Pensée du vendredi 1 juillet 2011.


« La vie telle que chacun la voit est en grande partie le reflet de
ce qu’il est lui-même. S’il pense qu’elle est belle, c’est qu’il
porte la beauté en lui ; et s’il pense qu’elle n’a aucun sens,
c’est qu’il est ignorant et borné.
Suivant les personnes, la vie prend des expressions tellement
différentes ! Mais la vérité, c’est que pour la majorité d’entre
elles, elle reste une inconnue. Combien de fois on entend dire :
« Eh oui, mon vieux, qu’est-ce que tu veux, c’est la vie ! » Un
homme est malade, malheureux, ruiné, trompé par sa femme, et il
dit : « C’est la vie ! » Pour tout ce qui est négatif, on dit :
« C’est la vie ». Mais de quelle vie parle-t-on ? Il y a des vies
et des vies. Il y a la vie du crapaud, du sanglier, du crocodile,
ou alors la vie de la colombe, la vie de l’ange, la vie de Dieu…
Celui qui se prononce sur la vie ne peut le faire qu’à son
niveau. La vie dans toute son ampleur, sa grandeur, son
immensité, qui peut prétendre la connaître ? »

Omraam Mikhaël Aïvanhov

Nicolas Sarkozy bousculé par un jeune homme de 32 ans : la vidéo


Capture d’écran de France Télévisions montrant Nicolas Sarkozy agrippé par un homme à Brax, le 30 juin 2011 (Photo /AFP)

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Jeudi 30 juin 2011, 18h52
Le président de la République Nicolas Sarkozy a été violemment agrippé jeudi à Brax (Lot-et-Garonne), près d’Agen, par un homme d’une trentaine d’années qui a été rapidement maîtrisé puis placé en garde à vue.

C’est la première fois que le chef de l’Etat est physiquement pris à partie lors d’un déplacement public. L’Elysée a fait savoir que M. Sarkozy ne portera pas plainte.

Selon la gendarmerie, l’agression s’est déroulée « vers 12H00 ». Nicolas Sarkozy sortait de la mairie de Brax, près d’Agen, et se rendait à une assemblée générale des maires du Lot-et-Garonne.

Les gardes du corps de Nicolas Sarkozy maîtrisent l’homme qui l’a violemment agrippé, à Brax, le 30 juin 2011 (Photo /AFP)

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La scène s’est déroulée en l’absence de la plupart des journalistes qui suivaient le déplacement : certains étaient dans la salle où le président devait ensuite intervenir tandis que les autres se trouvaient dans un bus revenant de Damazan où M. Sarkozy avait visité une usine. Seuls un photographe et un cameraman de « pool » étaient présents au moment des faits.

Sur des images télévisées, il apparaît saluant des personnes massées derrière une barrière lorsque l’une d’elles le saisit violemment par le col de la veste et le tire vers lui, le déséquilibrant. Des officiers de sécurité se jettent alors sur l’individu pour le plaquer au sol sans ménagement.

Il a ensuite été placé en garde à vue vers 13H00 dans les locaux de la Section de recherche (SR) de gendarmerie d’Agen.

Des policiers interpellent l’homme qui a violemment agrippé Nicolas Sarkozy, à Brax, le 30 juin 2011 (Photo Caroline Blumberg/AFP)

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Selon une source proche du dossier, c’est le parquet d’Agen, vu le caractère sensible de l’affaire, qui a confié l’enquête aux gendarmes de la SR.

Le procureur de la République d’Agen Pascal Prache a indiqué à l’AFP qu’une enquête de flagrance pour violences sur personne dépositaire de l’autorité publique, sans incapacité de travail, était en cours et qu’il ne privilégiait aucune « orientation procédurale à l’heure qu’il est ».

Selon le Conservatoire et la mairie d’Agen, le suspect est Hermann Fuster, un employé municipal au Conservatoire de musique et de danse d’Agen où il fait de la manutention et de l’accueil. Originaire du Lot-et-Garonne et né en 1978, il est inconnu des services de gendarmerie et de la justice.

Ses collègues le décrivent comme calme, discret, voire secret et peu loquace. Selon plusieurs témoins, il avait fait une dépression nerveuse il y a quelques mois, voire une tentative de suicide selon une voisine.

Selon une source proche de l’enquête, il voulait interpeller le président sur l’intervention de la France en Libye.

Selon le maire de Brax, Michel Bernines (NC), le suspect « allait vraisemblablement lui donner un coup de poing, je pense, et à ce moment-là, a été retenue par les hommes de la sécurité ».

« Manifestement, il était violent », a-t-il ajouté, « il l’a pris violemment par l’épaule (…) et avait bien prévu son coup ».

François Hollande, candidat à la primaire socialiste, a appelé au « respect de la fonction » présidentielle et de « l’intégrité » physique du président de la République.

Jusqu’alors, personne n’avait réussi à s’en prendre physiquement au président Sarkozy.

En janvier 2009, lors d’une cérémonie de voeux au monde de l’éducation à Saint-Lo, le dispositif de sécurité avait été bousculé par d’importantes manifestations, mais pas le président lui-même. Le préfet de la Manche et un haut responsable policier du département avaient été ensuite limogés.

Dans un autre incident resté célèbre, en 2008, Nicolas Sarkozy avait été oralement pris à partie par un inconnu lors d’un déplacement au Salon de l’agriculture. Alors que l’intéressé refusait de lui serrer la main, lançant au chef de l’Etat : « Toi tu ne me touches pas, tu me salis », celui-ci avait répliqué : « Alors casse-toi, pauv’ con ».

L’agression de Sarkozy en questions | Slate


Qui protège le président de la République? Y a-t-il eu une faille de la sécurité?

– La voiture de Nicolas Sarkozy, en visite à Paradis le 23 juin 2011, REUTERS/Philippe Wojazer –

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Nicolas Sarkozy a été brutalement attrapé par le col par un individu lors d’un déplacement à Brax, en Lot-et-Garonne, alors que le président serrait les mains de personnes rassemblées derrière une barrière. Voici les réponses à certaines des questions que vous vous êtes posées suite à cet incident.

http://www.wat.tv/swf2/331612nIc0K116479133

Qui protège le président?

La protection de Nicolas Sarkozy, hors l’enceinte de l’Elysée (à l’intérieur, ce sont les gardes républicains) est assurée par le Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), qui dépend du Service de protection des hautes personnalités (SPHP). Ce dernier s’occupe des hautes personnalités françaises et étrangères susceptibles de faire l’objet de menaces (ministres, magistrats comme le juge Bruguière, Ingrid Betancourt) tandis que le GSPR s’occupe exclusivement de la sécurité du Président et des membres de sa famille.

La composition du GSPR a fait l’objet de plusieurs changements au fil des ans. Composé exclusivement de gendarmes sous François Mitterrand puis de moitié de gendarmes et moitié de policiers sous Jacques Chirac, il compte désormais dans ses rangs uniquement des policiers, qui étaient au nombre de 80 en 2009. Le GSPR est dirigé par Michel Besnard, ancien commandant de police qui suit Nicolas Sarkozy depuis 2002 (après avoir protégé Lionel Jospin à Matignon) et préfet depuis décembre 2010.

Son rôle est défini par un arrêté datant du 17 décembre 2008:

«Le groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), sur le territoire de la République et à l’étranger, assure la protection personnelle et immédiate du Président de la République et met en œuvre les mesures nécessaires à sa sécurité, notamment à l’organisation matérielle et à la sécurité de ses déplacements.»

Les épreuves d’accès au GSPR, réputées difficiles, se font en interne dans le SPHP, composé de 760 fonctionnaires de police de tous grades, recrutés au sein de la police nationale pour une durée de 5 ans renouvelable. Les policiers doivent passer des tests psychotechniques, des entretiens individuels, des épreuves physiques, des épreuves de tir et une évaluation des connaissances professionnelles. Ils ont ensuite des stages de spécialisation dès leur affectation au service, et une formation continue.

Comment se prépare un bain de foule?

Les bains de foule font partie des événements les plus compliqués à gérer pour le GSPR. Avant chaque bain de foule, la géographie des lieux est étudiée avec les Renseignements Généraux (RG), des chiens détectent les éventuels explosifs, le risque est évalué et un dispositif de protection mobile est mis en place à proximité directe du président. Des policiers de la CRS n°1de Velizy Villacoublay – ce ne sont pas les mêmes que pour les manifestations-participent au processus et suivent l’itinéraire du président.

Un dispositif, lourd ou léger, est mis en place en fonction du degré de risque. Dans le cas du déplacement à Brax, il y a des chances pour qu’un dispositif léger ait été choisi par le GSPR car la zone ne semblait à priori pas à risque.

S’agit-il d’une faille de sécurité?

A priori non, le protocole semble avoir été respecté. Des forces mobiles étaient présentes autour du président (au moins quatre d’après les images) et dans la foule (au moins quatre également). Ce sont d’ailleurs ces derniers qui sont intervenues très rapidement, en moins d’une seconde.

Il est aussi important de prendre en compte le contexte politique de l’événement. En démocratie, il y a un équilibre à trouver entre l’accessibilité du chef de l’Etat et sa sécurité. Il est important pour les présidents d’avoir un contact direct et même physique avec la population, d’où la tradition des bains de foule. Parfois, les présidents eux-mêmes demandent à avoir un contact plus direct avec la population. Jacques Chirac lors d’une fameuse visite en Israël avait été excédé par le service de sécurité qui l’empêchait de s’approcher de la foule.

Quoiqu’il en soit, les mesures de sécurité les plus strictes ne peuvent réduire le risque à zéro. Les services de sécurité israéliens, réputés dans le monde entier pour leur efficacité et opérant dans un contexte politique très tendu, n’ont pas pu prévenir l’assassinat du président Yitzhak Rabin en 1995, tué de deux balles à bout portant dans le dos.

Fanny Arlandis, Sébastien Jaime et Grégoire Fleurot

L’explication remercie Eric Mildenberger, secrétaire national de la section province du syndicat de police Alliance, Yannick Danio, porte parole de l’Unsa-police et Patrice Ribeiro, secrétaire général adjoint du syndicat d’officiers Synergie.

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Au Maroc, Jésus n’est pas en odeur de sainteté | Slate Afrique


Les conservateurs, islamistes en tête, ont ferraillé pour que l’islam demeure la référence absolue dans la nouvelle Constitution marocaine. Ils ont été entendus par le roi, au grand dam des défenseurs d’un Etat civil.

Mosque (Maroc), by palindrome6996 via Flickr CC

Au Maroc, le Parti de la justice et du développement (PJD), qui se réclame d’un islamisme modéré, avait prévenu qu’il voterait contre la nouvelle Constitution si la loi fondamentale prévoyait la liberté de croyance. Une liberté qui porterait selon lui atteinte à «l’identité islamique du pays». Son leader, Abdelilah Benkirane, avait mis le feu aux poudres en affichant haut et fort son opposition farouche à toute référence à la liberté de culte et de croyance dans le projet de réforme de la Constitution présentée par Mohammed VI.

«Le Maroc est un pays musulman avec ses lois. En France, ils ont interdit le port du voile intégral au nom de la loi. Nous sommes tout à fait capable de voter contre cette nouvelle Constitution», avait menacé le secrétaire général du PJD, principale formation politique d’opposition au Parlement.

Des laïques accusés de «répandre le vice»

Des rumeurs persistantes affirmaient que la future Constitution marocaine stipulerait que «l’islam reste la religion de l’État, mais la liberté de croyance est garantie par la loi». Finalement, la mouture adoubée par Mohammed VI et qui sera soumise à référendum le 1er juillet conservera la notion de «libre exercice du culte», déjà prévue par l’actuelle Constitution et qui restreint la foi à la filiation. En clair, les lois religieuses demeureront donc celles qui organisent la vie sociale.

Preuve en est que les islamistes —modérés ou radicaux du reste— sont plus que jamais la troisième voix des révolutions arabes. Une voix qui passe trop souvent par le repli identitaire, et pire, par l’excommunication des tenants d’un Etat civil, seul garant des libertés individuelles et de l’égalité hommes-femmes.

«Les laïques veulent répandre le vice parmi ceux qui ont la foi, ils veulent que dorénavant, les citoyens puissent proclamer le péché. Que ceux qui veulent manger pendant le ramadan le fassent chez eux! Leur a-t-on jamais reproché pareille chose? Mais ces gens-là veulent faire des pique-niques pour manger pendant le ramadan, pourquoi? Pour que vos enfants les voient et osent violer les interdits de Dieu. Et ils veulent, probablement —du moins d’après ce que nous avons entendu— proclamer la liberté sexuelle. Ils veulent que la déviation sexuelle [l’homosexualité], qui certes, a toujours existé, devienne répandue et qu’elle se proclame publiquement.

Cela, le PJD le refuse. Que celui qui porte en lui de tels immondices se cache, car s’il nous montre sa face, nous lui appliquerons les châtiments de Dieu», avait martelé Benkirane lors d’un meeting de la jeunesse de son parti, au moment où partis politiques, syndicats et ONG menaient des tractations ardues avec la commission d’experts installée par le roi pour définir les contours de la réforme constitutionnelle.

Faut-il rappeler que les «châtiments de Dieu», tels qu’évoqués par Benkirane en langue arabe («houdoud Allah»), font référence à un concept théologique précis, celui des châtiments corporels: la peine de mort pour l’apostat et la lapidation pour les fornicateurs, a fait remarquer dans un communiqué posté sur Facebook le Mouvement alternatif des libertés individuelles (Mali), en pointe dans les revendications politiques et sociales pour la limitation de la religion à la seule sphère privée.

Boycott et chasse aux sorcières

«Discrimination, anathème, homophobie, rejet de l’autre et de la citoyenneté; quelle différence y a-t-il entre le discours de M. Benkirane et de son parti le PJD, et le salafisme le plus belliqueux? En faisant l’apologie des tribunaux de la charia, M. Benkirane ne dévoile pas seulement le dessein, somme toute perceptible, du parti rétrograde et obscurantiste qu’il dirige, mais jette l’opprobre sur l’Etat marocain qui se plaît à se définir comme tolérant et modéré, alors qu’il mène volontiers une chasse aux sorcières contre les militants laïques, pacifiques et humanistes du Mouvement Mali, tout en laissant libre cours à des discours aussi dégradants et dangereux que celui de M. Benkirane», s’insurge le Mali, dont les membres fondateurs, très actifs dans le Mouvement du 20 février, appellent au boycott du référendum.

«Nous appelons au boycott de ce projet de Constitution, que nous rejetons sur le fond et sur la forme», indique un communiqué sur la page Facebook du mouvement, qui compte plus de 60.000 membres. Une position qui lui vaut aujourd’hui d’être conspué dans la rue par les ultramonarchistes, souvent rémunérés par les agents d’autorité (comme le montre ce reportage de la RTBF, la télévision belge) pour casser les manifestations et qui défendent mordicus un pouvoir théocratique représenté par la figure tutélaire du roi, Commandeur des croyants, et ce faisant que le choix confessionnel des Marocains soit verrouillé à la naissance, c’est-à-dire de naître forcément musulman et de le rester —à défaut d’être juif.

«Appelle Jésus ton sauveur maintenant !»

Et c’est justement sur la thématique de l’apostasie et de la «déviance sexuelle», bien plus sur les pouvoirs du roi, que les défenseurs du Trône sont galvanisés pour tuer dans l’œuf toute contestation au projet de nouvelle Constitution.

De nombreuses vidéos postées sur YouTube montrent des jeunes armés de machettes à la manière des jeunes patriotes ivoiriens pro-Gbagbo de Charles Blé Goudé, recrutés et rémunérés par les forces de l’ordre à qui des portraits de Mohammed VI et des drapeaux ont été distribués pour organiser des contre-manifestations appelant à voter «Oui» au référendum.

Ces jeunes, dont la plupart sont des déshérités, voire des délinquants notoires, scandent des slogans haineux, racistes et antisémites à l’adresse des militants du 20 février. Oussama El Khlifi, une des figures de proue du mouvement contestataire, a même failli être lynché dans le centre-ville de Rabat aux cris de «Mort à l’apostat!», «Le peuple réclame la peau du traître!», «Sioniste, juif, suppôt d’Israël!», «Appelle Jésus ton sauveur maintenant!», «On veut t’entendre dire: vive le roi Mohammed VI, notre unique souverain!».

Ali Amar

Essaouira, le Woodstock africain | Slate Afrique


Depuis 14 ans, l’ancienne Mogador, la citadelle portuaire du sud marocain se transforme chaque été durant quatre jours en lieu de musique et de fête, tel un véritable Woodstock africain.

Maalem Kbiber et Baba Cissoko le 23 jun 2011 au festival Gnaoua, à Essaouira. AFP PHOTO/ ABDELHAK SENNA

A l’aube des années 70, avec Katmandou, l’île de Wight et Woodstock, Essaouira, l’ancienne Mogador, avait attiré les fervents du peace and love et abrité une génération de hippies en rupture de ban. C’était l’époque des baba cools aux cheveux longs et pantalons pattes d’éph’ qui venaient taquiner leurs guitares sur la plage. Ces derniers avaient élu leur spot dans le creux des dunes de Diabet, un hameau de pêcheurs à l’écart de la ville, devenu depuis un lieu de pèlerinage des rebelles nostalgiques du flower power et des chevronnés de kitesurf.

Un lieu cosmopolite légendaire

Les artistes ont toujours été attirés par ce petit port du sud marocain constamment battu par les alizés, et où les vagues de l’Atlantique se brisent avec fracas sur les rochers, dans des feux d’artifice d’embruns. Le nom Essaouira provient de Al Souirah, la petite citadelle ceinturée de remparts crénelés, connue pour avoir été le port de Tombouctou, relais légendaire des caravanes de chameliers du Mali. Ses monuments les plus emblématiques, la Porte de la Marine construite en 1769 ou la Scala du port, jonchée de canons espagnols, en font un véritable musée en plein air.

La mythologie de cette cité forteresse bâtie par les Portugais, qui y établirent un comptoir dans le sillage des caravelles de Vasco de Gama, et redessinée par l’architecte français Théodore Cornut en 1766 a été portée à l’écran par Orson Welles, qui y tourna son Othello en 1951.

Fin juillet 1969, c’est le célèbre guitariste Jimi Hendrix qui y fit escale un jour et une nuit, avant de s’envoler pour le festival américain de Woodstock. Il venait de vivre des moments difficiles: démêlés avec la justice, querelles intestines avec son groupe du Living Theater. Les troubadours de la ville océane racontent avec beaucoup de romance que Jimi s’est acheté une djellaba, qu’il fuma quelques joints et se promena sur la plage. La légende affirme qu’il y a composé son cultissime Castle Made of Sand

Depuis sa création en 1998, le festival Gnaoua d’Essaouira, qui met en avant la musique et le patrimoine gnaoui en fusion avec le jazz, le blues, le rock, au titre des musiques du monde, perpétue cette tradition de ville de confluences artistiques. Les échanges artistiques entre le Maroc, l’Afrique noire et l’Occident ont fait s’internationaliser la musique gnaoua, grâce des influences extérieures au Maghreb comme celles de Bill Laswell, Adam Rudolph et Randy Weston, qui font souvent appel à des musiciens gnaouas dans leurs compositions.

Celles d’Ali Farka Touré, notamment le titre Sega dans l’album Talking Timbuktu en donnent un bel exemple. Le festival a vu défiler des grands noms de la musique jazz: Pat Metheny, Stefano di Battista, Wayne Shorter Quartet… révélant ainsi son ouverture et son caractère cosmopolite.

Le festival s’est déroulé cette année du 23 au 26 juin, et le chanteur malien Salif Keita, le pianiste arménien Tigran et le percussionniste turc Trilok Gurtu ont ravi le public aux côtés d’artistes marocains de renom comme Mahmoud Guinea, Abdelkebir Merchane ou Hamid Kasri. Des concerts organisés dans des lieux d’une rare beauté comme la place Moulay Hassan ou le Bastion de Bab Marrakech, sauvé de la ruine grâce à l’engagement des organisateurs du festival et des amoureux d’Essaouira.

Une musique syncrétique d’Afrique et du Maghreb

Pour les puristes qui se pressent dans les Zaouias, ces lieux de culte où l’on invoque des divinités ancestrales, ce grand rassemblement est l’occasion d’assister à des lilas (nuits de guérison). Là, les Maâlemines (Maîtres) authentiques, véritables musicothérapeutes, jouent la musique mystique et sacrée des confréries gnaouas, dont la majorité sont les descendants d’esclaves issus de populations d’origine noire africaine (Sénégal, Mali, Guinée, Ghana, etc.).

Une musique lancinante mêlant vocalises soufies et chants entêtants immémoriaux, paroles insondables de musiciens devins, de guérisseurs, de danseurs, d’acrobates tournoyants et de conteurs affublés de bonnets aux couleurs criardes, ornés de coquillages cauris. Un mélange syncrétique d’Afrique animiste et de Maghreb musulman, aux rythmes endiablés du guembri (un luth-tambour à deux cordes), de tambourins et de crotales, ces grandes castagnettes de fer qui imitent le son strident des serpents à sonnette.

Abderhmane «Paco» Kirouche, membre du groupe mythique et contestataire des années 70 Nass El Ghiwane a popularisé cet art au Maroc et rappelé que la musique, les mélopées et les rituels gnaouas ont des origines communes avec le Vaudou haïtien, la Santería cubaine et le Candomblé brésilien. Ces pratiques d’origine yoruba, angola ou encore fon ont dû se métamorphoser pour survivre, et adopter l’islam comme religion et traverser les âges —à l’instar de celles disséminées elles aussi par la traite négrière, et qui ont dû se fondre dans le christianisme des conquistadors en Amérique et aux Caraïbes, sans se départir des cultes et croyances africaines.

Un remède de tolérance contre les tabous

En 14 ans d’existence, le festival d’Essaouira a acquis une formidable notoriété, aussi bien auprès de la jeunesse marocaine, qui vient en masse de tout le pays (le festival rassemble près de 400.000 personnes chaque année), que des fans de world music du monde entier. Il a souvent été associé à la rage de vivre et à la volonté de liberté d’une jeunesse qui rêve plus que jamais d’une movida à la marocaine en ces temps de révolutions arabes.

The New York Times faisait en 2010 une dédicace à cet intermède de fête durant lequel les pesanteurs de la société marocaine, encore engoncée dans les tabous et les interdits politiques et sociaux, sont oubliées:

«Essaouira, ce rêve d’une nuit d’été où l’on vient pour la musique et où l’on découvre la magie de toutes les beautés de tous les instants, où que l’on se trouve et quelle que soit l’heure du jour et de la nuit».

C’est un fait incontestable: malgré ses imperfections et quelques atermoiements qui ont jalonné son parcours, le festival Gnaoua, né de la volonté de deux femmes courageuses, Neïla Tazi et Soundouss El Kasri, et de tant d’artistes talentueux et de collaborateurs passionnés, soutenus dans leurs efforts par André Azoulay, fils d’Essaouira et conseiller royal, a rendu à la ville son identité de tolérance et de beautés diverses.

Son artisanat de bois de thuya, de ferronnerie, ses bijoux berbères, ses petits restos qui parsèment les ruelles étroites de sa médina, ses coopératives de tapis et d’huile d’argan, et ses riads, qui ont fleuri de nouveau et fini par asseoir la réputation de son charme envoûtant.

«Boycottez le festival, c’est l’œuvre de Satan!», avaient lancé les islamistes à la création du festival d’Essaouira, que l’on disait perdu à cause de tant de préjugés moraux et d’un soutien politique et financier —encore et toujours— obtenu à l’arraché.

Ses détracteurs n’auront pas réussi à couper la cité des mouettes et des cormorans de son histoire, celle d’une Babel africaine, berbère, juive, arabe, andalouse, devenue aujourd’hui un melting-pot mondial de la culture.

Ali Amar

La consommation de cannabis stable en France, la cocaïne progresse


Un plan de marijuana (Photo Luis Robayo/AFP/Archives)

Mercredi 29 juin 2011, 11h49
Le cannabis reste de loin la drogue la plus consommée en France, où 13,4 millions de personnes en ont déjà fumé, et son usage demeure relativement stable, tandis que la cocaïne continue de progresser, selon le baromètre santé 2010 rendu public mercredi.

« Parmi les drogues illicites, le cannabis reste de très loin la substance la plus consommée, avec 13,4 millions de personnes à l?avoir déjà essayé », écrivent l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES) et l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), qui publient cette enquête.

En 2010, un tiers (33%) des adultes de 18 à 64 ans avaient fumé du cannabis au moins une fois dans leur vie en France, contre 29% en 2005, d’après ce sondage mené auprès de 27.653 personnes d’octobre 2009 à juillet 2010.

Si le nombre d' »expérimentateurs » a augmenté d’un million de personnes entre 2005 et 2010, cette hausse est toutefois « mécanique », affirme l’étude, qui l’explique par « un effet de +stock+ des générations anciennes de fumeurs ».

De son côté, la consommation, à ses différents degrés, reste stable.

« En 2010 tout comme en 2005 la part des personnes ayant consommé du cannabis dans l’année se situe autour de 8% et ce nombre est de 4% pour celles qui en ont consommé au cours du mois », selon l’enquête.

En France, le nombre de fumeurs réguliers (plus de dix fois par mois) s’établit à 1,2 million de personnes.

Les jeunes générations restent les plus forts consommateurs: 18% des garçons et 9% des filles de 18-25 ans sont des usagers récents (au cours du dernier mois).

La consommation de cocaïne, deuxième produit illicite le plus consommé, touche environ dix fois moins de personnes que le cannabis, mais son expérimentation et son usage sont en « augmentation significative », selon l’enquête.

Un hausse « traduisant la démocratisation d?un produit autrefois circonscrit à des catégories aisées et qui touche, depuis quelques années, des sphères de plus en plus larges de la société », note l’enquête.

Quelque 3,8% des 18-64 ans avaient expérimenté la cocaïne en 2010, contre 0,8% seulement en 1992 et 2,5% en 2005. Leur nombre a été plus que multiplié par trois en deux décennies.

L’usage de cocaïne au cours de l’année se situe pour sa part à 0,9% des 18-64 ans. Les 18-25 ans sont les plus concernés (2,5% d’entre eux).

L?usage actuel comme l?expérimentation de cocaïne concerne environ trois fois plus les hommes que les femmes.

Cette enquête a enfin permis de constater « une légère hausse de l’expérimentation d’héroïne », de 0,9% des 18-64 ans en 2005 à 1,2% en 2010, « ainsi qu’une légère hausse des champignons hallucinogènes, alors qu’au contraire l’usage d’exctasy apparaît en recul ».

Les chiffres fournis par ce baromètre sont sensibles, les pouvoirs publics ayant lourdement investi ces dernières années dans la lutte contre le cannabis.

La France conserve une des législations les plus répressives d’Europe alors que le niveau de consommation est l’un des plus importants.

De son côté, un groupe de députés de gauche, emmené par l’ancien ministre de l’Intérieur, Daniel Vaillant, a préconisé mi-juin une « légalisation contrôlée du cannabis », avec pour « premier objectif de faire baisser la consommation et les risques qu’elle engendre ».

Toutefois, près de six Français sur dix (58%) sont opposés à une dépénalisation du cannabis, selon un récent sondage.

Un rapport parlementaire devant être publié ce mercredi rejette également la dépénalisation, qualifiée d' »impasse éthique et juridique ».

Au Mozambique, le rat se mange à toutes les sauces | Slate Afrique


Verrons-nous demain fleurir dans les plaines africaines des fast-foods servant du rat? Au Mozambique, la vie est de plus en plus chère, et pour la population il devient difficile de s’alimenter correctement.

Alors certains habitants du village de Madamba, dans la région de Tete, chassent les rats jusque dans leur terrier ou enflamment des champs d’herbes sèches pour les capturer, afin de les cuisiner et les vendre sur les bords de route, raconte le site Afriquinfos.

Ces vendeurs ambulants proposent des rats rôtis, cuisinés dans diverses sauces ou simplement servis à la sortie de la broche. Une fois grillés, les rongeurs sont enserrés entre deux branches de bois pour les maintenir ensemble. Les vendeurs agitent des lots de six à sept rats devant les voitures et alpaguent les connaisseurs, qui savourent au volant ce met local. Les «brochettes» seraient cédées pour la somme de 10 meticals, soit 20 centimes d’euros environ. Le site Demotix propose un diaporama de ces chasseurs de rats, souvent des enfants.

Le phénomène, qui peut choquer certains tant l’animal a mauvaise réputation, s’explique en partie par la hausse des prix des produits alimentaires de base, qui ne cessent de grimper au Mozambique. Pour répondre à cette urgence alimentaire, le site Global Voices a fait savoir que le gouvernement avait proposé à l’attention de la population de paniers de denrées de première nécessité —paniers dont les Mozambicains attendent toujours la distribution.

Ce qu’on ne sait pas forcément sur les rongeurs, c’est qu’ils sont progressivement devenus des alliés de choix aux multiples talents. France 24 rapporte par exemple que les gerbilles sont utilisées au Mozambique pour détecter des explosifs, en mettant à profit leurs capacités olfactives exceptionnelles. Durant la guerre civile, qui a duré 16 ans (1976-1992), des milliers de mines antipersonnel avaient été dissimulées sur tout le territoire.

Les rongeurs sont aussi capables détecter des mines encapsulées dans du plastique, et comme ils sont légers, ils peuvent passer sur les mines sans les déclencher (il faut un poids d’environ cinq kilos pour faire exploser une mine). Leur entraînement coûte moins cher que celui d’un chien, et un rat peut signaler en une demi-heure des mines sur 200 mètres carrés —ce qui prendrait deux jours à un démineur «humain».

Enfin, selon The World Bank, à quelques kilomètres du Mozambique, en Tanzanie, des rats renifleurs détectent des cas de tuberculose en humant des échantillons de salive humaine, alors qu’un technicien de laboratoire n’analyse que 20 échantillons en une journée à l’aide d’un microscope.

La culture du rat en Afrique n’est décidément pas la même qu’en Occident. Tandis que d’un côté on le considère comme repoussant, sale et vecteur de maladies, sur le continent africain le rongeur sauve des vies.

Le fabuliste Jean de La Fontaine l’affirmait déjà dans Le Cochon, le Chat et le Souriceau:

«Garde-toi, tant que tu vivras, de juger les gens sur la mine»

Lu et vu sur Global Voices, Afriquinfos, The World Bank, France 24

ANALYSE : Les chrétiens d’Orient broyés par l’histoire, actualité Où va le monde : Le Point


Les chrétiens d’Orient broyés par l’histoire

Par Pierre Beylau, rédacteur en chef du service Monde

L’église Notre-Dame du Perpétuel Secours à Bagdad © Sipa

Le carnage perpétré dimanche à Bagdad dans l’église Notre-Dame du Perpétuel Secours n’est pas un incident isolé. Il s’inscrit dans un processus qui semble inexorable : l’éradication progressive de la présence chrétienne entre Nil et Euphrate. Les pressions exercées contre les chrétiens revêtent rarement un tel degré de bestiale violence. Il s’agit, le plus souvent, de tracasseries administratives, de mesures insidieuses, de réglementations tatillonnes sur la pratique religieuse ou les lieux de culte. Mais le résultat est le même : quand ils le peuvent, les chrétiens quittent leurs terres ancestrales pour aller en Occident, où leur intégration ne pose généralement pas de problème. Il existe cependant des communautés chrétiennes difficiles à réduire, car elles sont encore protégées par leur nombre, comme en Égypte, par les institutions, comme au Liban, ou par l’idéologie du régime, comme en Syrie.

Les chrétiens d’Orient rasent les murs

Globalement, la situation des chrétiens d’Orient est néanmoins catastrophique. En Palestine, ils sont menacés par la montée en puissance du Hamas. En Israël, les Arabes israéliens de confession chrétienne sont doublement minoritaires par rapport à la société israélienne : en tant qu’Arabes et en tant que chrétiens. Au Liban, le Hezbollah chiite tient le haut du pavé, et les chrétiens ont vu leurs prérogatives diminuées, notamment au profit des sunnites. En Irak – terre d’Abraham en qui se reconnaissent les trois religions monothéistes -, le nombre de chrétiens se réduit comme peau de chagrin. En Algérie, la poignée de musulmans convertis au christianisme et accusés d’apostasie risquent leur vie. En Arabie saoudite, les choses sont plus simples : seul l’islam a droit de cité. Il n’existe aucune église sur le territoire saoudien. Argument : « L’Arabie est une terre sacrée, vous imaginez une mosquée au Vatican ? »

Les gouvernements de la plupart des pays musulmans veulent surtout éviter les vagues : ils recommandent à leurs chrétiens d’être discrets, de raser les murs.

Le nationalisme arabe, laïc, les protège

Il n’en a pas toujours été ainsi. Au XXe siècle, le nationalisme arabe se voulait laïc et refusait de s’identifier à l’islam. Il constituait un avatar du mouvement des nationalités et s’inspirait des idéologies européennes, marxistes ou nationalistes, et avait été influencé par l’expérience en Turquie de Kemal Atatürk. Ainsi naquit, entre autres, le Baas (Parti de la renaissance arabe) sous l’égide notamment du chrétien Michel Aflak qui prit le pouvoir en Syrie et en Irak. Mais un autre courant de pensée était apparu sur les bords du Nil : la confrérie des Frères musulmans. Celle-ci voyait dans le Coran l’alpha et l’oméga de la politique et préconisait de rétablir le califat.

Dans cette bataille idéologique, c’est finalement le nationalisme arabe laïc qui a été défait. Pour le plus grand malheur des chrétiens…

Mangez du chocolat pour vous protéger du soleil !


Mangez du chocolat.jpgMangez du chocolat pour vous protéger du soleil !

Comment pouvez-vous protéger votre peau du soleil cet été? En appliquant un écran solaire, en évitant de faire du banc solaire et en mangeant du chocolat.

Des recherches publiées par l’Institut national de la santé expliquent que les sujets qui consommaient régulièrement 20 grammes (environ une barre) de certains types de chocolat chaque jour pendant trois mois étaient mieux protégés contre les effets nocifs des UV que les moins gourmands.

La protection supplémentaire peut être due à des composés trouvés dans cacao appelé flavonols. Ils ne sont pas présents dans tous les types de chocolat. En fait, il faut choisir du chocolat noir, plus précisement celui étiqueté « conservé avec des niveaux élevés de flavonols ».

(Dé.L/7sur7)

Planète Québec – Un trou



Un homme se rend à une réunion d’affaires. Comme il est pas mal en avance, après avoir laissé ses bagages au motel, il décide d’aller au golf..

Préoccupé par le discours qu’il doit prononcer, il rélise qu’il ne sait même plus où il est sur le parcours.

Il s’approche d’une dame et lui explique, embarrassé, qu’il ne sait plus sur quel trou il s’engage.

– Je suis sur le 7e trou et vous êtes un trou en arrière de moi, alors vous devez être sur le 6e trou.

– Merci. Merci beaucoup.

Un peu plus tard, la même chose se reproduit et il interroge encore la femme.

– Je suis sur le 14e, vous êtes un trou en arrière de moi, alors vous devez être sur le 13e.

– Merci. Merci beaucoup. Vous êtes charmante.

Au Club house, il voit la femme, seule au bar. Il s’informe au serveur qui lui dit qu’elle est une vendeuse et qu’elle vient jouer souvent. Il se dirige vers la femme.

– Laissez-moi vous offrir un verre en appréciation pour votre aide. On me dit que vous êtes dans la vente. Je suis dans la vente moi aussi. Qu’est ce que vous vendez?

– Si je vous le dis, vous allez rire.
– Non, je vous le promets.
– Je vends des serviettes sanitaires.
Le type éclate de rire. A en perdre le souffle.
– Voyez, je vous avais bien dit que vous ririez.
– Non. Non. Non. Ce n’est pas pour ça que je ris. Mais pas du tout.
– Alors…
– Ben, je suis directeur des ventes d’un fabricant de papier de toilette, alors ici comme sur le terrain de golf, je suis encore un trou derrière vous!

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