans le quartier populaire de Majengo à Goma, à l’est de la RDC. Comme solution de remplacement à la viande bovine, actuellement hors de prix, «entre 5 et 10 dollars (environ 3 et 7 euros) le kilo», les habitants expliquent pourquoi ils se sont tournés vers la viande de chien.

«Les années passées, la viande de chien n’était pas sur le marché, car on ne mangeait pas de cette viande. Quand on apprenait que nos enfants en mangeaient chez les voisins, ils devaient être punis sévèrement. Aujourd’hui, la vie nous oblige tous à consommer du chien, car la viande bovine coûte énormément cher», confie Jeannette Ndamuso, mère de huit enfants.

Ce marché spécialisé en plein développement est régulièrement approvisionné, «même chez nous à Katoyi (une localité sur le territoire de Masisi, dans la province de Nord-Kivu), nous trouvons très facilement de la viande de chien à tous les prix», témoigne Solange Mudekereza. Les chiens sont achetés entiers entre 5 et 10 dollars par plusieurs familles. «Cela nous permet de manger de la viande plusieurs fois par semaine», explique un père de famille.

La consommation de la viande de chien ne présente pas de risque pour la santé de la population congolaise, sous réserve des conditions d’hygiène et de la bonne santé des animaux domestiques. Cette ancienne pratique asiatique était en Afrique réservée à l’origine à certaines tribus installées le long de la province de Kasaï, la rivière d’Afrique centrale.

Sur le marché de Goma, la viande de chien est proposée aux amateurs sous toutes les formes: grillée, en brochettes ou crue. Quant au goût, elle n’aurait rien à envier aux autres viandes, et conviendrait à l’appétit des Congolais:

«Aujourd’hui, je mange du chien sans problème, c’est une viande comme toutes les autres, et elle a d’ailleurs une très bonne saveur», garantit Odette Nyabadeux.

Lu sur Radio Nederland Wereldomroep

Planète Québec – Sexe insolite : Les plaisirs de la femme plus âgée


Des chercheurs ont découvert que la femme plus âgée peut être tout aussi sexy que la jeune femme. L’homme est plus porté à choisir une femme plus âgée séduisante plutôt qu’une jeune femme au look plus ordinaire. Une équipe a fait des expériences en montrant à des groupes d’hommes des photos de femmes sexy et non d’âges divers.

Vous pensiez que les hommes iraient toujours vers des femmes de 20 ans? Ils ne le font pas! Ils préfèrent ce qui est attrayant plutôt que la jeunesse lorsqu’ils choisissent un partenaire à long terme.

Ce qui est intéressant est que si un homme essaie de répandre ses gênes le plus possible, il ira vers un partenaire qui pourra porter le plus grand nombre d’enfants. Aussi, il est plus attiré par les belles femmes avec la stratégie inconsciente d’avoir de beaux enfants. De beaux enfants, bien sûr, vont probablement répandre ses gênes plus facilement.

La théorie pourrait expliquer l’engouement des hommes jouets célèbres pour la femme plus mûre dans la cinquantaine. Même les hommes dans la vingtaine choisissent des femmes séduisantes dans la mi-quarantaine au lieu de femmes de leur âge.

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Le sperme qui fait rire

Selon une dépêche de l’agence Reuter, les hormones dans le sperme pourraient contribuer à lutter contre la dépression chez les femmes.

En effet, les femmes dont les partenaires n’utilisent pas de condom auraient tendance à être moins dépressive.

Des chercheurs de l’Université de New York croient que les hormones sont absorbés via les tissus du vagin. Par contre, ils ne militent pas pour autant en faveur du sexe non protégé.

«De toute évidence, dit le chercheur Gordon Gallup au magazine New Scientist, les inconvénients et dangers d’une maladie transmissible sexuellement ou d’une grosesse non désirée sont beaucoup plus grands que les avantages d’hormones joyeux.

New Scientist écrit que les résultats de cette recherche ne sont pas tout à fait nouveaux car on connaissait depuis longtemps les vertus des hormones du sperme.

On a même décelé des traces d’hormones mâles dans le sang de certaines femmes quelques heures après avoir été exposées au sperme.

Elle dépense 17.000 euros pour être sûre d’avoir une fille !


 

bébé fille.jpgElle dépense 17.000 euros pour être sûre d’avoir une fille !

 

Là où certains parents se réjouissent des décisions de la nature, d’autres refusent d’avoir un garçon s’ils rêvent d’une fille et l’inverse. Il existe des régimes en tout genre qui aident à déterminer le sexe de l’enfant qu’on attend. Mais les résultats sont loin d’être scientifiques. Du coup, certains prennent les choses en main de manière radicale. Heather Anspach est de ceux-là.

Voyez les photos de la « famille parfaite »ici.

A 30 ans, cette Britannique déjà mère de deux garçons et d’une fille voulait absolument une autre fille pour une famille équilibrée parfaite. Elle a donc hypothéqué sa maison pour se lancer dans une procédure
de fécondation in vitro chère de 17.000 euros afin d’être certaine d’avoir une fille. Malicorne est née il y a six mois, pour le plus grand bonheur de ses parents.

« Je comprends parfaitement pourquoi Victoria Beckham voulait que son quatrième enfant soit une fille. C’est fantastique d’avoir des garçons, j’aime les miens plus que tout mais cela ne vous empêche pas de vouloir aussi une fille. J’avais déjà Madelyn et je sentais que si elle n’avait pas une soeur pour jouer avec elle, ça n’irait pas. »

Heather n’était pas la seule à vouloir absolument une petite fille. Son mari, Paul, 43 ans, était d’accord avec elle. Pour concevoir ce bébé, les médecins ont extrait les ovules de la mère et le papa a offert son sperme. Les spécialistes se sont arrangés pour implanter les embryons du sexe souhaité dans l’utérus de la mère.

Cette méthode est controversée. Les avancées de la médecine empêchent la nature de faire son oeuvre et il y a évidemment plus important dans la vie que de choisir le sexe de son enfant. On aime penser que tant que le bébé est en bonne santé, c’est tout ce qui importe.

Heather précise: « Je connais beaucoup de gens qui sont contre la sélection du sexe mais c’est un choix personnel. Les gens ont droit à leur opinion mais c’est notre vie et notre famille. Si j’avais la possibilité de choisir la couleur des yeux, le QI ou la couleur des cheveux, je ne le ferais pas. Chaque enfant est unique et spécial. J’aime tout mes enfants. »

(Dé.L/7sur7)

Les cancers du fumeur bientôt dépistés comme les cancers du sein | Slate


Ils pourront désormais être traités longtemps avant les premiers symptômes. Cette révolution sanitaire pose des questions qui dérangent.

– Une jeune femme fume une cigarette. REUTERS/Toru Hanai –

 

 

C’EST A PRIORI UN PROGRÈS MAJEUR de cancérologie et de santé publique. C’est aussi une avancée qui soulève une somme non négligeable de questions pratiques, politiques et éthiques dont les derniers éléments viennent d’être rapportés dans le New England Journal of Medicine.

A l’initiative de l’Institut national américain du cancer, un groupe de chercheurs révèle qu’il est possible, grâce à des examens radiologiques spécialisés et répétés, de réduire de 20% la mortalité prématurée chez les fumeurs et les anciens fumeurs exposés à un fort risque de cancer broncho-pulmonaire mais qui ne présentaient au départ aucun des symptômes de cette affection.

Les chiffres du cancer en France

L’Institut de veille sanitaire (Invs) a publié le 11 juillet la dernière estimation officielle en date de l’incidence et de la mortalité par cancer pour 2011. Il apparaît que chez l’homme, le cancer du poumon arrivera en deuxième position (27.500 cas selon les estimations).

Alors que son incidence baisse légèrement chez l’homme, elle est revanche en forte hausse chez la femme (12.000 nouveaux cas estimés), avec une hausse de 20% par rapport aux estimations de 2010, et une mortalité en constante augmentation (8.100 décès envisagés en 2011, soit plus 5%); une situation qualifiée de «préoccupante» par les auteurs de ce travail.

Ces résultats spectaculaires, derniers d’une étude nationale lancée aux Etats-Unis en 2002 et menée auprès de plus de 53.000 hommes et femmes volontaires gros consommateurs de tabac, ouvrent ainsi pour la première fois la voie à la mise en place de campagnes massives de dépistage précoce.

Le cancer du fumeur pourrait bientôt être recherché de manière systématique de la même manière qu’existent aujourd’hui des dépistages des cancers du sein, du col de l’utérus ou du côlon.

[Pour en savoir + sur les difficultés actuelles de dépistage]

En dépit de leur fréquence et de leur gravité, les cancers broncho-pulmonaires dus à la consommation chronique de tabac résistaient jusqu’à présent aux investigations radiologiques cherchant à établir des diagnostics très précoces; or seuls ces diagnostics permettent d’espérer une meilleure prise en charge thérapeutique et une amélioration des chances de survie. A l’exception des hémoptysies (crachements de sang provenant des voies respiratoires) ou de douleurs thoraciques, les premiers symptômes de ce cancer ne sont guère évocateurs: une toux, une perte de poids ou des difficultés respiratoires. Et beaucoup trop souvent le diagnostic n’est porté que lorsque la tumeur primitive a métastasé et atteint le cerveau, les os, le foie ou les glandes surrénales. A ce stade, les chances de survie sont minimes.

Faute de disposer d’outils plus performants que la radiographie thoracique standard, cancérologues et pneumologues se sont longtemps résignés.

Jusqu’au moment où, il y a plus de dix ans, les avancées techniques de la radiologie laissèrent espérer de substantiels progrès; et ce grâce au «scanner spiralé à faible dose». Cet appareil permet, à la différence de la radiographie, d’obtenir des images anatomiques broncho-pulmonaires d’une très grande précision et d’identifier des «nodules» pulmonaires de moins d’un centimètre de diamètre.

Cette identification permet ensuite de réaliser des prélèvements biopsiques permettant de faire, de manière très précoce, la différence entre les lésions bénignes et les malignes.

Avant la mise en route de l’étude américaine, on en restait au stade des espoirs et des hypothèses. Tel n’est plus le cas.

Les chercheurs ont, dans un premier temps, constitué par tirage sort deux groupes parmi 53.454 grands fumeurs âgés de 55 à 74 ans. Les membres du premier acceptaient un dépistage par le «scanner spiralé à faible dose» pratiqué trois fois par ans. Ceux du second ne faisaient l’objet que d’une radiographie thoracique.

Comme le rappelle sur son blog le Pr Antoine Flahault, directeur de l’Ecole des hautes études en santé publique (1), cette étude avait été interrompue en novembre 2010 du fait même de l’efficacité statistiquement significative observée dans le premier groupe: une réduction de 20% de la mortalité prématurée par cancer et une réduction de la mortalité toutes causes confondues de 6,7%.

Pour ne pas faire perdre de chance aux fumeurs et anciens fumeurs inclus dans l’essai, les responsables de l’Institut national américain du cancer ont d’ailleurs décidé (à la suite de cet arrêt prématuré) de faire bénéficier l’ensemble des participants de scanners répétés de dépistage.

«Nos résultats confirment qu’un dépistage par scanner peut permettre d’obtenir une réduction du nombre de décès prématurés causés par ce cancer qui tue plus de 150.000 Américains par an, souligne le Dr Denise Aberle (Université de Californie) spécialiste de radiologie et responsable de l’étude.Cette recherche va également nous fournir une feuille de route pour élaborer une politique de santé publique sur le dépistage du cancer du poumon dans les années à venir.»

Reste à savoir, précisément, quelle politique de santé publique.

L’importance du sujet ne fait aucun doute. S’il n’est pas le premier en fréquence, le cancer du poumon est la première cause de décès par cancer, en France et dans le monde.

Chez la femme, il est en progression constante: son incidence a triplé ces vingt dernières années. Le tabac est de loin le premier facteur de risque de cette pathologie. En France, avec environ 37.000 nouveaux cas estimés en 2010 (dont 73% chez l’homme), le cancer du poumon se situe au quatrième rang des cancers, tous sexes confondus. Le diagnostic est porté à un âge moyen de 65 ans. En 2010, on a recensé 28.700 décès prématurés dus à cette tumeur (21.000 hommes et 7.700 femmes). L’âge moyen du décès est de 68 ans chez l’homme et de 69 ans chez la femme.

Au vu des résultats obtenus aux Etats-Unis, les priorités sanitaires concernent désormais la définition des populations à risque qui pourront bénéficier au mieux d’un tel dépistage ainsi que le rapport coût/efficacité des futurs programmes. Il faudra encore mettre au point les meilleures stratégies de traitement chirurgical une fois qu’aura été confirmée la présence de petits nodules qui demeuraient jusqu’ici invisibles.

Mais il faudra aussi d’ores et déjà compter avec un obstacle de taille: dans près de 90% des cas le résultat fourni par le scanner est «faussement positif». En d’autres termes, ce résultat laisse penser qu’il y a présence d’un ou de plusieurs nodule(s) cancéreux alors que les examens complémentaires démonteront qu’il ne s’agissait que de lésions bénignes.

Pour améliorer le rapport coût/efficacité du dépistage, les spécialistes estiment qu’il leur faudra parvenir à sélectionner de manière fine, les consommateurs chroniques de tabac qui sont les plus exposés au risque de cancers broncho-pulmonaires débutants.

«Une fois un consensus exploré et réuni, il y a fort à penser que l’heure sera venue de proposer un examen de dépistage qui permettra de sauver des vies à d’anciens grands fumeurs, désireux de s’arrêter, ou s’étant arrêtés mais conservant un fort niveau de risque d’un cancer redoutable qu’il vaudra mieux détecter précocement, plutôt que risquer de n’avoir qu’à le soigner tardivement», estime le Pr Flahault.

Postulons qu’un tel consensus puisse être bientôt trouvé à l’échelon international. Postulons aussi qu’en France les pouvoirs publics et l’assurance maladie ne s’opposeront pas, pour des raisons financières, au lancement de campagnes de dépistage précoce des cancers du fumeur comme c’est le cas aujourd’hui avec la prise en charge de l’hypertension artérielle sévère.

Surgiront alors immanquablement des questions inédites et dérangeantes; à commencer par la manière dont les fumeurs adhèreront ou non à la proposition de dépistage qui leur sera alors faite. Auront-ils peur de savoir «où ils en sont» et continueront-ils à fumer? La perspective d’un dépistage les conduira-t-elle au contraire sur la voie du sevrage?

Apparaitra aussi rapidement une différence de taille entre le dépistage de ce cancer et celui du sein (chez la femme de plus de 50 ans), du côlon (chez l’homme et la femme de plus 50 ans) ou du col de l’utérus (chez la femme de plus de 21 ans). Toutes ces campagnes de dépistage font l’objet de recommandations formulées à un niveau international et élaborées sur la base de la démonstration scientifique de leur efficacité (réduction de mortalité prématurée).

Il pourra certes en aller de même avec le dépistage du cancer du fumeur avec une nuance de taille: ce dernier peut, à la différence des trois autres, être étroitement corrélé à un comportement (la consommation chronique de tabac) qui n’est en rien une fatalité.

On peut dès lors raisonnablement supposer que des voix s’élèveront pour soutenir que ce dépistage n’a pas à être pris en charge par la collectivité et que cette dernière devrait en toute rigueur investir beaucoup plus largement qu’elle le fait dans la prévention et l’aide massive au sevrage tabagique.

Et c’est ainsi, faute de pouvoir envisager la prohibition du tabac, que l’on prendra une nouvelle fois conscience de la situation schizophrénique —pour ne pas dire dramatiquement absurde— qui voit l’Etat taxer massivement une consommation rapidement addictive et dont les conséquences sanitaires majeures (sans même évoquer les souffrances humaines) doivent financièrement être prises en charge par la collectivité.

Jean-Yves Nau

(1) Le Pr Antoine Flahault a tenu avec moi le blog de l’épidémie H1N1 sur Slate.

LES TYPES DE FEMMES…


images drôles Nadine Jansen 1

 

La femme DISQUE DUR :

 

Elle se rappelle tout, POUR TOUJOURS.

 

La femme RAM :

 

Elle oublie tout de vous, dès le moment où vous lui tournez le dos.

 

La femme WINDOWS:

 

Tout le monde sait qu’elle ne peut pas faire une chose correctement, mais personne ne peut vivre sans elle.

 

La femme EXCEL :

 

On dit d’elle qu’elle peut faire énormément de choses mais vous l’employez surtout pour gérer votre planning.

 

La femme ÉCONOMISEUR D’ÉCRAN :

 

Elle est bonne à rien mais au moins, elle est marrante!

 

La femme INTERNET :

 

C’est une vraie avaleuse de bits

 

La femme SERVEUR WEB:

 

Toujours occupée quand vous avez besoin d’elle.

 

La femme MULTIMÉDIA :

 

Elle sait rendre jolies des choses dénuées d’intérêt.

 

La femme CD-ROM :

 

Elle va toujours plus vite avec le temps.

 

La femme Courrier électronique :

 

Sur dix choses qu’elle dit, neuf sont des pures conneries.

 

La femme VIRUS :

 

Aussi connue sous le nome d' »ÉPOUSE »; quand vous ne l’attendez pas, elle arrive, s’installe et utilise toutes vos ressources. Si vous essayez de la désinstaller vous perdez forcément quelque chose… Et si vous n’essayez pas de la désinstaller, vous perdez tout …

 

(merci à FRANCE BEAUDOUIN pour cette farce)