Le bouddhisme(suite 4)


Lankâvatâra Sûtra

    D'après ce Sûtra, la purification jusqu'à l'état d'Illumination peut être obtenue graduellement après une longue pratique de méditation, ou bien venir d'un seul coup, subitement.

 

    Le "Lankâvatâra Sûtra", insiste sur le fait que le langage est insuffisant comme moyen d'exprimer et de communiquer l'état intérieur de l'illumination. Le sujet principal de ce sûtra est le contenu de l'illumination du Bouddha sur la grande vérité du Bouddhisme du Mahâyânâ. Le texte dit aussi : "Toutes les doctrines exposées dans les Sûtra sont destinées à satisfaire l'imagination des masses, elles ne révèlent pas la vérité qui est l'objet de la noble compréhension".

 

    Malgré l'introduction de sûtra bouddhiques comme le "Lankâvatâra Sûtra", ou le "Prajnaparamita Sûtra", le Zen n'a pas de textes particuliers, constituant un canon, un exposé doctrinal. En effet, les maîtres Zen n'ont pas attaché une grande importance aux textes et aux explications car ils pensaient que les mots sont inadéquats pour saisir la nature de l'expérience Zen. Les maîtres Zen ont toujours voulu se démarquer de toute doctrine et de tout système en vogue à leur époque.

 

 

Le Bouddhisme Tibétain (ou Vajrayâna)

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    Dans des pays où les régimes militaires aussi bien que totalitaires règnent sans partage, les religieux tant birmans que laotiens, que viêtnamiens, voire même chinois ne sont pas en sécurité et leurs arrestations sont monnaies courantes, arrestations passées la majeure partie sous silence et ignorées de l’opinion mondiale. Si le Tibet tient le haut du pavé actuellement dans cette « désilencisation », c’est en raison de la position éminemment stratégique et hydrologique que ce pays occupe dans le continent asiatique.

    Le « Bouddhisme tibétain ou Vajrayâna », si en vogue actuellement et dont la diffusion en Occident atteint des proportions considérables (selon les pays plus de 60 % des centres bouddhiques, toutes écoles confondues). Différents éléments que l’on trouve cités dans les multiples écrits d’Alexandra David-Neel, personne nec plus experte en la matière, eu égard à ses expériences tibétaines et surtout à son adoption du lama Yongden, nous permet d’affirmer que cette « forme » de Bouddhisme a un côté ésotérique, prononcé et sous-jacent. D’autres auteurs en ont fait aussi largement mention.

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   Revenant au Vajrayâna ou véhicule de la Foudre (initialement la foudre brandie par le dieu hindou Indra), il est de notoriété publique que c’est le seul bouddhisme a être qualifié, de et par son origine nationale, car on ne parle jamais du bouddhisme sri-lankais, thaïlandais,

cambodgien, laotien, viêtnamien, ni même chinois, mais plutôt du Tch’an, du Zen, du Jodo Shinshû, du Nichirenshû, du Shingon, etc.

    Donc, l’expression bouddhisme tibétain introduit déjà une confusion par l’amalgame qui est fait entre le Tibet et la religion bouddhiste. Ne pas oublier que le Bouddhisme n’est devenu une religion que vers le II siècle après JC. En effet, la tradition théravadine ou des anciens était bien plus une philosophie de vie, transmise par les moines et appliquée rigoureusement par eux dans les monastères. Elle était donc l’apanage unique d’un clergé soucieux de perpétuer les enseignements originaux du Bouddha, homme réalisé qui n’était en aucun cas ni un dieu, ni une divinité, s’en défendant bien au contraire.

    Comme dans toute succession spirituelle, des dissensions dans l’ordre monastique ont commencé à se manifester et, entre un certain laxisme et un intégrisme quasi fanatique tous les deux condamnés par Bouddha lui-même, une tendance (celle des mahâsanghika) a vu le jour; tendance dans laquelle la Sangha, réservée jusqu’alors uniquement aux moines, pourrait s’agrandir aux laïcs, la Mahâsangha. Ceux-ci moins évolués spirituellement que les moines ont besoin de merveilleux, de prodiges, de superstitions pour croire, pour étayer les mises en pratique des principes moraux et philosophiques, héritages de la vie monastique.

    C’est à partir de ce moment, que le Bouddhisme, de philosophie initiale, de Voie vers la Sagesse qu’il était, va devenir religion. Au fur et à mesure de son extension territoriale, il s’acclimate des croyances locales en érigeant, en divinités, les tenants des réponses aux questions métaphysiques émises par le commun des mortels. On voit alors se dessiner un panthéon bouddhique, fleurissant de divinités plus terrifiantes et courroucées que franchement paisibles, images destinées à frapper l’imaginaire des fidèles, sollicités dans l’observance des préceptes et surtout leur « bienveillance matérielle » à l’égard des religieux.

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    Que l’on se rassure et que l’on nous accuse pas de focaliser notre diatribe sur ce bouddhisme tibétain, toutes les appellations et représentations plus ou moins terrifiantes (enfer, purgatoire…) et démoniaques (Satan, Bélzébuth, Lucifer, Diable…) occidentales ont largement été exploitées, dans le même sens, par les différents clergés occidentaux.

    Qui dit philosophie, puis religion implique forcément des textes fondateurs. Les soûtras (ou sermons) initiaux du Bouddha, font place progressivement à des

commentaires, sastras ou abidharmas, et l’on voit fleurir, pendant de nombreux siècles, des textes canoniques qui ne sont nullement de la bouche même du Bouddha, vu qu’ils ont été soit « insufflé » par des « divinités » telles Manjushri, Avalokiteshvara, Samanthabadra, Maitreya, Târâ (comparable à la Sainte Vierge des catholiques) soit composés sous « inspiration illuminatrice » par des grands maîtres, ex. les Prajñâ-pâramitâs, voire même le plus que célèbre Sadharma-pundarika soûtra – le Soûtra du Lotus de la Bonne Loi, pilier de base du Mahâyâna ou Grand véhicule (soûtra qui n’est certainement pas de la bouche même du Bouddha, quoiqu’on puisse le soutenir…).

    Ce terme de soûtra s’appliquera, par la suite, en sus des sermons initiaux, plus communément à des textes considérés comme canoniques par les différentes écoles bouddhiques. Il ressort que la presque totalité des soûtras sur lesquels repose la doctrine du Mahâyâna sont le fait d’auteurs anonymes et de ce fait, aucunement du Bouddha lui-même. L’exemple le plus connu est le soûtra de l’Estrade de Houei-Neng, sixième patriarche du Tch’an, soûtra dont l’auteur nous est connu, exception qui confirme la règle …

    Rappelons que le Bouddhisme arriva tardivement au Tibet, plus de 1000 ans après la mort du Bouddha, vers le Vll siècle. En effet, le roi Songtsen Gampo (unificateur du Tibet et créateur de l’alphabet tibétain) épousa une princesse népalaise et une princesse chinoise, toutes deux imprégnées de Bouddhisme; par preuve d’amour, il l’importa au Tibet et fit construire divers temples dont le fameux temple du Jokhang, au centre de la cité de Lhassa.

    Ce ne fut que cent ans plus tard que le Tibet vit l’arrivée de Padmasambhava, magicien, maître des Tantras et thaumaturge, en provenance de l’Odyana (actuellement nord-est du Pakistan),  révéré par tous les tibétains en tant que Guru-Rinpoché, le maître précieux. ll vint apporter ses « pouvoirs » à Shantarakshita, vénérable moine bouddhique dont l’érudition lui avait valu les faveurs du roi Trisong Détsen et qui avait été invité pour répandre le Bouddhisme au Tibet, malgré la farouche opposition des Bönpos qui voyaient péril en la demeure. Il aurait laissé des termas ou écrits secrets, soigneusement cachés, afin qu’ils soient révélés au fur et à mesure de leur découverte par des tertöns, ou découvreurs de secrets.

    Le grand événement suivant vient des moines indien Kamalashila (école de l’éveil Progressif) et chinois Hoshang (école de l’éveil Subitiste); suite à leur débat mémorable, ce fut le bouddhisme indien qui fut proclamé religion d’état, accroissant ainsi la vindicte des chinois, envahis à plusieurs reprises par les armées tibétaines durant de longues périodes, même jusque dans leur capitale d’alors, Tchang ‘An. Ne pas omettre que les tibétains furent à leur tour envahis par les mongols et les mandchous.

    Ce fut ensuite, en 1042, la seconde diffusion du Bouddhisme par Atisha, maître aussi bien es soutrâs qu’es tantras, inspirateur de la secte des Kadampas (ceux qui suivent la parole du Bouddha au pied de la lettre…, bon ?). C’est aussi à cette époque que l’on voit, avec Drogmi, la fondation de la tradition des Sakyas, avec Marpa-le-traducteur et Milarepa, l’école Kagyupa, sans oublier celle des Nyingmapa « les anciens » déjà préexistante.Dans cette période intermédiaire, on voit l’apogée des Sakyas, et ce n’est qu’à la fin 14 ème siècle avec Tsongkhapa, grand réformateur et fondateur de l’école Guélugpa, « école de la voie vertueuse » que le Bouddhisme décadent reprend de son authenticité et de sa moralité. C’est de leur école que viennent les Dalaïs-lamas. Dans cette période couvrant quelques siècles, on voit la formation de diverses tendances: Drigungpas, Jonangpas, Karmapas, Shangpas, Shamarpas, Drukpa Kagyu (parmi les huit écoles secondaires kagyupas, seule école à avoir essaimé, d’ailleurs…).

Les quatre écoles « bouddhiquement » tibétaines, par ordre chronologique:

 

- Nyingmapa ou les anciens, fondée au IXè à la suite de l’impulsion donnée un siècle avant par Padmasambhava. Les grandes figures Nyingmapa furent entre autres récemment Dudjom et Dilgo Kientsé rinpochés.

- Sakyapa, ceux de la terre grise du monastère de Sakya par Könchog Gyelpo, au XIè. Leur actuel chef spirituel est S.S. Sakya Tenzin. Leur vocation est surtout médicinale.

- Kagyupa, ceux de la transmission orale par Gampopa, au XIIè – leur chef de file est S.S le Karmapa, XVIIè dans l’orde de lignage. Ils sont reconnus pour être les « missionnaires » attitrés et patentés du Boudhisme. Cette école se subdivise en huit sous-écoles comme précité.

- Gelugpa, dit les vertueux, par le grand réformateur Tsongkhapa, au XVè et dont sont issus les Dalaï-Lamas, leaders incontestés de ce bouddhisme tibétain.

William Cerf, dans un de l’Express du 30 juillet 98, écrit :

 » Enfin, et ce n’est pas le moindre des paradoxes, beaucoup d’émules du bouddhisme « postmoderne » se déclarent captivés par les rites tibétains. Il se trouve que le bouddhisme tibétain est une branche très ésotérique, dite Vajrayana ou Véhicule de diamant. Dotée d’un rituel fort élaboré – qui prend pour le coup un caractère résolument religieux – et d’une institution spécifique – la primauté du Dalaï-Lama sur son peuple – la religion tibétaine est très éloignée de l’enseignement originel du Bouddha. Elle recouvre notamment un caractère magique, surnaturel, qui exige une longue initiation… »

Réponse d’un grand maître tibétain

    Il y a, comme partout, une floppée de gurus manipulateurs séduisants, avides ou imbus de notoriété et quelques vrais maîtres authentiques; ces derniers sont rares et discrets, en dépit du fait qu’ils sont très recherchés.

Parmi ceux-ci, un grand maître tibétain, en visite dans un monastère tibétain en Occident, fut pressé avec insistance, par des adeptes occidentaux, de donner des enseignements sur le Bouddhisme tibétain. Comme il s’y refusait avec beaucoup de gentillesse, il lui fut demandé de s’expliquer sur son silence.

Il répondit en souriant:

    « Je suis venu pour voir les moines, mes compatriotes et coreligionnaires bouddhistes et leur enseigner le bouddhisme tibétain. Or, vous, chers amis occidentaux, vous n’êtes ni mes compatriotes, ni mes coreligionnaires ! Donc, je ne puis vous enseigner le bouddhisme tibétain… Par contre, les paroles du Bouddha vous concernent tous et c’est le seul enseignement que je puisse authentiquement vous dispenser. »

A vous d’apprécier l’hôneteté de cette réponse …

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