ANALYSE : Les chrétiens d’Orient broyés par l’histoire, actualité Où va le monde : Le Point


Les chrétiens d’Orient broyés par l’histoire

Par Pierre Beylau, rédacteur en chef du service Monde

L’église Notre-Dame du Perpétuel Secours à Bagdad © Sipa

Le carnage perpétré dimanche à Bagdad dans l’église Notre-Dame du Perpétuel Secours n’est pas un incident isolé. Il s’inscrit dans un processus qui semble inexorable : l’éradication progressive de la présence chrétienne entre Nil et Euphrate. Les pressions exercées contre les chrétiens revêtent rarement un tel degré de bestiale violence. Il s’agit, le plus souvent, de tracasseries administratives, de mesures insidieuses, de réglementations tatillonnes sur la pratique religieuse ou les lieux de culte. Mais le résultat est le même : quand ils le peuvent, les chrétiens quittent leurs terres ancestrales pour aller en Occident, où leur intégration ne pose généralement pas de problème. Il existe cependant des communautés chrétiennes difficiles à réduire, car elles sont encore protégées par leur nombre, comme en Égypte, par les institutions, comme au Liban, ou par l’idéologie du régime, comme en Syrie.

Les chrétiens d’Orient rasent les murs

Globalement, la situation des chrétiens d’Orient est néanmoins catastrophique. En Palestine, ils sont menacés par la montée en puissance du Hamas. En Israël, les Arabes israéliens de confession chrétienne sont doublement minoritaires par rapport à la société israélienne : en tant qu’Arabes et en tant que chrétiens. Au Liban, le Hezbollah chiite tient le haut du pavé, et les chrétiens ont vu leurs prérogatives diminuées, notamment au profit des sunnites. En Irak – terre d’Abraham en qui se reconnaissent les trois religions monothéistes -, le nombre de chrétiens se réduit comme peau de chagrin. En Algérie, la poignée de musulmans convertis au christianisme et accusés d’apostasie risquent leur vie. En Arabie saoudite, les choses sont plus simples : seul l’islam a droit de cité. Il n’existe aucune église sur le territoire saoudien. Argument : « L’Arabie est une terre sacrée, vous imaginez une mosquée au Vatican ? »

Les gouvernements de la plupart des pays musulmans veulent surtout éviter les vagues : ils recommandent à leurs chrétiens d’être discrets, de raser les murs.

Le nationalisme arabe, laïc, les protège

Il n’en a pas toujours été ainsi. Au XXe siècle, le nationalisme arabe se voulait laïc et refusait de s’identifier à l’islam. Il constituait un avatar du mouvement des nationalités et s’inspirait des idéologies européennes, marxistes ou nationalistes, et avait été influencé par l’expérience en Turquie de Kemal Atatürk. Ainsi naquit, entre autres, le Baas (Parti de la renaissance arabe) sous l’égide notamment du chrétien Michel Aflak qui prit le pouvoir en Syrie et en Irak. Mais un autre courant de pensée était apparu sur les bords du Nil : la confrérie des Frères musulmans. Celle-ci voyait dans le Coran l’alpha et l’oméga de la politique et préconisait de rétablir le califat.

Dans cette bataille idéologique, c’est finalement le nationalisme arabe laïc qui a été défait. Pour le plus grand malheur des chrétiens…

Auteur : samychaiban

Licencié ès lettres modernes de « l’Ecole Supérieure des Lettres de Beyrouth » , faculté française dont les diplômes sont dispensés par l’Université Lyon III, je donne des leçons particulières en langue et littérature françaises, je prépare au Bac français et je compose des notes de recherches ou des memoires pour les étudiants des Universités francophones. Contactez-moi au 96170928822 ou au 9614923322 Né le 26 octobre 1947 , à Beyrouth ( Liban ) , j’ai passé ma jeunesse au Sénégal où j’ai vécu de 1951 à 1962.J’y ai fait mes études primaires et complémentaires chez les Pères Maristes à Hann ( Dakar ).Doté de mon BEPC en 1962, je suis retourné au Liban avec mes parents.J’ai fait mes études secondaires chez les Frères Maristes à Jounieh puis à Champville et ma Terminale A au Lycée Franco-Libanais à Beyrouth.J’ai eu ma « Licence ès lettres modernes » de « l’Ecole Supérieure des Lettres de Beyrouth » , faculté française dont les diplômes sont dispensés par l’Université Lyon III.J’ai enseigné la langue et la littérature françaises de 1962 à 2006,dans différents établissements scolaires tout en ayant comme point d’attache « Saint Joseph School »,Cornet Chahwan. J’ai pris ma retraite en 2006 pour des raisons personnelles. Je suis marié et père de famille.Je suis poète à mes moments perdus,romantique et fidèle à mes amitiés.Je suis AMOUREUX FOU DU LIBAN .

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