Pensée du jeudi 29 septembre 2011.


« Certaines statues de Bouddha le présentent occupé à regarder sa
main droite. Mais ne fait-il que la regarder ? En réalité,
lorsque Bouddha se concentre sur sa main, il entre en
communication avec la grande main du Créateur, c’est-à-dire avec
tout l’univers, avec les soleils, les étoiles, les nébuleuses. Et
dans cette main du Créateur, c’est la Voie lactée qui représente
la ligne de Saturne.
Si Bouddha se concentre sur sa main, c’est qu’une main n’est pas
uniquement cet organe physique du toucher dont nous nous servons
aussi comme un outil, un instrument : elle est imprégnée d’une
matière fluidique grâce à laquelle elle communique avec les corps
subtils de la nature. Comme Bouddha, celui qui se concentre sur
sa main entre en relation avec l’univers. Il se sent lui-même
dans la main du Créateur, nourri par les énergies qu’il reçoit du
centre de cette main. »

Omraam Mikhaël Aïvanhov

Peut-on distinguer des «faux viols» de «vrais viols»? | Slate


Une agression par un inconnu, une violence perpétrée par un proche ou un ami de la famille… Il n’y a pas «un» viol mais «des» viols. Qui sont tout aussi «vrais» les uns que les autres.

L'enlèvement des Sabines, par Nicolas Poussin via Wikimedia Commons

- L’enlèvement des Sabines, par Nicolas Poussin via Wikimedia Commons -

Dans leur tribune sur Rue 89 (1), Virginie Martin et Coline Clavaud-Megevand disent «vomir»les «images esthétisées» de Tristane Banon (elles ne la citent pas nommément, mais on reconnaît la jeune femme aux descriptions qui sont faites d’elle et de ses apparitions médiatiques), qui «s’affiche partout jusqu’à la nausée»,affirmant qu’elle «condamne les anonymes au silence et à leur douleur devenue, par comparaison, ridicule car non bankable», et que «visiblement, même quand on est violentées sexuellement, seule la hiérarchie sociale compte».

Elles opposent ce qu’elles qualifient de «bousculade ancienne entre gens d’une oligarchie inaccessible, dans un appartement surchauffé à moquette épaisse» à un «vrai viol», une «agression, un parking, du béton, une cage d’escalier, une arme très blanche des mains qui te serrent, des yeux qui te transpercent, des jambes qui te maitrisent et ton corps qui te dit: « Laisse-toi faire sinon en plus il va finir par te crever… »».

On peut ne pas apprécier le plan médiatique de Tristane Banon, la jeune femme qui accuse Dominique Strauss-Kahn d’avoir tenté de la violer en 2003, alors qu’elle l’interviewait dans un appartement vide pour un livre auquel elle travaillaitJe lui ai dit clairement « non, non! », et on s’est battu au sol, pas qu’une paire de baffes. Je lui ai donné des coups de pieds, et il a essayé de dégrafer mon soutien-gorge, d’ouvrir mon jean»), ou celui de DSK.

Pas «un» viol, mais «des» viols

Mais peut-on séparer les viols en deux catégories: le «faux viol» (une bousculade, des gens d’un même milieu très aisé, dans un appartement avec moquette) et le «vrai viol» (une agression, dans un parking avec béton et arme blanche)?

Le scénario que décrivent Virginie Martin et Coline Clavaud-Megevand, comme celui que décrit Baise-Moi (viol collectif dans un parking, trois hommes agressant deux femmes, tous de milieux défavorisés) fait partie de nos représentations communes sur le viol.

DSK avait lui-même imaginé lors d’un déjeuner avec des journalistes un scénario d’«une femme [qu’il aurait] violée dans un parking et à qui on promettrait 500.000 ou un million d’euros pour inventer une telle histoire…» afin de le compromettre.

Il y a bien des viols qui sont commis dans des parkings mais celui de ce scénario type, rappelant celui qu’évoque le sociologue Laurent Mucchielli («une femme rentrant chez elle, à la tombée de la nuit, qui entend un bruit derrière elle, qui s’enfuit mais qui est rattrapée par l’agresseur inconnu qui la viole et/ou la tue sauvagement»), est en fait beaucoup moins courant que celui du crime qui a lieu chez l’agresseur, et où agresseur et victime se connaissent.

Rappelons donc quelques faits sur les viols en France:

1) Les viols sont principalement des crimes de proximité

«Le viol est une violence du proche», explique la sociologue Véronique Le Goaziou. Pour son livre Le viol. Aspects sociologiques d’un crime, elle a dirigé un effort de recherches sur 425 affaires de viols jugées aux assises dans trois départements français dans les années 2000. Résultat: environ 85 fois sur 100, auteurs et victimes de viols se connaissent.

L’auteure propose cinq grands types de viols:

  • Les viols «familiaux» (pères, beaux-pères, frères, cousins, très proches amis de la famille… Les enfants et adolescents sont d’ailleurs les premières victimes de viols en France, explique-t-elle)

  • Les viols conjugaux

  • Les viols commis par des copains / amis / voisins / relations de travail/connaissances de la victimes

  • Les viols commis par des inconnus

  • Les viols collectifs

Que ce soit dans son étude des 425 affaires ou dans les autres enquêtes menées sur le phénomène, le viol «familial» arrive largement en tête de l’ensemble des viols connus, et bien loin devant les viols commis par des inconnus (qui représentent entre 10 et 20% du total des viols selon les enquêtes, explique-t-elle).

Il existe «toutefois une assez grande variation suivant les territoires» pour ce dernier type de viol, nuancent Laurent Mucchielli et Véronique Le Goaziou dans le dictionnaire de la criminologie en ligne: les viols par inconnus sont «en proportion plus importants dans les grandes villes ou dans les zones urbaines».

2) Les lieux du viol familial/voisinage par rapport au reste

Les viols «familiaux» (au sens large) se déroulent presque exclusivement au domicile des auteurs.

Pour les viols commis par des amis, relations de travail, connaissances ou des inconnus, les lieux sont plus diversifiés précisent Mucchielli et Le Goaziou: chambre d’hôtel, maison de vacances, ascenseur, voiture, bord de chemin, etc.

3) Il y a autant de viols chez les classes aisées que chez les classes défavorisées, mais ils sont moins déclarés

En 2005, le ministère de l’Intérieur a répertorié 4.412 affaires de viol commis sur des personnes majeures en France, soit une agression toutes les deux heures. Un chiffre qui ne prend en compte que les viols qui ont connu une suite judiciaire.

Mais selon le collectif Contre le viol, seulement 10% des victimes portent plainte et 2% des violeurs sont condamnés. D’après l’association Osez le féminisme, il y aurait plutôt 75.000 viols par an en France.

Les enquêtes de victimation (où l’on interroge des échantillons représentatifs sur des violences qu’elles ont pu subir, même si elles n’ont pas nécessairement porté plainte) sur le viol en France montrent que, dans le cas des violences sexuelles où l’auteur et la victime se connaissent, les milieux sociaux sont touchés dans des proportions équivalentes.

Ce qui contredit «l’hypothèse souvent avancée d’une plus grande fréquence de violences sexuelles exercées par les hommes dans les groupes sociaux les plus défavorisés», expliquent Mucchielli et Le Goaziou dans leur article du dictionnaire de la criminologie en ligne.

Malgré cette «égalité de la violence», Véronique Le Goaziou s’est aperçue que les auteurs appartenant aux milieux populaires étaient fortement sur-représentés aux assises.

Sur les 488 auteurs impliqués dans les 425 affaires de viols qu’elle a étudié, près de 90% des violeurs appartenaient aux milieux populaires. Elle explique la disparition de la classe sociale aisée par plusieurs facteurs:

  • On peut supposer que ces viols sont moins déclarés «pour des questions de statut social, d’honneur, de rang à tenir».

  • Grâce à leurs relations, pouvoir, argent et autres moyens de pression, les auteurs qui appartiennent aux milieux aisés peuvent empêcher la révélation des faits ou pour se «prémunir face à l’action de la police et de la justice», voire conserver leur réputation malgré le crime commis, ce qui crée au final une «sous-judiciarisation» de ce qui se passe dans les population favorisées.

  • Les services médico-sociaux, éducatifs, la police et la justice font davantage attention aux milieux défavorisés, et détectent donc davantage les crimes qui y sont commis.

4) Les viols n’ont pas nécessairement lieu sous la contrainte d’une arme ou de la violence physique

Grégoire Fleurot l’avait évoqué dans Slate: on a tendance à présupposer qu’une personne est toujours capable de réagir à une agression sexuelle quand il n’y a pas de contrainte physique (présupposé duquel peut découler l’idée selon laquelle un viol sans violence est «suspect» et pourrait traduire une sorte de consentement de la part de la victime).

Or selon la permanence téléphonique Viols Femmes Informations, 49% des viols sont commis sans aucune violence physique.

S’il est difficile de chiffrer exactement le phénomène, ses explications sont nombreuses. Le viol est un acte de domination qui commence souvent par de la peur, un sentiment que l’on trouve dans nombre de témoignages de victimes. Une peur qui paralyse totalement la victime, ou la sidère selon le terme utilisé en psychologie. Le site SOS Femmes utilise une métaphore souvent citée pour décrire cette sensation:

«La victime se retrouve dans la même situation qu’un lapin traversant une route de nuit et qui est pris dans les phares d’une voiture: pétrifié, figé, tétanisé, incapable de réagir, il se laisse écraser par la voiture.»

5) Les viols collectifs sont un phénomène relativement rare

Dans les cas jugés aux assises et étudiés par Le Goaziou, comme dans les enquêtes de victimation, la grande majorité des viols est commise par un auteur unique. Seuls 5% des viols dans les affaires analysées par la sociologue, et 7% des crimes de viols condamnés en France en 2009, étaient des viols collectifs.

Le Goaziou relève une certaine distorsion entre notre perception médiatique du phénomène et son faible poids numérique.

Cécile Dehesdin

(1) A la réception de cette proposition de tribune, nous avons hésité à le publier sur Slate, mais ne l’avons finalement pas fait. Voici la réponse de notre rédacteur en chef: «Nous avons trouvé votre texte très fort, mais je crains que peu de personnes ne comprenne de quoi il s’agit. Il est trop dans l’allusion fine, pas très argumenté, et parfois factuellement inexact. Je ne pense pas passer votre texte». Un des avantages de ce texte aura été de susciter le débat et de nous inciter à écrire un article plus large sur le phénomène du viol en france.

Le Figaro – France : Un Français sur trois prêt à tout plaquer par amour


Par Mathilde Aubinaud Mis à jour le 27/09/2011 à 16:51 | publié le 27/09/2011 à 16:40Réactions (45) <!–

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Les 18-24 ans sont 55 % à se dire prêts à tout laisserv par amour. (Illustration).
Les 18-24 ans sont 55 % à se dire prêts à tout laisserv par amour. (Illustration).Crédits photo : EVGENY ASMOLOV/AFP

41 % des femmes et 32 % des hommes se disent prêt à se jeter dans l’inconnu, selon un sondage Opinion Way.

L’amour comme un déclic pour une nouvelle vie. Oser envoyer tout valser par amour. Tels pourrait être les leitmotivs des 37% de Français qui affirment être prêts « à tout plaquer pour vivre une histoire d’amour» selon le sondage Opinion Way pour Meetic.fr, révélé mardi par Le Parisien. Les 18-24 ans sont les plus motivés puisqu’ils sont 55 % à se dire prêts à tout laisser. Mais ils ne sont plus que 37% passé le cap des 35 ans. La psychanalyste Sophie Cadalen explique que «les jeunes sont à peine entrés dans la vie adulte. Pour eux, tout est encore permis». Les plus âgés, responsables, prennent en compte tout ce qu’ils ont à perdre. D’où l’«aspect sacrificiel» que souligne Sophie Cadalen : «Recommencer tout à zéro nécessite des frais et des investissements.»

Femme et homme, même tendance au romantisme ? Pas tant que cela si l’on se fie toujours à ce sondage. Plus de 4 femmes sur 10 sont prêtes à se jeter dans l’inconnu contre 32% des hommes. Pour Sophie Cadalen, la «triade femme-mère-sacrifice obligé» est toujours d’actualité. «Le statut égalitaire n’est pas encore acquis». Le sociologue Ronan Chastellier souligne «le courage des femmes» qui se placent entre tradition et audace.

Le règne du vert.

Le choix entre la continuité et une nouvelle vie met en évidence la primauté «du lieu affectif et psychique par rapport au lieu géographique» note la psychanalyste. 53 % seraient prêts à quitter la vie citadine, mais seules 30% des femmes s’estiment prêtes à s’éloigner de leur famille. Si les Français sont attachés à leur région, «ce sont surtout leurs racines qui comptent». 34% des sondés sont séduits par l’idée de «changer de vie et de passer de la vie urbaine à la vie campagnarde.» Dès lors, le retour au vert est revendiqué. On s’échappe vers la nature en s’arrachant à un lieu qui nous est familier. «La campagne est comme un fantasme. Le retour à soi-même est lié à la campagne alors que la ville est synonyme d’éparpillement pour les Français. Mais tout cela est à nuancer» précise la psychanalyste.

Se rendre en terre inconnue par amour, certes, mais pour quel autre motif ? Pour l’argent ! 81% des sondés chez les 35-49 ans pourraient tout plaquer s’ils gagnaient au loto ou une forte somme d’argent. Ronan Chastellier souligne l’importance d’une certaine richesse qui serait pour beaucoup «déclencheur de projets». Gagner au loto donne l’impression qu’on pourra faire vraiment ce qu’on veut. Sophie Cadalen évoque «la légèreté qu’apporte le gain d’argent» qui réglerait tout les problèmes, «telle une éponge magique.»

L’Amour 2.0

Pour 52% des 18-24 ans, la distance renforce l’intensité de l’amour. À la question «Diriez-vous que les outils de communication permettent de maintenir une relation amoureuse malgré la distance ?», 58% des Français répondent par l’affirmative. «Ils changent les codes de l’échange amoureux, mais ce qui importe avant tout c’est de se retrouver» conclut la psychanalyste. Pour Ronan Chastellier, «c’est toujours la même histoire d’amour qui se joue. La distance, autant maudite qu’adorée renforce l’ardeur romantique. Et cela depuis… l’amour courtois.»

Sarah Palin menace son biographe de poursuite en diffamation ActuaLitté – Les univers du livre


Encore des rumeurs ?

Rédigé par Xavier Gillard, le mardi 27 septembre 2011 à 14h38

Sarah Palin était devenue l’héroïne d’une publication dont elle se serait bien passée (notre actualitté). Encore sous le choc de l’impudence des révélations étalées sur la place publique malgré elle, elle envisage de porter plainte. Rien n’est acquis, mais l’intention est là, dans une lettre ouverte au biographe Joe MacGinniss où elle l’enjoint à ne pas détruire les preuves de sa perfidie.

M. MacGinniss est édité par Crown Publishing, qui appartient au conglomérat allemand Bertelsmann. Son livre ne serait constitué que d’« un tissu de mensonges et de rumeurs présentés comme des faits et combinés à partir de sources anonymes ». Sarah Palin rejoint là l’avis du NY Times sur la biographie, journal pourtant généralement hostile avec les républicains.

L’avocat de Palin a inclus à charge une lettre de Mac Ginniss à un blogueur politique de l’Alaska où celui-ci émet des doutes sur la validité des témoignages recueillis.

Mc Ginniss était venu s’installer dans une maison voisine des Palin en Alaska, et Mme Palin et son mari s’étaient plaints de ses espionnages. Todd Palin soutient sa femme (notre actualitté) et a déclaré à la presse que Mc Ginniss avait une « obsession dérangeante pour sa femme ».

Les « révélations » du livre sont la nuit de passion qu’aurait eue Mme Palin jeune avec un joueur de basket à présent connu, les joints qu’elle aurait fumés jeune, et, plus grave, son infidélité à son mari pendant six mois, auquel elle aurait préféré un de ses collègues.

Si ce livre signife au moins une chose, c’est que du côté de Random House, la maison mère aux États-Unis, Palin n’est pas tout à fait en état de grâce.

(Via le Daily Mail)

Le Figaro – Culture : De Gaulle : les messages secrets des années de guerre refont surface 


Par Eric Bietry-Rivierre

INFO LE FIGARO – Les brouillons de plus de trois cents ordres adressés aux cadres de la France Libre entre fin 1940 et décembre 1942 étaient conservés par sa secrétaire. Le Figaro a pu les consulter en exclusivité. Cent-quarante sont totalement inédits.

«Je suis toujours à l’affût d’une occasion mais là j’ai failli m’évanouir!». Lorsqu’en novembre dernier le grand collectionneur de lettres et de manuscrits Gérard Lhéritier, qui a récemment ouvert à Paris un musée privé dédié à sa passion, se voit proposer l’achat de 313 messages originaux de Charles de Gaulle, il n’hésite pas. Cette écriture-là, difficile, penchée, rectiligne, volontaire, un peu grasse, cet homme qui a grandi non loin de Colombey la reconnaîtrait entre mille.

Prix confidentiel mais «plus qu’honorable» se félicite-t-il à propos de ces documents rarissimes car rédigés entre le 11 décembre 1940 et le 11 décembre 1942. «Jusque là, en dix ans, je n’avais vu passer sur le marché qu’une seule lettre autographe datant des années de guerre.»


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Message n°39 : Sans référence de Brazzaville 17 Mai 1941 Pleven – Proclamation sur la souveraineté de la France. Du général de Gaulle à Pleven.

«D’après les textes dits « constitutionnels» arbitrairement substitués à la constitution de la France, la source de l’autorité du « gouvernement» de Vichy réside exclusivement dans la personne d’un individu de 85 ans dont il est notoire depuis plusieurs années qu’il est affaibli par l’âge.» (Collection privée/Musée des lettres et manuscrits Paris)

Ici, tout d’un coup, c’est par liasses que les brouillons d’ordres du Général resurgissent. Des messages – immédiatement tamponnés «Secrets» pour la plupart -, élaborés à Londres, lors de voyages au Moyen-Orient, en Afrique noire ou encore d’Alger. Mis au propre par dactylographie, souvent codés, puis aussitôt télégraphiés, ils partaient aux quatre coins du monde en direction des cadres dirigeants de la France Libre chargés de piloter les combats militaires et politiques.

On connaît largement cette histoire avec un grand «H» toutefois jusqu’alors personne, pas même un spécialiste, n’était allé jusqu’à consulter ces documents qui en constituent l’ébauche. L’épopée gaullienne s’y découvre pourtant dans une surprenante fraîcheur, bien loin des Mémoires. Sur ces modestes feuilles de papier jaunis l’écriture est certes prompte et le style vigoureux. Mais comment ignorer les abondantes ratures et les multiples ajouts aux marges. Ils témoignent d’une pensée encore hésitante. Touchante car humaine.

Avant la vente Gérard Lhéritier s’est bien volontiers engagé auprès du vendeur à publier intégralement ce fonds et à le maintenir indivise. Le vendeur? Il s’appelle Jean-Claude Chalumeau. Il est le fils unique de Marie-Thérèse Guinet-Desseignet, décédée en 1996. Dès juillet 1940 c’est elle qui était responsable du petit pool de secrétaires à l’État-Major du Général. «Après la télégraphie, les originaux rejoignaient des chemises, lesquelles étaient archivées une fois pleines, explique Jean-Claude Chalumeau. L’une d’elle a été oubliée dans les bureaux londoniens à la victoire. Lorsque ma mère a pu rentrer d’Alger où elle était restée cantonnée depuis 1942, elle est repassée dans les locaux pour y chercher ses affaires. C’est là, qu’elle a découvert cette chemise oubliée dans un placard. Par deux fois elle a voulu la remettre au Général. La première immédiatement et ensuite en 1958 lorsque de Gaulle est revenu à l’Élysée. À chaque fois il lui a fait la même et laconique réponse: «gardez-les, ils sont entre de bonnes mains». Après sa mort j’ai ouvert la pochette. Je connaissais vaguement son existence. Ce n’est que progressivement, en les étudiant que j’ai vraiment mesuré leur importance et les différences avec les documents officiels.»


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Message n°305b : Date 6.11.42. service CAB. Rédacteur GP – Staline Message de Vœux.

«J’y joins les vœux personnels que je forme pour le grand Chef de la Russie en guerre.» (Collection privée/Musée des lettres et manuscrits Paris)

Si tous les messages sont des inédits sous leur forme manuscrite, pour ce qui est de leur contenu trente ont en effet été publiés par de Gaulle en annexe de ses Mémoires de guerre et 142 dans ses Lettres Notes et Carnets. «En reste 140 totalement inédits ce qui est une manne pour n’importe quel historien travaillant la période», note le nouveau propriétaire.

Quelles impressions une lecture intégrale laisse-t-elle? «L’ensemble rappelle que le destin de la France libre s’est joué non seulement à Londres mais aussi en Tunisie, au Maroc, en Algérie, au Sénégal, et surtout au Liban, en Syrie et en Libye. Il atteste que nous devons notre liberté aux Résistants, aux Alliés mais aussi aux civils britanniques qui ont résisté sous le Blitz, et aux «indigènes. Eux composaient 70 % des Forces Françaises Libres portant l’uniforme. Eux versèrent leur sang dans les terres du Moyen orient, d’Afrique et d’Outre-mer.»


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Message n°298 : 6 Juin 1942 Adressé au Général Leclerc Réprimande

«Le troisième paragraphe n’est digne ni de moi ni de vous.» (Collection privée/Musée des lettres et manuscrits Paris)

Autrement, quel portrait ces brouillons dessinent-ils du Général? « Une incroyable force de caractère, un entêtement de chef de guerre et d’homme d’État. Aussi bien devant des ennemis que devant des Alliés dont il a toujours combattu l’hégémonisme permanent, poursuit le collectionneur. À travers ses ordres, ses coups de cœur et ses coups de gueule, de Gaulle apparaît à la fois ferme, intransigeant, autoritaire, déterminé, entêté, attendri, humain, coléreux, soucieux de l’indépendance de la France et de la préservation des intérêts de la Nation. Sa posture permet de mieux comprendre son attitude à l’égard des Alliés après la guerre et la dimension toujours stratégique aujourd’hui des pays du Moyen-Orient, de l’Afrique et de l’Afrique du Nord.»

L’«Institut français du Liban » : coup médiatique ou changement dans la continuité ? | Culture Liban | L’Orient-Le Jour


Culture

Nouveauté

L’«Institut français du Liban » : coup médiatique ou changement dans la continuité ?

Par Zéna ZALZAL | mercredi, septembre 28, 2011

Aurélien Lechevallier : « Nous souhaitons attirer toujours de nouveaux publics et faire revenir les jeunes dans cet espace. » (Photo Michel Sayegh)
Aurélien Lechevallier : « Nous souhaitons attirer toujours de nouveaux publics et faire revenir les jeunes dans cet espace. » (Photo Michel Sayegh)

Changement de nom, d’identité visuelle, de modes de communication et renforcement des moyens pour un périmètre d’action élargi… C’est ainsi qu’Aurélien Lechevallier, conseiller de coopération et d’action culturelle et directeur de l’Institut français du Liban, présente la mue de la Mission culturelle française et des CCF en « Institut français du Liban ».

À partir du 1er octobre 2011, la Mission culturelle française, le service de coopération et d’action culturelle et les Centres culturels français du Liban – comme ceux implantés partout dans le monde – seront réunis sous l’appellation commune d’Institut français. Simple mue dénominative ou grand coup de neuf des réseaux culturels français à l’étranger ?
Réponse d’Aurélien Lechevallier, directeur de ce tout nouveau Institut français du Liban, qui expose les avantages et les objectifs de cette réforme – dont le coup d’envoi officiel donnera lieu, ce samedi 1er octobre, à une grande fête de lancement dans les jardins de l’Espace des lettres (rue de Damas).
«S’il offre une belle occasion de faire la fête, ce changement exprime, beaucoup plus profondément, une volonté de s’enraciner encore plus durablement au Liban», affirme d’emblée Lechevallier. Lequel explique qu’«il s’agit, bien au-delà d’une simple modification d’appellation, d’un changement de logique dans la promotion de la politique culturelle de la France à l’étranger. Celle-ci se poursuivra dans un esprit plus neuf, sans pour autant faire table rase du passé – au Liban en particulier, où on va s’appuyer sur tout cet héritage, cette histoire, ce lien très fort entre l’Espace des lettres et nos partenaires libanais – à travers un service unifié, à la dénomination plus simple et claire d’Institut français. Un institut qui, avec une organisation unique, un budget unique et un directeur (en l’occurrence Aurélien Lechevallier) travaillant de concert avec des adjoints, mènera, on l’espère, à travers la synergie et la complémentarité des intelligences, à une plus grande efficacité de nos actions sur le terrain.»

Nouveaux visuels, programmes et site Internet
Pour accompagner ces réformes administratives, une nouvelle identité visuelle ainsi qu’un format revisité pour le programme mensuel des activités culturelles ont été élaborés (par l’atelier parisien de Pascal Colrat). Et un nouveau site Internet*, «plus ouvert, plus interactif, plus jeune car connecté aux réseaux Facebook et Twitter…», a été lancé le 21 septembre. «Les internautes pourront y suivre les programmations culturelles, mais également les commenter et d’une certaine façon participer à leur élaboration», précise le directeur de cet Institut français du Liban qui ne cache pas que l’un de ses plus grands défis « est de faire revenir les publics jeunes dans cet espace».
Autre grand objectif: celui d’attirer toujours de nouveaux publics. «Nous souhaitons renforcer notre présence auprès de tous les publics libanais: les femmes, les hommes, les jeunes, les moins jeunes, les Libanais de toutes les communautés, les confessions, les régions du Liban… À ce titre, nous réfléchissons aux moyens d’agir pour que notre promotion de la francophonie se fasse au bénéfice de tous les Libanais », indique le diplomate français.

Enveloppe supplémentaire
Certains de ses moyens ont déjà été mis en place. À l’instar de la communication désormais bilingue (français/arabe) de l’institut. D’autres projets nécessitent une collaboration plus soutenue avec les partenaires locaux. Notamment en ce qui concerne une orientation stratégique pour le nouvel Institut français: à savoir, davantage de présence dans les médias, «à travers la mise en place d’une politique très forte vis-à-vis d’Internet, de la télévision, des réseaux sociaux et du cinéma, qui sont, aujourd’hui, les vecteurs les plus puissants de la francophonie pour les jeunes», insiste Aurélien Lechevallier.
Qui signale que la mise en œuvre de ces projets pourra se faire grâce aux moyens supplémentaires obtenus dans le cadre du pacte linguistique francophone signé par le président Sleiman et le secrétaire général de l’Organisation de la francophonie Abdou Diouf en octobre 2010.
«Nous avons obtenu pour 2012/2013, dans un contexte pourtant difficile, une enveloppe supplémentaire d’un million d’euros pour la promotion de la francophonie au Liban. Un montant qui devrait permettre à l’Institut français du Liban de tenir ses trois engagements très forts vis-à-vis du secteur éducatif et des écoles libanaises, de l’administration libanaise, et de l’environnement économique et culturel.»
Un Institut français du Liban qui poursuit, à travers ses neuf antennes régionales (Beyrouth, Jounieh, Tripoli, Zahlé, Baalbeck, Deir el-Qamar, Byblos, Saïda et Tyr), dans un esprit de changement évolutif, la politique d’engagement culturel de la France envers le Liban.

Soirée de lancement
«Des indications de ce changement seront perceptibles au cours de la soirée de lancement de cet Institut français du Liban le 1er octobre», assure Aurélien Lechevallier.
Cette grande soirée se tiendra dans les jardins de l’Espace des lettres rue de Damas. Elle débutera à 19h30 par une réception donnée par l’ambassadeur et M Lechevallier – sur invitation – à laquelle sont conviés tous les amis et partenaires de l’Institut français du Liban et se poursuivra à partir de 21h par un concert du chanteur franco-libanais Ycare, «ouvert au public», ainsi que des animations musicales du DJ Jade, des performances artistiques, des surprises et une distribution de cadeaux…
«Venez nombreux !»

* http://www.institutfrancais-liban.com