Pensée du vendredi 30 septembre 2011.


« Vivre sans arrêt dans la joie, cela paraît impossible parce qu’on
ne connaît pas la structure de l’être humain. Au-delà des corps
physique, astral et mental, nous possédons encore trois corps
supérieurs : les corps causal, bouddhique et atmique. Ces trois
corps nous mettent en relation avec le monde divin, et si nous
arrivons à les développer, même les soucis et les chagrins ne
peuvent plus altérer ou obscurcir ce que nous sommes en train de
vivre dans les régions de la lumière.
C’est pourquoi chaque jour, par nos pensées, nos sentiments et
nos actes, mais aussi par la méditation et la prière, nous devons
nous efforcer de garder le lien avec le monde divin, afin de
continuer à vivre dans notre âme et dans notre esprit. Et notre
âme et notre esprit nous inspirent une tout autre façon de voir
et de sentir les choses. Quand l’âme et l’esprit parlent en nous,
tellement de peines s’effacent, tellement de souffrances
aussi !…. et elles se transforment même en paix, en sagesse, en
compréhension du sens de la vie. »

Omraam Mikhaël Aïvanhov

Stupéfiants et corruption dans la police: le n°2 de la PJ de Lyon en garde à vue


by Agence France-Presse on Friday, 30 September 2011 at 09:44

AFP Archives/Philippe Merle

Par Rémy BELLON et Nicole DESHAYES

PARIS

Le n°2 de la police judiciaire de Lyon a été placé en garde à vue jeudi dans le cadre d’une enquête pour corruption, trafic international de stupéfiants et blanchiment d’argent qui pourrait éclabousser d’autres policiers et devenir un « scandale » de grande ampleur.

Michel Neyret, 55 ans, adjoint à la Direction interrégionale de la PJ de Lyon, a été interpellé jeudi matin chez lui, et devait être placé en garde à vue dans la capitale après son transfèrement dans le cadre de ce dossier suivi par la JIRS (juridiction interrégionale spécialisée) de Paris.

Selon une source proche du dossier, l’épouse du commissaire Neyret, qui tient un hôtel ou des chambres d’hôte de luxe dans la région, a également été placée en garde à vue.

Trois trafiquants de drogue présumés ont parallèlement été placés en garde à vue à la brigade des stupéfiants parisienne dans l’enquête initiale qui a conduit à l’arrestation de M. Neyret.

Jeudi après-midi, des auditions de collègues et subordonnés de Neyret, tous en charge de la lutte contre les stupéfiants, avaient lieu sur place, selon la même source qui ignorait s’il s’agissait de gardes à vue.

Selon des sources policières, qui prédisent un « scandale » ou une « onde de choc » dans la police notamment, d’autres fonctionnaires de police « voire des magistrats » pourraient ou devaient être « rapidement mis en cause ». Certains pourraient être interpellés à leur tour dans cette affaire qui a des liens « avérés avec le grand banditisme ».

L’affaire ne date pas d’hier et a été traitée par la JIRS parisienne et la « police des polices », dans la plus grande discrétion, depuis plusieurs semaines, selon ces sources.

Elle vise un trafic international de stupéfiants, vraisemblablement une filière colombienne de cocaïne qui est au coeur de l’enquête et a été démantelée en région parisienne il y a plusieurs mois.

Dans cette affaire, des malfaiteurs avaient échappé aux enquêteurs qui s’en sont émus et ont porté des soupçons sur des policiers, d’où la saisine de la « police des polices ».

Au fil de leurs investigations et des écoutes, toujours selon les sources policières et selon les tout premiers éléments d’une enquête « évolutive », les juges parisiens de la JIRS et la « police des polices » ont mis en évidence des « liens entre le grand banditisme » en cause dans cette affaire, et des policiers, commissaires et officiers.

Certains ont « été balancés par le milieu du grand banditisme », des « truands français et italiens », selon l’une des sources qui incitait pour cette raison « à la prudence ». L’enquête pourrait « réserver des surprises » et « s’étendre » par exemple à Nice ou à Marseille, a-t-on ajouté.

Des comptes bancaires à destination de la Suisse, vraisemblablement alimentés par l’argent de la drogue, ont été découverts, orientant également les investigations vers du possible blanchiment.

M. Neyret, qui a été en poste à la PJ de Nice, « doit s’expliquer » sur tous ces aspects, a-t-on ajouté.

« Je suis catastrophé, c’est un cataclysme », a déclaré à l’AFP le directeur interrégional de la police judiciaire de Lyon, Claude Catto, dont Michel Neyret était l’adjoint. « C’est une énorme trahison, une énorme désillusion si les faits qui lui sont reprochés sont avérés », a dit à l’AFP une source proche du dossier à propos de ce commissaire bien vu par sa hiérarchie.

Preuve de la gravité du dossier, le directeur central de la police judiciaire, Christian Lothion, s’est rendu à Lyon jeudi.

Si les faits sont avérés, des « têtes vont tomber », prédisent des sources. Il y a « sans doute des brebis galeuses dont on entend parler depuis pas mal de temps » mais « attention à ne pas se précipiter », avertissent-elles.

Madame ou mademoiselle ? Des Françaises dénoncent le « sexisme ordinaire » | Ici et Ailleurs | L’Orient-Le Jour


Ici et Ailleurs

Société

Madame ou mademoiselle ? Des Françaises dénoncent le « sexisme ordinaire »

jeudi, septembre 29, 2011

Madame ou mademoiselle? La question fâche des féministes françaises qui, au motif que les hommes ne sont pas sommés de dire s’ils sont mariés, réclament le retrait de la case «mademoiselle» dans les formulaires administratifs.
«Ouverture de compte en banque : impossible de se dire “Madame” si on est célibataire. C’est forcément “Mademoiselle”», s’insurge Christine sur le site http://www.viedemeuf.fr qui recense toute sorte de clichés sexistes vécus au quotidien. «Ça peut paraître un détail, mais c’est très symbolique des inégalités», explique Julie Muret, d’Osez le féminisme, qui a lancé cette semaine avec une autre association, Les Chiennes de garde, une campagne pour la fin de la case «mademoiselle» dans les formulaires et correspondances.
Entré dans la législation française au début du XIXe siècle via le code Napoléon, aujourd’hui abrogé, le terme «mademoiselle» n’a pourtant aucune valeur légale en France et aucun règlement n’impose cette civilité. Mais force est de constater que nombre d’administrations, comme les impôts, l’utilisent encore, malgré plusieurs lettres et circulaires à ce sujet. Le sujet fait débat au pays de la galanterie. Et les féministes rappellent aussi que de nombreux pays ont abandonné la distinction, comme l’Allemagne, où on n’utilise quasiment plus le mot «Fräulein» (mademoiselle).
Pour Laurence Waki, auteur de Madame ou mademoiselle (éditions Max Milo), en faisant la distinction, on impose une identité «soit en fonction de l’âge soit du statut matrimonial, c’est insupportable». «Cela oblige la femme à exposer une situation personnelle et familiale» alors que les hommes n’ont pas à le faire, insiste Julie Muret, notant «la connotation condescendante» de «mademoiselle».
Pour sa part, Olivia Cattan, de l’association Paroles de femmes, ne voit pas cette question comme une priorité. «Ça ne va pas régler les problèmes des femmes, les violences, la précarité», s’agace-t-elle. La campagne «Mademoiselle, la case en trop» survient d’ailleurs alors que le mouvement féministe connaît un regain de vigueur en France avec l’affaire Dominique Strauss-Kahn. Très critiques vis-à-vis de l’attitude de l’ex-patron du FMI, plusieurs associations féministes défendent aussi Tristane Banon, cette journaliste et écrivaine française qui poursuit actuellement DSK, l’accusant d’une tentative de viol en 2003. «Lancer cette campagne ne nous empêche pas de parler des discriminations ou des violences», se défend Julie Muret, d’Osez le féminisme.
Mais le combat ne fait pas l’unanimité et les critiques de femmes pleuvent sur la page Facebook de l’association. «Ça décrédibilise l’image de la lutte féministe, ça noie les sujets importants dans un grand tout!» lance Mireille qui voudrait plutôt défendre «l’image de la femme dans les publicités, les clips, l’équivalence des salaires à qualifications égales». Alexandra, 26 ans, se dit même «révoltée» par la campagne d’Osez le féminisme. «Je trouve que se faire appeler Mademoiselle est très beau (…) Ce n’est pas dégradant de se faire appeler comme ça, au contraire, je trouve que c’est une marque de jeunesse», explique-t-elle.
(Source : AFP)

Ce que Wikileaks nous apprend sur Al Jazeera | Slate


Le réseau de télévision câblée du Moyen-Orient, la voix du Printemps arabe, est-il aussi indépendant qu’il le prétend?

Dans les locaux d'Al Jazeera au Qatar, en 2011. REUTERS/ Fadi Al-Assaad

- Dans les locaux d’Al Jazeera au Qatar, en 2011. REUTERS/ Fadi Al-Assaad -

Al Jazeera fait des vagues au Moyen-Orient depuis sa toute première émission le 1er novembre 1996. Dans ses dépêches et ses talk-shows, la chaîne satellite panarabe, financée par l’État du Qatar, critique avec virulence la politique étrangère américaine en Afghanistan, en Irak et dans les territoires palestiniens, tout en étant une véritable épine dans la chair de nombre d’autocrates arabes. Mais depuis la dernière abondante divulgation de câbles diplomatiques américains par WikiLeaks, le 30 août, des articles ont commencé à circuler —notamment dans les médias iraniens et syriens— sur la relation étroitequi existe entre Al Jazeera et un interlocuteur des plus surprenants: le gouvernement américain.En particulier, un câble récent, issu de l’ambassade américaine de Doha et signé par l’ambassadeur de l’époque, Chase Untermeyer, détaille une entrevue entre le responsable des affaires publiques de l’ambassade et Wadah Khanfar, directeur général d’Al Jazeera [qui a démissionné le 20 septembre], au cours de laquelle ce dernier aurait accepté de modérer et de retirer ce que les États-Unis qualifient de «contenu dérangeant du site Internet d’Al Jazeera.»

Les accusations selon lesquelles Al Jazeera sert la politique étrangère de l’État qui l’accueille ne sont pas nouvelles, et des documents publiés antérieurement se réfèrent au média comme à «l’un des outils diplomatiques et politiques les plus utiles du Qatar,»susceptible d’être utilisé comme «un outil de négociation pour améliorer les relations avec d’autres pays.» Un autre document presse le sénateur John Kerry d’aborder le sujet d’Al Jazeera avec le gouvernement qatari à l’occasion d’une visite dans le pays du Golfe: «Il existe de nombreux précédents d’un dialogue sur Al Jazeera dans le cadre de l’amélioration des relations bilatérales», peut-on y lire.

Malgré ces affirmations venant de sources diplomatiques américaines, à la fois la chaîne et le gouvernement qataris insistent sur son indépendance éditoriale et sa totale liberté.

Article retiré

Les sceptiques considèrent la dernière fuite de câbles comme une preuve qu’Al Jazeera est sensible aux pressions extérieures, en partie à cause du résumé du document en question:

«Le PAO (le responsables des affaires publiques) a rencontré le 19/10 le directeur général d’Al Jazeera Wadah Khanfar pour discuter du dernier rapport de la DIA (Agence de renseignements de la défense américaine) sur Al Jazeera et les contenus dérangeants du site Internet d’Al Jazeera… Khanfar a déclaré que l’article récent posant problème à l’USG (gouvernement américain) avait été modéré et qu’il veillerait à ce qu’il soit retiré dans les deux-trois prochains jours. Fin du résumé.»

Dans ce que certains brandissent comme la preuve d’une conspiration américano-qatarie, le câble, daté d’octobre 2005, continue sur une citation de Khanfar: «Il nous faut régler la manière dont nous recevons ces rapports,» mentionnant qu’il en avait trouvé un «sur le fax

Plus loin, on trouve dans le mémo la référence à une sorte d’arrangement conclu entre Al Jazeera et le gouvernement américain:

«D’un point de vue sémantique, (Khanfar) s’est opposé au recours au mot “accord” tel qu’il était utilisé dans le rapport du mois d’août en première page, sous le titre “Violence en Irak”,où l’on peut lire la phrase: “En violation de l’accord de la chaîne datant d’il y a plusieurs mois, passé avec les représentants américains, etc.” “L’accord était qu’il s’agirait d’un non-papier”, dit Khanfar. (Un non-papier en jargon diplomatique désigne une proposition officieuse qui n’engage personne). En tant qu’entreprise d’informations, nous ne pouvons signer des accords de cette nature, et le voir ici par écrit est pour nous source d’inquiétude.”»

Si on s’arrête à cela, le câble paraît une preuve flagrante qu’Al Jazeera est à la solde du gouvernement américain. Le site Internet de la chaîne iranienne Press TVl’utilise pour conclure que «le gouvernement américain a déjà eu son mot à dire sur le contenu du site d’Al Jazeera».Le site Internet ArabCrunch dénonce aussi la réaction favorable d’Al Jazeera aux pressions américaines, et affirme que le câble «pourrait bien expliquer la couverture médiatique partiale de l’Irak ces dernières années par AJ». Mais replacés dans leur contexte, ce câble et d’autres racontent une histoire bien différente.

Pratiques courantes

Nous n’avons pas pu joindre Khanfar pour commenter la question, et Al Jazeera n’a pas apporté de réponse officielle aux dernières déclarations, mais une source de la chaîne a confié à Foreign Policy que ce genre d’entrevues entre de hauts responsables d’Al Jazeera et des Américains sont des pratiques courantes qui ont toujours cours. En entrant dans les détails, il a expliqué que les représentants de nombreuses missions diplomatiques portent régulièrement des liste de griefs à l’attention d’Al Jazeera, ce qui ne veut pas dire qu’elles soient suivies d’effet ou qu’on leur accorde une importance démesurée.

En réalité, dans une certaine mesure le câble controversé confirme plutôt ce commentaire, en détaillant les désaccords de Khanfar avec certains points du rapport qui lui était présenté par le représentant de l’ambassade. «Certains éléments sont simplement des erreurs que nous assumons et corrigeons», déclare-t-il. D’autres, comme la diffusion de points de vue qui ne soient pas favorables aux États-Unis, sont sortis de leur contexte étant donné que le point de vue opposé serait présenté dans un reportage ultérieur, affirme-t-il.

Khanfar explique aussi au représentant que certaines plaintes ne sont pas recevables, notamment celles concernant la diffusion à l’antenne «d’enregistrements terroristes» au sujet desquels il insiste qu’ils relèvent de la politique du réseau câblé dans la mesure où ils sont adaptés pour qu’ils aient un intérêt. Et naturellement, souligne-t-il, il ne peut pas empêcher les invités ou les journalistes d’utiliser un langage que le gouvernement américain juge «incendiaire

En évoquant le «matériel dérangeant du site Internet»que Khanfar a accepté de modérer, le responsable américain des affaires publiques cite un reportage à sensations relayé par le site Internet arabe d’Al Jazeera:

«Le site s’ouvre sur l’image de feuilles de papier sanglantes criblées d’impacts de balles. Les internautes doivent cliquer sur les trous pour accéder aux témoignages de dix prétendus “témoins oculaires”…»

Le responsable américain anonyme explique à Khanfar que le reportage en question «donnait l’impression d’être incendiaire et douteux d’un point de vue journalistique». On peut lire ensuite: «Khanfar sembla réprimer un soupir mais déclara qu’il ferait retirer l’article

Aljazeera.net

Al Jazeera —tout en faisant l’objet d’éloges internationaux pour la qualité de ses émissions— a déjà plus d’une foisdû faire marche arrièresur le contenu du site Internet Aljazeera.net, qui fonctionne de façon relativement indépendante de la chaîne arabe, depuis un bureau de l’autre côté de la ville. En 2007 par exemple, le site a organisé un sondage pour demander à ses lecteurs s’ils «approuvaient les attentats d’al-Qaida en Algérie».

Une majorité des 30.000 internautes qui y ont participé ont répondu oui, déchaînant l’ire des médias algériens qui ont accusé la chaîne de légitimer al-Qaida. Le responsable du site Internet a admis plus tard que publier ce sondage avait été une grave erreur et que cela avait été fait sans son autorisation.

Au-delà de ce mémo spécifique, WikiLeaks a publié plus de 30 câbles de l’ambassade américaine à Doha sous la rubrique Al Jazeera, et davantage encore mentionnant le réseau d’informations, rédigés entre septembre 2005 et février 2010. Mais ces câbles ne montrent pas tant l’existence d’une quelconque conspiration que les efforts d’une organisation pour maintenir des standards de qualité professionnelle.

Le plus ancien câble disponible aborde le sujet des préparatifs du lancement de«Al Jazeera International,» nom initial d’Al Jazeera English, et de l’enregistrement d’une émission pilote appelée «The Hassan and Josh Show.» Dans un aperçu du développement de la petite sœur de la chaîne, on peut lire que les opérations étaient «encore à un stade embryonnaire quelque peu chaotique» en 2005.

Curieusement, ce pilote, qui n’a jamais été diffusé, était animé par les deux stars de Control Room, documentaire de 2004 sur la guerre en Irak —l’ancien marine Josh Rushing et le journaliste vétéran d’Al Jazeera Hassan Ibrahim. L’auteur du câble conclut qu’Ibrahim et Rushing étaient «clairement encore des présentateurs amateurs et auront besoin de beaucoup de pratique pour présenter un programme plus professionnel et attractif».

«Soit vous êtes avec nous, soit contre nous»

Le câble suivant se réfère à une rencontre antérieure entre Khanfar et le responsable des affaires publiques de l’ambassade, lors de laquelle le directeur d’Al Jazeera compare la «guerre contre le terrorisme» à la stratégie d’Oussama ben Laden qui consiste à dire «Soit vous êtes avec nous, soit contre nous.» Khanfar insiste sur le fait qu’Al Jazeera n’appartient à aucun des deux camps.

Un autre document de 2005 décrit les étapes qu’Al Jazeera a entreprises pour condolider les critères de qualité:

«Khanfar souligna qu’il participait à une réunion tous les jours à 13h avec une équipe chargée d’assurer la qualité d’AJ, dont le rôle est de faire appliquer le code déontologique d’Al Jazeera, et qui visionne et analyse tous les programmes, à l’affût de tout manquement dans le professionnalisme, l’équilibre et l’objectivité. “Cet entretien est très tendu, bien plus tendu que votre liste”, expliqua Khanfar.»

L’auteur de ce câble conclut que Khanfar«a clairement l’intention d’élever Al Jazeera à la hauteur des niveaux professionnels internationaux du journalisme et… semble non seulement ouvert à la critique, mais même prêt à la favoriser».

Décalage générationnel

Par la suite, les responsables de l’ambassade américaine ont rencontré Jaafar Abbas Ahmed, directeur du département d’assurance de la qualité d’Al Jazeera, qui, rapportent-ils, a abordé avec franchise la question de la «résistance et de l’hostilité» des plus anciennes générations de journalistes. Abbas leur a confié que certains employés d’Al Jazeera considéraient l’équipe chargée d’assurer la qualité des programmes avec suspicion, les surnommant parfois KGB ou CIA.

«Selon Abbas, les efforts pour professionnaliser Al Jazeera sont ardus»,continue le câble, qui indique que le plus gros problème que la chaîne ait eu à faire face était «qu’il est difficile de se débarrasser des vieilles habitudes». On peut y lire:

«Si AJ a débuté avec un nombre considérable d’ex-journalistes de la BBC, ils sont devenus de moins en moins nombreux au fil des ans, attirés par d’autres chaînes comme Al Arabiyya, expliqua Abbas. Il ajouta qu’il n’en restait qu’une poignée.

Une majorité des membres de l’équipe de journalistes restants sont donc d’anciens reporters de la télévision d’État. Ils sont peut-être très bons, mais la culture journalistique dont ils sont imprégnés est différente de celle qu’AJ essaie de cultiver, expliqua Abbas.»

Au moins un expert, qui a analysé le réseau câblé en profondeur, estime que la culture d’Al Jazeera pourrait très bien expliquer justement les variations de qualité de sa production.

Grande marge de liberté

«Ma recherche universitaire montre que l’influence n’est pas quelque chose qui vient d’en haut —il faut regarder les individus qui y travaillent», explique Mohamed Zayani, professeur à la Georgetown University du Qatar et co-auteur du livre The Culture of Al Jazeera: Inside an Arab Media Giant.

«Ce à quoi nous avons assisté de façon continue, c’est à une grande marge de liberté… ce qui a rendu les journalistes plus autonomes», confie-t-il. Mais, ajoute-t-il, cela rend également Al Jazeera plus sensible aux points de vue subjectifs d’employés individuels.

Depuis quelques années, Al Jazeera est connue comme le loup blanc et en Occident, la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton en personne a admis que la chaîne offrait «de vraies informations». L’organisation a couvert les soulèvements du Printemps arabe de façon très réactive au Moyen-Orient, allant jusqu’à déprogrammer des émissions populaires pour diffuser des reportages toute la journée à mesure que les révolutions atteignaient leur paroxysme en Tunisie, en Égypte et en Libye. Cependant, à juste titre ou non, les critiques accusent la chaîne d’ignorer les troubles à sa porte, dans le Golfe.

Dans le cas de la Syrie, Al Jazeera a provoqué une réaction virulente après y avoir couvert la répression brutale des manifestants de l’opposition par le gouvernement. Les Syriens ont accusé Al Jazeera de chercher à fomenter des troubles dans le pays, et au moins une chaîne de télévision a accusé le réseau d’informations basé au Qatar de fabriquer des films en studio pour mettre en scène une partie des soulèvements. Rien de surprenant, par conséquent, que certains se servent des derniers câbles divulgués pour faire passer Al Jazeera pour un simple porte-parole du gouvernement américain.

Omar Chatriwala
Journaliste free-lance basé à Doha et ancien salarié d’Al Jazeera

Traduit par Bérengère Viennot

Amazon lance le Kindle Fire, rival de l’iPad trois fois moins cher | Rue89


Par Pierre Haski | Rue89 | 28/09/2011 | 17H38

La tablette Kindle Fire (DR)

La surprise est venue du prix. Amazon a lancé mercredi le premier rival sérieux à l’iPad d’Apple, avec sa tablette « Kindle Fire », basée sur le système Android de Google, qui sera vendue 199 dollars (146 euros), soit trois fois moins que celle d’Apple, qui est toutefois légèrement plus grande.

Amazon a plusieurs avantages dans cette guerre des tablettes qui s’annonce, avec les fêtes de fin d’année en ligne de mire :

  • la firme de Jeff Bezos a déjà enregistré un premier succès avec sa liseuse Kindle de base, lancée dès 2007, et dont, au passage, il baisse le prix à 79 dollars (58 euros), soit plus de 50% de réduction ;

  • Amazon est le premier vendeur en ligne de biens culturels au monde, et devient également producteur, en particulier dans l’édition en concluant des accords directs avec des auteurs. Il a des millions de livres, 100 000 films et émissions télé, et 17 millions de morceaux de musique en stock, disponibles pour téléchargement.

Le Kindle Fire n’a plus rien à voir avec la liseuse Kindle. Celle-ci avait un écran noir et blanc et une navigation « à l’ancienne » en cliquant mécaniquement. C’est ce modèle « ringardisé » par les nouvelles tablettes qui voit son prix baisser. Un modèle amélioré de liseuse, le « Kindle touch 3G », à écran tactile, est lancé et coûtera 149 dollars (109 euros).

Le nouveau Kindle Fire a pour sa part un écran couleur et une navigation tactile : tout comme l’iPad, mais avec un écran 7 pouces (17,78 cm) contre 10 pouces (25,4 cm) pour la tablette d’Apple. Il n’existera dans un premier temps qu’en version Wifi, pas en 3G, ce qui laisse l’iPad seul en tête dans le haut de gamme.

Prix cassés

Comme pour l’iPad, le Kindle Fire est une tablette multitâches, permettant de lire, de se connecter au Web, de visionner de la vidéo, d’accéder aux applications Android. Jeff Bezos, le patron d’Amazon, a présenté mercredi à New York un système basé sur le « cloud computing », c’est-à-dire le stockage des données dans des serveurs n’importe où dans le monde, et permettant de surfer plus vite sur le web grâce à un système baptisé Amazon Silk (soie).

Cette tablette semble plus susceptible de rivaliser avec l’iPad que celles qu’ont sorti, également sur Android, plusieurs constructeurs japonais, taïwanais ou américains. Amazon se positionne ainsi comme le principal rival d’Apple, devenu le géant incontournable du secteur avec les succès successifs de l’iPod, l’iPhone et l’iPad.

L’offensive d’Amazon se fait donc avec trois formats :

  • Une liseuse technologiquement bas de gamme mais très agréable à la lecture (je parle d’expérience…). Jeff Bezos compte en vendre « des millions ».

  • Une liseuse de livres plus sophistiquée, à écran tactile ;

  • Une tablette aux performances semble-t-il comparables à l’iPad (nous ne l’avons évidemment pas encore testée), mais trois fois moins chère.

Les fêtes de fin d’année seront le premier test de cette guerre des tablettes, dans un climat de crise et de crainte de récession dans lequel le facteur prix risque de peser très lourd. Et sur ce terrain, les annonces de Jeff Bezos ont pris tout le monde par surprise, en tirant ses prix vers le bas.

Photo : la tablette Kindle Fire (DR).

A 23 ans, il défie Ferrari avec son bolide électrique !


A 23 ans 1.jpgA 23 ans, il défie Ferrari avec son bolide électrique !

Rasé de près mais un peu engoncé dans son costume gris clair, Mate Rimac n’est pas peu fier en soulevant la bâche qui couvre sa création, un bolide électrique qu’il a conçu lui-même et espère vendre à de très riches millionnaires.

Devant les photographes venus en nombre assister à cette « première mondiale » à Francfort (ouest), où se déroule jusqu’au 25 septembre le salon automobile IAA, le jeune Croate de 23 ans savoure son quart d’heure de gloire.

Un néophyte prendrait son bolide pour une Ferrari : rouge vif et taillé pour la course, il trône sur un podium, encadré par deux assistantes court vêtues, comme chez les grands constructeurs. Pourtant, cette voiture électrique sort d’un modeste atelier de la banlieue de Zagreb, le quartier général de l’entreprise de Mate Rimac, tout naturellement baptisée Rimac Automobili.

« En Croatie, tout le monde connaît mon histoire, et les gens en sont très fiers », affirme tout sourire le jeune homme. « J’ai commencé à construire ma voiture comme un hobby », explique-t-il.

A 23 ans 2.jpg

Etudiant en mécanique et en électronique, il avait 19 ans lorsqu’il a commencé à modifier sa BMW. « J’achetais des pièces disponibles pour tout un chacun sur le marché, mais très vite j’ai eu besoin de plus », et le jeune homme a commencé à développer ses propres composants.

Avec cette BMW modifiée, il a participé au rallye de voitures électrique eMiglia, 600 kilomètres dans les Alpes entre Allemagne et Italie. Il est arrivé sixième, juste derrière les Tesla Roadster, la voiture de sport électrique dans laquelle le milliardaire Warren Buffett a investi.

Pour le prototype présenté à Francfort, et que les visiteurs n’ont pas pu voir rouler, il a travaillé chaque jour « de 8 heures du matin à minuit » avec ses 25 collaborateurs.

« Je ne fais que ça, et dormir, c’est un travail énorme que de construire sa propre voiture ». D’autant que Mate Rimac est ambitieux. La voiture n’a pas moins de quatre moteurs électriques, un pour chaque roue, et pourrait rouler à 305 kilomètres heures, selon les dires de son patron.

A la place des rétroviseurs, sept caméras et un ordinateur. Les portes s’ouvrent d’un simple toucher du doigt sur la vitre.

Mate Rimac veut la commercialiser d’ici deux ans, et pense avoir trouvé de premiers clients « à Abu Dhabi », pour un prix tenu confidentiel. Il n’est d’ailleurs pas seul sur cette niche des voitures électriques de sport: à Francfort, plusieurs autres prototypes sont présentés, dont la All-Electric GT de l’espagnol Quimera ou le prototype SE de l’allemand Artega.

Le jeune entrepreneur dont les parents travaillent « dans la construction » a maintenant besoin d’argent pour poursuivre son rêve. Il cherche des investisseurs capables de lui apporter « plusieurs millions de dollars ».

Dans dix ans, je me vois toujours patron de mon entreprise », dit-il, pour « construire encore des voitures de sport, mais aussi des modèles moins chers ».

Travailler pour un grand nom de l’automobile, comme Volkswagen ou Mercedes? Très peu pour lui, fier qu’il est d’avoir réussi à façonner un véhicule sans leurs moyens colossaux.

Je suis fou d’automobile depuis toujours », se souvient Mate Rimac, qui a vécu enfant en Allemagne avant de repartir s’installer avec sa famille dans la banlieue de Zagreb. Outre sa maîtrise de la langue, il garde un souvenir du pays de Porsche et BMW. « Je passais des heures à contempler les voitures ».

(afp/7sur7)